Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La méthode quoi ? — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La méthode quoi ?
Chapitre 1
(Note de l'auteur : Cette histoire m'a été inspirée par « Relations de famille », publiée ici-même par arnodu49 du 27 mars au 19 avril 2024)
William rentra chez lui, la boule au ventre. La pipe que lui avait prodiguée sa copine Daisy, à l'abri dans une impasse deux rues plus loin, ne l'avait qu'à moitié apaisé.
Il marcha vers la maison, se demandant à quel cataclysme il allait devoir faire face.
Avant même que sa main ne touche la poignée de la porte, il entendit les cris venant de l'intérieur. Il reconnut la voix de sa mère, même s'il ne comprenait pas très bien ce qu'elle disait. C'était Laurène, la sœur de William, qui répondait. Il n'entendait pas la voix de son père, mais William imaginait très bien qu'il était loin de chercher à calmer les choses.
Le jeune homme soupira, et entra.
— Ah ! Tiens. Regardez qui voilà, lança Laurène en le voyant. Willy, dit lui qu'elle a tort. Elle ne veut rien entendre.
— Tu réalises que je n'ai aucune idée de quoi tu parles ?
William avait malgré lui parlé d'un ton ouvertement agressif, auquel sa sœur répliqua tout aussi vivement.
— Non mais fait pas semblant tête de gland ! On en a parlé des dizaines de fois.
William balaya la conversation de la main et prit la direction de l'escalier, décidé à rejoindre sa chambre. Il n'avait qu'une vague idée du sujet de la discorde. Des choses ayant été à l'origine de dizaines de disputes, il y en avait eu. Près d'une par semaine. Alors quelle importance.
— Tu vois bien, Laurène, intervint Michelle, sa mère. Tu es encore complétement hystérique. Tu as besoin de voir un psy.
— Parce que toi tu n'en as pas besoin peut-être ? Putain mais je me demande vraiment ce que je fous dans cette baraque !
William atteignit sa chambre, dont il ferma la porte à clef. Il s'allongea sur son lit et hurla dans son oreiller. Encore une dispute. Combien y en aurait-il encore ? Combien ce soir ? Combien le lendemain ? Combien la semaine suivante ?
Laurène monta à son tour dans sa chambre. William entendit la porte se fermer et le mur vibrer sous le choc.
Laurène attrapa ses oreillers et les lança l'un et l'autre contre un mur. Elle se rua sur l'un des oreillers pour le ramasser et le lancer encore et encore. Comme son frère, elle finit par se calmer et hurla dans son oreiller, avant de s'effondrer, en pleurs, sur son lit.
Elle savait très bien pourquoi elle restait là, à vingt-trois ans. Elle faisait ses études dans la même ville, tout comme William. Ils auraient pu partir, mais ils trouvaient quand même leur compte à vivre dans cette grande maison. Leurs parents, leur père surtout, étaient friqués. Les chambres étaient plus grandes que les appartements occupés par certaines de ses amies. Ils avaient, au sous-sol, une piscine de taille plus qu'acceptable.
Laurène appréciait autant qu'elle méprisait cette vie de luxe. Elle avait une vie de princesse, mais se sentait de plus en plus proche d'une Mérida que d'une Blanche-Neige. Le climat de disputes constantes dans cette maison était de moins en moins supportable.
Il marcha vers la maison, se demandant à quel cataclysme il allait devoir faire face.
Avant même que sa main ne touche la poignée de la porte, il entendit les cris venant de l'intérieur. Il reconnut la voix de sa mère, même s'il ne comprenait pas très bien ce qu'elle disait. C'était Laurène, la sœur de William, qui répondait. Il n'entendait pas la voix de son père, mais William imaginait très bien qu'il était loin de chercher à calmer les choses.
Le jeune homme soupira, et entra.
— Ah ! Tiens. Regardez qui voilà, lança Laurène en le voyant. Willy, dit lui qu'elle a tort. Elle ne veut rien entendre.
— Tu réalises que je n'ai aucune idée de quoi tu parles ?
William avait malgré lui parlé d'un ton ouvertement agressif, auquel sa sœur répliqua tout aussi vivement.
— Non mais fait pas semblant tête de gland ! On en a parlé des dizaines de fois.
William balaya la conversation de la main et prit la direction de l'escalier, décidé à rejoindre sa chambre. Il n'avait qu'une vague idée du sujet de la discorde. Des choses ayant été à l'origine de dizaines de disputes, il y en avait eu. Près d'une par semaine. Alors quelle importance.
— Tu vois bien, Laurène, intervint Michelle, sa mère. Tu es encore complétement hystérique. Tu as besoin de voir un psy.
— Parce que toi tu n'en as pas besoin peut-être ? Putain mais je me demande vraiment ce que je fous dans cette baraque !
William atteignit sa chambre, dont il ferma la porte à clef. Il s'allongea sur son lit et hurla dans son oreiller. Encore une dispute. Combien y en aurait-il encore ? Combien ce soir ? Combien le lendemain ? Combien la semaine suivante ?
Laurène monta à son tour dans sa chambre. William entendit la porte se fermer et le mur vibrer sous le choc.
Laurène attrapa ses oreillers et les lança l'un et l'autre contre un mur. Elle se rua sur l'un des oreillers pour le ramasser et le lancer encore et encore. Comme son frère, elle finit par se calmer et hurla dans son oreiller, avant de s'effondrer, en pleurs, sur son lit.
Elle savait très bien pourquoi elle restait là, à vingt-trois ans. Elle faisait ses études dans la même ville, tout comme William. Ils auraient pu partir, mais ils trouvaient quand même leur compte à vivre dans cette grande maison. Leurs parents, leur père surtout, étaient friqués. Les chambres étaient plus grandes que les appartements occupés par certaines de ses amies. Ils avaient, au sous-sol, une piscine de taille plus qu'acceptable.
Laurène appréciait autant qu'elle méprisait cette vie de luxe. Elle avait une vie de princesse, mais se sentait de plus en plus proche d'une Mérida que d'une Blanche-Neige. Le climat de disputes constantes dans cette maison était de moins en moins supportable.
William et Laurène descendirent quand il fut temps de manger. Comme chaque dîner suivant une dispute, donc comme quasiment chaque dîner, l'atmosphère était tendue et personne n'osait parler. Même William, qui ne connaissait toujours pas la cause de la dernière dispute, préférait se taire plutôt qu'éviter un nouveau déluge.
Pourtant, Michelle, après y avoir longuement réfléchi et pris une profonde inspiration, brisa le silence pesant.
— J'ai pris rendez-vous avec une psy.
— Non mais sérieux maman, s'emporta Laurène.
— Ne te sens pas constamment visée s'il te plait. Ça ne te concerne pas toi. Pas toi seule, en tout cas.
— Hein ?
— J'ai pris un rendez-vous pour nous tous.
— Qu'est-ce que tu racontes encore ?
Cette fois-ci, c'était Daniel, le père de famille, qui s'était manifesté.
— Je raconte qu'il y a forcément quelque chose d'anormal entre nous. On est une famille. On devrait au moins s'aimer ou se respecter. Il doit bien y avoir quelques hauts et quelques bas, mais chez nous, il n'y a que des bas.
Les enfants écoutèrent, surpris. Daniel pouffa avec mépris.
— Un psy ? Tu crois vraiment que c'est la solution ?
— J'ai fait des recherches. Elle est spécialisée dans les conflits de groupes et familiaux. Ça peut nous aider.
— Non mais n'importe quoi.
— S'il te plait papa, intervint enfin William. Qu'est-ce qu'on a à y perdre ? Dans le pire des cas on continuera à s'engueuler derrière. Si ça peut nous donner ne serait-ce qu'une chance que ça s'arrête, moi je suis pour.
— Je veux bien tenter aussi, approuva Laurène.
Daniel regarda ses enfants, puis son épouse. Il fallait bien admettre qu'ils avaient raison.
— Et il a lieu quand, ce rendez-vous ?
Pourtant, Michelle, après y avoir longuement réfléchi et pris une profonde inspiration, brisa le silence pesant.
— J'ai pris rendez-vous avec une psy.
— Non mais sérieux maman, s'emporta Laurène.
— Ne te sens pas constamment visée s'il te plait. Ça ne te concerne pas toi. Pas toi seule, en tout cas.
— Hein ?
— J'ai pris un rendez-vous pour nous tous.
— Qu'est-ce que tu racontes encore ?
Cette fois-ci, c'était Daniel, le père de famille, qui s'était manifesté.
— Je raconte qu'il y a forcément quelque chose d'anormal entre nous. On est une famille. On devrait au moins s'aimer ou se respecter. Il doit bien y avoir quelques hauts et quelques bas, mais chez nous, il n'y a que des bas.
Les enfants écoutèrent, surpris. Daniel pouffa avec mépris.
— Un psy ? Tu crois vraiment que c'est la solution ?
— J'ai fait des recherches. Elle est spécialisée dans les conflits de groupes et familiaux. Ça peut nous aider.
— Non mais n'importe quoi.
— S'il te plait papa, intervint enfin William. Qu'est-ce qu'on a à y perdre ? Dans le pire des cas on continuera à s'engueuler derrière. Si ça peut nous donner ne serait-ce qu'une chance que ça s'arrête, moi je suis pour.
— Je veux bien tenter aussi, approuva Laurène.
Daniel regarda ses enfants, puis son épouse. Il fallait bien admettre qu'ils avaient raison.
— Et il a lieu quand, ce rendez-vous ?
Une dizaine de jour plus tard, la famille ouvrit la porte du cabinet du docteur Julie Després. Et il était temps. Les derniers jours avaient été particulièrement intenses en termes de disputes. Comme si l'imminence du rendez-vous, au lieu de calmer les ardeurs, avait lancé de l'huile sur le feu.
Le couloir donnait, à gauche, sur la salle de consultation et, à droite, sur la salle d'attente. Cela permettait d'éviter au maximum que les gens ne se croisent. Et la famille prit évidemment la porte de droite.
L'attente ne fut cependant pas bien longue, et avec seulement cinq minutes de retard, la porte de la salle s'ouvrit. Une jolie femme d'une petite trentaine d'années se tenait dans le couloir. Toute la famille en fut quelque peu surprise. Tous s'attendaient à quelqu'un d'un peu plus âgé.
— Vous devez être la famille Langlais. Suivez-moi.
Ils s'exécutèrent.
Le bureau du docteur Després était joliment décoré, avec des tableaux divers et une bibliothèque bien fournie. Le mobilier était étonnamment limité. Pas de bureau. Juste un fauteuil faisant face à un divan assez long pour accueillir cinq personnes, voire six en se serrant.
Elle invita chacun à s'asseoir. Pendant ce temps, elle prit son bloc note et un stylo, avant de s'installer sur le fauteuil. Les Langlais ne s'en rendaient pas compte, mais elle avait déjà commencé à les analyser. Rien que leur positionnement sur le divan lui permis d'esquisser les premiers traits. William était le plus à sa gauche, le plus proche de la porte. Puis il y avait Daniel, puis Michelle, puis Laurène.
— Très bien, commença la psychologue. Avant tout, je tiens à ce qu'il y ait le moins de distance et de barrière possible entre nous. Alors, pour commencer, pas de « Docteur », ni de « Madame ». Appelez-moi Julie, tout simplement.
Ils acceptèrent.
— Il n'y a pas une très grande différence d'âge entre les enfants, je me trompe ?
— Deux heures et demie, confirma Michelle.
— Très bien. Je le note, ça pourra avoir son importance.
Puis Julie commença à poser des questions. Ils y répondirent avec plus ou moins de bonne volonté. Julie écouta les réponses, mais surtout, ce qu'elle guettait, c'était les réactions. À chaque fois qu'elle posait une question à un membre de la famille, elle regardait comment son corps réagissait, ainsi que celui des autres membres de la famille, que ce soit à la réponse comme à la question elle-même.
Après près d'une heure de questions réponses, elle commençait à avoir une vague idée du problème, bien qu'elle restât parfaitement consciente d'avoir encore du chemin à parcourir.
— Dites-moi, leur demanda-t-elle enfin. Cela fait combien de temps que vous n'avez pas eu de discussion posée, tous les quatre ?
Ils se regardèrent tous, bêtement. Ils étaient incapables de s'en souvenir. Ce qui était d'autant plus étrange qu'ils en avaient eu une moins de trois mois auparavant. Pourtant, dans le flot des disputes, ils avaient oublié ce rare moment d'accalmie.
— Je pense avoir une idée qui pourrait nous faire avancer, dit Julie en se levant.
Elle fouilla dans sa bibliothèque et en sortit un livre.
— Je pense qu'on devrait essayer la méthode Delalande-Thomas d'apaisement des conflits par le nu.
— La méthode quoi ?
Julie sourit en donnant le livre à Michelle. Le livre, écrit par un docteur J. Delalande-Thomas était en effet titré « L'apaisement des conflits par le nu ».
— Je vous explique. L'auteur de ce livre expose qu'il y a un groupe de personnes au sein duquel il y a peu de conflits et peu voire pas de tension. Les naturistes.
Laurène prit le livre et le feuilleta.
— D'après l'auteur, les vêtements servent à nous protéger, du froid, certes, mais aussi du regard des autres, de notre propre regard. Avec des vêtements, on se cache. Sans vêtement, on se libère, on se révèle. Il y a peu de tension chez les naturistes car ils se sentent libres. Libres de leur propre corps. Libre avec les autres. Ils n'ont pas peur du regard des autres et n'ont littéralement rien à leur cacher, ce qui évite les non-dits, les silences gênants, ou encore les ragots.
- « Ce n'est pas pour rien qu'une personne pudique peut aussi bien être une personne qui cache son corps qu'une personne qui cache ses sentiments, ses émotions, ses pensées », lut Laurène.
Elle venait de lire la deuxième phrase du premier chapitre du livre.
— Exactement, confirma Julie.
— Attendez, coupa Daniel. Il faut que l'on soit tous sûrs de bien se comprendre. Vous voulez nous inciter à devenir naturistes et vivre nus en famille ?
— Vivre, non. Ce que préconise cette méthode et que moi-même j'encourage, c'est de vous accorder quelques instants, de temps en temps, deux ou trois heures dans une semaine, à être tous nus, et de vaquer à vos occupations comme si de rien n'était, tout en en profitant pour parler librement entre vous.
— On pourra profiter de la piscine pour ça, proposa William. Une session baignade nus, genre le samedi après-midi.
— Vous avez une piscine ? Ça c'est une très bonne idée. Mais vous pouvez aussi, par exemple, prendre un repas dans le plus simple appareil. Comment abordez-vous la pudeur et la nudité à la maison ?
Ils réfléchirent.
— Nous sommes tous pudiques, sans nécessairement en parler, intervint Daniel.
— Avant j'étais assez insouciante, précisa Michelle. Je pouvais être en sous-vêtements voire nue à la maison. Cependant, quand les enfants ont commencé à grandir, Daniel m'a incitée à arrêter.
— Ah ? Pourquoi cela ?
— Parce que ce sont des choses qui ne se font pas.
— Je crois que Julie n'est pas d'accord avec toi, répondit Michelle.
L'intéressée sourit et se tourna vers Laurène.
— Vous en pensez quoi de ça ?
— Que mon père n'aime pas qu'on sorte du moule ? Je le savais déjà. Des fois j'ai envie de me ramener à la maison percée, tatouée, avec les cheveux roses et du poil sous les bras juste pour voir sa réaction. Il ne supporterait pas d'avoir une fille anticonformiste.
William détourna le regard, et Julie le remarqua.
— Vous avez déjà eu les cheveux roses ?
— Non, mais c'est le genre de trucs auxquels je pense parfois.
Julie réalisa qu'elle avait mis le doigt sur quelque chose.
— Et votre rapport à la pudeur ?
— J'ai passé l'âge d'avoir peur d'être vue nue, mais c'est vrai qu'à la maison on est pudiques.
— Et vous William. Que pensez-vous de tout ça ?
— Bah oui, moi aussi je suis pudique. Je pense que personne dans cette pièce ne m'a vu nu depuis au moins dix ans. Cependant, si ça peut être une solution, je me dis qu'il faut tenter le coup.
Julie approuva silencieusement, et attendit. Pourtant, personne ne bougea.
— Et pourquoi ne pas commencer dès à présent ? Il n'y a aucun vis-à-vis ici vous n'avez pas de crainte à avoir.
Il y eu un silence gêné et gênant, puis Laurène bondit hors du divan.
— Bon allez quoi ! On est venus pour avancer, non ?
Avec des gestes vifs, elle retira l'intégralité de ses vêtements, déchirant même un peu sa culotte tant elle allait vite. Elle avait peur que l'un de ses parents l'arrête. Ou pire, de ne pas elle-même oser aller jusqu'au bout.
William était surpris de voir sa sœur nue. C'était bien la première fois, pour autant qu'il s'en souvienne. Il fut étonné et un peu mal à l'aise de remarquer qu'elle était plutôt attirante. Certes, il savait qu'elle était jolie. Mais c'était la première fois qu'il la voyait comme une femme, et il ne put s'empêcher de remarquer sa poitrine pas bien grosse mais ferme, ses fesses bien courbées, et son sexe entièrement épilé.
Première fois qu'il la voyait comme une femme ? William comprit, en le réalisant, ce que Julie voulait dire quand elle parlait de se cacher, de se dissimuler.
Rassuré par la vision de sa jumelle nue, William se leva à son tour pour se déshabiller. Il y alla cependant plus doucement qu'elle.
Voyant cela, Michelle se sentit à son tour assez motivée pour se mettre nue.
Chacun était de nouveau assis, nu. Seul Daniel restait habillé. Michelle et les enfants essayèrent de l'inciter à se lâcher, mais il s'obstina. Julie le rassura en lui disant qu'il ne fallait pas qu'il se sente obligé. Elle remarqua que bien que nus, les trois autres n'étaient pas aussi à l'aise qu'ils voulaient le laisser paraitre. Laurène et Michelle avaient de nouveau croisé les jambes, et William, qui ne l'avait pas fait avant, les croisait désormais. De plus, Laurène et Michelle avaient croisé les bras, cachent leurs seins.
— Je pense que nous pouvons arrêter là pour aujourd'hui, continua Julie. Je vous invite à vous rhabiller, et j'espère vraiment que chez vous, vous arriverez à franchir le cap, Daniel.
— La piscine, ça m'ira, grommela Daniel.
Les trois autres se rhabillèrent. Ils se sentaient beaucoup mieux, même si, comme Julie, ils avaient tous remarqué qu'ils avaient encore du progrès à faire.
Une fois la famille partie, Julie ferma la porte de son cabinet. C'était son dernier rendez-vous. La journée avait été très intéressante mais aussi épuisante. Elle retourna dans la salle de consultation, prépara ses affaires, et reparti, le sourire aux lèvres.
Le couloir donnait, à gauche, sur la salle de consultation et, à droite, sur la salle d'attente. Cela permettait d'éviter au maximum que les gens ne se croisent. Et la famille prit évidemment la porte de droite.
L'attente ne fut cependant pas bien longue, et avec seulement cinq minutes de retard, la porte de la salle s'ouvrit. Une jolie femme d'une petite trentaine d'années se tenait dans le couloir. Toute la famille en fut quelque peu surprise. Tous s'attendaient à quelqu'un d'un peu plus âgé.
— Vous devez être la famille Langlais. Suivez-moi.
Ils s'exécutèrent.
Le bureau du docteur Després était joliment décoré, avec des tableaux divers et une bibliothèque bien fournie. Le mobilier était étonnamment limité. Pas de bureau. Juste un fauteuil faisant face à un divan assez long pour accueillir cinq personnes, voire six en se serrant.
Elle invita chacun à s'asseoir. Pendant ce temps, elle prit son bloc note et un stylo, avant de s'installer sur le fauteuil. Les Langlais ne s'en rendaient pas compte, mais elle avait déjà commencé à les analyser. Rien que leur positionnement sur le divan lui permis d'esquisser les premiers traits. William était le plus à sa gauche, le plus proche de la porte. Puis il y avait Daniel, puis Michelle, puis Laurène.
— Très bien, commença la psychologue. Avant tout, je tiens à ce qu'il y ait le moins de distance et de barrière possible entre nous. Alors, pour commencer, pas de « Docteur », ni de « Madame ». Appelez-moi Julie, tout simplement.
Ils acceptèrent.
— Il n'y a pas une très grande différence d'âge entre les enfants, je me trompe ?
— Deux heures et demie, confirma Michelle.
— Très bien. Je le note, ça pourra avoir son importance.
Puis Julie commença à poser des questions. Ils y répondirent avec plus ou moins de bonne volonté. Julie écouta les réponses, mais surtout, ce qu'elle guettait, c'était les réactions. À chaque fois qu'elle posait une question à un membre de la famille, elle regardait comment son corps réagissait, ainsi que celui des autres membres de la famille, que ce soit à la réponse comme à la question elle-même.
Après près d'une heure de questions réponses, elle commençait à avoir une vague idée du problème, bien qu'elle restât parfaitement consciente d'avoir encore du chemin à parcourir.
— Dites-moi, leur demanda-t-elle enfin. Cela fait combien de temps que vous n'avez pas eu de discussion posée, tous les quatre ?
Ils se regardèrent tous, bêtement. Ils étaient incapables de s'en souvenir. Ce qui était d'autant plus étrange qu'ils en avaient eu une moins de trois mois auparavant. Pourtant, dans le flot des disputes, ils avaient oublié ce rare moment d'accalmie.
— Je pense avoir une idée qui pourrait nous faire avancer, dit Julie en se levant.
Elle fouilla dans sa bibliothèque et en sortit un livre.
— Je pense qu'on devrait essayer la méthode Delalande-Thomas d'apaisement des conflits par le nu.
— La méthode quoi ?
Julie sourit en donnant le livre à Michelle. Le livre, écrit par un docteur J. Delalande-Thomas était en effet titré « L'apaisement des conflits par le nu ».
— Je vous explique. L'auteur de ce livre expose qu'il y a un groupe de personnes au sein duquel il y a peu de conflits et peu voire pas de tension. Les naturistes.
Laurène prit le livre et le feuilleta.
— D'après l'auteur, les vêtements servent à nous protéger, du froid, certes, mais aussi du regard des autres, de notre propre regard. Avec des vêtements, on se cache. Sans vêtement, on se libère, on se révèle. Il y a peu de tension chez les naturistes car ils se sentent libres. Libres de leur propre corps. Libre avec les autres. Ils n'ont pas peur du regard des autres et n'ont littéralement rien à leur cacher, ce qui évite les non-dits, les silences gênants, ou encore les ragots.
- « Ce n'est pas pour rien qu'une personne pudique peut aussi bien être une personne qui cache son corps qu'une personne qui cache ses sentiments, ses émotions, ses pensées », lut Laurène.
Elle venait de lire la deuxième phrase du premier chapitre du livre.
— Exactement, confirma Julie.
— Attendez, coupa Daniel. Il faut que l'on soit tous sûrs de bien se comprendre. Vous voulez nous inciter à devenir naturistes et vivre nus en famille ?
— Vivre, non. Ce que préconise cette méthode et que moi-même j'encourage, c'est de vous accorder quelques instants, de temps en temps, deux ou trois heures dans une semaine, à être tous nus, et de vaquer à vos occupations comme si de rien n'était, tout en en profitant pour parler librement entre vous.
— On pourra profiter de la piscine pour ça, proposa William. Une session baignade nus, genre le samedi après-midi.
— Vous avez une piscine ? Ça c'est une très bonne idée. Mais vous pouvez aussi, par exemple, prendre un repas dans le plus simple appareil. Comment abordez-vous la pudeur et la nudité à la maison ?
Ils réfléchirent.
— Nous sommes tous pudiques, sans nécessairement en parler, intervint Daniel.
— Avant j'étais assez insouciante, précisa Michelle. Je pouvais être en sous-vêtements voire nue à la maison. Cependant, quand les enfants ont commencé à grandir, Daniel m'a incitée à arrêter.
— Ah ? Pourquoi cela ?
— Parce que ce sont des choses qui ne se font pas.
— Je crois que Julie n'est pas d'accord avec toi, répondit Michelle.
L'intéressée sourit et se tourna vers Laurène.
— Vous en pensez quoi de ça ?
— Que mon père n'aime pas qu'on sorte du moule ? Je le savais déjà. Des fois j'ai envie de me ramener à la maison percée, tatouée, avec les cheveux roses et du poil sous les bras juste pour voir sa réaction. Il ne supporterait pas d'avoir une fille anticonformiste.
William détourna le regard, et Julie le remarqua.
— Vous avez déjà eu les cheveux roses ?
— Non, mais c'est le genre de trucs auxquels je pense parfois.
Julie réalisa qu'elle avait mis le doigt sur quelque chose.
— Et votre rapport à la pudeur ?
— J'ai passé l'âge d'avoir peur d'être vue nue, mais c'est vrai qu'à la maison on est pudiques.
— Et vous William. Que pensez-vous de tout ça ?
— Bah oui, moi aussi je suis pudique. Je pense que personne dans cette pièce ne m'a vu nu depuis au moins dix ans. Cependant, si ça peut être une solution, je me dis qu'il faut tenter le coup.
Julie approuva silencieusement, et attendit. Pourtant, personne ne bougea.
— Et pourquoi ne pas commencer dès à présent ? Il n'y a aucun vis-à-vis ici vous n'avez pas de crainte à avoir.
Il y eu un silence gêné et gênant, puis Laurène bondit hors du divan.
— Bon allez quoi ! On est venus pour avancer, non ?
Avec des gestes vifs, elle retira l'intégralité de ses vêtements, déchirant même un peu sa culotte tant elle allait vite. Elle avait peur que l'un de ses parents l'arrête. Ou pire, de ne pas elle-même oser aller jusqu'au bout.
William était surpris de voir sa sœur nue. C'était bien la première fois, pour autant qu'il s'en souvienne. Il fut étonné et un peu mal à l'aise de remarquer qu'elle était plutôt attirante. Certes, il savait qu'elle était jolie. Mais c'était la première fois qu'il la voyait comme une femme, et il ne put s'empêcher de remarquer sa poitrine pas bien grosse mais ferme, ses fesses bien courbées, et son sexe entièrement épilé.
Première fois qu'il la voyait comme une femme ? William comprit, en le réalisant, ce que Julie voulait dire quand elle parlait de se cacher, de se dissimuler.
Rassuré par la vision de sa jumelle nue, William se leva à son tour pour se déshabiller. Il y alla cependant plus doucement qu'elle.
Voyant cela, Michelle se sentit à son tour assez motivée pour se mettre nue.
Chacun était de nouveau assis, nu. Seul Daniel restait habillé. Michelle et les enfants essayèrent de l'inciter à se lâcher, mais il s'obstina. Julie le rassura en lui disant qu'il ne fallait pas qu'il se sente obligé. Elle remarqua que bien que nus, les trois autres n'étaient pas aussi à l'aise qu'ils voulaient le laisser paraitre. Laurène et Michelle avaient de nouveau croisé les jambes, et William, qui ne l'avait pas fait avant, les croisait désormais. De plus, Laurène et Michelle avaient croisé les bras, cachent leurs seins.
— Je pense que nous pouvons arrêter là pour aujourd'hui, continua Julie. Je vous invite à vous rhabiller, et j'espère vraiment que chez vous, vous arriverez à franchir le cap, Daniel.
— La piscine, ça m'ira, grommela Daniel.
Les trois autres se rhabillèrent. Ils se sentaient beaucoup mieux, même si, comme Julie, ils avaient tous remarqué qu'ils avaient encore du progrès à faire.
Une fois la famille partie, Julie ferma la porte de son cabinet. C'était son dernier rendez-vous. La journée avait été très intéressante mais aussi épuisante. Elle retourna dans la salle de consultation, prépara ses affaires, et reparti, le sourire aux lèvres.
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