Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le renouveau — Chapitre 6 · Les achats
Auteur
Le renouveau
Chapitre 6 · Les achats
La lumière grise du petit matin filtre par les volets mal fermés. Camille ouvre les yeux la première. Son corps est raide, ses fesses collées au drap par la sueur et le sperme qui sèchent. Elle reste immobile quelques secondes, le temps de capter où elle est — l’odeur de sexe et de peau, la chaleur de l’autre côté du lit, le poids de la nuit encore posé sur ses épaules.
Jean dort sur le dos, un bras replié sur sa bedaine, la bouche légèrement entrouverte. Sa respiration est lente, épaisse. Les draps sont tirés jusqu’à sa taille, laissant son torse nu exposé, les poils grisonnants en plaques irrégulières sur les pectoraux qui ont perdu leur fermeté. Sa barbe de trois jours a poussé d’un cran pendant la nuit, les joues plus lourdes encore dans le sommeil.
Camille se redresse avec précaution. Les marques sur ses fesses s’enflamment dès qu’elle met son poids dessus — elle serre les dents, pivote les jambes hors du lit. Ses pieds nus touchent le parquet froid. Elle se tient debout une seconde, les cuisses légèrement écartées, sentant son anus encore sensible, pas tout à fait refermé. Elle regarde Jean.
Elle s’agenouille à côté du lit. Le parquet est dur sous ses genoux. Elle attend.
Jean ne bouge pas. Son ventre se soulève et s’abaisse. Camille attend, les mains posées à plat sur les cuisses, le regard fixé sur le drap qui couvre le bas de son corps. Elle ne le réveille pas. Elle attend qu’il se réveille seul.
Quelques minutes passent. Puis Jean inspire plus profondément, ses paupières frémissent. Il ouvre les yeux — ce regard gris, cerné, qui met une seconde à se poser sur le plafond avant de pivoter vers elle. Il la voit à genoux. Il ne dit rien. Il repose la tête sur l’oreiller, les mains croisées sur le ventre.
— Bonjour, Maître, dit Camille.
Sa voix est rauque, le matin. Elle ne hausse pas le ton. Elle ne se justifie pas d’être à genoux. Elle est là, c’est tout.
Jean la regarde. Son regard descend sur son corps nu — les seins lourds, le ventre plat, les cuisses serrées par la position à genoux. Il dégage le drap d’un geste du coude. Son sexe est mou, reposé contre la cuisse, les bourses pendantes dans la tiédeur du lit. Il ne dit rien. Il n’a pas besoin de parler.
Camille se penche en avant. Ses genoux glissent légèrement sur le parquet. Elle s’avance et prend son sexe dans sa main droite — douce, les doigts refermés sans presser, juste pour le soutenir. Elle porte le gland à ses lèvres. Sa bouche est sèche du matin. Elle passe la langue une fois, deux fois, pour humecter, puis elle le prend entièrement.
La chair est tiède, molle, encore imprégnée de l’odeur de la nuit — de sueur, de sperme séché, de lubrifiant. Camille ne recule pas. Elle ferme les lèvres autour du gland, sa langue à plat contre le frein, et elle aspire doucement. Pas un coup. Un maintien. Une pression constante et humide.
Jean ne bouge toujours pas. Ses mains restent croisées sur son ventre. Il regarde le plafond. Sa respiration change — un peu plus profonde, un peu plus lente. Son sexe commence à grossir entre ses lèvres. Pas vite. Par degrés. Le sang afflue, la chair se densifie contre sa langue, et Camille ajuste sa posture, la bouche un peu plus ouverte, la mâchoire relâchée pour accueillir la croissance.
Elle ne pompe pas. Elle tient. Sa langue travaille le frein, le prépuce qui se rétracte lentement, le gland qui durcit et glisse plus profond. Elle sent le premier mouvement de hanche de Jean — infime, à peine un centimètre, mais il est là. Il pousse dans sa bouche. Son sexe est maintenant à moitié raide, lourd sur sa langue.
Jean tourne la tête. Il la regarde. Ses yeux gris descendent sur son crâne penché, sa nuque dégagée, le mouvement de sa joue qui se creuse et se bombe. Il pose sa main droite sur sa tête. Pas pour la guider. Pour la maintenir. Ses doigts épais s’enfoncent dans les cheveux blonds, tièdes et emmêlés.
— Plus fort, dit-il.
Camille serre les lèvres. Sa joue se creuse. Elle aspire plus puissamment, laissant le gland buter contre le palais, puis elle descend — la tige raidie glisse sur sa langue, le gland frôle l’entrée de sa gorge, et elle se force à rester. Son corps se tend, les épaules qui se soulèvent d’un demi-centimètre, mais elle ne recule pas. Elle respire par le nez, court, rapide.
Jean durcit complètement. Son sexe est raide maintenant, les veines gonflées contre les lèvres de Camille. Il ne la laisse pas contrôler le rythme. Sa main appuie sur sa tête, la maintient en bas, et il bombe le dos pour pousser plus profond. Le gland entre dans sa gorge. Camille étouffe — un son mouillé, court — et sa main se crispe sur la base de sa cuisse. Des larmes se forment au coin de ses yeux. Elle ne recule pas.
— Ne bouge pas, dit Jean.
Il la retient une seconde, deux, trois — le temps que sa gorge se contracte autour du gland, que la salive s’accumule et déborde, coule sur sa main posée sur la base. Puis il la relâche. Camille se retire d’un coup, la bouche pleine de salive, le menton mouillé. Elle inspire un grand coup. Puis elle reprend. Cette fois, elle pompe — la tête qui monte et descend, les lèvres serrées, la langue qui tourne sur le gland à chaque remontée. Le bruit est obscène, mouillé, régulier — un clap clap clap de chair humide.
Jean respire plus fort. Sa bedaine se soulève. Ses doigts serrent les cheveux de Camille, pas pour la guider, pour s’ancrer. Il ferme les yeux. Ses hanches suivent le rythme qu’elle impose — un mouvement de va-et-vient qui fait crisser le drap sous ses fesses.
— Avale tout. Ne laisse rien, dit-il.
Sa voix est rauque, le matin. Les mots tombent secs. Camille accélère. Sa bouche est un trou humide, chaud, obéissant. Elle prend tout le sexe, du gland aux bourses, le fond de la gorge qui se contracte à chaque descente. Le rythme s’accélère. Le bruit de salive devient plus épais, plus glissant. Jean bombe le dos une dernière fois, ses doigts se crispent dans les cheveux de Camille, et il jouit.
Le sperme est chaud, épais. Il gicle en jets puissants contre le fond de la gorge de Camille. Elle ne recule pas. Elle avale — une contraction de la gorge, visible, qui fait bouger son cou. Puis un deuxième jet. Elle avale encore. Le troisième est plus faible, elle le tient sur la langue, les yeux fermés, puis elle l’avale aussi. Elle reste sur lui, la bouche pleine, les lèvres serrées autour de la tige qui se ramollit lentement. Elle ne le lâche que lorsqu’il n’y a plus rien — elle vérifie, la langue qui nettoie le gland, le prépuce, la base. Pas une goutte perdue. Elle se redresse, s’essuie le menton du dos de la main, et regarde Jean.
Il a les yeux mi-clos. Sa respiration ralentit. Il ne la regarde pas tout de suite. Il laisse passer quelques secondes, puis il dit :
— Bonjour.
— Bonjour, Maître. répond Camille.
— Bonjour, Maître. répond Camille.
Jean se lève du lit. Il est nu, sa bedaine qui déborde, le sexe pendant et humide de salive. Il marche jusqu’à la commode, ouvre un tiroir, en sort un t-shirt blanc qu’il enfile. Il ne met rien d’autre. Pieds nus sur le parquet, il se retourne vers elle.
— Habille-toi, dit-il.
— Je veux te regarder.
— Je veux te regarder.
Camille se lève. Ses genoux sont rouges du parquet. Elle ramasse ses affaires — le tas de vêtements posés sur la chaise près de la porte. Elle enfile d’abord la culotte, noire, simple. Pas de dentelle — elle le sait, elle sait qu’elle devra corriger ça. Le soutien-gorge suit, blanc, fonctionnel. La robe de la veille, une robe noire unie, mi-cuisse, qu’elle remonte le long des cuisses en se penchant. Jean la regarde faire, debout, les bras croisés sur le t-shirt. Il ne dit rien pendant qu’elle s’habille. Il observe. Son regard suit le tissu qui monte sur les cuisses, qui se pose sur les hanches, qui couvre les seins. Quand elle a fini, elle se tient devant lui, droite, les mains jointes devant elle.
Jean fait le tour. Il se place derrière elle. Il ne la touche pas. Il regarde la robe tendue sur ses fesses, les marques violettes qui ne se voient pas mais qu’il sait présentes. Il revient devant elle.
— C’est pas mal, dit-il.
— Mais pas suffisant.
— Mais pas suffisant.
Il ne dit rien de plus. Il sort de la chambre. Camille le suit.
La cuisine est petite, fonctionnelle. Des placards blancs, un plan de travail en bois usé, une table ronde avec deux chaises. Jean fait couler le café dans la machine — un vieux modèle italien qui grésille et siffle. Il sort du pain de la veille, du beurre, du miel. Deux tasses. Il pose tout sur la table sans cérémonie et s’assoit.
Camille s’assoit en face de lui. Le bois de la chaise est dur sous ses fesses marquées. Elle ne grimace pas. Elle verse le café, tartine le pain. Ils mangent en silence pendant quelques minutes. La lumière du matin est plus forte maintenant, elle entre par la fenêtre de la cuisine, blanche et froide.
Jean pose sa tasse.
— Qu’est-ce que tu vas faire aujourd’hui ?
Camille mâche, avale.
— Je vais travailler.
— Tu fais quoi, déjà ?
— Je suis assistante vétérinaire. Dans un cabinet à deux rues d’ici. Elle pose son morceau de pain. Je reçois les animaux, je prépare les consultations, je tiens les dossiers. Parfois j’assiste le véto pendant les interventions — contention, stérilisation des instruments, surveillance de l’anesthésie. Le matin c’est les consultations, l’après-midi c’est plus les chirurgies.
— Tu fais quoi, déjà ?
— Je suis assistante vétérinaire. Dans un cabinet à deux rues d’ici. Elle pose son morceau de pain. Je reçois les animaux, je prépare les consultations, je tiens les dossiers. Parfois j’assiste le véto pendant les interventions — contention, stérilisation des instruments, surveillance de l’anesthésie. Le matin c’est les consultations, l’après-midi c’est plus les chirurgies.
Jean hoche la tête. Il boit une gorgée de café.
— Tu finis à quelle heure ?
— Dix-huit heures, normalement. Mais je peux prendre une heure pour faire des courses.
— Tu vas en prendre plus qu’une.
— Dix-huit heures, normalement. Mais je peux prendre une heure pour faire des courses.
— Tu vas en prendre plus qu’une.
Il se lève, va jusqu’au salon, revient avec un papier plié en deux qu’il pose sur la table devant elle. Camille le déplie. L’écriture de Jean est anguleuse, serrée, en majuscules.
GODES DIFFÉRENTES TAILLES - PLUGS GRADUÉS - CAGOULE - MENOTTES - LIENS - CORDE - COMBINAISON EN CUIR - SOUS-VÊTEMENTS SEXY - DENTELLE
Camille lit la liste deux fois. Ses doigts tiennent le papier à plat sur la table. Elle ne lève pas les yeux tout de suite. Quand elle les lève, Jean la regarde.
— Je veux que tu achètes tout ça aujourd’hui, dit-il. Pas en ligne. En boutique. Tu vas voir ce que tu prends, tu le tiens dans tes mains, tu choisis ce qui convient.
— Oui, Maître.
— Tu reviens ici à vingt heures. Pas à vingt heures cinq. Pas à vingt heures une. Vingt heures. Tu poses le tout sur la table du salon et tu m’attends.
— Oui, Maître.
— Oui, Maître.
— Tu reviens ici à vingt heures. Pas à vingt heures cinq. Pas à vingt heures une. Vingt heures. Tu poses le tout sur la table du salon et tu m’attends.
— Oui, Maître.
Jean reprend sa tasse de café, boit une gorgée.
— Et tu remplaces cette culotte. Celle que tu portes, c’est un mouchoir de poche.
Camille baisse les yeux sur sa robe. Elle ne répond rien. Elle plie le papier en deux et le glisse dans son sac.
Ils finissent le petit déjeuner. Jean débarrasse les tasses, les met dans l’évier. Camille reste assise, les mains à plat sur la table. Quand il revient, il se tient dans l’encadrement de la porte.
— Vas-y, dit-il.
Camille se lève. La chaise grince. Elle prend son sac, vérifie que le papier est dedans. Elle passe devant Jean, et au moment où elle franchit la porte, il la retient par le bras. Pas fort. Juste assez pour l’arrêter. Il se penche vers son oreille.
— Vingt heures, répète-t-il.
Il la lâche. Camille sort de l’appartement.
La journée passe. Jean travaille — son ordinateur portable posé sur la table du salon, des chiffres, des tableaux, des rapports de patrimoine qu’il parcourt sans conviction. Il pense à Camille plusieurs fois. Pas avec tendresse. Avec anticipation. Il pense aux objets qu’elle va ramener, à ce qu’il va en faire, à la façon dont elle les lui présentera. Il pense à ses fesses marquées sous sa robe banale. Il pense à la liste, au papier plié dans son sac.
Camille, de son côté, passe sa matinée au cabinet vétérinaire. Un berger allemand pour un vaccin, un chat bicolore pour un vermifuge, un lapin nain qui a cessé de s’alimenter. Elle tient les dossiers, prépare les seringues, calme les maîtres plus que les bêtes. Pendant les consultations, elle pense à la liste. Elle pense à vingt heures. Entre deux patients, elle sort son téléphone et cherche les boutiques spécialisées du quartier. Il y en a deux — une rue Saint-Denis, une autre près de Réaumur. Elle note les adresses dans son téléphone.
À midi, elle mange un sandwich sur le banc à l’entrée du cabinet. Elle sort le papier de son sac et le relit. GODES DIFFÉRENTES TAILLES - PLUGS GRADUÉS - CAGOULE - MENOTTES - LIENS - CORDE - COMBINAISON EN CUIR - SOUS-VÊTEMENTS SEXY - DENTELLE. Les mots sont nets, sans ambiguïté. Elle replie le papier. Son cœur bat un peu plus vite, mais elle ne s’attarde pas dessus. Elle a un chien à radiographier à quatorze heures.
L’après-midi, une chirurgie — stérilisation d’une chatte. Elle tient l’animal pendant que le vétérinaire incise, elle surveille le respirateur, elle compte les compresses. Ses mains sont stables, précises. Mais dans sa tête, la liste défile. La combinaison en cuir. Les menottes. La corde.
À dix-sept heures trente, elle termine. Elle range sa blouse, vérifie les dossiers du jour, dit au revoir au vétérinaire. Elle sort du cabinet, son sac à l’épaule, le papier dans la poche intérieure.
La première boutique est petite, crasseuse, sent le plastique et l’encens. Un vendeur laconique derrière le comptoir. Camille parcourt les rayons. Elle prend un gode réaliste — moyen, en silicone, avec ventouse — puis un plus petit, fin, noir, pour la préparation. Les plugs sont dans un coin. Elle choisit un kit de trois tailles progressives, en métal, avec un embout gemmé. La cagoule est en cuir souple, zippée à l’arrière, deux ouvertures pour les yeux et une pour la bouche. Les menottes sont en métal, rembourrées, avec un double jeu de clés. Les liens — des sangles réglables en nylon, avec mousquetons. La corde, une bobine de coton tressé rouge, dix mètres.
La deuxième boutique est plus haut de gamme. Éclairage tamisé, parquets vernis, vendeuse en tailleur. Camille trouve une combinaison en cuir noir — une pièce unique qui s’enfile par le haut, avec fermetures éclair sur les côtés, des découpes à la poitrine et à l’entrejambe. Elle essaie la taille par-dessus sa robe dans la cabine. Le cuir est épais, lourd, sent la peau animale. Elle se regarde dans le miroir de la cabine. Elle ne se reconnaît pas tout à fait. Elle enlève la combinaison, la range dans son sachet.
Les sous-vêtements prennent plus de temps. Elle choisit trois ensembles — un noir en dentelle, un rouge en tulle, un blanc avec découpes. Elle paie l’ensemble avec sa carte, sort le sac, vérifie l’heure sur son téléphone. Dix-neuf heures vingt. Elle a le temps de rentrer, de se changer, de revenir.
Elle rentre chez elle — un studio minuscule à trois stations. Elle se douche rapidement, les fesses encore sensibles sous l’eau chaude. Elle enfile un des nouveaux ensembles — le noir, dentelle, le soutien-gorge qui laisse voir les mamelons à travers le résille, la culotte taille basse qui s’échancre sur les hanches. Par-dessus, elle remet sa robe noire. Elle rassemble les sacs, vérifie le contenu, met le tout dans un grand cabas.
Dix-neuf heures cinquante. Elle sort de chez elle.
À dix-neuf heures cinquante-huit, elle se tient devant la porte de Jean. Elle sonne. Pas de réponse pendant quelques secondes. Puis le déclic de la serrure. Jean ouvre. Il est en t-shirt blanc, pieds nus, un livre à la main qu’il pose sur le meuble de l’entrée. Il la regarde. Il regarde le cabas. Il recule d’un pas.
— Entre.
Camille entre. L’appartement sent le café et la poussière. La table du salon a été débarrassée — l’ordinateur de Jean est fermé, posé sur une chaise. La surface est nue, nette.
— Pose tout là, dit Jean en désignant la table.
Camille dépose le cabas. Elle sort les sacs un par un. Le gode réaliste en silicone. Le gode fin noir. Le kit de plugs métalliques. La cagoule de cuir. Les menottes. Les sangles en nylon. La bobine de corde rouge. La combinaison en cuir. Les ensembles de sous-vêtements, emballés dans leur papier de soie.
Elle aligne le tout sur la table, dans l’ordre de la liste. Le cuir luit sous la lampe du salon. Le métal des plugs réfléchit la lumière. La corde rouge forme une spirale sur le bois clair.
Jean s’approche. Il prend le gode réaliste, le pèse dans sa main, le retourne. Il le repose. Il prend un plug — le moyen — passe le doigt sur la gemme, le repose. Il soulève la cagoule, l’examine, vérifie la fermeture éclair. Il ouvre les menottes, les referme avec un clic métallique sec. Il déroule un mètre de corde entre ses doigts, teste la souplesse. Il déplie la combinaison de cuir, la tient à bout de bras, la retourne pour examiner les découpes.
Puis il prend les sous-vêtements. Le rouge, le blanc, il les examine l’un après l’autre.
Il ne dit rien pendant tout ce temps. Le silence dure. Camille se tient debout, les mains jointes devant elle, à côté de la table. Elle ne bouge pas.
Jean finit son inspection. Il repose le dernier ensemble de sous-vêtements sur la table. Il se tourne vers elle.
— Déshabille-toi.
Camille obéit. Elle tire la robe par-dessus sa tête, la pose pliée sur le dossier de la chaise. En dessous, le soutien-gorge noir en dentelle, la culotte taille basse. Jean la regarde. Son regard descend sur les seins à travers le résille, sur les mamelons durcis par l’air frais, sur le triangle de dentelle entre les cuisses.
— Tourne-toi.
Elle tourne. La culotte est échancrée, découvre le haut des fesses. Les marques violettes de la veille sont toujours là, un peu estompées, jaunies aux bords. Jean les examine sans les toucher.
— Tourne-toi.
Elle revient face à lui. Il s’approche, passe un doigt sous la bretelle du soutien-gorge, la lâche. Le claquement contre sa peau est léger.
— C’est mieux, enlève les… dit-il.
Il prend la combinaison de cuir sur la table. Il la lui tend.
— Mets-la.
Camille prend la combinaison. Elle ouvre les fermetures éclair latérales, lève les bras, et enfile la pièce par le haut. Le cuir est froid contre sa peau, raide. Elle ajuste le tissu sur ses seins — les découpes laissent les mamelons à l’air libre. La partie basse s’arrête au-dessus du pubis, avec une découpe à l’entrejambe qui laisse le sexe exposé. Elle tire les fermetures jusqu’en bas, chaque zip grinçant. Le cuir la serre, la moule — sa taille, ses hanches, la rondeur de ses seins pressés dans les découpes.
Jean recule d’un pas. Il la regarde de la tête aux pieds. Le cuir noir contre sa peau pâle. Les mamelons durcis qui dépassent des ouvertures. Le sexe visible à travers la découpe de l’entrejambe. Les marques sur ses fesses, partiellement cachées par le cuir qui remonte sur le haut des cuisses.
— Mains dans le dos.
Camille croise les mains derrière son dos. Jean prend les menottes sur la table, les ouvre, et les referme autour de ses poignets. Le métal est froid. Le rembourrage presse contre la peau. Elle ne peut plus bouger les bras. Sa poitrine se bombe légèrement vers l’avant, les seins poussés à travers les découpes.
Jean prend la cagoule. Il se place derrière elle. Il lui pose sur la tête, ajuste les ouvertures — les yeux d’abord, alignés avec les siens, puis la bouche, le cuir qui encadre ses lèvres. Il ferme le zip à l’arrière. Le cuir serre le crâne, les tempes. Seuls ses yeux bleus et sa bouche sont visibles.
Il revient devant elle. Il la regarde. Camille se tient debout, vêtue de cuir noir, les mains menottées dans le dos, le visage partiellement masqué. Le cuir grince quand elle respire.
Jean prend un plug sur la table — le plus petit du kit. Il le pèse dans sa main.
— Tu sais ce que c’est.
— Oui, Maître.
— Tu vas le porter.
— Oui, Maître.
— Tu vas le porter.
Il prend le tube de lubrifiant qu’elle a acheté avec le kit, en dépose une noisette sur le plug, l’étale avec le pouce. Il se place derrière elle, s’accroupit. Ses doigts écartent la découpe de l’entrejambe de la combinaison. Il pose le plug contre son anus. La chair frémit au contact froid du métal lubrifié.
— Détends-toi.
Il pousse. Le plug entre lentement, le muscle qui résiste puis cède, le métal qui glisse centimètre par centimètre. Camille inspire, les épaules qui se tendent sous le cuir. Le plug s’installe, la base qui bute contre la chair, le gemme qui dépasse entre ses fesses.
Jean se relève. Il lui donne une tape sur la fesse droite — légère, juste pour faire tinter le plug. Camille frémit.
— Parfait, dit-il.
Il la regarde encore une seconde. Puis il va s’asseoir sur le canapé, à deux mètres d’elle. Il prend son livre sur le meuble de l’entrée et l’ouvre.
— Reste comme ça, dit-il sans lever les yeux. Je te dirai quand.
Camille reste debout. Les mains menottées dans le dos, le cuir qui la serre, le plug qui la remplit. Elle fixe un point au-dessus de l’étagère, immobile, le souffle régulier. La table à côté d’elle porte les traces de sa journée — les sacs froissés, le papier de soie, la corde rouge en spirale, les godes alignés. Le silence de l’appartement est total, sauf le froissement des pages que Jean tourne.
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