Réel
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Ces petits riens que je sais de la vie d'Alice — Chapitre 4 · Des pertes et des conséquences
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Ces petits riens que je sais de la vie d'Alice
Chapitre 4 · Des pertes et des conséquences
Ces petits riens que je sais de la vie d'Alice.
Chapitre 4.
Des pertes et des conséquences.
Les pertes.
Ce décès brutal de Richard avait touché profondément sa famille, ses amis. Il était apprécié unanimement au plan professionnel et associatif. Ces amis ne tarissaient pas d'éloges à son égard. Personne n'imaginait le voir disparaitre d'un AVC. Tout au plus certains pointaient son gout immodéré pour la bonne chère, pour la fête, sa consommation de cigarettes et d'alcool. Mais de là à mourir seul dans son lit, c'était inimaginable.
Alice connaissait ses excès, d'ailleurs elle l'encourageait régulièrement à consulter son médecin. Malheureusement celui-ci était un ami qui présentait les mêmes travers. Pour autant elle ne pouvait penser elle aussi qu'il puisse mourir brutalement d'une hémorragie cérébrale. Malheureusement elle avait été bien placée si j'ose dire pour savoir ce qu'il en était. Elle l'avait perdu d'une violente et triste façon. Seuls elle et moi savions ce qu'il en était…
Revoyant la sœur de Richard régulièrement, elle avait progressivement évoqué leur relation, naturellement sans entrer dans les détails. Alice espérait l'amener à dire au coin d'une conversation qu'elle avait trouvé le cahier intime. Mais rien n'allant en ce sens, Alice finit par lui demander si par hasard elle n'aurait pas trouvé incidemment ce carnet et oublié de lui en parler. Hélas il n'en était rien. Alice fût d'ailleurs gênée lorsque l'autre lui demanda ce qu'il y avait de consigné dans ce cahier. Dans un savant travail d'équilibriste elle expliqua qu'il s'agissait d'une narration de rêves rédigée à quatre mains.
Son inquiétude grandit lorsque la sœur lui annonça que plusieurs copains de Richard détenaient les clés de son appartement. A l'occasion en l'absence de Richard il n'était pas rare qu'ils y viennent avec des copines.
Alice fut en partie rassurée lorsque la sœur lui certifia que, dans la semaine qui suivit les obsèques, tous avaient restitué les trousseaux de clés. Il eut été surprenant par ailleurs que l'un d'eux ait osé venir avec une copine pour batifoler en ces circonstances. Elle ne voyait pas davantage pourquoi l'une d'eux serait venu fouiller et d'ailleurs pour chercher quoi ? Ce discours pourtant de bon sens ne parvenait pas à calmer l'angoisse d'Alice à l'idée de voir ce document dans les mains de l'on ne sait qui.
Moi je m'efforçais de la rassurer, de lui remonter le moral lorsqu'elle flanchait. Nous nous retrouvions toujours au club de sport.
Conséquences
Cela faisait bien trois mois que ce drame était survenu quand elle m'annonça qu'un collègue de Richard, qu'elle connaissait par ailleurs, souhaitait déjeuner avec elle. Ce prénommé Patrick était un cavaleur patenté, elle avait refusé. Mais l'autre avait insisté, lui disant qu'elle avait tort, qu'il avait des documents à lui montrer.
—Ne cherche pas, ton cahier intime est entre ses mains.
—Oui c'est aussi ce que je pense, j'espère qu'il va me rendre ça sans attendre de contrepartie.
—Si c'est ça il y aura bien un moyen de l'en dissuader à moins que tu es envie de…
—Je t'arrête de suite, il me répugne.
C'est donc un midi, quelques jours plus tard, qu'elle le retrouva dans une auberge choisie par lui-même à l'écart de la ville. Il s'est montré galant, prévenant dès l'entrée dans la salle, l'aidant à se défaire de sa veste, lui déplaçant la chaise. Il avait sorti le grand jeu, la flattant sur sa tenue, sur ce coté BCBG qui lui plaisait depuis très longtemps. A peine le repas entamé il lui dit qu'il se doutait depuis des lustres qu'elle et Richard étaient amants. Sans ambages il lui affirma que cette disparition aussi dramatique fût-elle ne devait pas l'empêcher de vivre, que tôt ou tard elle reprendrait un amant et qu'il était prêt à le devenir. Alice qui s'y attendait ne lui répondit pas mais lui demanda sans la moindre circonlocution quels étaient les documents qu'il voulait lui montrer. Alors ce Patrick, un peu désarçonné mis sur la table une enveloppe. La voyant elle comprit que le cahier ne pouvait pas s'y trouver, il n'y serait pas rentré. Ce sont des photos qu'elle en fît sortir. A cet instant elle fût en proie à des sentiments contraires. Une joie que le cahier ne soit pas là et une colère car elle prenait connaissance de clichés sur lesquels on voyait Richard, ce Patrick et un autre en compagnie de trois jolies jeunes filles très légèrement vêtues. Il n'y avait aucune scène de sexe mais de toute évidence il n'y avait pas d'équivoque possible sur la nature de la situation. L'autre jubilait, il raconta par le menu ce qui c'était passé durant des vacances à St Domingue avec ces Hollandaises, laissant simplement deviner la nature des ébats, pour terminer en disant qu'elle aurait bien tort de se priver. Instantanément Alice réagit en pouffant de rire, elle en avait la larme à l'œil me dit-elle. Dans un deuxième temps elle dit au fameux Don Juan qu'elle ne le tenait déjà pas beaucoup en estime et que cette bassesse n'arrangeait pas son cas. Ils terminèrent néanmoins le repas et elle repartit avec les photos.
Elle me fit voir ces clichés, il n'y avait guère de doute sur ce qui avait pu se passer durant ces vacances.
—Vraiment j'étais soulagée que le cahier ne soit pas entre ses mains. Avec un type de ce genre on peut s'attendre à tout.
—Oui sans aucun doute, il aurait poussé son avantage en te faisant chanter pour t'amener dans son lit. Excuse cette question indiscrète mais ce coup d'arrêt dans ta vie sexuelle, tu le gères comment ?
—Pas facilement. Je dors très mal. Lorsque je me réveille en pleine nuit je me remémore ce que j'ai vécu avec lui. Je me caresse et j'utilise ce godemiché qu'il m'avait offert. Je m'apaise en enchainant les orgasmes, que veux-tu c'est la nature. Au matin je suis fatiguée.
—Je ne veux pas te choquer mais dans le futur tu envisages une autre relation extraconjugale ?
—Je m'attendais bien à ce que tu me la pose un jour ou l'autre cette question. Non je n'y songe pas, je n'y tiens pas, il en est pas question.
Sans doute trois mois se sont encore écoulés durant lesquels le drame semblait s'estomper. Le cahier égaré semblait sorti de son esprit. Il devenait peu fréquent qu'une chose nous fasse revenir sur ses sujets.
C'est en ces circonstances que ce cahier intime revint remonta à la surface de façon aussi soudaine que frappante. Plus que tout c'était sa façon de revenir au premier plan qui était particulièrement inquiétante.
Un matin Alice m'appela au travail. J'avais saisi que sa voix trahissait son inquiétude. Elle ne voulait rien dire au téléphone et voulait me voir rapidement. Marc ne rentrent pas le midi elle me demanda de passer chez eux.
—Regarde me dit-elle à peine arrivé, me jetant un papier format 21x29 chiffonné sur la table.
J'avais devant les yeux une photo explicite reproduite à l'aide une photocopieuse. Le photographe avait fait le choix de se positionner derrière une femme brune nue et positionnée en levrette, ses genoux très écartés. Sa tête se trouvait entre les cuisses d'une autre femme assise dans un fauteuil, jambes écartées et cuisses posées sur les accoudoirs. Elle se faisait bouffer la chatte. De ses mains libres elle tenait et sans doute branlait deux types de chaque coté. La photo avait été découpée soigneusement de telle manière que l'on ne voyait pas son visage tout comme ceux des deux hommes. Cet habile découpage excluait tout élément d'identification quand au lieu de la scène.
—C'est toi et cette fille de la partie de chasse aux biches dont tu m'avais parlé je suppose ? Où as-tu trouvé ça ?
—Oui c'est bien moi et Samia. C'est Richard qui avait réalisé cette photo. Il me l'avait faite coller sur ce cahier intime que l'on n'a pas retrouvé chez lui après son décès. Quelqu'un le détient il n'y a plus aucun doute maintenant...
—Au risque de me répéter comment ce découpage de photo est arrivé en ta possession ?
—Figure toi que c'est Marc qui a trouvé ça hier dans notre boite aux lettres dans une enveloppe cachetée. Elle était au sein d'un tas de publicités commerciales. Quelqu'un connait désormais mon histoire et pire il sait même où je suis domiciliée. C'est dégueulasse, je suis dégoutée.
—Comment a réagi Marc ?
—Bien, il pense qu'il s'agit d'une connerie, d'une blague de boutonneux. Au moment où il a ouvert l'enveloppe il bricolait dehors. Il s'est esclaffé de rire ce qui a interpellé le voisin avec lequel il parlait par delà la clôture. Il lui a fait voir ce qu'il venait de trouver et l'autre s'en est allé regarder dans sa boite à courrier, tiens toi bien il avait reçu la même. Marc et lui se demandent quel est le rigolo qui diffuse de la sorte des images pornos.
—Et toi comment as-tu réagi lorsque Marc t'as présenté cette découverte ? Tu n'as rien laissé transparaître ?
—J'ai été choquée, j'ai sans doute blêmi mais en me disant que nos enfants auraient pu trouver cette photo, j'ai dit que celui qui avait mis ça dans la boite n'était pas un rigolo mais un salaud. Marc ne pouvait pas interpréter différemment mon trouble. Je suis morte de trouille, j'ai passé une nuit de merde.
—Maintenant tu dois t'attendre à ce qu'il cherche à entrer en contact en contact avec toi d'une façon ou d'une autre plus ou moins rapidement. Il a voulu t'effrayer, mais en ne communiquant qu'une partie de la photo pour ne pas te compromettre il te fait comprendre qu'il a le cahier en mains, c'est réussi.
—Je me demande si ce n'est pas ce Patrick avec qui j'avais déjeuné…
—Non certainement pas. Il a utilisé des photos sur lesquelles il était en bonne compagnie avec Richard dans le but de provoquer une réaction de colère qui potentiellement pouvait t'amener dans son lit. C'était maladroit c'est un fait. S'il avait détenu ce carnet tu les saurais depuis un moment. Non crois moi, ce n'est pas de ce côté qu'il faut chercher. Je verrais plutôt un participant de la chasse aux biches et notamment l'un des deux participants qu'avait emmené Richard. A ce propos les as-tu revus depuis les obsèques ?
—Non, jamais.
—Ils n'ont pas cherché à te joindre au travail ?
—Pas davantage.
—Bon pour moi l'auteur a les atouts en mains. Attendons qu'il se manifeste, ça ne devrait plus tarder. Reste attentive, observe lorsque tu te déplaces ou que tu sors du bureau. N'hésites pas à m'appeler dès que tu as du neuf. J'ai des gars qui me suivent sans poser de question, on s'occupera de lui le moment venu.
—Comment ça, ça veut dire quoi ce on s'occupera de lui ?
—Nous lui passerons l'envie de s'amuser avec ce cahier. On sait faire, je ne t'en dirais pas plus, ce ne sera plus un problème.
Quotidiennement je l'appelais à son bureau pour demander s'il y avait du nouveau, mais aucun signe de la part de celui qui détenait le cahier. Lorsque nous étions en salle de sport je la questionnais et c'était toujours par la négative qu'elle me répondait. Cela me m'intriguait, je me questionnais vainement sur la personnalité de celui qui avait initié ce chantage.
Au fil des mois suivants j'ai commencé à percevoir qu'Alice se montrait agacée lorsque je revenais sur le sujet, en conséquence de quoi je l'appelais de moins en moins à son bureau. Son comportement d'habitude si rigoureux pour ce qui était de nos rencontres devenait quelque peu erratique. Je tentais de savoir si tout allait bien avec Marc, elle me rassura sur un ton agacé. J'avais fini par en prendre parti me disant que tout ce qu'elle avait vécu émotionnellement était certainement la cause de ce changement de personnalité, qu'elle n'avait pas fait son deuil et que peut-être même elle faisait une forme de dépression. Il lui arrivait de décommander nos rencontres au club de sport.
C'est une fin d'après midi qu'elle m'appela sur mon portable alors que j'étais en réunion. D'une voix qui trahissait le stress elle me dit que sa voiture ne voulait pas démarrer, qu'il fallait absolument que je vienne la dépanner. Lui disant que j'étais en réunion avec des supérieurs je lui conseillais d'appeler Marc son mari ou une dépanneuse.
—Non ce n'est pas possible s'écria-t-elle, je t'en supplie sors moi de là. Je vais t'expliquer où je suis en panne, viens vite.
—Ok, je note, sois un peu patiente, j'arrive.
Le temps de me justifier je me suis mis en route en ayant pris des câbles de démarrages, un multimètre et quelques outils. A ce moment je me suis dit qu'elle s'était trouvé un amant ce qui expliquait qu'elle ne pouvait pas appeler Marc ou un dépanneur.
J'ai pris un peu de retard en cherchant l'adresse du parking qu'elle m'avait communiqué; à cette époque il n'y avait pas de GPS ni de Waze. J'y suis arrivé alors que la nuit arrivait. Je pensais trouver un parking public, il n'en était rien. Il s'agissait d'une cour intérieure d'un bar hôtel miteux. L'endroit était glauque. Seule la partie bistrot donnait sur l'avenue, raison pour laquelle je n'avais repéré de suite l'hôtel. Que pouvait-elle faire ici ? Je commençais à en avoir plus qu'une idée, quelle garce me suis-je dit. Il y avait peu de voitures, je ne voyais pas la sienne que je connais pourtant bien. Je suis toutefois descendu pour m'assurer qu'elle n'était pas dissimulée par une autre. L'allumage d'une applique murale au bas d'une cage d'escalier m'a fait regarder en cette direction. J'ai vu Alice qui sortait accompagnée d'un maghrébin plutôt distingué pour le peu que je voyais. Elle vint vers moi et le type s'éclipsa. J'avais compris. Elle s'était retrouvée un mec. Son manque de confiance m'ulcérait. Je ne desserrais pas les mâchoires. Elle devait sentir que ce n'était pas le moment et elle se contenta d'un —Merci, tu m'as encore sauvée. Viens, c'est la Fiat Panda noire garée au fond, je t'expliquerais plus tard.
—Te casses pas la tête j'ai pigé, mais tu as changé de voiture ?
—Te casses pas la tête j'ai pigé, mais tu as changé de voiture ?
—Non justement tu ne sais rien, je te raconterai ça demain au sport, la voiture on me l'a prêtée, surtout pas un mot à Marc.
me dit-elle.
J'ai relié les deux voitures avec mes câbles de démarrage et la Panda a démarré sans difficulté. Alors que je me retournais pour rejoindre ma voiture Alice s'est collée à moi et m'a déposé un chaste baiser sur les lèvres.
me dit-elle.
J'ai relié les deux voitures avec mes câbles de démarrage et la Panda a démarré sans difficulté. Alors que je me retournais pour rejoindre ma voiture Alice s'est collée à moi et m'a déposé un chaste baiser sur les lèvres.
Salope ai-je pensé. Nous nous sommes séparés et je suis rentré pour le moins contrarié. Qu'allait-elle bien pouvoir me raconter ? Dans quel pétrin s'était-elle fourrée ? Ce maghrébin était-il celui de la chasse ? Si oui était-il en possession du carnet ?
Pour ceux que ce récit intéresse vous aurez les réponses dans le prochain chapitre. Au risque de me montrer redondant j'insiste sur le fait que je raconte une histoire réellement vécue.
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