Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Super-héros — Chapitre 5 · Le vol
Auteur
Super-héros
Chapitre 5 · Le vol
Adrien essuie le comptoir du MacQueen's avec un chiffon gris. Le geste est mécanique — cercle régulier, pression constante, retour — mais ses yeux gris fixent le néon ambré au-dessus de la caisse sans le voir. Paulo passe derrière lui avec un plateau de pastèques tranchées et lâche, sans ralentir :
— Chaud devant
Il disparaît vers la terrasse. Adrien ne réagit pas. Le presse-citron déformé est rangé sous le comptoir, dans l'ombre, et il pense à la poussière. Une femme qui se désintègre en poussière.
Le service du midi s'achève dans les chuchotements des derniers clients et le raclement des chaises sur le carrelage. Jérôme sort de la cuisine, tablier taché de gras, un plateau de frites refroidies dans une main.
— T'es encore dans la lune, dit-il en posant le plateau sur la pass. Ça fait trois fois que je t'appelle.
Adrien hoche la tête, ramasse le plateau, le vide dans la poubelle de cuisine. Jérôme le regarde partir avec un froncement de sourcils, puis hausse les épaules et retourne aux friteuses.
La pause s'installe comme d'habitude. Paulo verrouille la porte d'entrée, tire le rideau métallique à moitié, et disparaît dans la réserve — une volute de fumée de cigare s'échappe par le bas de la porte. Jérôme part fumer dehors. Adrien reste seul derrière le comptoir.
Il sort son téléphone de la poche de son jean. L'écran s'allume. Il ouvre l'article de TF1 qu'il a mis en favori une heure plus tôt. Les images défilent : un guichet automatique ouvert comme une boîte de conserve, le métal replié vers l'extérieur, des étincelles sur le trottoir. Puis la silhouette. Adrien agrandit. La nuit avale tout sauf les contours : une femme, brune — les cheveux courts, peut-être, difficiles à dire sous ce qu'elle porte sur la tête. Un masque. Noir, mat, couvrant tout le visage. Des habits sombres, un manteau ou une veste, le tissu tendu sur des épaules étroites. Aucun visage. Aucun détail. Juste une forme féminine figée dans le grain d'une vidéo de surveillance, et ensuite — rien. De la poussière sur le sol.
Il rejoue la séquence. Trois fois. Quatre fois. Chaque fois, il cherche un indice — la taille, la démarche, la forme des mains. Rien. Le masque absorbe la lumière de l'éclairage public, et l'image bave au moment de la désintégration. Il ne distingue même pas si c'est un phénomène volontaire ou subi.
Il ferme l'article. Rouvre. Ferme. Pose le téléphone face contre le zinc du comptoir. Le métal est froid sous ses doigts.
Le téléphone vibre.
L'écran affiche un nom : Ribaudi. Adrien laisse la vibration pulser deux fois, trois fois, puis décroche.
— Oui.
La voix du commissaire est plate, mesurée, avec cette raideur de fonctionnaire qui ne s'autorise aucune inflexion inutile.
— Il faut qu'on parle. Aujourd'hui, si possible.
Adrien regarde la pendule au-dessus de la caisse. Dix-sept heures. Le service du soir commence à dix-huit heures.
— Demain, dit-il. Ce soir je travaille.
Un silence au bout du fil. Ribaudi ne proteste jamais — il enregistre, il ajuste, il planifie.
— Demain matin. Neuf heures. Au point habituel.
— D'accord.
— D'accord.
La ligne coupe. Adrien glisse le téléphone dans sa poche et reste immobile, les deux mains à plat sur le comptoir, le regard vide. La vibration de l'appel persiste dans sa paume comme un écho.
Jérôme revient de sa pause, les cheveux sentant le tabac froid. Il jette un œil à Adrien.
— Paulo veut que tu montes les caisses de Côtes-du-Rhône avant l'ouverture.
Adrien hoche la tête, se dirige vers la réserve. Le travail reprend.
Le service du soir démarre sur les chuchotements de la clientèle de fin de journée — employés de bureaux décravatés, étudiants attardés, habitués du comptoir. Adrien enchaîne les commandes : demi pression, pinot noir, cocktail du jour. Ses mains travaillent. Sa tête, non.
Il pense au masque. Noir, mat. Un peu comme le sien sauf qu'il couvre tout le visage. Est-ce un hasard ? Une imitation ? Ou est-ce que quelqu'un, quelque part, a traversé la même mutation que lui à dix-huit ans et a choisi le même type de déguisement ? Les questions tournent en boucle pendant qu'il remplit un verre de rosé, pendant qu'il encaisse, pendant qu'il essuie une tache de moutarde sur le zinc.
La porte d'entrée s'ouvre à dix-neuf heures trente. Adrien lève les yeux.
Sarah.
Elle porte un trench-coat beige sur un pull noir, un jean sombre, des bottines à talon. Ses cheveux bruns sont détachés, retombant sur les épaules. Elle traverse la salle d'un pas calme, esquisse un sourire à peine perceptible en croisant le regard d'Adrien, et vient s'asseoir au comptoir, sur le tabouret le plus proche du mur.
Ils échangent un regard. Pas un mot. Les yeux verts de Sarah accrochent les siens — il y a quelque chose de précis dans cette façon de le regarder, une attention chirurgicale dissimulée sous une expression banale de cliente. Adrien pose une serviette devant elle.
— Un spritz, dit-elle.
Adrien prend un verre à pied, verse l'Aperol, le Prosecco, ajoute la rondelle d'orange. Il pose le verre devant elle. Leurs doigts se frôlent sur le bord du comptoir — un contact d'une seconde, le pouce de Sarah contre son index.
— On se voit ce soir ?
Elle pose la question en regardant le verre, en faisant tourner l'orange avec la paille.
Adrien jette un coup d'œil à la pendule. Vingt heures. Une heure de service restante.
— Je finis dans une heure.
Sarah hoche la tête, boit une gorgée de spritz. Elle sort son téléphone, feint de consulter quelque chose, mais ses yeux reviennent vers lui à intervalles réguliers — un regard, puis l'écran, puis un regard. Adrien la connaît assez pour savoir qu'elle n'écrit rien, qu'elle patiente.
L'heure passe. Les clients partent par vagues. Jérôme range la cuisine. Paulo éteint les néons de la terrasse et grommelle un ordre vague vers Adrien :
— Ferme la porte, tire le rideau.
Il disparaît par la porte de derrière sans se retourner.
Adrien pose la dernière chaise sur la dernière table. Le MacQueen's est vide.
Sarah attend dehors, adossée à la façade, le trench-coat boutonné. Adrien sort, verrouille la porte derrière lui, glisse la clé dans sa poche. Ils se regardent un instant dans la lumière orange du réverbère.
— Viens, dit-il.
Le toit est accessible par une cage d'escalier au bout de la rue — un immeuble de bureaux dont la porte de service donne sur un escalier de service en colimaçon. Adrien connaît le chemin. Sarah le suit sans poser de questions, ses talons résonnant sur les marches métalliques.
Ils émergent sur une terrasse de gravier, bordée d'une rampe de sécurité rouillée. Le ciel de Paris est au-dessus d'eux — un plafond de nuages bas, violacé, traversé par les faisceaux lumineux de la Tour Eiffel qui balaient l'horizon. Le vent est frais. Sarah frissonne, serre le col de son trench-coat.
Adrien se place au centre de la terrasse, là où le gravier est le plus plat. Il retire sa veste. La pose sur le gravier. Puis son tee-shirt — il le tire par la nuque, et le torse apparaît, large, les abdominaux découpés dans la lumière diffuse des réverbères lointains. Sarah ne bouge pas, mais ses yeux ne le quittent plus. Adrien défait sa ceinture, pousse son jean le long de ses cuisses, l'enlève. Il reste en caleçon gris, debout sur le gravier, et il sort le justaucorps du sac qu'il a glissé dans la veste.
Le tissu noir est replié sur lui-même — spandex et kevlar tressés, le liseré argenté en forme d'éclair plié en deux. Adrien l'enfile : il glisse une jambe, puis l'autre, remonte le tissu sur ses cuisses, ses hanches, son torse. Le justaucorps épouse chaque ligne de son corps — les épaules de déménageur, le dos large, les obliques saillantes. Il enfile les bras dans les manches longues, ajuste le col montant.
Sarah s'est approchée. Ses doigts touchent le tissu au niveau de l'éclair argenté sur son torse — elle le suit du bout de l'index, de la clavicule jusqu'à l'abdomen. Le kevlar est lisse et tiède sous sa main. Adrien ne bouge pas, laisse faire. Elle passe derrière lui, pose ses deux mains à plat sur le spandex qui couvre son dos, suit la colonne vertébrale de haut en bas. Ses paumes s'arrêtent sur les lombaires.
— Le masque, murmure-t-elle.
Adrien le sort de la poche dorsale du justaucorps. Le demi-masque noir mat, conçu pour épouser le haut de son visage — pommettes, nez, contour des yeux. Il le positionne. Le tissu colle à sa peau, cachant ses yeux gris, ne laissant visible que la mâchoire carrée, les lèvres, le menton. La transformation est complète. Le barman banal a disparu. Il reste Le Sauveur.
Sarah le regarde. Sa respiration a changé — plus lente, plus profonde, les narines légèrement dilatées. Elle pose une main sur sa joue, là où le masque s'arrête, et l'attire vers elle. Leurs lèvres se rejoignent. La bouche de Sarah est chaude, humide, sa langue cherche la sienne avec une urgence précise. Adrien la plaque contre lui, une main dans le bas de son dos, l'autre à la nuque. Le kevlar craque légèrement sous la pression. Sarah gémit dans le baiser — un son court, étouffé, avalé par le vent.
Il la soulève. Ses bras la ceinturent, ses mains se rejoignent sous ses cuisses. Sarah enlace ses épaules de ses bras, ses jambes autour de sa taille. Le gravier quitte ses talons. Adrien décolle.
Le mouvement est fluide — aucun à-coup, aucune accélération brutale. Le toit s'éloigne sous eux, les cheminées défilent, les toits en zinc glissent comme des écailles sombres. Paris s'étend en dessous, un damier de lumière et d'ombre, et ils montent dans l'air frais de la nuit, portés par un homme qui ne pèse plus rien pour la gravité.
Sarah serre ses cuisses autour de la taille d'Adrien. Le vent plaque son trench-coat contre lui, ses cheveux bruns fouettent l'air. Elle approche sa bouche de son oreille.
— Baise-moi, dit-elle. Maintenant. Pendant qu'on vole.
Adrien ne répond pas. Il ajuste sa prise — une main sous la cuisse gauche de Sarah, l'autre dans son dos. Puis la main qui tient sa cuisse gauche glisse vers la ceinture de son jean. Ses doigts se referment sur le tissu denim, et il tire. Le jean se déchire le long de la couture externe de la cuisse, le tissu cède comme du papier sous sa force — un son déchirant, sec, avalé par le vent. Sarah émet un halètement. La main d'Adrien remonte, agrippe le jean à la hanche, tire à nouveau. Le denim se sépare en deux, la bande de tissu restante tombe dans le vide derrière eux.
Son index glisse sous le string de Sarah — un ruban de tissu noir, fin. D'un crochet de doigt, il le claque. L'élastique se rompt, le tissu part en lambeaux. Sarah est ouverte, exposée, la chatte au vent, ses jambes écartées autour de la taille d'Adrien, le trench-coat qui bat dans le courant d'air.
Adrien ajuste le justaucorps. L'ouverture est conçue pour ça — une fente à l'avant, dissimulée dans la couture du spandex. Il sort son sexe. Épais, veineux, à moitié en érection, la queue lourde entre ses cuisses. Le gland est sombre, tendu, les veines gonflées sous la peau. Il le positionne contre l'entrée de Sarah — elle est mouillée, il le sent immédiatement, la chaleur humide de sa chatte contre le bout de sa bite.
Il la pénètre d'un coup.
Sarah hurle. Le son se perd dans le vent et l'altitude, mais son corps se raidit contre lui — ses ongles s'enfoncent dans le kevlar de ses épaules, ses jambes se verrouillent autour de sa taille, son dos s'arc-boute. La bite d'Adrien la remplit entièrement, écartant les parois de sa chatte, s'enfonçant jusqu'à la base. Les couilles d'Adrien, lourdes, pleines, butent contre ses lèvres inférieures.
Il commence à la baiser. Le mouvement est différent de ce qu'il serait au sol — pas de poussée des hanches, pas de rythme classique. Adrien ajuste Sarah sur sa queue, la fait glisser le long de sa bite avec ses mains, la monte et la descend comme un outil. Son corps à elle devient un objet dans ses mains — il la tient par les hanches, la fait coulisser sur sa queue, la chatte de Sarah avalant et recrachant sa bite à chaque mouvement. Le bruit est obscène — le clap humide de la chair contre la chair, le frottement du kevlar contre le trench-coat, le vent qui porte les halètements de Sarah à travers la nuit.
— Putain — oui — plus fort, gémit-elle, la voix hachée par les coups de queue.
Adrien serre sa prise. Ses doigts s'enfoncent dans la chair de ses hanches — il laissera des marques, des bleus en forme d'empreintes digitales. Il accélère. Le corps de Sarah ballotte sur sa bite, ses seins rebondissent sous le pull noir, sa tête bascule en arrière. Elle ne contrôle rien. Elle ne peut pas bouger. Les mains d'Adrien la maintiennent comme un manche, la font coulisser sur sa queue avec une régularité mécanique, chaque coup de bite envoyant son sexe jusqu'au fond de sa chatte.
Le vent siffle autour d'eux. Les lumières de Paris défilent en dessous — la Seine, les ponts, les immeubles haussmanniens. Personne ne les voit. Ils sont un point noir dans le ciel, une silhouette enlacée portée par rien.
Sarah jouit. Son corps se contracte autour de la bite d'Adrien — sa chatte se resserre, se contracte, étreint sa queue dans des vagues successives. Elle crie, un cri rauque, animal, qui se déchire dans le vent. Les fluides coulent le long de la bite d'Adrien, mouillant le kevlar, trempant ses couilles. Il ne s'arrête pas. Il continue de la baiser à travers l'orgasme, ses hanches pompant automatiquement, sa queue fendant la chatte trempée comme un piston.
— Je vais venir, grogne-t-il.
Sarah ne répond pas — elle ne peut pas, la bouche ouverte, les yeux fermés, le corps secoué par les secousses résiduelles de son orgasme. Adrien accélère une dernière fois. Ses couilles se contractent, se vident. Le sperme jaillit au fond de Sarah — des jets épais, chauds, qui remplissent sa chatte, qui débordent, qui coulent le long de ses cuisses en filets blanchâtres. Il grogne, un son sourd qui vibre dans sa poitrine, et il maintient Sarah plaquée contre lui pendant qu'il se vide. Chaque contraction de sa queue envoie une nouvelle giclée au fond d'elle. Les couilles palpitent, se vident jusqu'à la dernière goutte.
Le silence s'installe, troublé uniquement par le vent et la respiration lourde de Sarah. Adrien ralentit, descend. Le toit du MacQueen's réapparaît en dessous. Il pose Sarah sur le gravier — elle titube, les jambes flageolantes, le jean déchiré pendant à une cheville, le string absent, la chatte trempée de sperme qui coule sur l'intérieur de ses cuisses. Adrien ajuste son justaucorps, rentre sa bite à demi-molle dans la fente du spandex.
Ils ne parlent pas pendant le vol de retour vers le studio.
Le studio est tel quel — murs blancs, néon blafard, sol carrelé, vaisselle sale sur le plan de travail. Adrien pose le sac contenant ses vêtements civils sur la chaise, retire son masque, le pose sur l'étagère. Le justaucorps suit — il le dégrafe, le fait glisser le long de son corps, le pose sur le dos de la chaise. Il est nu. La bite pend, épaisse même au repos, les veines encore gonflées, le gland luisant des restes de sperme et de cyprine.
Sarah s'est assise sur le lit. Elle a retiré le trench-coat, le pull, les bottines. Le jean déchiré est par terre. Elle est nue — les marques bleues sur les hanches, les cuisses humides de sperme, les cheveux en désordre. Elle le regarde se déshabiller, et ses yeux verts suivent les lignes de son corps avec la même attention chirurgicale qu'au comptoir du MacQueen's.
Il s'allonge sur le lit. Sarah se couche contre lui, la tête sur son torse, une main qui descend le long de ses abdominaux. Ses doigts atteignent sa bite. Elle la prend dans sa main — elle ne tient pas entièrement dans sa paume, même au repos. Elle la soupèse, sent le poids des couilles, masse doucement.
— Je veux te lécher, dit-elle.
Adrien ne répond pas. Il écarte légèrement les jambes. Sarah se positionne entre ses cuisses, sur le ventre, son visage au niveau de son sexe. Elle commence par les couilles — sa langue sort, lèche la peau ridée, aspire doucement une bourse dans sa bouche. Le sexe d'Adrien tressaille. Il durcit. Lentement, la queue se redresse, gagne en épaisseur, les veines se gonflent sous la peau qui se tend. Sarah lève les yeux vers lui — ses yeux gris la regardent — et elle passe sa langue le long de la hampe, de la base jusqu'au gland. Un mouvement lent, délibéré, qui suit chaque veine, chaque relief.
Elle prend le gland dans sa bouche. Ses lèvres se referment autour du bord, sa langue tourne sur la tête, goûte le mélange de sperme résiduel et de cyprine. Elle aspire. Adrien pousse un souffle court par le nez — le seul son qu'il émet. Sarah descend. Sa bouche avale la bite centimètre par centimètre, la langue plaquée contre le dessous de la hampe, les lèvres étirées autour de l'épaisseur. Elle atteint la moitié — sa mâchoire est tendue, des filets de salive coulent sur ses lèvres, mouillant la base de la queue. Elle remonte, redescend, établit un rythme.
Sa main droite masse les couilles pendant que sa bouche travaille la queue. Sa main gauche remonte sur le torse d'Adrien, suit les abdominaux, s'attarde sur le liseré argenté de l'éclair imprimé dans sa mémoire.
— Tu as regardé les images ? demande-t-elle entre deux coups de langue, la voix mouillée, étranglée par la salive.
Adrien ouvre les yeux. Sarah ne s'arrête pas de le sucer — elle pose la question avec sa bouche pleine de sa queue, les mots déformés par l'épaisseur du gland contre sa joue.
— Oui.
— Qu'est-ce que tu en penses ?
— Qu'est-ce que tu en penses ?
Elle descend à nouveau sur sa bite, remonte, le gland ressort avec un bruit humide de succion.
Adrien met un instant à répondre. Sarah continue de le pomper, sa langue traçant des cercles sur le frein.
— Je ne sais pas, dit-il. Une femme. Brune. Masquée.
— Comme toi, murmure-t-elle en léchant le gland. Un masque. Des habits sombres.
— Oui.
— Comme toi, murmure-t-elle en léchant le gland. Un masque. Des habits sombres.
— Oui.
Sarah prend la bite entièrement dans sa bouche, la maintient au fond — sa gorge se contracte autour du gland, elle étouffe un léger haut-le-cœur, puis relâche. La queue ressort brillante de salive.
— Tu penses qu'elle est comme toi ?
Elle reprend le pompage, plus lent, plus profond, en le regardant.
Adrien ne répond pas immédiatement. Sarah passe sa langue sur le bord du gland, attend.
— Possible, dit-il finalement. Je ne sais pas. On ne voit rien.
Sarah masse ses couilles, sent qu'elles sont lourdes — pas encore pleines, mais en train de se remplir à nouveau. Elle accélère le rythme de sa bouche, la queue frottant contre sa langue, ses lèvres serrées. Puis elle ralentit.
— Tu es soulagé ?
La question est précise, posée contre le gland, les lèvres frémissantes.
Adrien la regarde. Ses yeux gris, soulignés par les cernes bleutées, ne cillent pas. Sarah ne soutient pas le regard — elle replonge sur sa bite, prend tout ce qu'elle peut dans sa gorge, pompe avec application. La question reste suspendue dans l'air du studio, entre le néon blafard et le silence de la nuit.
— Je ne sais pas, répète-t-il.
Sarah ne relève pas la répétition. Elle continue de le sucer — sa bouche travaille la queue avec une régularité patiente, ses mains massent les couilles, sa langue suit les veines. Le sperme de la baise en vol sèche sur ses cuisses, sur le drap, et elle ajoute de la salive à la liste des fluides qui couvrent le sexe d'Adrien.
Elle relève la tête un instant.
— Ribaudi t'a appelé ?
Adrien fronce les sourcils. Sarah sait pour Ribaudi — elle a remonté la filière elle-même, par le biais de ces déjeuners avec le commissaire. Ce n'est pas une surprise, mais la question, posée pendant qu'elle lui taille une pipe, a quelque chose de chirurgical.
— Ce soir, dit-il. Je le vois demain matin.
Sarah hoche la tête, replonge sur sa queue. Elle aspire fort, joues creusées, la bite au fond de sa gorge. Adrien pose une main sur sa tête — pas pour la forcer, juste pour la guider. Ses doigts s'enfoncent dans les cheveux bruns, suivent le rythme de sa bouche.
— Tu veux que je vienne ? demande-t-elle en remontant, la voix rauque, la salive en filets entre ses lèvres et le gland.
— Non.
— Non.
Sarah n'insiste pas. Elle reprend la queue dans sa bouche, l'avale jusqu'à la base — le nez plaqué contre le bas-ventre d'Adrien, les couilles contre son menton. Elle reste là, la gorge ouverte, la bite coincée au fond, puis remonte d'un coup. Un long filet de salive relie ses lèvres au gland.
Elle le regarde. Adrien la regarde. Le néon grésille au-dessus d'eux.
— Tu n'es plus seul, dit-elle. C'est ça qui te fait peur.
Elle ne pose pas la question comme une question. Elle la pose comme un constat. Et elle replonge sur sa bite, la bouche pleine, la langue en mouvement, et Adrien ferme les yeux.
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