Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le Penthouse — Chapitre 6
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le Penthouse
Chapitre 6
Les deux amants restèrent nu, savourant ce moment de tendresse post-coïtal par téléphone interposé. Camille avait regagné son lit en rampant presque, non sans avoir au préalable vidé un rouleau de papier essuie-tout pour éponger le fruit de son désir torride et dors et déjà odorant. Ils discutèrent un peu, de l'emménagement de l'un, des études de l'autre, de la chambre assez grande pour y caser trois ou quatre fois le studio abritant la demoiselle. Mais Camille garda le silence sur sa récente expérience dénudée et sur ses ressentis vis-à-vis de ses colocataires. Il tût le boa pénien de Hugo, passa sur le fessier rebondi d'Esteban et fit abstraction du charme mystique de Maximilien. Il ne savait pas comment réagirait sa compagne, il ne voulait pas gâcher le moment.
Ils raccrochèrent sans compter jusqu'à trois et s'endormirent, profondément, d'un sommeil lourd et sans rêves. Ou plutôt si, du genre lubrique.
Ils raccrochèrent sans compter jusqu'à trois et s'endormirent, profondément, d'un sommeil lourd et sans rêves. Ou plutôt si, du genre lubrique.
Le lendemain, après avoir été tiré de son sommeil de plomb par une nausée provoquée par l'odeur d'un lac de sperme séché et à peine épongé, Camille parti bosser. Il ne déjeuna pas, déjà trop en retard. Et surtout, il préférait éviter regards et remarques amusés quand au barouf qu'il avait dû faire en jouissant la veille au soir.
Une fois dans le train, il laissa voguer son esprit au fil de ses souvenirs, plus ou moins fantasmés. Il souriait tout seul sous son masque, jusqu'à ce qu'une sensation prenne naissance dans le fond de son ventre. Petite pointe oubliable, elle grandit très vite pour lui comprimer l'estomac. Elle remonta, acide, rongeant ses poumons, congestionnant sa poitrine. Il rougit. La réalité l'avait rattrapé. Il reprenait conscience et la honte le dévorait.
Qu'est ce que c'était que ça ? Quelle était cette journée improbable ? Pourquoi ? Comment avait-il pu se laisser convaincre aussi facilement de se mettre à nu devant un parfait inconnu ? Il avait même bandé devant lui, se masturbant presque. Il revoyait ce regard gourmand, ce sourire ravageur, ce charisme magnétique rendu irrésistible par cette voix aux tons chantonnant. C'était parti de rien, d'une perte de contrôle momentanée sur son entre-jambes… Et quelle perte de contrôle ! Il avait certes regardé pas mal de porno dans sa vie, dont une bonne partie avec Gabrielle. Ils s'étaient tous les deux fait du bien en admirant des corps parfaits s'empiler, qu'ils soient masculins, féminins, trans… Mais jamais ô grand jamais il n'avait eu une telle réaction face à la forme d'un pénis en trois dimensions, seul, sous un caleçon ! Pire ! Il se souvenait avoir eu envie d'en voir plus ! C'était tout bonnement incompréhensible. Ce n'était pas lui. Ça ne l'avait jamais été, et ça ne pouvait pas le devenir.
Gabrielle.
Bon sang, Gabi…
Il devait lui dire. Il devait se confesser. Le poids était trop lourd, il ne pouvait pas lui cacher de tels déboires. Lui mentir sur un truc aussi énorme, même par omission, lui paraissait inconcevable. Cela reviendrait à créer une faille qui finirait forcément par s'étendre et causer des dommages irrémédiables. Ils allaient se marier, bordel ! Mais comment allait-elle le prendre… Bonne question. Bien, forcément. Ou en tout cas suffisamment pour accepter un dialogue débouchant sur des promesses, un pardon, n'importe quoi. Elle ne l'avait pas demandée en mariage pour rien. Elle était forcément prête à lui pardonner quelques écarts. Après tout, il ne l'avait pas trompé… Non, il s'était juste foutu à poil devant un type à sa demande. Juste ça…
Une fois dans le train, il laissa voguer son esprit au fil de ses souvenirs, plus ou moins fantasmés. Il souriait tout seul sous son masque, jusqu'à ce qu'une sensation prenne naissance dans le fond de son ventre. Petite pointe oubliable, elle grandit très vite pour lui comprimer l'estomac. Elle remonta, acide, rongeant ses poumons, congestionnant sa poitrine. Il rougit. La réalité l'avait rattrapé. Il reprenait conscience et la honte le dévorait.
Qu'est ce que c'était que ça ? Quelle était cette journée improbable ? Pourquoi ? Comment avait-il pu se laisser convaincre aussi facilement de se mettre à nu devant un parfait inconnu ? Il avait même bandé devant lui, se masturbant presque. Il revoyait ce regard gourmand, ce sourire ravageur, ce charisme magnétique rendu irrésistible par cette voix aux tons chantonnant. C'était parti de rien, d'une perte de contrôle momentanée sur son entre-jambes… Et quelle perte de contrôle ! Il avait certes regardé pas mal de porno dans sa vie, dont une bonne partie avec Gabrielle. Ils s'étaient tous les deux fait du bien en admirant des corps parfaits s'empiler, qu'ils soient masculins, féminins, trans… Mais jamais ô grand jamais il n'avait eu une telle réaction face à la forme d'un pénis en trois dimensions, seul, sous un caleçon ! Pire ! Il se souvenait avoir eu envie d'en voir plus ! C'était tout bonnement incompréhensible. Ce n'était pas lui. Ça ne l'avait jamais été, et ça ne pouvait pas le devenir.
Gabrielle.
Bon sang, Gabi…
Il devait lui dire. Il devait se confesser. Le poids était trop lourd, il ne pouvait pas lui cacher de tels déboires. Lui mentir sur un truc aussi énorme, même par omission, lui paraissait inconcevable. Cela reviendrait à créer une faille qui finirait forcément par s'étendre et causer des dommages irrémédiables. Ils allaient se marier, bordel ! Mais comment allait-elle le prendre… Bonne question. Bien, forcément. Ou en tout cas suffisamment pour accepter un dialogue débouchant sur des promesses, un pardon, n'importe quoi. Elle ne l'avait pas demandée en mariage pour rien. Elle était forcément prête à lui pardonner quelques écarts. Après tout, il ne l'avait pas trompé… Non, il s'était juste foutu à poil devant un type à sa demande. Juste ça…
Autant dire que sa journée de travail fût chaotique. Il cumula les erreurs, sursauta à chaque interaction sociale, fuya l'espèce détente, convaincu que tout l'open space était courant de ses affres sexuels. Au déjeuner, il s'isola dans un parc non loin, grignotant difficilement son sandwich bien trop cher pour ce que c'était. Des amoureux se promenaient, d'autres s'embrassaient. Le mal-être ne le quittait pas, lui donnant l'impression qu'il prenait de l'ampleur à chaque heure. Il prit la décision de rendre visite à sa fiancée, le soir même. Il empoigna son téléphone, fébrile.
Téléphone dans la poche, sandwich dans une proche poubelle, stress dans le ventre, Camille reprit la direction du bureau. Il réfléchissait à cent à l'heure, calculant comment aborder le sujet. Introduction, développement, conclusion. Thèse/Antithèse/Synthèse ? Non, tout de même pas. Il envisagea chaque scénario, chaque tournure de phrase, chaque réaction probable. Les pleurs, les cris. Les rires même, pourquoi pas. Il naviguait dans l'inconnu et la honte perturbait sa boussole.
Le soir survint soudainement. Il avait passé son après-midi à regarder l'heure et pourtant, il trouva le moyen de sursauter lorsque l'horloge indiqua dix-huit heures. Hors de question de céder aux heures sup' malgré le retard qu'il avait accumulé. Il attrapa fébrilement ses affaires et courut presque jusqu'à la station de métro, plantée une rue plus loin. Il s'y engouffra et sauta dans la rame. Personne ne le calcula mais il se sentait tout de même dévisagé. Il se força à maîtriser sa respiration pour calmer son cœur. Trop tard, la transpiration l'inondait déjà.
Gabrielle le trouva sur le palier, adossé au mur et haletant. Elle l'embrassa avec une douceur rassurante et le fit entrer, sans rien dire. Il posa la bouteille de bière fruitée qu'il venait d'acheter sur la table, chercha deux verres, renonça et dévissa le bouchon. Il ingurgita une grande rasade, sous le regard étonné de sa compagne. Clairement, elle était inquiète. Mais elle faisait ce qu'elle pouvait pour ne pas le montrer. Il lui passa la bouteille et s'assit pendant qu'elle buvait, avec plus de mesure.
_ Quand tu seras prêt, dit-elle simplement.
Il ne l'était pas, mais il ouvrit les vannes.
Tout son plaidoyer durement préparé avait fondu comme neige au soleil dès les premières secondes. Il ne pût servir qu'une vague ratatouille de bafouillements et d'approximations sans aucune structure. Toutefois, le niveau de précision de son exposé évoluait de manière inversement proportionnel à celui de la bouteille. Lorsqu'il se tût enfin, il était certain de n'avoir rien oublié.
Gabrielle avait écouté en silence, confortablement installée sur l'oreiller qu'elle avait roulé en boule derrière son dos. La bouteille, désormais vide, reposait sur la table de chevet. Elle le regardait à travers ses lunettes rondes, silencieuse et figée dans un immobilisme que seul sa respiration venait troubler. Sa poitrine soulevait régulièrement son fin pull cintré dont elle avait remonté les manches au-dessus des coudes. Elle inspira lentement et expira dans le même mouvement, déroulant ses jambes enfermée dans un pantalon de toile.
_ Non, dit-elle enfin.
_ Non quoi ?
_ J'ai beau le retourner dans tous les sens, je ne suis pas choquée. Ni jalouse.
_ Sérieux ? Souffla Camille dont les épaules crispées se relâchaient enfin.
_ Hum hum. C'est sûr que ça reste étrange, venant de toi. Surtout dès le premier jour, je ne m'y attendais clairement pas. Mais c'est pas dramatique.
_ Si tu savais comme je t'aime…
_ J'espère bien, oui !
_ Je suis ravi que tu le prennes si bien, mais je me sens mal…
_ C'est pas comme si tu m'avais trompé. J'admets que je n'aurais peut-être pas réagit de la même façon si ce Max t'avait sucé, ou inversement.
_ Je me vois mal sucer un homme, ni inversement.
_ Tu sais pas ce que tu rates, glissa-t-elle, mesquine.
_ Eh bien j'essaierai et je te dirais ce qu'en j'en pense alors ! C'est pour la science.
_ Si c'est pour la science, alors vas-y. (Elle rit) Hugo a l'air d'avoir ce qu'il faut.
_ Tu verrais ça…
_ Tu veux que je vois sa bite ?
_ On dépasse le cadre sexuel, là. C'est une affaire de culture générale !
_ Hum, intéressant. Eh bien prend une photo alors, que je me fasse une idée.
_ Haha !
L'hésitation le prit soudain.
_ Sérieusement ?
_ Bah pourquoi pas ? Je suis curieuse maintenant.
_ Je sais pas quoi penser de ça.
_ On regarde des pornos ensemble. Tout cumulé, on a vu pas mal de queues et de chattes.
_ Certes.
_ Voilà.
Camille traita l'information. Il ne savait pas encore trop quoi en faire, s'il devait se sentir excité ou vexé de cette requête. Gabrielle profita du silence pour changer de position. Elle se tourna, posa la tête sur les jambes de son partenaire et tira les siennes le long du mur. Elle le fixa, d'en bas.
_ Si tu espères que je te demande de ne pas en faire une habitude, tu te trompes.
_ De ?
_ De te mettre à poil devant tes collocs.
_ Ah carrément ?
Elle haussa les épaules et attrapa une mèche pour jouer avec.
_ Tu découvres ta sexualité, c'est normal. Il n'est jamais trop tard. Et puis tu es venu m'en parler. Ça, j'apprécie.
_ Et qu'est-ce qu'il va se passer si ça dégénère au point que l'un d'eux essaye de me sucer ? Ou pire : si je cède une nouvelle fois et que je suce Max ?
_ Tu ressens quelque chose pour lui ?
_ Non. Pas vraiment. Mais il a cette façon de parler… Sans déconner c'est magique, le truc. Ce mec est impressionnant.
_ Je serais curieuse de le rencontrer. De tous les rencontrer.
_ J'imagine que tu peux venir passer une nuit à l'appart.
_ Au manoir tu veux dire.
_ Au manoir oui, sourit Camille.
_ Avec un peu de chance je verrais le loup.
_ Je pense qu'il se tiendra s'il sait que je suis accompagné.
_ Tu as vu sa bite dès le premier jour.
_ Je l'ai deviné.
_ Même, ça prouve bien que le type n'est pas du tout gêné. Tu l'as dit toi-même.
_ Je leur en parlerai avant, quand même. Histoire d'être sûr qu'ils ne décident pas de se mater un porno tous les trois ce soir-là.
_ Ca serait marrant de débarquer et de les voir tous les trois à poil, la bite à la main.
_ Ah oui donc tu veux vraiment les voir à poil.
_ Quand tu seras prêt, dit-elle simplement.
Il ne l'était pas, mais il ouvrit les vannes.
Tout son plaidoyer durement préparé avait fondu comme neige au soleil dès les premières secondes. Il ne pût servir qu'une vague ratatouille de bafouillements et d'approximations sans aucune structure. Toutefois, le niveau de précision de son exposé évoluait de manière inversement proportionnel à celui de la bouteille. Lorsqu'il se tût enfin, il était certain de n'avoir rien oublié.
Gabrielle avait écouté en silence, confortablement installée sur l'oreiller qu'elle avait roulé en boule derrière son dos. La bouteille, désormais vide, reposait sur la table de chevet. Elle le regardait à travers ses lunettes rondes, silencieuse et figée dans un immobilisme que seul sa respiration venait troubler. Sa poitrine soulevait régulièrement son fin pull cintré dont elle avait remonté les manches au-dessus des coudes. Elle inspira lentement et expira dans le même mouvement, déroulant ses jambes enfermée dans un pantalon de toile.
_ Non, dit-elle enfin.
_ Non quoi ?
_ J'ai beau le retourner dans tous les sens, je ne suis pas choquée. Ni jalouse.
_ Sérieux ? Souffla Camille dont les épaules crispées se relâchaient enfin.
_ Hum hum. C'est sûr que ça reste étrange, venant de toi. Surtout dès le premier jour, je ne m'y attendais clairement pas. Mais c'est pas dramatique.
_ Si tu savais comme je t'aime…
_ J'espère bien, oui !
_ Je suis ravi que tu le prennes si bien, mais je me sens mal…
_ C'est pas comme si tu m'avais trompé. J'admets que je n'aurais peut-être pas réagit de la même façon si ce Max t'avait sucé, ou inversement.
_ Je me vois mal sucer un homme, ni inversement.
_ Tu sais pas ce que tu rates, glissa-t-elle, mesquine.
_ Eh bien j'essaierai et je te dirais ce qu'en j'en pense alors ! C'est pour la science.
_ Si c'est pour la science, alors vas-y. (Elle rit) Hugo a l'air d'avoir ce qu'il faut.
_ Tu verrais ça…
_ Tu veux que je vois sa bite ?
_ On dépasse le cadre sexuel, là. C'est une affaire de culture générale !
_ Hum, intéressant. Eh bien prend une photo alors, que je me fasse une idée.
_ Haha !
L'hésitation le prit soudain.
_ Sérieusement ?
_ Bah pourquoi pas ? Je suis curieuse maintenant.
_ Je sais pas quoi penser de ça.
_ On regarde des pornos ensemble. Tout cumulé, on a vu pas mal de queues et de chattes.
_ Certes.
_ Voilà.
Camille traita l'information. Il ne savait pas encore trop quoi en faire, s'il devait se sentir excité ou vexé de cette requête. Gabrielle profita du silence pour changer de position. Elle se tourna, posa la tête sur les jambes de son partenaire et tira les siennes le long du mur. Elle le fixa, d'en bas.
_ Si tu espères que je te demande de ne pas en faire une habitude, tu te trompes.
_ De ?
_ De te mettre à poil devant tes collocs.
_ Ah carrément ?
Elle haussa les épaules et attrapa une mèche pour jouer avec.
_ Tu découvres ta sexualité, c'est normal. Il n'est jamais trop tard. Et puis tu es venu m'en parler. Ça, j'apprécie.
_ Et qu'est-ce qu'il va se passer si ça dégénère au point que l'un d'eux essaye de me sucer ? Ou pire : si je cède une nouvelle fois et que je suce Max ?
_ Tu ressens quelque chose pour lui ?
_ Non. Pas vraiment. Mais il a cette façon de parler… Sans déconner c'est magique, le truc. Ce mec est impressionnant.
_ Je serais curieuse de le rencontrer. De tous les rencontrer.
_ J'imagine que tu peux venir passer une nuit à l'appart.
_ Au manoir tu veux dire.
_ Au manoir oui, sourit Camille.
_ Avec un peu de chance je verrais le loup.
_ Je pense qu'il se tiendra s'il sait que je suis accompagné.
_ Tu as vu sa bite dès le premier jour.
_ Je l'ai deviné.
_ Même, ça prouve bien que le type n'est pas du tout gêné. Tu l'as dit toi-même.
_ Je leur en parlerai avant, quand même. Histoire d'être sûr qu'ils ne décident pas de se mater un porno tous les trois ce soir-là.
_ Ca serait marrant de débarquer et de les voir tous les trois à poil, la bite à la main.
_ Ah oui donc tu veux vraiment les voir à poil.
Le reste de la soirée se déroula dans la bonne humeur et le soulagement. Gabi vida ses armoires pour le dîner afin d'essayer de rassasier un Camille dont la faim accumulée venait soudain de se rappeler à lui. Ils ne firent pas l'amour mais s'endormirent tout de même imbriqués l'un dans l'autre, seule solution pour que leurs deux corps tiennent dans ce si petit lit.
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