Fantasme
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Histoire 8 : l'ombre du lac — Chapitre 5 · La provocation
Auteur
Histoire 8 : l'ombre du lac
Chapitre 5 · La provocation
Le temps semble suspendu au-dessus de la surface miroitante du lac. Sur la berge, Léo est toujours là, immobile, pris au piège de sa propre stupeur. Ses mains gantées de poussière enserrent machinalement la poignée de sa débroussailleuse, mais ses muscles sont tétanisés. Il est incapable de faire un pas en arrière, tout comme il est incapable de détourner les yeux de notre nudité offerte.
— Bon, murmuré-je à l'oreille de Nadia, la voix à peine audible tant l'excitation et l'angoisse se mélangent dans ma gorge, on ne va pas rester ici toute la matinée à faire les statues dans l'eau. Il faut bien qu'on sorte, tôt ou tard.
Nadia esquisse un sourire lent, un sourire de prédatrice satisfaite qui savoure chaque seconde de ce tête-à-tête clandestin. Ses yeux sombres brillent d'un éclat provocateur.
— Justement, Valérie, chuchote-t-elle en glissant une main mouillée le long de mon flanc pour venir s'ancrer au creux de mes reins. Ne gâchons pas un si beau spectacle. Montrons-lui exactement ce qu'il est venu chercher.
Sans lui laisser le temps de tergiverser, Nadia amorce un mouvement. Elle se détache de mon emprise et commence à fendre l'eau en direction du ponton de bois brut. Je la regarde avancer, fascinée et totalement sous le charme de son audace.
L'eau limpide glisse sur ses fesses rebondies, dessine le creux de ses reins cambrés, puis découvre peu à peu la cambrure de ses cuisses dorées à mesure qu'elle émerge de l'onde. Chaque pas qu'elle fait sur les planches humides du ponton est une démonstration calculée de sensualité pure.
Arrivée sur le bois chauffé par les premiers rayons du soleil, Nadia ne se précipite pas vers ses vêtements. Elle s'arrête au milieu du ponton, prend une pose indolente, et rejette en arrière sa longue chevelure trempée. Dans ce mouvement, sa poitrine opulente se soulève, et l'eau perle en longs filets le long de son ventre plat avant de se perdre dans l'ombre de son pubis. Elle tourne très légèrement la tête vers la berge, adressant à Léo un regard lourd de sous-entendus, parfaitement consciente du désastre qu'elle est en train de provoquer chez le jeune homme.
De mon côté, le cœur me bat dans les tempes à un rythme affolé. L'idée de me retrouver à mon tour hors de l'eau, exposée de la sorte sous le regard brûlant et interdit du fils de mon amie, me flanque des frissons partout. Penser à sa mère, me rappeler le petit garçon sage que j'ai connu autrefois, ne fait qu'amplifier le vertige de la transgression. Je prends une profonde inspiration, repousse l'eau de mes mains et m'avance vers le ponton à mon tour.
L'instant où mes pieds quittent la fraîcheur protectrice du lac pour se poser sur le bois sec est un choc thermique et nerveux. Je sais que je suis entièrement découverte du sommet du crâne jusqu'à la pointe de mes pieds. Mes seins, durcis par l'air matinal, se tendent un peu plus sous l'effet du vent léger et du regard fixe de Léo. Je refuse de baisser les yeux. Je redresse mes épaules, impose à ma démarche une assurance de femme mûre et souveraine, marchant lentement le long du ponton pour rejoindre Nadia.
Sur la berge, le souffle de Léo est devenu audible. Il halète discrètement, la poitrine soulevée par des mouvements saccadés. Ses yeux grands ouverts parcourent chaque centimètre carré de mon corps, s'attardant sur la cambrure de mes hanches, la texture de ma peau mouillée, l'intimité de ma féminité ainsi offerte sans pudeur. Il est rouge comme une pivoine, et je devine sans peine, à la tension anormale de son pantalon de travail, que son corps trahit violemment le trouble psychologique qui l'assaille.
Nadia m'attend au bout du ponton. Lorsque je la rejoins, elle passe un bras nu autour de ma taille, me collant tout contre elle dans un geste protecteur et érotique à la fois.
— Tu vois, souffle-t-elle pour moi seule, il apprécie tellement qu'il en a oublié de respirer. Dis-lui donc un mot, ma chérie. Ne soyons pas impolies avec notre public.
Un rire nerveux mais délicieux m'échappe. Je tourne mon visage vers la berge, croisant enfin directement le regard hagard de Léo. Le pauvre garçon est au supplice, suspendu à la moindre de nos respirations.
— Alors, Léo ? lancé-je d'une voix claire, faussement détachée, qui résonne dans la quiétude du matin. On ne dit plus bonjour à ses hôtes quand on les croise au bord de l'eau ? Le travail avance bien ?
La question, posée avec un flegme presque cruel, achève de le déstabiliser. Le garçon ouvre la bouche, bafouille une suite de sons inarticulés, la voix complètement cassée par l'émotion et la honte :
— J... Je... Madame... enfin... Valérie... je... je ne voulais pas...
Il s'arrête net, incapable de formuler la moindre phrase cohérente. Ses mains se crispent sur la sangle de sa machine au point d'en avoir les phalanges blanches. Pris de panique face à notre assurance, sentant qu'il perd totalement le contrôle de la situation — et de son propre corps —, il fait soudainement demi-tour. Dans un bruit de branchages cassés et de gravier piétiné à la hâte, Léo s'enfuit en courant lourdement vers l'épaisseur des sous-bois, fuyant le spectacle comme s'il échappait à un mirage brûlant.
Le silence retombe sur le lac, troublé seulement par le piétinement lointain qui s'estompe dans la forêt.
Nadia éclate d'un rire franc, joyeux et triomphant, avant de presser ses lèvres contre les miennes dans un baiser gourmand, empreint du sel de l'eau et de l'adrénaline du moment.
— Eh bien voilà, murmure-t-elle contre ma bouche en me caressant doucement la hanche. Le ton est donné pour le week-end. Je crois bien que notre petit jardinier ne sera plus jamais le même après ça.
Je réponds à son sourire, le souffle court, sentant distinctement que le tabou est définitivement brisé. La ligne rouge a été franchie, et désormais, le jeu ne fait que commencer.
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