Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
"Toute nue" — Chapitre 4
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
"Toute nue"
Chapitre 4
‒ J'ai pas toujours été comme ça, tu sais…
‒ Comme quoi ?
‒ À avoir envie de me montrer. Et aimer que ça les excite, ceux qui me voient. Qu'ils aient envie de décharger sur moi comme des meurt-de-faim.
Elle a jeté un long regard autour d'elle. Sur les étudiants, nos condisciples pour la plupart, en train de siroter leur café aux tables voisines. Et elle a baissé la voix.
‒ J'étais même plutôt du genre coincé. D'une pudeur maladive. Et puis, il y a eu ce jour-là… C'était à la fin de la deuxième année de fac.
‒ Alors on se connaissait déjà…
‒ On se connaissait, oui. C'était en mai. J'étais allée m'acheter un maillot pour l'été. Une pièce, je le voulais. Et c'est au moment où je me trouvais à poil dans la cabine que le rideau s'est brusquement ouvert. D'un coup sec. En grand. Une fille. D'à peu près mon âge. Avec tout un tas de vêtements sur les bras. « Oh, pardon ! Désolée. » Pendant que son copain me bouffait tant et plus des yeux. Stupéfaite, tétanisée, j'étais incapable de réagir. Elle non plus, elle n'a pas réagi. Si bien que le rideau est resté ouvert un temps qui m'a paru épouvantablement long. Que les clients (et Dieu sait s'il y en avait ce jour-là !) ont pu se rincer l'œil tout leur saoul. J'ai enfin réussi à me secouer. J'ai précipitamment tiré le rideau. Un type s'est esclaffé : “Pas mal foutue, la fille !” Un autre a surenchéri. “Et ce petit minou ! On en mangerait.” Il y a eu des rires. D'autres réflexions que je n'ai pas vraiment comprises. Je me suis rhabillée aussi vite que possible et je me suis enfuie, rouge de confusion.
Elle est allée se chercher un autre chocolat. Est venue se rasseoir.
‒ Cet enfer que ça a été, les jours suivants, le souvenir de cet épisode, t'as pas idée… Il me hantait. Et je ne pouvais pas l'évoquer sans me sentir emplie d'un épouvantable sentiment de honte. Et puis, petit à petit, à force d'y penser et repenser, il a fini par me venir un doute. Cette fille, là… Il était possible que, distraite, elle ait cru, de bonne foi, que la cabine dans laquelle je me trouvais était vide. C'était possible, oui bien sûr. Mais il était également possible qu'elle l'ait délibérément ouvert, le rideau. En sachant que j'étais derrière. Pour m'offrir en spectacle à son petit copain. Ils étaient de mèche tous les deux. Plus j'y songeais, plus je revoyais la tête du type, ses yeux gourmands et plus ça me paraissait évident. D'autant plus évident qu'elle s'était bien gardée de le refermer, le rideau. Parce qu'elle était paralysée par la surprise ? Tu parles ! Non. Non. C'était cousu de fil blanc, tout ça. Ils étaient complices.
‒ Ça se tient ton hypothèse.
‒ Un peu que ça se tient ! Et, dans la foulée, c'est sur lui, sur le type, que j'ai braqué mon petit projecteur intérieur. Il avait aimé me voir, ça, il y avait pas photo. Et après ? Il y avait repensé à moi toute nue ? Sûrement que oui. Et même… peut-être qu'il s'était donné du plaisir avec moi, avec le souvenir de moi, en arrière-fond. Évidemment qu'il l'avait fait. C'était troublant. Très. Et extrêmement gratifiant, si je voulais bien être honnête avec moi-même. Et les autres ? Il y en avait d'autres, des types, quand ça m'était arrivé. Pas mal, même. Paniquée, je n'avais pas voulu les voir. J'avais tout fait pour ne pas croiser leurs regards. Mais maintenant… Est-ce qu'eux aussi, ils avaient apprécié ? Forcément, oui. Et ça avait quelque chose de profondément jubilatoire. Et d'excitant, oui, d'excitant.
Elle a marqué un long temps d'arrêt.
‒ Et tu sais ce que j'ai fait ?
J'avais bien ma petite idée, mais je l'ai laissée poursuivre.
‒ Non.
‒ J'y suis retournée là-bas. En espérant qu'il y serait, le couple, mais sans y croire vraiment.
‒ Et il n'y était pas…
‒ Non, mais il y avait plein de monde. Beaucoup de femmes, quelques hommes seuls, et pas mal de couples. Je me suis alors lancée dans des essayages à profusion. Maillots, maillots et encore maillots. En prenant bien soin de ne pas tirer, comme si j'étais distraite, le rideau jusqu'au bout. Il s'en fallait d'une bonne dizaine de centimètres. Et ils se sont régalés.
‒ Toi aussi, j'imagine…
Elle a esquissé une petite moue déçue.
‒ Oui et non. Oui, parce que je sentais qu'on passait et repassait le long de la cabine, qu'on la frôlait parfois, que j'étais le centre de l'attention générale. Et non, parce que, supposée avoir agi innocemment, je ne pouvais pas me rendre ouvertement compte qu'on me reluquait. Je n'en profitais pas vraiment. Ce qu'il m'aurait fallu, c'est un complice dans la place. Quelqu'un qui aurait tout observé, tout noté des réactions des uns et des autres et qui m'aurait ensuite fait un rapport circonstancié.
J'ai souri.
‒ Ça sentirait pas un peu l'appel au peuple, ça ?
Elle m'a lancé un petit regard mutin.
‒ Oh, tu peux bien faire ça pour moi, va ! D'autant que t'y trouverais aussi ton compte. Et pas qu'un peu ! Allez, marché conclu ?
‒ Marché conclu.
‒ Bon, mais maintenant que ce problème est résolu, qu'on voie un peu où ils en sont, mes petits amoureux de « Toute nue ».
Elle a sorti son Smartphone. Et écarquillé les yeux.
‒ Hou la la ! Ça y va ! Il y en a des centaines, des vues. Et des quantités de commentaires. Et puis alors louangeurs d'une force ! Ah, ils leur ont plu, mes seins !
‒ Faut dire aussi qu'ils valent sacrément le coup d'œil !
Elle n'a pas relevé. Elle a poursuivi.
‒ Écoute ! Non, mais écoute celui-là ! « Quelle paire ! C'est les plus beaux que j'ai jamais vus. Je ne me branle plus qu'en les regardant. Eux. Et rien qu'eux. Ils me rendent fou. » C'est agréable de lire ça. Très. Je vais pas dire le contraire.
Elle a posé son Smartphone devant elle.
‒ Non, mais ça, tu sais ce que c'est, toutes ces réactions ? C'est la vidéo. Ça rend tout plus présent, une vidéo. Plus vrai. Plus excitant. Oh, mais s'il y a que ça pour leur faire plaisir, on va leur en faire, des vidéos. Prochaine étape : mon petit minou. Ils vont adorer.
Elle s'est levée.
‒ Bon, mais dis, c'est pas tout ça ! Faudrait peut-être qu'on aille en cours, non ?
On a serpenté entre les tables. Elle s'est penchée à mon oreille.
‒ Comment c'est excitant de parler de tout ça ici, au milieu de nos petits camarades, et de se dire qu'ils sont à cent mille lieues de se douter. Non ? Tu trouves pas, toi ?
‒ Comme quoi ?
‒ À avoir envie de me montrer. Et aimer que ça les excite, ceux qui me voient. Qu'ils aient envie de décharger sur moi comme des meurt-de-faim.
Elle a jeté un long regard autour d'elle. Sur les étudiants, nos condisciples pour la plupart, en train de siroter leur café aux tables voisines. Et elle a baissé la voix.
‒ J'étais même plutôt du genre coincé. D'une pudeur maladive. Et puis, il y a eu ce jour-là… C'était à la fin de la deuxième année de fac.
‒ Alors on se connaissait déjà…
‒ On se connaissait, oui. C'était en mai. J'étais allée m'acheter un maillot pour l'été. Une pièce, je le voulais. Et c'est au moment où je me trouvais à poil dans la cabine que le rideau s'est brusquement ouvert. D'un coup sec. En grand. Une fille. D'à peu près mon âge. Avec tout un tas de vêtements sur les bras. « Oh, pardon ! Désolée. » Pendant que son copain me bouffait tant et plus des yeux. Stupéfaite, tétanisée, j'étais incapable de réagir. Elle non plus, elle n'a pas réagi. Si bien que le rideau est resté ouvert un temps qui m'a paru épouvantablement long. Que les clients (et Dieu sait s'il y en avait ce jour-là !) ont pu se rincer l'œil tout leur saoul. J'ai enfin réussi à me secouer. J'ai précipitamment tiré le rideau. Un type s'est esclaffé : “Pas mal foutue, la fille !” Un autre a surenchéri. “Et ce petit minou ! On en mangerait.” Il y a eu des rires. D'autres réflexions que je n'ai pas vraiment comprises. Je me suis rhabillée aussi vite que possible et je me suis enfuie, rouge de confusion.
Elle est allée se chercher un autre chocolat. Est venue se rasseoir.
‒ Cet enfer que ça a été, les jours suivants, le souvenir de cet épisode, t'as pas idée… Il me hantait. Et je ne pouvais pas l'évoquer sans me sentir emplie d'un épouvantable sentiment de honte. Et puis, petit à petit, à force d'y penser et repenser, il a fini par me venir un doute. Cette fille, là… Il était possible que, distraite, elle ait cru, de bonne foi, que la cabine dans laquelle je me trouvais était vide. C'était possible, oui bien sûr. Mais il était également possible qu'elle l'ait délibérément ouvert, le rideau. En sachant que j'étais derrière. Pour m'offrir en spectacle à son petit copain. Ils étaient de mèche tous les deux. Plus j'y songeais, plus je revoyais la tête du type, ses yeux gourmands et plus ça me paraissait évident. D'autant plus évident qu'elle s'était bien gardée de le refermer, le rideau. Parce qu'elle était paralysée par la surprise ? Tu parles ! Non. Non. C'était cousu de fil blanc, tout ça. Ils étaient complices.
‒ Ça se tient ton hypothèse.
‒ Un peu que ça se tient ! Et, dans la foulée, c'est sur lui, sur le type, que j'ai braqué mon petit projecteur intérieur. Il avait aimé me voir, ça, il y avait pas photo. Et après ? Il y avait repensé à moi toute nue ? Sûrement que oui. Et même… peut-être qu'il s'était donné du plaisir avec moi, avec le souvenir de moi, en arrière-fond. Évidemment qu'il l'avait fait. C'était troublant. Très. Et extrêmement gratifiant, si je voulais bien être honnête avec moi-même. Et les autres ? Il y en avait d'autres, des types, quand ça m'était arrivé. Pas mal, même. Paniquée, je n'avais pas voulu les voir. J'avais tout fait pour ne pas croiser leurs regards. Mais maintenant… Est-ce qu'eux aussi, ils avaient apprécié ? Forcément, oui. Et ça avait quelque chose de profondément jubilatoire. Et d'excitant, oui, d'excitant.
Elle a marqué un long temps d'arrêt.
‒ Et tu sais ce que j'ai fait ?
J'avais bien ma petite idée, mais je l'ai laissée poursuivre.
‒ Non.
‒ J'y suis retournée là-bas. En espérant qu'il y serait, le couple, mais sans y croire vraiment.
‒ Et il n'y était pas…
‒ Non, mais il y avait plein de monde. Beaucoup de femmes, quelques hommes seuls, et pas mal de couples. Je me suis alors lancée dans des essayages à profusion. Maillots, maillots et encore maillots. En prenant bien soin de ne pas tirer, comme si j'étais distraite, le rideau jusqu'au bout. Il s'en fallait d'une bonne dizaine de centimètres. Et ils se sont régalés.
‒ Toi aussi, j'imagine…
Elle a esquissé une petite moue déçue.
‒ Oui et non. Oui, parce que je sentais qu'on passait et repassait le long de la cabine, qu'on la frôlait parfois, que j'étais le centre de l'attention générale. Et non, parce que, supposée avoir agi innocemment, je ne pouvais pas me rendre ouvertement compte qu'on me reluquait. Je n'en profitais pas vraiment. Ce qu'il m'aurait fallu, c'est un complice dans la place. Quelqu'un qui aurait tout observé, tout noté des réactions des uns et des autres et qui m'aurait ensuite fait un rapport circonstancié.
J'ai souri.
‒ Ça sentirait pas un peu l'appel au peuple, ça ?
Elle m'a lancé un petit regard mutin.
‒ Oh, tu peux bien faire ça pour moi, va ! D'autant que t'y trouverais aussi ton compte. Et pas qu'un peu ! Allez, marché conclu ?
‒ Marché conclu.
‒ Bon, mais maintenant que ce problème est résolu, qu'on voie un peu où ils en sont, mes petits amoureux de « Toute nue ».
Elle a sorti son Smartphone. Et écarquillé les yeux.
‒ Hou la la ! Ça y va ! Il y en a des centaines, des vues. Et des quantités de commentaires. Et puis alors louangeurs d'une force ! Ah, ils leur ont plu, mes seins !
‒ Faut dire aussi qu'ils valent sacrément le coup d'œil !
Elle n'a pas relevé. Elle a poursuivi.
‒ Écoute ! Non, mais écoute celui-là ! « Quelle paire ! C'est les plus beaux que j'ai jamais vus. Je ne me branle plus qu'en les regardant. Eux. Et rien qu'eux. Ils me rendent fou. » C'est agréable de lire ça. Très. Je vais pas dire le contraire.
Elle a posé son Smartphone devant elle.
‒ Non, mais ça, tu sais ce que c'est, toutes ces réactions ? C'est la vidéo. Ça rend tout plus présent, une vidéo. Plus vrai. Plus excitant. Oh, mais s'il y a que ça pour leur faire plaisir, on va leur en faire, des vidéos. Prochaine étape : mon petit minou. Ils vont adorer.
Elle s'est levée.
‒ Bon, mais dis, c'est pas tout ça ! Faudrait peut-être qu'on aille en cours, non ?
On a serpenté entre les tables. Elle s'est penchée à mon oreille.
‒ Comment c'est excitant de parler de tout ça ici, au milieu de nos petits camarades, et de se dire qu'ils sont à cent mille lieues de se douter. Non ? Tu trouves pas, toi ?
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