Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Jouir pour briser les chaines — Chapitre 13 · Couple illégitime
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Jouir pour briser les chaines
Chapitre 13 · Couple illégitime
Pauline se réveille alors que la voiture s'arrête. Elle essuie le filet de bave qui lui coule sur le menton tout en regardant l'heure : 22 h 37. Elle émerge doucement en demandant :
— On est arrivé ?
— Non, pas encore. J'ai besoin de faire une pause pipi. Il reste encore une petite heure de route.
Francis sort de la voiture et se dirige vers les toilettes de cette aire. Pauline s'aperçoit qu'elle a un sein sorti de la robe. Elle le remet en place, gênée, espérant que personne n'ait rien vu. Mais aucun autre véhicule n'est garé sur cette aire d'autoroute. Elle ouvre la portière en détachant sa ceinture de sécurité ; elle a besoin d'air. Elle se sent stresser, ne sachant pas à quelle sauce elle va être mangée. Elle n'a aucune envie de revoir Laurent.
Francis revient. Pauline, assise sur le capot, lui demande :
— C'est toi qui as sorti mon nibard ?
— Moi ? Mais, pour qui tu me prends ?
— Pour un sacré pervers.
— Et encore, tu ne sais pas tout.
— Je préfère ne pas savoir.
— Pendant que j'y pense : autant en profiter pour te changer.
La petite robe de Pauline est très sexy. Sans aucun sous-vêtement, cela la rend torride. Mais, ils pensent la même chose : Laurent pourrait très mal interpréter de la voir dans cette tenue alors qu'il doit penser qu'elle est encore au fond du gouffre. Alors, Pauline ouvre la porte arrière de la voiture, là où se trouvent sa valise et ses sacs. Elle tire la première vers elle, la déverrouille. Elle regarde un instant son contenu avec d'autres robes d'été, des jupes, des maillots pour la plage. Elle reste un instant à penser.
Elle fait un signe de tête rapide avec un sourire pincé en se remémorant la proposition de Laurent : « on part tout de même en voyage, mais en tant qu'amis ». Elle avait refusé et l'avait même giflée pour cette idée totalement absurde. Comment pouvait-il imaginer, la moindre seconde, qu'elle aurait accepté alors qu'il venait de la larguer, de l'humilier en public ?
Elle aurait aimé refuser aussi son offre d'habiter chez lui, mais, sans famille et amis autour de chez elle, étant étudiante, sans revenus, les choix sont plus que limités. Alors, Pauline regarde cette valise sans chercher à changer de tenue ; elle lui remémore juste sa détresse d'hier.
Elle se tourne vers Francis qui l'observe d'un peu plus loin sans dire un mot. Elle lui demande :
— Elle était comment ta femme ?
— Oh, je ne m'y attendais pas à celle-là. Disons qu'elle était carriériste à fond, très portée sur le fric aussi.
— Laurent tient d'elle alors.
— Oui, beaucoup trop.
— Tu l'as trompée ?
— Oui, avec d'autres femmes, dès que je pouvais. Mais, elle aussi me trompait continuellement.
— Continuellement ? Comment ça ?
— Des promesses jamais tenues, des anniversaires oubliés… Une tromperie est une tromperie, que ce soit sexuel, ou de toute autre manière. À mes yeux, l'une n'est pas plus pardonnable que l'autre. Tu sais quoi ? Je voulais plein d'enfants à l'époque, genre toute une équipe de rugby et lorsqu'on s'est rencontré, elle disait la même chose. Au bout de quelques années, elle a enfin accepté d'en avoir un car sa carrière commençait à être en place, et Laurent est arrivé. Mais, c'était surtout calculé de sa part pour payer moins d'impôts, car, à part les premiers mois, elle n'était jamais là pour s'occuper de lui. Je l'ai quasiment élevé seul.
— … Je comprends. Moi aussi, j'ai envie d'avoir des enfants, mais pas de les élever toute seule. Tu as ressenti quoi lorsque l'avion s'est craché ?
— Ah… Si je te réponds, tu vas me prendre pour un monstre.
— Dis-moi toujours. De toute façon, on ne va plus vraiment se revoir maintenant.
— D'accord, si tu veux… Lorsqu'ils ont annoncé qu'il y avait quelques survivants, j'ai espéré une fraction de seconde qu'elle n'en fasse pas partie, mais en même temps… Ma conscience n'a pas été ma meilleure amie à ce moment-là. Mais, même si j'ai été triste qu'elle soit morte, j'ai également eu une sorte de poids énorme qui a disparu d'un coup.
— … Je comprends. Est-ce que je peux habiter chez toi ?
— Pardon ?... Tu es sérieuse ?
— Oui, car t'es une vraie personne avec ses qualités et ses défauts, mais tu es une bonne personne. Je sais que ça se passera mal avec Laurent. Je le sens comme une évidence. Dès qu'il fait un petit effort, son humeur après devient exécrable, comme si on lui arrachait une dent. Je ne sais pas ce qu'il attend de moi réellement. Je ne veux pas le savoir.
— Je ne sais pas si c'est une bonne idée... Je ne suis pas certain que j'arriverai à me retenir de te toucher.
— Oh ? Oui, c'est un véritable problème ça. Je comprends totalement. Je vais prendre le risque tout de même. Au pire, je m'achète une ceinture de chasteté. Merci d'avoir accepté. Je t'aim… Je vais faire pipi et je reviens.
Elle disparait quelques minutes pour aller se soulager, honteuse des mots qu'elle allait sortir sans réfléchir, qui étaient entre ses dents comme une évidence. Francis a le sourire aux lèvres. Même s'il ne la connait pas encore réellement, il ne peut pas nier que tout chez elle lui plait.
Le lendemain soir, après une nuit au chaud dans le lit de Francis passée l'un contre l'autre, elle se retrouve devant la porte de l'appartement dans lequel elle habitait avec Laurent. Elle est stressée de le revoir. Elle espère que les choses vont bien se passer.
Elle lui avait envoyé un message, très cordial, lui indiquant sa venue pour récupérer ses affaires. Elle avait précisé que c'était le mieux, à son sens, d'habiter chez Francis le temps de voir comment les choses allaient se passer. En toute réponse, elle reçut un « ok, pas avant 21 h car je bosse, moi ». Alors, prête à appuyer sur la sonnette, elle doit prendre son courage pour continuer son geste. La réponse froide, le « moi » ne lui donnent pas confiance. Au moins, elle sait qu'il a annulé ses vacances.
Francis est en bas, dans sa voiture. Elle lui avait dit qu'il pouvait rentrer, car elle allait revenir avec sa petite Titine. Il a préféré ne pas l'écouter en ajoutant : « on ne sait jamais ». Cela rassure Pauline de savoir qu'elle n'est pas seule, toujours devant cette porte d'entrée, le doigt tendu vers le bouton.
Elle reprend son souffle et appuie. Elle attend un peu, quelques secondes. En n'entendant aucun bruit, elle sonne à nouveau et commence à chercher son double des clés dans son sac. Elle se dit qu'il ne doit pas être encore revenu de son travail. Elle enfonce le bout en métal dans la serrure. Elle n'a pas le temps de la tourner que la clenche se baisse ; Laurent lui ouvre.
— Ah… Je croyais que tu n'étais pas là.
— Ben, comme tu vois, si.
Laurent a le visage dur, les lèvres serrées. Pauline n'a alors plus aucun doute sur le fait que cette confrontation va mal se passer. Elle lui demande, le plus gentiment possible :
— Tu vas bien ? Tu as repris le travail alors ?
— Étant donné que tu vas habiter chez mon père plutôt qu'ici, tu peux me rendre mes clés ?
— Laurent, je ne suis pas là pour une engueulade, mais juste pour récupérer mes affaires. J'ai pensé que ce serait mieux pour tous les deux. Il n'y a rien de mal dans ma démarche, je te le promets. Tu me laisses entrer ?
Il se pousse un peu sur le côté. Elle pénètre l'appartement. Elle regarde un peu autour d'elle et se demande comment, en deux jours, il a pu mettre autant de bordel. Elle ne dit rien, mais ses yeux ne peuvent éviter les paquets de plats livrés posés anarchiquement dans le salon, les assiettes sales qui trainent.
Avec une voix glaciale, la faisant frissonner et sursauter en même temps :
— Pourquoi tu préfères être chez mon père qu'ici ?
— Je te l'ai déjà dit. Je pense que c'est mieux pour tous les deux.
— Tu n'as aucune idée de ce que pense mon père de toi. Il me l'a dit. T'es juste bonne à être une pute ! Voilà ce qu'il m'a dit.
— Arrête Laurent. Ça suffit !
— C'est juste que tu voulais que je serve de bouche-trou, c'est ça ? Je suis un bouche-trou pour toi ?
— Mais, pas du tout. Mais… Putain, Laurent, tu m'as larguée et humiliée le jour de notre mariage, devant nos familles, nos amis. Ben oui, il me faut plus de temps pour que la pilule passe. D'ailleurs, avant que je n'oublie…
Pauline se dirige vers la salle de bain. Elle semble bien plus vide qu'à la normale. Il manque sur la tablette son maquillage, ses parfums. Elle ouvre le tiroir contenant la boite des deux plaquettes restantes, mais elle ne s'y trouve pas. Elle ne comprend pas et va directement dans la chambre. Peut-être est-elle dans sa table de nuit.
En entrant, elle découvre le placard ouvert, ses vêtements absents. Elle regarde dans la commode : plus aucun de ses sous-vêtements, uniquement les affaires de Laurent.
— Je ne travaillais pas aujourd'hui. Je voulais avoir assez de temps pour faire un peu de ménage.
— Tu as fait quoi ?
— Je me suis débarrassé de ce qui ne me sert plus.
— Mais… C'était à moi tout ça… Comment as-tu pu…
— À toi ? C'est moi qui aie tout payé, tout. Tu n'as rien, tout m'appartient.
— … Mon ordinateur avec ma thèse dedans ?
— Non ! Mon ordinateur que j'ai acheté avec mon argent ! Mais, si tu restes ici, je te le redonne.
Pauline reste sans voix quelques secondes. Cette thèse sur laquelle elle a passé des heures, des nuits, des jours et qu'elle doit encore travailler. Elle ne peut pas envisager qu'elle soit perdue aussi facilement. Il est impossible de la recommencer de zéro. Elle se souvient alors que tout est sauvegardé sur son drive… Oui, et il n'y a pas accès. Il ne paie que les factures, alors elle a encore le temps de s'en occuper avant que son compte ne soit suspendu, dans le pire des cas.
Elle reprend cette dispute qui n'a pas de sens :
— … Tu me fais du chantage maintenant ?
— Non, je veux que tu tiennes notre arrangement.
— Mais, pourquoi, putain ?! Pourquoi tu veux que je reste avec toi ?
— Je ramène l'argent et tu t'occupes de l'appartement.
— … En gros, tu veux que je sois ton esclave. Hors de question de devenir ta boniche. Va te faire foutre, sale connard !
Elle se précipite vers l'entrée. Même si elle ne récupère pas les clés de sa voiture, elle veut fuir ce monstre. De toute façon, c'est lui qui l'avait achetée aussi et se doute bien qu'il ne la laissera pas partir avec. Elle sait que Laurent peu avoir un sale caractère ; elle ne se doutait pas un instant qu'il puisse réagir ainsi, aussi méchamment.
Avant même qu'elle n'atteigne la porte, elle se fait ceinturer par derrière et balancer vers la partie salon de l'appartement. Tombée sur les genoux, elle se redresse aussitôt, la terreur au ventre. Il s'avance menaçant vers elle, elle recule avec les larmes qui lui coulent sur les joues.
— Nous n'avons pas fini de discuter. Ces habits que tu portes, c'est avec mon fric que tu les as payés. Tu comprends que tu n'as rien sans moi ?
— Arrête ! S'il te plait. Tu me fais peur.
En reculant face à ce Laurent menaçant qui s'avance vers elle, son talon cogne contre un meuble ; elle perd l'équilibre et tombe sur le canapé. Il est déjà sur elle. Il commence à vouloir arracher le débardeur qu'elle porte. Elle crie, mais il continue. Sans réfléchir, par instinct de survie peut-être, d'un coup puissant avec sa jambe, elle frappe Laurent entre les cuisses.
Il tombe au sol en se tenant l'aine. Si la douleur n'est pas si puissante, cela lui a tout de même coupé le souffle. Et Pauline se précipite, apeurée, jusqu'à la porte d'entrée. Elle l'ouvre et disparait le plus rapidement qu'elle peut.
Elle trouve réconfort dans les bras de Francis. Elle lui explique ce qu'il s'est passé. Il veut se confronter à son fils pour avoir une explication. Il a beau sonner, frapper contre le bois de la porte d'entrée, mais aucune réponse. Laurent finit par réagir en hurlant :
— Dégage !
— … Tu ne peux pas savoir à quel point, à cet instant, tu me fais honte ! Je ne pensais pas devoir dire ça un jour à mon propre fils.
— J'en ai rien à foutre de ce que tu penses. Je gagne déjà mieux ma vie que toi de toute façon. Je ne suis pas un raté comme toi !
Francis hésite à répondre. Mais, il le connait, il a aussi l'impression d'entendre les paroles de sa mère. Ce serait peine perdue de continuer à discuter avec lui dans son état. Alors, il repart avec Pauline, la ramène chez lui. Elle est tellement tendue qu'il lui propose de lui faire couler un bon bain chaud.
Il la regarde se déshabiller, mettre un pied dans l'eau ; elle est tellement belle. Elle se retourne et lui demande :
— Tu veux me rejoindre ?
— Si toi tu en as envie.
— J'ai besoin de réconfort, alors oui.
Ils se caressent, se câlinent dans cette eau qui refroidit petit à petit. Les mains effleurent la peau de l'autre ; l'excitation monte entre eux ; les langues se mêlent dans des baisers de plus en plus passionnés. Puis, Pauline se lève, sort de la baignoire. Nue devant Francis, elle lui tend la main en lui disant :
— Viens me faire l'amour tendrement. J'en ai besoin. Mais, ne m'appelle pas chienne là, si tu veux bien.
— Je n'en avais pas l'intention.
Prenant à peine le temps de se sécher, ils vont sur le lit. À nouveaux des caresses, des baisers, puis Francis pénètre la belle en simple missionnaire. Elle plaque sa bouche contre l'épaule de l'homme ; elle sert son dos le plus fortement qu'elle peut pour qu'il ne la quitte jamais. Elle gémit de plaisir de le sentir en elle. Elle plante ses dents dans cette peau chaude alors qu'elle est en train de venir.
Quelques minutes dans cette position et ils tournent sur le matelas. Pauline se dresse sur Francis, le dos légèrement cambré vers l'arrière, ses seins se ballottant à chaque mouvement. Il la tient fermement par les hanches ; elle mène la danse. Parfois, il remonte son corps pour pouvoir sucer l'un des tétons. Mais, il adore aussi rester allongé, profiter du regard intense de Pauline qu'elle pose sur lui, un regard qui ne cache rien de ces sentiments naissants pour cet homme.
Elle accélère la cadence en pétrissant sa propre poitrine. Francis gémit de plus en plus fortement, serre plus durement les hanches avant de dire : « Je ne vais plus pouvoir tenir ». Alors, Pauline y va de coups encore plus francs, joue admirablement de son périnée. L'homme relâche tout, décharge sa semence dans la jeune femme. Toujours dur en elle, elle se couche sur lui, l'embrasse tendrement. Elle lui dit ensuite :
— Je n'ai pas pu récupérer ma pilule.
— Ce n'est pas en baisant trois fois que tu vas tomber enceinte. Crois-en mon expérience.
— J'appellerai mon gynéco demain de toute façon.
— En parlant de demain, j'ai oublié de te dire un truc.
— C'est quoi ?
— Je suis invité quelque part, mais je vais annuler.
— Invité où ?
— … Je ne crois pas que ce soit une bonne chose que je t'en parle. Sauf si tu veux encore me traiter de pervers.
Elle se redresse alors, commence à faire la moue. Ses mains bien appuyées sur le torse de Francis, elle commence à planter ses griffes dans la peau en reposant sa question :
— Invité où ?
— … Je fréquente des sites libertins. Je suis invité à une soirée qui se déroule demain.
— Oh… D'accord. Je ne connais pas très bien le principe. Et là, c'est quoi au programme ?
— Un homme qui offre sa femme à deux autres hommes et je suis l'un d'eux. Le mari regardera seulement. Normalement, il devait y en avoir cinq, mais les autres se sont désistés.
— Ah… C'est glauque tout de même, non ? Enfin… Offrir sa femme à d'autres ?... Je… Et elle… ben… Heuuu… Je ne sais pas quoi en penser.
— Il n'y a rien à penser. Tant que chacun y trouve du plaisir, il n'y a rien de malsain.
— … Si j'étais retournée chez Laurent, tu y serais allé ?
— Oui, je pense… Certainement.
— Ben alors, vas-y. C'est pas comme si on était un couple tout de même. Tu m'héberges juste avec supplément plaisir.
— C'est quoi ce regard ?
— Quel regard ?
— Celui d'une fille qui semble intéressée de découvrir.
— Pas du tout. Je ne pense pas que j'aimerais.
— Je peux demander que tu m'accompagnes, seulement en observatrice. Qu'est-ce que tu en dis ?
— … Pourquoi pas… Juste par curiosité. Et puis, j'ai besoin de me changer les idées. Mais, je regarde seulement, d'accord ? Personne ne me touche.
— Je vais leur demander si c'est ok.
— Tu leur demandes tout de suite ?... Enfin, je ne suis pas pressée, mais… Juste pour m'organiser… En attendant, je vais nous préparer un petit truc à manger. Je meurs de faim.
— Non, pas encore. J'ai besoin de faire une pause pipi. Il reste encore une petite heure de route.
Francis sort de la voiture et se dirige vers les toilettes de cette aire. Pauline s'aperçoit qu'elle a un sein sorti de la robe. Elle le remet en place, gênée, espérant que personne n'ait rien vu. Mais aucun autre véhicule n'est garé sur cette aire d'autoroute. Elle ouvre la portière en détachant sa ceinture de sécurité ; elle a besoin d'air. Elle se sent stresser, ne sachant pas à quelle sauce elle va être mangée. Elle n'a aucune envie de revoir Laurent.
Francis revient. Pauline, assise sur le capot, lui demande :
— C'est toi qui as sorti mon nibard ?
— Moi ? Mais, pour qui tu me prends ?
— Pour un sacré pervers.
— Et encore, tu ne sais pas tout.
— Je préfère ne pas savoir.
— Pendant que j'y pense : autant en profiter pour te changer.
La petite robe de Pauline est très sexy. Sans aucun sous-vêtement, cela la rend torride. Mais, ils pensent la même chose : Laurent pourrait très mal interpréter de la voir dans cette tenue alors qu'il doit penser qu'elle est encore au fond du gouffre. Alors, Pauline ouvre la porte arrière de la voiture, là où se trouvent sa valise et ses sacs. Elle tire la première vers elle, la déverrouille. Elle regarde un instant son contenu avec d'autres robes d'été, des jupes, des maillots pour la plage. Elle reste un instant à penser.
Elle fait un signe de tête rapide avec un sourire pincé en se remémorant la proposition de Laurent : « on part tout de même en voyage, mais en tant qu'amis ». Elle avait refusé et l'avait même giflée pour cette idée totalement absurde. Comment pouvait-il imaginer, la moindre seconde, qu'elle aurait accepté alors qu'il venait de la larguer, de l'humilier en public ?
Elle aurait aimé refuser aussi son offre d'habiter chez lui, mais, sans famille et amis autour de chez elle, étant étudiante, sans revenus, les choix sont plus que limités. Alors, Pauline regarde cette valise sans chercher à changer de tenue ; elle lui remémore juste sa détresse d'hier.
Elle se tourne vers Francis qui l'observe d'un peu plus loin sans dire un mot. Elle lui demande :
— Elle était comment ta femme ?
— Oh, je ne m'y attendais pas à celle-là. Disons qu'elle était carriériste à fond, très portée sur le fric aussi.
— Laurent tient d'elle alors.
— Oui, beaucoup trop.
— Tu l'as trompée ?
— Oui, avec d'autres femmes, dès que je pouvais. Mais, elle aussi me trompait continuellement.
— Continuellement ? Comment ça ?
— Des promesses jamais tenues, des anniversaires oubliés… Une tromperie est une tromperie, que ce soit sexuel, ou de toute autre manière. À mes yeux, l'une n'est pas plus pardonnable que l'autre. Tu sais quoi ? Je voulais plein d'enfants à l'époque, genre toute une équipe de rugby et lorsqu'on s'est rencontré, elle disait la même chose. Au bout de quelques années, elle a enfin accepté d'en avoir un car sa carrière commençait à être en place, et Laurent est arrivé. Mais, c'était surtout calculé de sa part pour payer moins d'impôts, car, à part les premiers mois, elle n'était jamais là pour s'occuper de lui. Je l'ai quasiment élevé seul.
— … Je comprends. Moi aussi, j'ai envie d'avoir des enfants, mais pas de les élever toute seule. Tu as ressenti quoi lorsque l'avion s'est craché ?
— Ah… Si je te réponds, tu vas me prendre pour un monstre.
— Dis-moi toujours. De toute façon, on ne va plus vraiment se revoir maintenant.
— D'accord, si tu veux… Lorsqu'ils ont annoncé qu'il y avait quelques survivants, j'ai espéré une fraction de seconde qu'elle n'en fasse pas partie, mais en même temps… Ma conscience n'a pas été ma meilleure amie à ce moment-là. Mais, même si j'ai été triste qu'elle soit morte, j'ai également eu une sorte de poids énorme qui a disparu d'un coup.
— … Je comprends. Est-ce que je peux habiter chez toi ?
— Pardon ?... Tu es sérieuse ?
— Oui, car t'es une vraie personne avec ses qualités et ses défauts, mais tu es une bonne personne. Je sais que ça se passera mal avec Laurent. Je le sens comme une évidence. Dès qu'il fait un petit effort, son humeur après devient exécrable, comme si on lui arrachait une dent. Je ne sais pas ce qu'il attend de moi réellement. Je ne veux pas le savoir.
— Je ne sais pas si c'est une bonne idée... Je ne suis pas certain que j'arriverai à me retenir de te toucher.
— Oh ? Oui, c'est un véritable problème ça. Je comprends totalement. Je vais prendre le risque tout de même. Au pire, je m'achète une ceinture de chasteté. Merci d'avoir accepté. Je t'aim… Je vais faire pipi et je reviens.
Elle disparait quelques minutes pour aller se soulager, honteuse des mots qu'elle allait sortir sans réfléchir, qui étaient entre ses dents comme une évidence. Francis a le sourire aux lèvres. Même s'il ne la connait pas encore réellement, il ne peut pas nier que tout chez elle lui plait.
Le lendemain soir, après une nuit au chaud dans le lit de Francis passée l'un contre l'autre, elle se retrouve devant la porte de l'appartement dans lequel elle habitait avec Laurent. Elle est stressée de le revoir. Elle espère que les choses vont bien se passer.
Elle lui avait envoyé un message, très cordial, lui indiquant sa venue pour récupérer ses affaires. Elle avait précisé que c'était le mieux, à son sens, d'habiter chez Francis le temps de voir comment les choses allaient se passer. En toute réponse, elle reçut un « ok, pas avant 21 h car je bosse, moi ». Alors, prête à appuyer sur la sonnette, elle doit prendre son courage pour continuer son geste. La réponse froide, le « moi » ne lui donnent pas confiance. Au moins, elle sait qu'il a annulé ses vacances.
Francis est en bas, dans sa voiture. Elle lui avait dit qu'il pouvait rentrer, car elle allait revenir avec sa petite Titine. Il a préféré ne pas l'écouter en ajoutant : « on ne sait jamais ». Cela rassure Pauline de savoir qu'elle n'est pas seule, toujours devant cette porte d'entrée, le doigt tendu vers le bouton.
Elle reprend son souffle et appuie. Elle attend un peu, quelques secondes. En n'entendant aucun bruit, elle sonne à nouveau et commence à chercher son double des clés dans son sac. Elle se dit qu'il ne doit pas être encore revenu de son travail. Elle enfonce le bout en métal dans la serrure. Elle n'a pas le temps de la tourner que la clenche se baisse ; Laurent lui ouvre.
— Ah… Je croyais que tu n'étais pas là.
— Ben, comme tu vois, si.
Laurent a le visage dur, les lèvres serrées. Pauline n'a alors plus aucun doute sur le fait que cette confrontation va mal se passer. Elle lui demande, le plus gentiment possible :
— Tu vas bien ? Tu as repris le travail alors ?
— Étant donné que tu vas habiter chez mon père plutôt qu'ici, tu peux me rendre mes clés ?
— Laurent, je ne suis pas là pour une engueulade, mais juste pour récupérer mes affaires. J'ai pensé que ce serait mieux pour tous les deux. Il n'y a rien de mal dans ma démarche, je te le promets. Tu me laisses entrer ?
Il se pousse un peu sur le côté. Elle pénètre l'appartement. Elle regarde un peu autour d'elle et se demande comment, en deux jours, il a pu mettre autant de bordel. Elle ne dit rien, mais ses yeux ne peuvent éviter les paquets de plats livrés posés anarchiquement dans le salon, les assiettes sales qui trainent.
Avec une voix glaciale, la faisant frissonner et sursauter en même temps :
— Pourquoi tu préfères être chez mon père qu'ici ?
— Je te l'ai déjà dit. Je pense que c'est mieux pour tous les deux.
— Tu n'as aucune idée de ce que pense mon père de toi. Il me l'a dit. T'es juste bonne à être une pute ! Voilà ce qu'il m'a dit.
— Arrête Laurent. Ça suffit !
— C'est juste que tu voulais que je serve de bouche-trou, c'est ça ? Je suis un bouche-trou pour toi ?
— Mais, pas du tout. Mais… Putain, Laurent, tu m'as larguée et humiliée le jour de notre mariage, devant nos familles, nos amis. Ben oui, il me faut plus de temps pour que la pilule passe. D'ailleurs, avant que je n'oublie…
Pauline se dirige vers la salle de bain. Elle semble bien plus vide qu'à la normale. Il manque sur la tablette son maquillage, ses parfums. Elle ouvre le tiroir contenant la boite des deux plaquettes restantes, mais elle ne s'y trouve pas. Elle ne comprend pas et va directement dans la chambre. Peut-être est-elle dans sa table de nuit.
En entrant, elle découvre le placard ouvert, ses vêtements absents. Elle regarde dans la commode : plus aucun de ses sous-vêtements, uniquement les affaires de Laurent.
— Je ne travaillais pas aujourd'hui. Je voulais avoir assez de temps pour faire un peu de ménage.
— Tu as fait quoi ?
— Je me suis débarrassé de ce qui ne me sert plus.
— Mais… C'était à moi tout ça… Comment as-tu pu…
— À toi ? C'est moi qui aie tout payé, tout. Tu n'as rien, tout m'appartient.
— … Mon ordinateur avec ma thèse dedans ?
— Non ! Mon ordinateur que j'ai acheté avec mon argent ! Mais, si tu restes ici, je te le redonne.
Pauline reste sans voix quelques secondes. Cette thèse sur laquelle elle a passé des heures, des nuits, des jours et qu'elle doit encore travailler. Elle ne peut pas envisager qu'elle soit perdue aussi facilement. Il est impossible de la recommencer de zéro. Elle se souvient alors que tout est sauvegardé sur son drive… Oui, et il n'y a pas accès. Il ne paie que les factures, alors elle a encore le temps de s'en occuper avant que son compte ne soit suspendu, dans le pire des cas.
Elle reprend cette dispute qui n'a pas de sens :
— … Tu me fais du chantage maintenant ?
— Non, je veux que tu tiennes notre arrangement.
— Mais, pourquoi, putain ?! Pourquoi tu veux que je reste avec toi ?
— Je ramène l'argent et tu t'occupes de l'appartement.
— … En gros, tu veux que je sois ton esclave. Hors de question de devenir ta boniche. Va te faire foutre, sale connard !
Elle se précipite vers l'entrée. Même si elle ne récupère pas les clés de sa voiture, elle veut fuir ce monstre. De toute façon, c'est lui qui l'avait achetée aussi et se doute bien qu'il ne la laissera pas partir avec. Elle sait que Laurent peu avoir un sale caractère ; elle ne se doutait pas un instant qu'il puisse réagir ainsi, aussi méchamment.
Avant même qu'elle n'atteigne la porte, elle se fait ceinturer par derrière et balancer vers la partie salon de l'appartement. Tombée sur les genoux, elle se redresse aussitôt, la terreur au ventre. Il s'avance menaçant vers elle, elle recule avec les larmes qui lui coulent sur les joues.
— Nous n'avons pas fini de discuter. Ces habits que tu portes, c'est avec mon fric que tu les as payés. Tu comprends que tu n'as rien sans moi ?
— Arrête ! S'il te plait. Tu me fais peur.
En reculant face à ce Laurent menaçant qui s'avance vers elle, son talon cogne contre un meuble ; elle perd l'équilibre et tombe sur le canapé. Il est déjà sur elle. Il commence à vouloir arracher le débardeur qu'elle porte. Elle crie, mais il continue. Sans réfléchir, par instinct de survie peut-être, d'un coup puissant avec sa jambe, elle frappe Laurent entre les cuisses.
Il tombe au sol en se tenant l'aine. Si la douleur n'est pas si puissante, cela lui a tout de même coupé le souffle. Et Pauline se précipite, apeurée, jusqu'à la porte d'entrée. Elle l'ouvre et disparait le plus rapidement qu'elle peut.
Elle trouve réconfort dans les bras de Francis. Elle lui explique ce qu'il s'est passé. Il veut se confronter à son fils pour avoir une explication. Il a beau sonner, frapper contre le bois de la porte d'entrée, mais aucune réponse. Laurent finit par réagir en hurlant :
— Dégage !
— … Tu ne peux pas savoir à quel point, à cet instant, tu me fais honte ! Je ne pensais pas devoir dire ça un jour à mon propre fils.
— J'en ai rien à foutre de ce que tu penses. Je gagne déjà mieux ma vie que toi de toute façon. Je ne suis pas un raté comme toi !
Francis hésite à répondre. Mais, il le connait, il a aussi l'impression d'entendre les paroles de sa mère. Ce serait peine perdue de continuer à discuter avec lui dans son état. Alors, il repart avec Pauline, la ramène chez lui. Elle est tellement tendue qu'il lui propose de lui faire couler un bon bain chaud.
Il la regarde se déshabiller, mettre un pied dans l'eau ; elle est tellement belle. Elle se retourne et lui demande :
— Tu veux me rejoindre ?
— Si toi tu en as envie.
— J'ai besoin de réconfort, alors oui.
Ils se caressent, se câlinent dans cette eau qui refroidit petit à petit. Les mains effleurent la peau de l'autre ; l'excitation monte entre eux ; les langues se mêlent dans des baisers de plus en plus passionnés. Puis, Pauline se lève, sort de la baignoire. Nue devant Francis, elle lui tend la main en lui disant :
— Viens me faire l'amour tendrement. J'en ai besoin. Mais, ne m'appelle pas chienne là, si tu veux bien.
— Je n'en avais pas l'intention.
Prenant à peine le temps de se sécher, ils vont sur le lit. À nouveaux des caresses, des baisers, puis Francis pénètre la belle en simple missionnaire. Elle plaque sa bouche contre l'épaule de l'homme ; elle sert son dos le plus fortement qu'elle peut pour qu'il ne la quitte jamais. Elle gémit de plaisir de le sentir en elle. Elle plante ses dents dans cette peau chaude alors qu'elle est en train de venir.
Quelques minutes dans cette position et ils tournent sur le matelas. Pauline se dresse sur Francis, le dos légèrement cambré vers l'arrière, ses seins se ballottant à chaque mouvement. Il la tient fermement par les hanches ; elle mène la danse. Parfois, il remonte son corps pour pouvoir sucer l'un des tétons. Mais, il adore aussi rester allongé, profiter du regard intense de Pauline qu'elle pose sur lui, un regard qui ne cache rien de ces sentiments naissants pour cet homme.
Elle accélère la cadence en pétrissant sa propre poitrine. Francis gémit de plus en plus fortement, serre plus durement les hanches avant de dire : « Je ne vais plus pouvoir tenir ». Alors, Pauline y va de coups encore plus francs, joue admirablement de son périnée. L'homme relâche tout, décharge sa semence dans la jeune femme. Toujours dur en elle, elle se couche sur lui, l'embrasse tendrement. Elle lui dit ensuite :
— Je n'ai pas pu récupérer ma pilule.
— Ce n'est pas en baisant trois fois que tu vas tomber enceinte. Crois-en mon expérience.
— J'appellerai mon gynéco demain de toute façon.
— En parlant de demain, j'ai oublié de te dire un truc.
— C'est quoi ?
— Je suis invité quelque part, mais je vais annuler.
— Invité où ?
— … Je ne crois pas que ce soit une bonne chose que je t'en parle. Sauf si tu veux encore me traiter de pervers.
Elle se redresse alors, commence à faire la moue. Ses mains bien appuyées sur le torse de Francis, elle commence à planter ses griffes dans la peau en reposant sa question :
— Invité où ?
— … Je fréquente des sites libertins. Je suis invité à une soirée qui se déroule demain.
— Oh… D'accord. Je ne connais pas très bien le principe. Et là, c'est quoi au programme ?
— Un homme qui offre sa femme à deux autres hommes et je suis l'un d'eux. Le mari regardera seulement. Normalement, il devait y en avoir cinq, mais les autres se sont désistés.
— Ah… C'est glauque tout de même, non ? Enfin… Offrir sa femme à d'autres ?... Je… Et elle… ben… Heuuu… Je ne sais pas quoi en penser.
— Il n'y a rien à penser. Tant que chacun y trouve du plaisir, il n'y a rien de malsain.
— … Si j'étais retournée chez Laurent, tu y serais allé ?
— Oui, je pense… Certainement.
— Ben alors, vas-y. C'est pas comme si on était un couple tout de même. Tu m'héberges juste avec supplément plaisir.
— C'est quoi ce regard ?
— Quel regard ?
— Celui d'une fille qui semble intéressée de découvrir.
— Pas du tout. Je ne pense pas que j'aimerais.
— Je peux demander que tu m'accompagnes, seulement en observatrice. Qu'est-ce que tu en dis ?
— … Pourquoi pas… Juste par curiosité. Et puis, j'ai besoin de me changer les idées. Mais, je regarde seulement, d'accord ? Personne ne me touche.
— Je vais leur demander si c'est ok.
— Tu leur demandes tout de suite ?... Enfin, je ne suis pas pressée, mais… Juste pour m'organiser… En attendant, je vais nous préparer un petit truc à manger. Je meurs de faim.
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Commentaires ()
Ah, mais toi aussi t'es dans le clan de @"Ben_Dover" ? 😯
Nan, mais, pour de vrai, j'aime bien Pauline et Francis, mais certainement parce que j'ai une vision d'eux que je n'ai pas réussi à retranscrire par écrit.
Quoi qu'il en soit, cela ne laisse pas indifférent 😁
Heuu... Pour la catégorie du prochain chapitre... Bravo @Wedreca... Bien vu... 🫡
Mais pas pour le dernier chapitre (même si ça aurait pu finalement...).
Trop ! J'avoue 😂 !
Oh purée, Coco... Cette saga n'en finit pas. Et c'est reparti pour un tour avec des clubs échangistes. Non, sérieux... À un moment, il faut arrêter le massacre. Cette fille est juste une **** et les autres des gros ******* dégueulasses !
Bon, du coup, on a une catégorie orgie pour le prochain chapitre, c'est ça 😅 ?
Allez, Coco, je retire ce que j'ai dit. Ne change pas... on s'ennuierait, sinon 😘.
Si ça se trouve, si j'avais commencé l'histoire par le "non" au mariage, vous auriez eu une vision différente. Vous ne pensez pas @Fosgate et @"Ben_Dover" ?
Ce n'est qu'une histoire d'amour entre Pauline et Francis. Rien de plus 🙄
Hâte de lire la suite !