Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lucie : fantasme, surveillante et cupidon — Chapitre 10 · Paul et Lucie
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Lucie : fantasme, surveillante et cupidon
Chapitre 10 · Paul et Lucie
Lucie a refusé l'aide des quatre terminales.
Seule dans le laboratoire, trois heures du matin environ, elle prend son temps pour ranger, nettoyer et digérer les restes de la soirée. Ce n'est pas particulièrement la mouille ou le foutre, qui sont venus se répandre partout, qui lui donnent le plus de travail. Pas non plus la table cassée ou la verrerie de chimie qui a succombé à la pré soirée. Oublier tous les messages reçus par les autres filles invitées à la soirée, qui ont fini par être chassées par les redoutables Sasha et Cassandre, non plus. Lucie s'est contentée de ranger tout ça dans la case « Meh ». Ramasser les différents gode-michets, les nettoyer puis les ranger n'a, certes, pas été agréable mais ce n'est pas cela non plus. Le plus dur ce n'est même pas de faire tout cela recouverte de rougeurs et accablée de courbatures. Ce n'est pas non plus, le plus dur, cette petite voix exténuée dans son ventre qui lui dit qu'elle a encore faim. Le plus dur c'est de penser à la suite.
Et demain, ou la semaine prochaine quand elle croisera les yeux de Cassandre en cours, qu'est-ce qu'elle fera ? Cette dernière l'a pénétrée plusieurs fois, elles se sont embrassées des heures durant, ont partagé de véritables moments de complicité amoureuse. Et Sasha ? La grande Egyptienne lui en voulait encore il y a peu de ne pas lui laisser assez de place dans son intimité. Et maintenant il serait faible de dire qu'elle le lui a bien bien offerte, son intimité.
Est-ce qu'elle saura rester ferme et sérieuse avec Matthieu et Gabriel ? Ils ont l'habitude de sécher et de finir en colle, et Lucie n'a pas forcément hâte de se retrouver seule avec eux pendant ces longues heures de surveillance.
Est-ce qu'elle saura rester ferme et sérieuse avec Matthieu et Gabriel ? Ils ont l'habitude de sécher et de finir en colle, et Lucie n'a pas forcément hâte de se retrouver seule avec eux pendant ces longues heures de surveillance.
Les rapports ont été bouleversés, et pas de retour en arrière imaginable.
Alors qu'elle récure, déplace et souffle, la surveillante, recouverte simplement du chiffon qu'était jadis sa jolie robe noire, déguste dans tous les sens du terme les évènements. C'était bon aussi, les quatre ont fini d'achever ses barrières mentales et morales, et dans les règles de l'art en plus. Certes, elle n'a pas été jusqu'au bout en se faisant pénétrer par Gabriel. Ou Matthieu, certes. Mais est-ce que c'est si grave ?
Dur de séparer le déni de la crasse qui s'est accumulée entre ses jambes et sur sa peau, mais Lucie voit dans la sauvegarde de cette dernière frontière une forme de petite victoire.
Dur de séparer le déni de la crasse qui s'est accumulée entre ses jambes et sur sa peau, mais Lucie voit dans la sauvegarde de cette dernière frontière une forme de petite victoire.
En étant tout à fait honnête elle se disait il y a peu qu'en passant aux filles, elle ne trompait pas vraiment vraiment son aventure avec Paul. Elles sont si différentes. Et si elle les aime aussi, se faire posséder de l'intérieur par un vrai mâle change la donne. Et personne ne l'a prise. À part quelques bouts de silicones et beaucoup trop de doigts. Certes.
On ne peut pas séparer la crasse du déni, les deux tiennent chaud et permettent d'avancer. Au final, se dit la jeune femme pour se rassurer une dernière fois, elle n'a qu'à planifier une solution. Comme toujours. Des règles fermes pour empêcher les quatre terminales de tout cafter à Paul, voilà comment ça peut encore tenir. Mais ils voudront une contrepartie, et Lucie ne souhaite pas tellement réitérer. Et ils s'inquièteront de savoir la surveillante encore aussi protectrice avec Paul. Ils seront tous les quatre jaloux, pourraient jouer du chantage et de la menace… Rien de très réjouissant, donc.
Le laboratoire a fini par retrouver son état impeccable après deux longues heures de ménage méticuleux. Lucie non, mais une douche devrait faire l'affaire. Une douche ne fera pas l'affaire. Elle aurait envie de crier et de parler peut-être, de se toucher peut-être, d'écrire. Mais commencer par une douche c'est bien, c'est simple.
Le laboratoire a fini par retrouver son état impeccable après deux longues heures de ménage méticuleux. Lucie non, mais une douche devrait faire l'affaire. Une douche ne fera pas l'affaire. Elle aurait envie de crier et de parler peut-être, de se toucher peut-être, d'écrire. Mais commencer par une douche c'est bien, c'est simple.
Sur le long chemin qui sépare le lieu de l'orgie de son appartement Lucie parvient, pas après pas, à faire le vide. Un petit vide qui réconforte, qui rassure et distrait de l'avenir en montrant des images de femmes qui jouissent et d'hommes qui bandent. Elle l'aime bien ce vide, il pourrait sauver son mental démantelé. Au bout de cinq longues minutes de marche pénibles, son appartement, enfin.
Mais ce n'est pas son appartement qui l'accueille, c'est Paul. Comme prévu ? Se dit un petit bout de Lucie, après avoir défoncé à coups de battes le petit vide chaud et paisible. Elle lui a écrit avant que tout dérape, elle a créé le bordel. Encore une fois.
— Lucie ça va ? J'aurais pas du venir. Ca va ?
La surveillante n'entend tout simplement pas son étudiant, son cœur et son corps refusent la responsabilité de l'information. Elle se contente donc de se tenir debout, les traits figés par la surprise et la fatigue. Elle parvient à constater l'état du jeune homme, il est épuisé, ses traits sont abîmés et il transpire l'inquiétude et la peine.
— J'arrive au mauvais moment on dirait… Je suppose que t'étais avec quelqu'un, c'est ça ?
— …
— Je vais te laisser, sauf si tu veux parler ?
— …
— Enfait j'ai pas envie de parler. T'es bizarre tu sais.
— Je vais partir, Paul.
— …
— …
— Je vais te laisser, sauf si tu veux parler ?
— …
— Enfait j'ai pas envie de parler. T'es bizarre tu sais.
— Je vais partir, Paul.
— …
Paul ignore complètement le bruit de la douche qui coule maintenant depuis vingt minutes. Il l'ignore comme le rocher la pluie, comme le déni la crasse. Ses mains jouent avec un briquet, allument une cigarette, ferment un livre et jettent un mégot. Son cœur hurle.
Elle lui a proposé de rentrer, mais aucune partie de son cerveau ne pense au sexe. Il aurait pu en écrire des tonnes de livres érotiques sur ce qu'il comptait faire à cette jeune femme, mais maintenant rien ne sonne dans sa tête. Il aurait pu lui lâcher un flot ininterrompu de mots pour se plaindre et l'insulter pour l'humiliation qu'elle lui a fait subir, mais rien. Il n'y a qu'un petit constat, comme une petite question rhétorique qui clapote dans la flaque de ses pensées : J'ai rien à foutre là, si ?
Mais il a fini par l'aimer. Après des semaines et des mois de séduction, des occasions de plus en plus intenses et toutes formes de jeux sensuels et sentimentaux, il l'attend, encore. Elle l'a abandonné, laissé comme une merde au milieu des chiens, et il l'attend encore.
— Tu veux une clope ?
— …
— Je vois que tu t'es déjà servi… T'as eu raison…
— Lucie, il s'est passé quoi ?
— …
— Je vois que tu t'es déjà servi… T'as eu raison…
— Lucie, il s'est passé quoi ?
Cette simple question, si naïve et pure, creuse un fond infini dans le torse de Lucie. Il s'est passé que j'ai craqué, que j'ai voulu toujours plus, et que j'ai cédé, que j'ai joué avec le feu et que je ne sais pas si je peux continuer. Il s'est passé que toutes ces doubles vies m'ont dévorée, que j'ai un rapport dégueulasse à mon corps et au désir, que je suis accro au sexe et à l'amour, que j'ai reçu tellement d'attention en si peu de temps que je ne sais pas si je pourrai un jour me remettre en couple. Mais il s'est passé que je suis tombée quand même amoureuse quand mon monde entier se pétait la gueule sur mon propre dos, que j'ai laissé à des ados immatures de gérer mes caprices et la responsabilité de ma solitude affective et physique. Il s'est passé que j'ai profité de vous, et que je ne peux plus vous voir.
— …
— C'est pas grave. J'ai pas non plus envie de parler.
— C'est pas grave. J'ai pas non plus envie de parler.
Lucie, après sa longue douche, après s'être frottée partout et savonnée deux fois avec rigueur, s'est simplement recouverte de son pyjama. Un t-shirt gigantesque, duquel ses bras dépassent de manière comique et un shorty moulant mais pas trop. C'est à peu près la même tenue que lors de son entretien personnel avec Paul il y a quelques temps. Mais aucun des deux ne remarque la coïncidence. Personne ne pense au corps de l'autre, personne ne pense à la frustration et aux échanges sanguins, bouillants, qui ont eu lieu à quelques pas contre la rambarde de la fenêtre.
C'est Paul qui finit par crever le silence en se levant maladroitement.
— Désolé Lucie, je vais te laisser dormir tranquille. Si un jour… tu veux parler… Ecris moi... ?
— …
— …
Il glisse doucement sur le parquet de l'appartement et comble les cinq mètres de l'appartement sans aucun bruit. Sans aucun dernier regard d'adieu, sans regret non plus ?
Lucie est tétanisée par ce départ en silence. Le vide qui s'est installé dans son cœur, pour faire taire les regrets et le bordel, a commencé à tuer les unes après les autres ses pensées. Elle craint qu'en fermant cette porte, en dormant seule, le vide l'avale elle. Encore une fois. Alors elle se reprend.
Lucie est tétanisée par ce départ en silence. Le vide qui s'est installé dans son cœur, pour faire taire les regrets et le bordel, a commencé à tuer les unes après les autres ses pensées. Elle craint qu'en fermant cette porte, en dormant seule, le vide l'avale elle. Encore une fois. Alors elle se reprend.
— Je t'ai déjà écrit… Avant la soirée…
— Oui, et j'ai rien compris. Paul, soulagé, peut garder la porte ouverte. "Tu me manques parfois, maintenant beaucoup" Qui envoie ça ahaha, le garçon essaye d'avoir son air détaché mais tout craque.
— Ahaha… Pardon. Je suis perdue, Paul.
— …
— Oui, et j'ai rien compris. Paul, soulagé, peut garder la porte ouverte. "Tu me manques parfois, maintenant beaucoup" Qui envoie ça ahaha, le garçon essaye d'avoir son air détaché mais tout craque.
— Ahaha… Pardon. Je suis perdue, Paul.
— …
Il n'y a pas de suite à ce dernier échange. Lucie s'est écroulée sous le poids de ses larmes. Essorée par la fatigue et l'accumulation de tous ces évènements, depuis son arrivée enfait, elle se vide du temps et des histoires qu'elle a intégrées comme une éponge.
Paul, impuissant comme souvent, se contente de rester assis à côté d'elle, à lui caresser le dos du bout des doigts, à lui tendre les mouchoirs les uns après les autres.
Il est sept heures quand Paul soulève Lucie et l'emmène, tout en douceur, dans son lit. Elle s'est endormie sous les coups du chagrin, il a pleuré un peu aussi, et elle mérite de dormir longtemps.
Une fois la surveillante bordée Paul prend une dernière fois le temps de contempler son visage. Rougies par les larmes, ses pommettes et ses joues tremblent par à-coups. Son petit nez retroussé a souffert d'être autant mouché, il tressaille aussi. Ses lèvres fines, ses longs cils, ses cheveux en bataille encadrent une moue frappée par le malheur et la détresse. Mais Paul crève pour ce visage et ce qu'il cache.
Paul, impuissant comme souvent, se contente de rester assis à côté d'elle, à lui caresser le dos du bout des doigts, à lui tendre les mouchoirs les uns après les autres.
Il est sept heures quand Paul soulève Lucie et l'emmène, tout en douceur, dans son lit. Elle s'est endormie sous les coups du chagrin, il a pleuré un peu aussi, et elle mérite de dormir longtemps.
Une fois la surveillante bordée Paul prend une dernière fois le temps de contempler son visage. Rougies par les larmes, ses pommettes et ses joues tremblent par à-coups. Son petit nez retroussé a souffert d'être autant mouché, il tressaille aussi. Ses lèvres fines, ses longs cils, ses cheveux en bataille encadrent une moue frappée par le malheur et la détresse. Mais Paul crève pour ce visage et ce qu'il cache.
Il se redresse calmement et ferme les volets, éteint l'encens et les lumières, puis retourne vers la porte, avant d'être encore une fois interrompu :
— Viens, s'il te plaît.
Maladroitement, et toujours en silence, le terminal parvient à se séparer de sa ceinture et de ses chaussettes. Il s'installe dans le dos de Lucie qui s'est retournée, au-dessus des draps bien sûr, et l'enlace sobrement en posant son bras autour d'elle. Le garçon n'a pas le temps de digérer les informations, tant le sommeil lui arrive vite dessus, mais la respiration apaisée de Lucie, l'odeur de ses cheveux propres et la douceur de l'instant, le bercent délicieusement.
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Commentaires ()
J’ai lu ce chapitre avec autant d’intérêt que les autres. Meme si le sexe qu’on espère tous ne se pointe pas, la décharge de la tension est perceptible. On ne peut pas extraire cette conclusion des autres parties. C’est un tout, et tout est bien.
Merci.