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Couverture de Super-héros, par MiBuDArK
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Super-héros — Chapitre 3 · Le poids du vide

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Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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MiBuDArK
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Dès les premières lignes, on sent l'odeur du studio, le néon qui grésille et la lumière grise qui gagne la fenêtre. Les petits gestes d'Adrien, son café noir sans sucre et ses silences donnent du relief à ce héros. Les phrases courtes de la fin accélèrent comme un vol qui prend de la hauteur.

Super-héros

Chapitre 3 · Le poids du vide

La respiration d'Adrien oscille au rythme du néon qui grésille au-dessus du lit. Sarah est contre lui, son dos collé à son torse, ses cheveux bruns étalés sur l'oreiller humide. Le studio sent encore le sexe — cette odeur musquée de sueur séchée, de fluides collés aux draps, mêlée à la poussière de plâtre qui flotte encore dans l'air tiède. Le trou béant dans le mur d'en face laisse entrevoir la structure en bois, les fils électriques pendouillant comme des veines arrachées. Des flocons de peinture blanche parsèment le carrelage, collés par places à des traces de cyprine séchée.
La lumière change. Le néon grésille toujours, mais à travers la fenêtre aux volets mal fermés, une lueur gris perlé s'infiltre. Paris s'éveille. Le bruit d'un premier camion poubelle résonne dans la rue, le claquement métallique des bacs, une voix d'homme qui gueule quelque chose d'incompréhensible.
Sarah bouge la première.
Adrien sent le matelas se soulever à sa gauche. Le poids de son corps disparaît, remplacé par le froid de la toile froissée. Il garde les yeux fermés. Sa respiration reste régulière — inspiration lente par le nez, expiration par la bouche entrouverte. Il a toujours su réguler son souffle. C'est un truc qu'il a appris à dix-huit ans, le jour où il a compris qu'il pouvait soulever un camion sans forcer, qu'il pouvait s'arracher du sol comme un oiseau. Contrôler son corps, c'est la base.
Sarah ramasse sa robe par terre. Le tissu froissé glisse sur sa peau, le bruit d'un zip qu'elle remonte le long de son dos. Ses pieds nus claquent doucement sur le carrelage — un pas, deux pas, trois pas vers la kitchenette. Adrien entend le grattement d'un stylo sur du papier. Elle écrit quelque chose. Il ne bouge pas. Elle se déplace encore, pose le papier quelque part — sur le comptoir de la kitchenette, à côté de la bouilloire. Puis le bruit de ses talons qu'elle remet, le claquement sec du loquet, la porte qui s'ouvre et se referme.
Le silence retombe. Plus lourd qu'avant.
Adrien ouvre les yeux.
Le plafond est jauni, une fissure court le long de l'angle, là où l'humidité a fait son travail pendant des années. Le néon grésille, clignote une fois, se stabilise. Il tourne la tête vers la gauche. L'oreiller garde l'empreinte de Sarah — un creux ovale, un cheveu brun collé à la taie. Le drap est rejeté en bas du lit, tordu comme une corde. Son justaucorps noir est par terre, la fermeture latérale encore ouverte, l'éclair argenté sur le torse brillant faiblement sous la lueur du néon.
Il se lève. Le mouvement est d'une fluidité animale — tronc droit, jambes basculées, pieds posés à plat sur le carrelage froid. Il est nu. Son sexe pend, mou, reposé, vidé. Les muscles de ses abdominaux se contractent quand il se penche pour ramasser le justaucorps, mais il ne l'enfile pas. Il le jette sur le lit et marche vers la kitchenette.
Le papier est là. Un morceau arraché d'un bloc-notes qu'il garde à côté de la bouilloire. L'écriture de Sarah est petite, penchée, rapide — l'écriture de quelqu'un qui écrit pour un quotidien, qui tape des articles sur un clavier toute la journée et dont la main court sur le papier comme si elle était pressée.
« Meilleure baise de ma vie. Très envie de recommencer. 06 12 34 56 78. — Sarah »
Pas de cœur dessiné. Pas de petit mot doux. Directe. Adrien fixe les chiffres du numéro de téléphone. Son pouce tourne le papier sur lui-même, comme si l'angle allait révéler quelque chose de plus. Il repose le papier, attrape son téléphone posé à côté du bloc-notes — un vieux modèle, écran rayé, coque en plastique fissurée — et tape le numéro. Il hésite sur le nom du contact. Ses doigts restent suspendus au-dessus du clavier virtuel. Sarah. Simple. Il valide. L'écran affiche « Contact enregistré » puis revient au menu.
Il pose le téléphone. Se redresse.
Une chose est sûre : ça lui a fait du bien. Un bien que ses muscles portent encore, cette légèreté dans le bas-ventre, ses couilles vidées, relâchées, le poids de semaines de tension évacué d'un coup — non, de deux coups, d'ailleurs, si on compte celui dans sa bouche et celui contre le mur. Il se sent plus léger. Comme si on avait retiré un lest qu'il portait depuis trop longtemps, un lest qu'il ne s'autorisait même pas à nommer. Le désir. Le besoin d'un corps contre le sien, d'une bouche, d'une chatte chaude et mouillée qui s'ouvre pour lui. Il a passé des mois à l'enterrer, à le noyer sous les patrouilles, sous les heures au MacQueen's à servir des pintes, sous les rendez-vous avec Ribaudi. Et hier soir, Sarah a tout fait remonter d'un coup. Et c'est bien.
Il ne sait pas ce que cette relation peut donner. Le mot même — relation — lui colle à la gorge comme une arête de poisson. Il a toujours eu peur de ça. Pas de baiser, pas de jouir, pas de la chair contre la chair. Ça, il sait faire. Mais ce qui vient après. Les attentes. Les promesses implicites. Le moment où l'autre commence à dire nous au lieu de je. Ce que ça implique pour lui — pour elle. Une journaliste du Monde qui sait que le Sauveur s'appelle Adrien, qui sait où il habite, qui a vu son visage, qui a tenu son sexe dans sa bouche. Le danger n'est pas qu'elle parle. Le danger est qu'elle reste.
Mais au moins, elle sait. Il n'a pas besoin de cacher cette partie de sa vie. Pas de mensonges sur les horaires, pas d'excuses bidon pour expliquer pourquoi il rentre à trois heures du matin avec des traces de poussière de béton sur la veste. Elle sait. Et ça, c'est nouveau. Ça l'effraie autant que ça le soulage.
Il secoue la tête. Pas maintenant. Pas le moment de penser à ça.
Il remplit la bouilloire, la pose sur la plaque électrique. Le temps que l'eau chauffe, il enfile un jean — le même qu'hier, jeté sur le dossier de la chaise — et un t-shirt gris. Pas le justaucorps. Pas encore. Le café instantané est dans le placard au-dessus de l'évier, un bocal de Nescafé à moitié vide. Il sort une tasse — la seule propre, les autres sont empilées dans l'évier avec des traces de café séché —, dépose une cuillerée de poudre, attend l'ébullition. La bouilloire clique. Il verse l'eau. Le noir se forme, tourbillonne, se stabilise. Pas de sucre. Jamais de sucre. Le café noir, c'est la seule chose qu'il prend le matin. Pas de pain, pas de beurre, pas de croissant. Rien. Il aime voler l'estomac vide. La légèreté du ventre vide correspond à celle du corps en l'air — rien qui pèse, rien qui tire vers le bas, rien qui rappelle la gravité.
Il boit le café debout, face à la fenêtre. Les volets sont entrouverts. La lumière du matin est grise, diffuse, typique d'un Paris automnal. L'impasse derrière l'Opéra est encore mouillée de la nuit — le pavé luisant, les poubelles vertes alignées contre le mur d'en face, le réverbère orange qui crache encore par à-coups, comme un astre mourant qui refuse de s'éteindre. L'odeur de poubelle humide monte par la fenêtre entrouverte, se mêle au café noir dans sa tasse.
Il dépose la tasse dans l'évier. Retire son t-shirt, le jette sur le lit à côté du justaucorps. Enfile le justaucorps noir. Le spandex-kevlar épouse ses muscles — les épaules de déménageur, le torse large, les abdominaux découpés. La fermeture latérale glisse, se ferme avec un clic métallique. Le demi-masque noir mat vient ensuite — il le tire sur le haut de son visage, couvrant le front, les yeux gris, ne laissant que la mâchoire carrée et les lèvres. L'éclair argenté sur le torse capte la lumière du néon.
Il ouvre la fenêtre. L'air froid le gifle — humide, chargé de la puanteur de la rue, mais vivant. Il pose une main sur le rebord, saute, et l'air le prend.
Paris se déploie sous lui.
Les toits en zinc brillent sous la lumière grise. Les cheminées fument par bouffées, les gouttières coulent encore de la rosée nocturne. Il monte — pas vite, pas pour se faire voir, juste assez pour disparaître dans la couche nuageuse basse qui traîne au-dessus des immeubles. L'humidité colle au justaucorps. Le froid lui mord les joues, la partie non couverte par le masque. Ses yeux gris scrutent en dessous, balayent les rues, les carrefours, les boulevards.
Il vole l'estomac vide, les muscles détendus, les couilles légères. Le café noir tourne dans son ventre comme un carburant propre. Il n'a pas faim. Il n'a jamais faim le matin. La faim vient plus tard, après le vol, après l'effort, après que ses muscles ont brûlé leurs réserves. C'est pour ça qu'il ne déjeune pas. Pas par discipline — par instinct. Son corps sait ce qu'il veut. Le vide, d'abord. Le ciel, ensuite. Le reste après.
Il descend vers le boulevard Haussmann. Un taxi roule trop vite, frôle un vélo. Le cycliste gueule. Rien de grave. Il remonte. Longe les Grands Boulevards, passe au-dessus de la Bourse, vire à gauche vers le Louvre. La cour Carrée est déserte à cette heure — un jardinier ratisse les feuilles mortes, un SDF dort sur un banc, son sac de couchage tiré jusqu'au menton. Rien qui nécessite le Sauveur.
Il pourrait gagner de l'argent. Facilement. Trop facilement. Un braquage de banque, un casse de fourgon, un hold-up dans une bijouterie — il pourrait entrer, prendre, ressortir avant que quiconque ait le temps de composer le 17. Personne ne pourrait l'arrêter. Les balles rebondissent sur sa peau. Les murs cèdent devant lui. Il pourrait soulever un coffre-fort comme il soulèverait une chaise, le porter au-dessus de sa tête, traverser la façade de l'immeuble en laissant un trou en forme de silhouette derrière lui. Il serait riche. Millionnaire. Multi-millionnaire. En une nuit.
Mais ça n'aurait aucune valeur. Aucun mérite. L'argent volé n'a pas de poids, pas de densité. C'est du papier creux. Il le sait parce qu'il l'a fait — pas l'argent, mais le vol. Plus jeune. Ado. Des bonbons dans une épicerie de quartier, un jouet dans un grand magasin, une console de jeux dans un hypermarché. Des conneries de gamin. La main qui glisse dans la poche, le cœur qui bat, la sensation de puissance minuscule, honteuse, qui dure deux secondes puis pourrit dans l'estomac. Il avait quinze ans. Seize. L'âge où on teste les limites. Et puis à dix-huit ans, les pouvoirs sont arrivés — la force, le vol, l'invulnérabilité — et les limites ont explosé. Tout est devenu possible. Et c'est précisément là, au moment où tout est devenu possible, qu'il comprend que possible ne voulait pas dire permis.
Il a des responsabilités. Il le sait depuis le jour où il a rattrapé un bus qui menaçait de tomber dans la Seine, depuis le jour où il a stoppé un camion qui fonçait sur une école. Les gens le regardent avec des yeux ronds, des bouches ouvertes, des téléphones levés. Ils ne comprennent pas. Ils voient un super-héros. Lui voit un type de vingt-sept ans qui vit dans un studio miteux, qui sert des pintes au MacQueen's, qui baise contre un mur et défonce le placo. Un type qui a peur des relations et qui boit son café noir sans sucre.
Il n'a pas choisi la voie de la facilité. Il a choisi celle de l'honnêteté. L'honnêteté, c'est de voler au-dessus de Paris à six heures du matin, l'estomac vide, les yeux ouverts, à chercher où on peut être utile. Pas pour la gloire. Pas pour l'argent. Parce que c'est ce qu'il sait faire. Parce que ses muscles existent pour ça. Parce que s'il ne le fait pas, personne d'autre ne le fera.
Un cri monte de la rue Saint-Honoré. Adrien plisse les yeux derrière son masque. Une femme — non, un homme. Un type en vélo qui vient de se faire arracher son sac par un mec à scooter. Le scooter file vers l'est, remonte la rue de Rivoli. Le cycliste est à genoux sur le pavé, sa roue avant tordue.
Adrien pique. Vertical, rapide, silencieux. Le vent siffle contre le kevlar. Il rattrape le scooter en trois secondes — le type n'a même pas le temps de regarder derrière lui. Adrien l'attrape par la nuque d'une main, par le guidon du scooter de l'autre. Le moteur s'étrangle, la roue avant se soulève, le scooter s'immobilise en l'air comme un jouet suspendu. Le voleur hurle. Adrien ne dit rien. Il pose le scooter sur le trottoir, le voleur à côté, maintient sa nuque contre le pavé. Le sac est toujours accroché au bras du type. Adrien le récupère. Le lâche. Le type reste au sol, tremblant, incapable de bouger sous la pression d'une main qui pourrait écraser sa colonne comme un brin de céleri.
Il ne reste pas. Il remonte. Le sac, il le dépose sur le trottoir à côté du cycliste qui boitille encore. L'homme le regarde, la bouche ouverte, les yeux écarquillés. Adrien ne dit rien. Pas de mot. Pas de sourire. Il s'arrache du sol et disparaît dans la couche grise.
Le soleil perce enfin. Un rayon orange traverse les nuages, frappe la flèche de Notre-Dame, allume les toits en zinc. Paris s'éveille pour de bon. Les boulangeries ouvrent, les terrasses sortent leurs chaises, les premiers métros crachent leurs flux de passants.
Adrien vole. L'estomac vide, les couilles légères, le café noir dans le ventre. Il vole et il cherche. Il cherche ce que Paris a besoin qu'il trouve. Et en dessous, la ville continue, indifférente, vivante, bruyante — comme si un type en justaucorps noir au-dessus des nuages n'était qu'un détail mineur dans la mécanique géante du matin.
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Chapitre 4 · Une autre
Le service du MacQueen's n'a pas encore commencé. Adrien, barman le jour et justicier masqué la nuit, prépare ses citrons et ses bouteilles dans le calme habituel. Mais une conversation avec Jérôme, lancée sans prévenir, vient troubler cette routine tranquille. Entre les rondelles tranchées et les néons qui clignotent, quelque chose se fissure dans l'ordre du matin.
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