Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Camille, ma vendeuse — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Camille, ma vendeuse
Chapitre 1
Une fille. Une jeune. Qui a foncé droit sur la caisse. Droit sur moi. D'un pas résolu.
‒ Bonjour. Vous chercheriez pas une vendeuse des fois, par hasard?
Je ne cherchais pas de vendeuse, non, mais…
‒ Mais ?
‒ Mais repassez demain. Je vais réfléchir.
‒ Bonjour. Vous chercheriez pas une vendeuse des fois, par hasard?
Je ne cherchais pas de vendeuse, non, mais…
‒ Mais ?
‒ Mais repassez demain. Je vais réfléchir.
Elle tombait peut-être bien, cette fille. Très très bien. Parce que… parce qu'il fallait bien que je finisse par me rendre à l'évidence, quoi qu'il doive m'en coûter. À quarante-cinq ans, je n'étais plus vraiment dans le coup. Ma clientèle avait vieilli. Je n'étais pas en phase avec les goûts vestimentaires des nouvelles générations. J'en étais arrivée à devoir faire confiance aux représentants des différentes marques qui abusaient parfois de la situation et me roulaient dans la farine. Alors peut-être qu'un peu de sang neuf…
Et je l'ai embauchée. Ce dont je n'ai eu qu'à me féliciter. Camille était réactive et avait un goût très sûr. Si bien que je n'ai pas hésité à lui confier, et ce très rapidement, la responsabilité des achats pour sa tranche d'âge. Elle passait de surcroît très bien avec les clientes faisant preuve d'infiniment de souplesse et sachant se montrer extrêmement convaincante quand il le fallait.
« Avec elle, je me sens belle », m'avait un jour confié madame Lambert, une cliente de longue date, qui n'avait pas été vraiment gâtée par la nature.
Par ailleurs, nous nous entendions fort bien toutes les deux. Elle s'était engagée avec moi sur la voie des confidences. Elle me parlait du divorce de ses parents.
‒ C'est la seule décision intelligente qu'ils aient jamais prise dans leur vie…
‒ C'est la seule décision intelligente qu'ils aient jamais prise dans leur vie…
De ses projets d'avenir.
‒ Les sapes, je me sens bien là-dedans. Comme un poisson dans l'eau. Alors ce que j'aimerais, c'est pouvoir ouvrir ma boutique à moi un jour.
‒ Les sapes, je me sens bien là-dedans. Comme un poisson dans l'eau. Alors ce que j'aimerais, c'est pouvoir ouvrir ma boutique à moi un jour.
De ses mecs.
‒ Oh, de ce côté-là ! Trois, j'en ai…
‒ Trois !
‒ Trois, oui ! En même temps. Ça vous choque ?
‒ Oh, de ce côté-là ! Trois, j'en ai…
‒ Trois !
‒ Trois, oui ! En même temps. Ça vous choque ?
Ça me choquait pas, non! C'était juste que je ne m'attendais pas à ce que…
‒ Oh, mais les filles, aujourd'hui, c'est plus comme dans votre temps, vous savez. Plus du tout. Un type nous plaît, on fonce et puis voilà !
‒ Oh, mais les filles, aujourd'hui, c'est plus comme dans votre temps, vous savez. Plus du tout. Un type nous plaît, on fonce et puis voilà !
Il y avait Yanis, Sacha et Melvil.
‒ Qui se complètent drôlement bien, tout compte fait. Yanis, c'est plutôt le cul pour le cul. C'est une bête de sexe, Yanis. T'es sûre et certaine de gagner le gros lot à tous les coups. De grimper aux rideaux. Et tu peux en redemander tant que tu veux : il assurera. Avec Sacha, t'as un petit côté tendresse en plus du cul. Il te fait fondre, Sacha. Il a un charme fou. Toutes mes copines me l'envient. Quant à Melvil, alors là, lui, c'est la boîte à idées. Toutes plus tordues les une que les autres. Il t'entraîne dans de ces trucs des fois ! Mais j'adore ! J'adore vraiment.
‒ Qui se complètent drôlement bien, tout compte fait. Yanis, c'est plutôt le cul pour le cul. C'est une bête de sexe, Yanis. T'es sûre et certaine de gagner le gros lot à tous les coups. De grimper aux rideaux. Et tu peux en redemander tant que tu veux : il assurera. Avec Sacha, t'as un petit côté tendresse en plus du cul. Il te fait fondre, Sacha. Il a un charme fou. Toutes mes copines me l'envient. Quant à Melvil, alors là, lui, c'est la boîte à idées. Toutes plus tordues les une que les autres. Il t'entraîne dans de ces trucs des fois ! Mais j'adore ! J'adore vraiment.
La difficulté, c'était de pas se couper. De pas se mélanger les pinceaux.
‒ Non, parce que les mecs, comment c'est jaloux! Beaucoup plus que nous en fait ! Ils veulent qu'on leur appartienne corps et âme. Mais je suis à personne, moi ! Seulement à moi.
‒ Non, parce que les mecs, comment c'est jaloux! Beaucoup plus que nous en fait ! Ils veulent qu'on leur appartienne corps et âme. Mais je suis à personne, moi ! Seulement à moi.
Elle m'a posé la question tout à trac.
‒ Et vous ?
Moi ? Quoi, moi ?
‒ Vous avez quelqu'un ? Non, ça se voit bien que vous avez personne. Pourquoi vous avez personne ? Parce que vous avez eu une déception, dans le temps, et que vous êtes restée là-dessus ?
‒ Et vous ?
Moi ? Quoi, moi ?
‒ Vous avez quelqu'un ? Non, ça se voit bien que vous avez personne. Pourquoi vous avez personne ? Parce que vous avez eu une déception, dans le temps, et que vous êtes restée là-dessus ?
C'était pas ça, non.
‒ Parce que vous attendez toujours le Prince charmant alors ! Mais en attendant vous vivez pas. Vous profitez de rien. C'est dommage ! Vous savez pas ce que vous perdez. Oh, mais moi, ce que j'en dis, hein, c'est vous que ça regarde…
‒ Parce que vous attendez toujours le Prince charmant alors ! Mais en attendant vous vivez pas. Vous profitez de rien. C'est dommage ! Vous savez pas ce que vous perdez. Oh, mais moi, ce que j'en dis, hein, c'est vous que ça regarde…
XXX
Des clients de toute fin de journée. Un couple. Lui, grand, beau gosse. Et le sachant. Vingt-cinq ans à peu près. Elle, petite, blonde, sexy, poitrine avantageuse. Un poil plus jeune, mais guère.
Ils ont longuement navigué entre les portants. Il y a eu des rires. Des exclamations. Sa voix à elle.
‒ Non, arrête, t'es fou ! Pas ici !
‒ Non, arrête, t'es fou ! Pas ici !
Encore des rires.
Ils ont fait leur réapparition quelques instants plus tard, elle avec une robe jaune paille sur les bras. Ils se sont engouffrés dans une cabine dont ils ont tiré le rideau sur eux. Encore des rires. Du silence. Et puis un gémissement. Un autre.
Ils ont fait leur réapparition quelques instants plus tard, elle avec une robe jaune paille sur les bras. Ils se sont engouffrés dans une cabine dont ils ont tiré le rideau sur eux. Encore des rires. Du silence. Et puis un gémissement. Un autre.
Camille m'a poussée du coude, avec un petit sourire entendu.
‒ Ça baise là-dedans !
‒ Ça baise là-dedans !
Ça a pris de l'ampleur. Ça s'est emballé.
‒ Comment c'est excitant, non, vous trouvez pas, vous ?
‒ Comment c'est excitant, non, vous trouvez pas, vous ?
J'ai fait celle qui n'avait pas entendu.
‒ Ah, ben si ! Si ! À tout le monde ça le fait, ça, c'est obligé.
‒ Ah, ben si ! Si ! À tout le monde ça le fait, ça, c'est obligé.
Dans la cabine, la fille a clamé son plaisir. À pleins poumons.
‒ Eh, ben dis donc !
Et puis lui, juste après, en grognements rauques.
‒ Eh, ben dis donc !
Et puis lui, juste après, en grognements rauques.
Ils se sont presque aussitôt enfuis. Comme des voleurs. Sans un mot. Sans se retourner.
Camille a tranquillement constaté.
‒ Ils brillent, vos yeux.
‒ Hein? Ah, mais non, je…
‒ Oh, mais il y a pas de honte, hein, c'est normal.
Camille a tranquillement constaté.
‒ Ils brillent, vos yeux.
‒ Hein? Ah, mais non, je…
‒ Oh, mais il y a pas de honte, hein, c'est normal.
Elle a enfilé son manteau.
‒ Normalement, je dois voir Melvil ce soir. J'espère qu'il sera en forme. Parce que comment je vais en être de la comédie, moi, maintenant !
‒ Normalement, je dois voir Melvil ce soir. J'espère qu'il sera en forme. Parce que comment je vais en être de la comédie, moi, maintenant !
J'ai baissé le rideau derrière elle. Et me suis aussitôt rendue dans la cabine que venait de quitter le petit couple quelques instants auparavant. Ça y sentait encore le sexe. Je l'ai humé. La petite robe jaune paille avait été abandonnée par terre, roulée en boule. Je me suis assise sur le tabouret qu'ils avaient très vraisemblablement occupé pour accomplir leur “forfait”. J'ai fermé les yeux, encore humé l'odeur de sexe et imaginé la scène. J'avais encore leurs gémissements dans les oreilles. J'ai glissé une main dans ma culotte. Mes doigts s'y sont activés. J'ai eu une première fois mon plaisir. Un plaisir que j'ai longuement hululé. Une seconde. Et je suis montée chez moi, rassasiée.
XXX
Elle en a reparlé le lendemain en toute fin de matinée. Quand on a été à peu près tranquilles toutes les deux.
‒ Ce feu d'artifice hier soir avec Melvil. Je l'ai mis complètement sur les rotules, oui, le pauvre ! Ah, ça a donné! Seulement moi, dans ces cas-là, quand il s' est passé un truc comme ça, il me faut aussi, en prime, ma petite partie solo. Toute seule avec mes images. Et je suis allée me l'offrir dans la salle de bains. Discrètement. Parce que je sais pas vous, mais moi, les types, ils ont toujours eu horreur de ça, que je me fasse du bien en privé. Ils ont l'impression que je leur pique quelque chose. Ou que je leur reproche de pas me satisfaire. Ils comprennent rien, mais ça, c'est souvent. Un type, par définition, ça manque de finesse. Ils réalisent pas que, pour nous, les femmes, c'est une affaire entre nous-mêmes et nous-mêmes, ça. Avec notre imaginaire. Et que, dans ces moments-là, on a besoin de personne. Au contraire, ils dérangent.
Elle est allée remettre en place une affichette qui était tombée dans la vitrine. Est revenue. S'est accoudée à la caisse.
‒ C'est souvent que c'est arrivé qu'il y en ait qui s'envoient en l'air comme ça dans les cabines ?
‒ Trois ou quatre fois. En vingt ans, c'est pas énorme. Et c'était discret en général. Comme en sourdine.
‒ Et ils font d'autres trucs, ici, les gens?
‒ Ce qui arrive le plus, quand les maris viennent avec leurs femmes, c'est que, pendant qu'elles essaient, ils s'arrangent pour essayer de jeter un coup d'œil, mine de rien, dans les cabines d'à coté. Beaucoup. Presque tous. On les refait pas, les hommes! Mais enfin, la plupart du temps, elles viennent sans eux, leurs moitiés. Parce qu'elles préfèrent être toutes seules pour faire du shopping. Ou alors entre copines.
‒ Ça doit donner aussi des fois, ça, non ?
‒ Ah, sûr ! Il y en avait deux, l'année dernière, c'était systématique. Tous les samedis je les avais. Des demi heures entières, elles y passaient, enfermées là-dedans. Et elles en ressortaient en nage. Rouges comme des écrevisses. C'était clair à quoi elles s'étaient occupées. T'en as aussi qui se baladent à moitié à poil dans le magasin. Il y en a même eu une, une fois, c'était complètement. Mais là, il a bien fallu que je mette le holà. Parce que…
‒ Oui. Ça doit quand même être trop il y a des jours. Je regrette pas d'être venue travailler ici, moi !
‒ Trois ou quatre fois. En vingt ans, c'est pas énorme. Et c'était discret en général. Comme en sourdine.
‒ Et ils font d'autres trucs, ici, les gens?
‒ Ce qui arrive le plus, quand les maris viennent avec leurs femmes, c'est que, pendant qu'elles essaient, ils s'arrangent pour essayer de jeter un coup d'œil, mine de rien, dans les cabines d'à coté. Beaucoup. Presque tous. On les refait pas, les hommes! Mais enfin, la plupart du temps, elles viennent sans eux, leurs moitiés. Parce qu'elles préfèrent être toutes seules pour faire du shopping. Ou alors entre copines.
‒ Ça doit donner aussi des fois, ça, non ?
‒ Ah, sûr ! Il y en avait deux, l'année dernière, c'était systématique. Tous les samedis je les avais. Des demi heures entières, elles y passaient, enfermées là-dedans. Et elles en ressortaient en nage. Rouges comme des écrevisses. C'était clair à quoi elles s'étaient occupées. T'en as aussi qui se baladent à moitié à poil dans le magasin. Il y en a même eu une, une fois, c'était complètement. Mais là, il a bien fallu que je mette le holà. Parce que…
‒ Oui. Ça doit quand même être trop il y a des jours. Je regrette pas d'être venue travailler ici, moi !
XXX
Elle a raccompagné la cliente jusque sur le pas de la porte, m'a rejointe à la caisse.
‒ Jamais j'aurais dû lui raconter à Melvil pour les deux autres l'autre soir, là !
‒ Parce que?
‒ Oh, ben parce que ça le rend complètement fou. Il me parle plus que de ça. Et vous savez ce qu'il s'est mis dans la tête ? Qu'on fasse la même chose, lui et moi. Ici. Au même endroit qu'eux. Sans arrêt il revient là -dessus. « Demande à ta patronne! Tu peux bien lui demander, qu'est-ce que tu risques ? Peut-être qu'elle voudra. Elle est sympa, tu dis. Et elle a l'esprit ouvert. »
‒ Jamais j'aurais dû lui raconter à Melvil pour les deux autres l'autre soir, là !
‒ Parce que?
‒ Oh, ben parce que ça le rend complètement fou. Il me parle plus que de ça. Et vous savez ce qu'il s'est mis dans la tête ? Qu'on fasse la même chose, lui et moi. Ici. Au même endroit qu'eux. Sans arrêt il revient là -dessus. « Demande à ta patronne! Tu peux bien lui demander, qu'est-ce que tu risques ? Peut-être qu'elle voudra. Elle est sympa, tu dis. Et elle a l'esprit ouvert. »
Une cliente est entrée. Dont elle est allée s'occuper. Qui a mis un temps fou pour se décider. Qui a occupé cette même fameuse cabine pour essayer un nombre incalculable de robes. Qui est finalement partie sans rien acheter.
Elle a soupiré.
‒ Quelle purge, celle-là !
A remis un peu d'ordre. Est venue me rejoindre à la caisse.
‒ Bon, mais pour ce qu'on disait tout à l'heure… Ce serait pas possible ? Parce que sinon, je le connais, il va me tanner avec ça pendant des jours et des jours. Ça va être invivable.
‒ Quelle purge, celle-là !
A remis un peu d'ordre. Est venue me rejoindre à la caisse.
‒ Bon, mais pour ce qu'on disait tout à l'heure… Ce serait pas possible ? Parce que sinon, je le connais, il va me tanner avec ça pendant des jours et des jours. Ça va être invivable.
J'ai fait mine d'hésiter, me suis fait tirer un peu l'oreille, pour la forme.
‒ Oui, mais alors un soir, après la fermeture, quand il y aura plus personne.
‒ Bien sûr ! Bien sûr ! Évidemment… Ça coule de source.
‒ Oui, mais alors un soir, après la fermeture, quand il y aura plus personne.
‒ Bien sûr ! Bien sûr ! Évidemment… Ça coule de source.
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Commentaires ()
Les dialogues donnent de la vie au récit, de plus c'est bien écrit.
Chez toi, les jeunes femmes ont pris le pouvoir sur leurs aînés !
Merci pour ces savoureux récits :)
Et il est vrai que j'ai souvent tendance à mettre en scène des jeunes femmes déterminées. Qui n'hésitent pas à prendre le pas, quand c'est possible, sur tout leur entourage.
C'est comme toujours bien écrit et agréable à lire. Ne reste plus qu'à découvrir sur quels chemins Camille va mener sa patronne...
Malgré tout cela je lirai la suite pour suivre leurs aventures.
Merci pour le partage