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✦ Xaviernnrs Cure de jouvence XSTORY
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Cure de jouvence — Chapitre 4 · Prise de conscience

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Xaviernnrs
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Ce chapitre sans scène de sexe tient pourtant en haleine du début à la fin. La construction en miroir, qui fait alterner les points de vue des deux protagonistes, donne au récit une épaisseur rare et une tension qui ne retombe jamais. Les SMS codés — « Atelier 45 », « bonbon », les petits mots en italien — sonnent juste et rendent la relation touchante autant qu'électrique. La scène du Monstera dans l'appartement, sobre et chargée, plante un décor dont on ne sort pas facilement.

Cure de jouvence

Chapitre 4 · Prise de conscience

Cela fait maintenant un an que nous nous voyons en cachette. Au début, après cette première rencontre électrique où toutes mes barrières et mes principes ont volé en éclats, on s’est juste laissé porter, sans penser au lendemain. Une parenthèse. Sauf que le piège s’est refermé, je l’aime bien cette gamine, même si je refuse de me l’avouer. Elle a maintenant vingt-cinq ans, un copain, et l’âge d’être ma fille. Je refuse qu’elle gâche sa jeunesse avec un homme qui pourrait être son père, et je refuse qu'elle gâche sa jeunesse avec un homme qui pourrait être son père, et je ne veux pas la soumettre à la honte ou aux regards médisants des autres.
**********

Mardi

L’appartement sent le tabac froid et l’ennui. Sandra passe un chiffon humide sur les feuilles de Léon, le Monstera acheté lors de leur emménagement. Six ans plus tôt, ils en riaient ; aujourd’hui, elle le soigne avec une précision presque désespérée, comme Mathilda le faisait pour sa plante dans ce vieux film dont elle se souvient si bien. Sauf qu’ici, il n’y a pas de racines à replanter, pas de salut possible. Elle le soigne comme on entretient une tombe.
— Laisse tomber. C’est mort, tu vois bien qu’elle crève. Arrête de perdre ton temps avec ça et fous-la à la benne, on s’en tape.
Sandra ne répond pas. Elle vient de ramasser du bout des doigts deux mégots écrasés dans la terre noire du pot. Un cœur de dégoût au creux du ventre. Elle ne fait même pas de reproche ; à quoi bon ? La lassitude a remplacé la colère depuis longtemps. Elle préfère essuyer les feuilles avec acharnement, s’obstinant à lustrer les cuivres d’un navire qui coule déjà. Elle se sent comme une capitaine qui refuse de quitter la barre malgré le naufrage imminent. Elle a misé six ans sur ce décor, sur cet homme, sur cette routine. Partir, c’est admettre que tout ce temps n’a été qu’un immense gâchis… Soudain, son téléphone vibre sur la table. Un message de « Atelier 45 ». Pas la peine de l’ouvrir, c’est juste un code entre elle et son futur. Jules ne tourne même pas la tête, hypnotisé par la lumière bleue de la télévision. Il ignore que derrière ce nom de code anonyme se cache le quatre mai, cette rencontre fortuite qui a tout fait basculer. Pour lui, c’est juste un contact administratif de plus. Pour Sandra, la simple vue de ce nom suffit à faire remonter l’odeur de son parfum et le vertige de ce premier jour où sa vie a pris une direction interdite.
**********
À l’autre bout du village, je regarde l’écran noir de mon téléphone. J’ai envoyé le message. Je n’attends aucune réponse immédiate, je sais qu’elle est avec lui. Pour moi aussi, cette double vie est devenue une seconde nature. Je connais le risque, je connais le prix, mais je m’en moque. Mais vivre ainsi, c’est comme essayer de respirer sous l’eau.
Après la première fois, il y en a eu une deuxième, et puis… une troisième, et encore, et encore… Notre routine adultérine s’est installée. On a arrêté de se poser des questions, on a juste appris à mieux mentir. C’est dingue comme on s’habitue vite à mener deux vies de front. On a rodé le truc. On connaît les horaires de son mec, les absences de ma femme, les coins d’ombre du parking. Ça fait presque un an qu’on a fait de ces imprévus notre seule véritable existence. On ne perd plus de temps en préliminaires inutiles ; on a faim l’un de l’autre, une faim de loup qui ne se calme jamais vraiment.
Pourtant, une fatigue s’installe. Celle des mensonges qu’on doit bâtir pour protéger chaque minute volée. On se crée un petit monde à part, une bulle de chair et de sueur où le reste n’existe plus, mais quand la bulle éclate, le retour au réel est de plus en plus violent. Chaque séparation est un déchirement, chaque masque qu’on doit remettre en franchissant le seuil de nos vies respectives nous coûte un peu plus cher. On s’use à force de vouloir être deux personnes à la fois.
Le soir, je dînais face à ma femme en écoutant le récit de sa journée, mais c’était un mensonge. Tandis que ma peau brûlait encore des caresses de Sandra, j’étais là sans être là, un fantôme dans ma propre maison, guettant la vibration du téléphone dans la poche de mon jean pour me sentir à nouveau vivant. Les SMS codés, les rendez-vous entre deux portes, les alibis bidons… je ne me reconnaissais plus, mais je ne pouvais plus m’en passer. C’était devenu une drogue ; je savais que ça allait me bousiller, mais je reprenais une dose dès qu’elle me faisait signe.
Las, ma compagne a fini par s’en aller. Ce n’est pas ma liaison qui nous a achevés – elle n’en a jamais rien su –, c’est la vie qui s’est chargée de nous éteindre. On a passé dix ans à trimer comme des dingues, la tête dans le guidon, à faire passer le boulot avant nous. On est devenus des étrangers sous le même toit. Un soir, la lassitude a été plus forte que les souvenirs ; elle m’a dit que cette vie ne lui ressemblait plus. On s’est quittés en bons termes, sans cris ni vaisselle brisée, mais le silence qu’elle a laissé derrière elle en emportant ses affaires est assourdissant. Je me retrouve seul dans une maison devenue trop grande, avec pour unique compagnie mes regrets et une télévision souvent éteinte.
**********

Mercredi

19h32
> Il part samedi à 7h00 pour le week-end, tournoi de foot vers Lyon. Rentre tard, peut-être dimanche soir.
< Je viens pour 7h10, SMS si problème.
> J’en peux plus.
< J’ai très envie de te voir, mais il faudra aussi qu’on discute un peu tous les deux. Et s’il te plaît, pense bien à effacer tes messages.
> Oui, promis. À samedi. Vita mia.
< Tesoro moi.
22h30
> La maison est calme, trop calme. Je repense à la dernière fois… j’en ai des frissons rien qu’en l’écrivant.
< Dors un peu, amour. Fais de beaux rêves.
**********
Petit à petit, au fil des saisons et de nos rencontres, j’ai senti un changement au fond de moi. Une légère brise au début, puis un souffle sournois, ce petit vent qui se lève comme les prémices d’une tempête. Sandra changeait lentement. Moi aussi, je sentais que quelque chose se mettait en place, mais je ne voulais pas le voir, pas l’entendre, et surtout ne pas l’accepter.
Ça a commencé avec cette photo d’elle, cachée au fond de mon portefeuille. Puis des babioles pour que je pense à elle. Un porte-clés, un stylo, une peluche avec des chocolats, des cadeaux presque enfantins. Des petits bibelots pour garnir mon bureau. Des petites attentions insignifiantes lorsqu’elles viennent d’un conjoint, mais qui prennent une dimension effrayante dans notre cas. À notre dernière rencontre, elle m’a offert une chemise. Oui, une chemise. Ça n’a l’air de rien, mais on n’offre pas un vêtement à son amant, pas plus qu’on n’offre une paire de baskets à sa maîtresse. Ce sont des cadeaux de couple légitime, des gestes qui disent « je veux t’habiller », « je veux faire partie de ton quotidien ».
Le silence de la maison est différent depuis quelques semaines. Ce n’est plus le vide d’une maison désertée par sa femme, c’est un silence habité, presque vibrant, parsemé des petites empreintes que Sandra y a semées. Un pot de plante grasse sur le rebord de la fenêtre, un livre oublié sur le coin du canapé, le parfum de sa peau qui persiste sur le dossier des fauteuils, quelques affaires de toilette dans la salle de bain.

Et puis, je repense à ses lettres. Les petits mots griffonnés à la va-vite sur des bouts de papier sont devenus des lettres, les lettres se sont faites ruisseaux, rivières, fleuves parmi les plus puissants. Des pages couvertes d’une écriture fiévreuse, ces mots qu’elle m’a offerts comme des offrandes. Au début, je les lisais avec une retenue prudente. Mais avec le temps, elles ont muté. Elles sont devenues un courant puissant et dévastateur qui a fini par submerger mes digues, mes remords, ma logique. Chaque mot était une goutte de plus dans le lit de ce fleuve qui m’entraîne vers elle. Les mots frappaient mon cœur de plus en plus fort, chaque lettre me faisant perdre pied un peu plus. Je les ai lues et relues, jusqu’à en connaître le grain, jusqu’à ce que son encre soit gravée sous mes paupières. Elles m’ont rendu fou. Elles m’ont prouvé que je ne pouvais plus reculer.
Samedi, je vais la détruire.

Samedi, je vais la détruire… Mais elle ne le sait pas encore.
**********

Jeudi

11h49
> Je t’ai acheté un bon café au torréfacteur qui vient au marché. Tu m’en diras des nouvelles samedi matin… enfin, si on prend le temps de boire un café.
12h32
< Merci dolce mia. Le café sera sûrement très bien, mais peut-être qu’on aura des choses plus urgentes à faire. Et il faudrait que l’on prenne un peu de temps pour discuter.
> Je n’ai pas envie, ni besoin de discuter, je ne veux pas qu’on se prenne la tête. Je veux juste toi, Il moi sole.
**********

Vendredi

De son côté, Sandra ne jouait plus. Ce qui n’était au début qu’un défi, une simple échappatoire, une façon de pimenter son quotidien trop rangé, s’était transformé en un besoin vital. Elle se surprenait à fixer le fauteuil vide du salon, à imaginer Xavier là : sa présence rassurante, cette allure de gentil sauvage qui contrastait avec sa douceur, et surtout ce regard, cette jeunesse insoupçonnable qui semblait lire en elle comme dans un livre ouvert.

Elle s’était rendu compte de l’irréparable le jour où elle lui avait acheté cette chemise. Elle n’avait pas voulu l’exciter, elle avait juste voulu le protéger, l’envelopper d’elle. En rentrant chez elle ce soir-là, elle avait eu un vertige : elle était amoureuse. Profondément. Et cela l’effrayait.

Chaque fois qu’il lui écrivait « il faut qu’on discute », elle recevait le message comme une décharge électrique. Elle n’était pas dupe. Elle connaissait ce ton de « vieux sage » qu’il empruntait pour se donner du courage. Elle sentait qu’il voulait mettre fin à leur histoire pour « son bien à elle », sans comprendre que son bien à elle, c’était lui.
Alors, ce vendredi après-midi, seule dans l’appartement silencieux, la panique commença à monter. S’il vient pour rompre, je ne le laisserai pas faire. Elle se posta devant le miroir de la salle de bain, scrutant son reflet. Elle voyait ses rondeurs qu’il aimait tant, cette peau qu’il ne cessait de caresser. C’était sa meilleure arme. Sa seule façon de faire taire la raison de Xavier. Elle avait attrapé son téléphone, le cœur battant à tout rompre.
16h00.
> J’ai fait du shopping… J’espère que tu aimes le rouge.
> « PHOTO » : La photo ne montre pas Sandra. C’est un gros plan sur une boîte de lingerie de luxe entrouverte. Posée sur un papier de soie froissé, on devine juste la dentelle rouge cramoisie. C’est tout.
> Ne me demande pas de te l’envoyer portée… je préfère te réserver la surprise pour demain. Enfin, si tu résistes jusque-là hihihi…
16h42
> « PHOTO » : Un cliché pris à la volée, un peu flou, dans le reflet du miroir embué de la salle de bain. On la voit de dos portant un sweat-shirt trop large qui laisse apparaître ses jambes nues sous la lumière crue. C’est une image intime, d’une impudeur désarmante ; le genre de cliché qu’on vole à son propre reflet pour mieux le livrer à l’autre.
> « PHOTO » : une épaule dénudée ! Juste habillée d’une bretelle de dentelle rouge.
> Je n’ai jamais fait ça de ma vie… J’ai le cœur qui cogne rien que de te les envoyer. C’est ce que je porterai. J’espère que ça te donnera envie de rester un peu plus longtemps qu’un simple café…
< Tu joues avec le feu, piccola mia.
> Alors viens m’éteindre. Je t’attends de pied ferme.
> Je me sens comme une gamine qui prépare une bêtise… À demain. X. Ne sois pas en retard.
**********
Je repense à notre première rencontre. Il me regardait avec ses yeux marron, et son hésitation à la con, quand il avait lâché que toi et moi, c’était un peu “chelou”. Le mec cherchait déjà une porte de sortie avant même de savoir comment m’embrasser. Il essayait désespérément de se convaincre qu’on était juste un bug dans le système. Abruti de Xavier.
Je fais les cent pas dans le salon, la colère me monte à la gorge, une bile noire que je n’arrive plus à ravaler. Quel lâche ! Il se prend pour qui ? Pour un saint ? Il veut jouer au mec responsable qui me “libère” de son emprise pour que je puisse « vivre ma vie » ? Mais il se prend pour mon père ou quoi ? C’est insultant. C’est d’un mépris total. Il décide pour moi, il m’exclut de ma propre vie, et il pense que c’est de la noblesse ! Abruti, abruti, abruti ! J’ai envie de tout fracasser dans cette pièce, de lui hurler à quel point il me dégoûte avec ses manières de vieux con qui a peur de sa propre ombre.
… NON ! Je m’arrête net, je m’effondre sur une chaise de la cuisine. Le calme lourd revient dans ma tête, et ma rage s’évapore aussi vite qu’elle est venue, me laissant comme vidée, tremblante.
Je pose le front sur le rebord de la table. Pardon. Tu n’es pas un abruti ; t’es juste… t’es juste Xavier. T’es le seul homme qui me regarde comme si j’étais le centre du monde, et qui en a eu une peur bleue. Comment je peux te traiter comme ça ? Je t’aime tellement que ça me brûle, alors comment je pourrais te détester ? Je t’aime, Xavier. Et c’est justement parce que je t’aime que je ne te laisserai pas détruire ce qu’on est. Ton comportement de lâche, ton besoin viscéral de tout gâcher pour « me protéger », je vais devoir le combattre. Pas avec de la haine, mais avec une détermination qui va te faire oublier tes principes de merde.
Je me dirige vers la salle de bain et me regarde dans la glace. Mes yeux sont rougis, mais mon regard est fixe, déterminé. Je ne suis plus à Jules, je ne suis plus à personne : je suis à lui. Corps et âme, cellule par cellule, je lui appartiens.
Je lui appartiens, mais il ne le sait pas encore.

Son existence, ses remords, tout ça, c’est à moi… Mais il ne le sait pas encore.
Il veut me quitter pour mon bien ? Il croit qu’il va m’arracher à sa vie ? Quelle blague. Il ne comprend pas qu’il n’y a plus de retour possible. S’il essaie de s’arracher, il devra m’arracher avec lui. Et je n’ai pas été faite pour être décollée. Qu’est-ce que je serais prête à faire pour qu’il ne parte jamais ? La question tourne en boucle, froide, clinique. Je ne suis pas une folle, je ne ferai pas de truc irréparable, je veux juste qu’on soit ensemble. Mais je vais être son oxygène, sa seule issue, son obsession. Je vais le verrouiller ici, dans ce lien, jusqu’à ce que son monde extérieur n’ait plus aucun sens.
S’il veut nous détruire, il va falloir qu’il m’arrache le cœur en même temps que le sien. Demain, il ne partira pas. Il ne pourra tout simplement pas, parce que je ne lui laisserai aucune autre vie possible en dehors de la mienne. S’il faut le protéger de ses propres démons en le gardant prisonnier de notre amour, alors je le ferai. Il appartient à cette histoire, à moi, à notre “chelou” éternel. Et tant pis si on doit finir par brûler ensemble, tant que c’est ici, dans ce brasier.
Il est à moi, mais il ne le sait pas encore.

Juste à moi… Et ça, je le sais déjà.
La porte de la salle de bain se referme avec un déclic sonore, mon dernier rempart. Je me verrouille à l’intérieur. À l’extérieur, le silence de l’appartement est lourd, presque hostile. La lumière crue de l’éclairage me renvoie une image que je ne veux pas gâcher. Je m’observe dans le miroir. Mon reflet ne trahit rien de la tempête qui gronde en moi, mais mes mains, elles, sont déjà à l’œuvre. Je sors mon nécessaire, celui que je n’utilise que pour les occasions qui peuvent tout faire basculer.
C’est un rituel silencieux, presque sacré. Chaque geste est précis, méthodique. Je me rase, lentement, chaque passage de la lame sur ma peau est une promesse que je me fais à moi-même. Je veux être parfaite, lisse, offerte et pourtant inaccessible. Je veux que, lorsqu’il posera ses mains sur moi, il ne sente aucune imperfection, aucun obstacle entre lui et mon désir. Une préparation de guerrière qui s’apprête à entrer dans l’arène.
Ce n’est pas pour le regard des autres. C’est pour lui. Pour qu’il n’ait plus aucune excuse, pour qu’il soit désarmé. Je suis en train de polir l’arme avec laquelle je vais le retenir. Xavier ne m’a jamais rien demandé. Il est trop gentleman, trop précautionneux pour ça. Il a toujours eu ce respect un peu intimidant pour moi. Mais demain, je ne veux pas qu’il soit un gentleman. Je veux qu’il soit un homme, brut de décoffrage. Un homme qui oublie ses théories sur la différence d’âge, ses remords, son idée fixe de « me protéger de lui ». Je veux que, lorsqu’il posera ses mains sur moi, il ne sente plus qu’une évidence brûlante, une douceur absolue qui lui coupera le souffle et lui fera oublier pourquoi il est venu.
Tu veux me détruire, Xavier ? pensé-je, en sentant la lame glisser avec une précision chirurgicale. Alors, prépare-toi à perdre tes derniers moyens.
C’est une sensation étrange, ce dépouillement. C’est comme si j’effaçais les traces de ma vie de couple avec Jules, comme si je me rendais totalement disponible pour l’autre, pour Xavier. Je me façonne pour lui, pour que chaque centimètre de moi soit une invitation à laquelle il ne pourra pas répondre par la négative. Je ne cherche pas à être séduisante, je cherche à être irrésistible, au sens propre du terme : celle à qui on ne peut pas résister.
Je termine. Ma peau est lisse, parfaite, une toile vierge prête à accueillir sa brûlure. Je me contemple une dernière fois dans le miroir, sans pudeur, juste avec une satisfaction froide et déterminée. Je ne suis plus une jeune femme qui se laisse guider par les doutes d’un homme. Je suis une force de la nature qui a décidé de verrouiller son destin.
Je sors de la salle de bain, le souffle court, le peignoir glissant sur mes épaules. Je ne suis plus la fille qui doute. Je suis celle qui va décider du reste de nos vies. Je suis prête.
23h30
> Je n’arrive pas à dormir. Je pense à demain.
23h38
> Je suis dans le noir et j’ai tes mains gravées sur ma peau. Je n’arrive pas à croire que je vais devoir attendre encore presque huit heures. J’ai envie de sentir ton souffle dans mon cou, là, tout de suite. Ça me brûle, Xav.
23h47
< Calme-toi… Ne prends pas de risques inutiles ce soir.
> Le seul risque que je prends, c’est de devenir folle si tu ne me touches pas bientôt. Demain à 7h01, je serai sur le pas de la porte. Et je ne te laisserai pas repartir avant d’avoir eu ma dose de toi.
Demain, demain je vais la détruire.

Demain, demain je vais la détruire… Et elle ne le sait pas encore.
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Chapitre 5 · Je capitule
Xavier arrive chez Sandra un samedi matin avec une certitude qu'il ressasse depuis des semaines. Elle, elle a tout prévu — la lingerie sous le peignoir, et une détermination à toute épreuve. Entre eux, la tension d'une année de désir clandestin et de non-dits accumulés. Deux volontés s'apprêtent à se mesurer sur le seuil d'un appartement trop petit pour ce qu'ils ressentent. Ce matin, quelque chose va se briser.
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