Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une élève presque normale — Chapitre 5 · Retrouvailles
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Une élève presque normale
Chapitre 5 · Retrouvailles
Pour la première fois de ma vie, j'abordai les vacances d'été avec tristesse. Même si je partis en vacances avec des amis et rendis visite à ma famille, elles me parurent d'une longueur terrifiante. En réalité, chaque moment semblait long pour la simple raison que Laura n'en faisait pas partie. Pour pallier ce manque, je tentais de me réfugier dans le sport et je m'étais pour cela mis au triathlon. Il ne passait pas un jour sans que j'aille courir, rouler ou nager et, dans les moments d'efforts intenses, ceux où le corps demande si fort d'arrêter, il m'arrivait d'oublier mon chagrin.
Au fond de moi, je savais que j'étais la source de mes propres maux. Quand Laura était venue me voir, je n'aurais eu qu'un mot à dire et nous serions devenus plus que complices. Je savais pourtant que j'avais fait les bons choix et une histoire de ce style aurait eu un impact dramatique sur ma carrière si elle s'était sue. J'avais agi de manière rationnelle mais ce qui paraît bon au cerveau ne l'est hélas pas souvent pour le cœur.
Comme chaque année la rentrée finit par arriver, la seconde pour moi dans cet établissement, et je fis connaissance avec mes élèves et en particulier avec mon nouveau groupe de terminales spé. Mes cours me paraissaient fades et bien que je les assurais avec mon dynamisme habituel, j'avais l'impression qu'ils étaient plus ternes qu'avant. Quand je regardais mes élèves, la seule chose que je voyais était que Laura n'était pas dans la salle. Il m'arrivait même parfois d'avoir l'impression qu'elle était quelques pas devant moi dans un couloir mais la fille en question finissait toujours par changer de profil et l'illusion s'achevait là.
Les semaines commencèrent ainsi à s'égrainer jusqu'à ce qu'un événement me rende un peu d'espoir dans la semaine précédant la Toussaint : la remise des diplômes du bac. Cet événement permettait aux anciens élèves de recevoir leur diplôme et de discuter un peu avec leurs anciens professeurs qui étaient contents de les retrouver. Le lycée dans lequel Laura était en prépa n'étant pas trop loin, il était assez probable qu'elle y vienne.
La remise arriva enfin, le vendredi précédant les vacances. Dans le grand hall du lycée, des tables avaient été installés avec les diplômes à remettre et un verre de l'amitié avait été organisé. Les anciens élèves et leurs familles arrivaient progressivement et, sans en avoir l'air, je guettai les cheveux marrons et les yeux verts que j'aimais tant. Malheureusement, j'avais beau veiller, je ne la voyais pas parmi la foule des anciens élèves. Je passais de famille en famille, discutai avec chacun de mes anciens élèves et les félicitai pour leurs résultats mais en réalité ma tête était ailleurs.
Je commençai à vraiment m'inquiéter quand je la vis enfin, à trente mètres de moi, en train de discuter avec une de mes collègues de français. Elle portait un jean et un T-shirt blanc tout ce qu'il y a de plus simple mais je la trouvais magnifique. Elle me vit alors à son tour et me fit un grand sourire qui me mit dans un état de joie indescriptible. Je la vis se diriger vers moi mais c'est ce moment que le proviseur choisit pour faire son discours, reportant donc de quelques minutes une future discussion. J'écoutai respectueusement mon supérieur mais je ne pouvais m'empêcher de regarder Laura du coin de l'œil, elle m'avait tant manqué.
Dès la fin du discours, je rejoignis Laura et nous discutâmes de choses complètement banales pendant cinq minutes mais je m'en fichais, j'étais juste content de la retrouver, d'entendre à nouveau sa voix.
— Venez, je vais vous présenter mes parents, finit-elle par me dire en m'entraînant vers un coin du hall.
Son père était assez grand, avait des cheveux courts et aussi noirs que les miens tandis que sa mère était plus petite et avait à la fois les cheveux et les yeux de Laura. A leurs côtés se tenait une jeune fille que je devinais être la petite sœur de Laura de par le fait qu'elle était avec eux mais aussi par une réelle ressemblance avec sa sœur.
Nous discutâmes pendant un long moment et ils me parurent extrêmement sympathique. Son père, Wout, était dirigeant d'une entreprise de BTP florissante et s'exprimait avec un accent néerlandais. Sa mère, Nathalie, était infirmière dans une clinique et était française. Je me souvenais que Laura m'avait expliqué être née aux Pays-Bas et avoir la double nationalité.
Alors que le père et les deux filles s'étaient détournés de moi et parlaient avec un prof de maths, sa mère me prit un peu à l'écart.
Nous discutâmes pendant un long moment et ils me parurent extrêmement sympathique. Son père, Wout, était dirigeant d'une entreprise de BTP florissante et s'exprimait avec un accent néerlandais. Sa mère, Nathalie, était infirmière dans une clinique et était française. Je me souvenais que Laura m'avait expliqué être née aux Pays-Bas et avoir la double nationalité.
Alors que le père et les deux filles s'étaient détournés de moi et parlaient avec un prof de maths, sa mère me prit un peu à l'écart.
— Je voulais vous remercier à titre personnel pour ce que vous avez fait pour Laura, me dit-elle.
— Cela me touche mais je ne suis pas sûr de comprendre ce que j'ai bien pu faire pour mériter ces remerciements, répondis-je un peu étonné.
— Elle nous parlait tout le temps de vous, vous savez ? Elle dit que vous êtes le meilleur prof qu'elle ait eu et que vos cours étaient pour elle les meilleurs moments de la semaine.
— Cela me fait très plaisir mais pour être honnête, je ne suis pas sûr d'être si différent de mes collègues. Je tire ma façon d'enseigner des meilleurs profs que j'avais moi-même eu.
— En vérité, je pense que la différence n'est peut-être pas tant pédagogique que personnelle, me dit-elle avec un sourire en coin.
— Comment cela ? demandai-je assez méfiant, elle ne pouvait quand même pas se douter de ce que Laura m'avait témoigné au cours de l'année.
— Vous ne le savez sûrement pas mais Laura a eu d'assez gros problèmes pendant son enfance. Quand nous sommes arrivés en France, elle parlait bien français mais avait un accent dont se moquaient ses camarades. Ensuite, il a fallu faire face à de sérieux ennuis de santé qui l'ont forcé à redoubler une année. Au collège, elle était toujours la meilleure de la classe et n'avait pas réellement d'amis, ce qui la rendait vulnérable aux moqueries. Au lycée, elle a pu repartir sur de nouvelles bases car ceux qui l'embêtaient n'étaient plus là, elle s'est enfin faite des amies mais est toujours restée réservée et avait perdu presque toute sa confiance en elle. Avec son père ça nous rendait malades de la voir comme ça, elle est tellement belle quand elle est dans un milieu qu'elle aime. Cette année enfin il y a eu du changement, nous la trouvions plus joyeuse, plus ouverte aux autres et elle nous expliqua avoir un nouveau professeur qui s'intéressait vraiment à ses élèves et qu'elle trouvait captivant dans sa manière d'enseigner. Vous lui avez redonnée confiance en elle et vous lui avez montré qu'elle pouvait faire de grandes choses. Je pense qu'elle ne vous voit pas comme un prof mais comme un ami et je voulais donc vous remercier d'avoir ramené notre fille à la vie.
— Cela me touche mais je ne suis pas sûr de comprendre ce que j'ai bien pu faire pour mériter ces remerciements, répondis-je un peu étonné.
— Elle nous parlait tout le temps de vous, vous savez ? Elle dit que vous êtes le meilleur prof qu'elle ait eu et que vos cours étaient pour elle les meilleurs moments de la semaine.
— Cela me fait très plaisir mais pour être honnête, je ne suis pas sûr d'être si différent de mes collègues. Je tire ma façon d'enseigner des meilleurs profs que j'avais moi-même eu.
— En vérité, je pense que la différence n'est peut-être pas tant pédagogique que personnelle, me dit-elle avec un sourire en coin.
— Comment cela ? demandai-je assez méfiant, elle ne pouvait quand même pas se douter de ce que Laura m'avait témoigné au cours de l'année.
— Vous ne le savez sûrement pas mais Laura a eu d'assez gros problèmes pendant son enfance. Quand nous sommes arrivés en France, elle parlait bien français mais avait un accent dont se moquaient ses camarades. Ensuite, il a fallu faire face à de sérieux ennuis de santé qui l'ont forcé à redoubler une année. Au collège, elle était toujours la meilleure de la classe et n'avait pas réellement d'amis, ce qui la rendait vulnérable aux moqueries. Au lycée, elle a pu repartir sur de nouvelles bases car ceux qui l'embêtaient n'étaient plus là, elle s'est enfin faite des amies mais est toujours restée réservée et avait perdu presque toute sa confiance en elle. Avec son père ça nous rendait malades de la voir comme ça, elle est tellement belle quand elle est dans un milieu qu'elle aime. Cette année enfin il y a eu du changement, nous la trouvions plus joyeuse, plus ouverte aux autres et elle nous expliqua avoir un nouveau professeur qui s'intéressait vraiment à ses élèves et qu'elle trouvait captivant dans sa manière d'enseigner. Vous lui avez redonnée confiance en elle et vous lui avez montré qu'elle pouvait faire de grandes choses. Je pense qu'elle ne vous voit pas comme un prof mais comme un ami et je voulais donc vous remercier d'avoir ramené notre fille à la vie.
J'étais médusé, je ne m'étais jamais douté des tourments qu'endurait Laura et, comme disait sa mère, elle le cachait bien. C'était une raison de plus pour ne pas la laisser tomber. Je ne fis que ressasser ces explications durant toute la soirée, jusqu'à ce que Laura me dise de la suivre à l'extérieur, comme quoi elle voulait me parler sans le monde autour.
— Comment ça se passe la prépa ? lui demandai-je.
— Moyen, me répondit-elle. C'est très intense et j'ai parfois du mal à trouver la motivation et à garder le moral. Les profs ne sont plus du tout comme au lycée et vous me manquez trop. C'est de ça dont je voulais vous parler, j'ai des difficultés en physique, je n'arrive pas à trouver le rythme. Vous pourriez me donner des cours particuliers ?
— Moyen, me répondit-elle. C'est très intense et j'ai parfois du mal à trouver la motivation et à garder le moral. Les profs ne sont plus du tout comme au lycée et vous me manquez trop. C'est de ça dont je voulais vous parler, j'ai des difficultés en physique, je n'arrive pas à trouver le rythme. Vous pourriez me donner des cours particuliers ?
Cette demande fit bondir mon cœur de joie. Elle ne m'avait donc pas oublié et j'allais ainsi la revoir plusieurs fois dans l'année. Malgré tout, je devais rester détaché dans ma réponse, elle était encore mon élève il y a cinq mois et je m'imposai de ne rien vouloir de plus que simplement être avec elle.
— Je ne ferais sûrement pas ça pour tout le monde mais d'accord, si cela peut t'aider à réussir, lui répondis-je.
Elle me répondit par un grand sourire qui, comme d'habitude, me fit fondre et nous regagnâmes tranquillement le lycée. Juste avant de l'atteindre, elle me dit qu'elle devait partir car ses parents l'attendaient et me demanda si on se faisait la bise. Je répondis que pourquoi pas, après tout, cela n'avait rien de dérangeant vis-à-vis des autres. Ce n'était pas grand-chose mais le simple fait de sentir ses joues sur les miennes me fit presque rougir et quand je la vis s'éloigner, j'étais juste heureux. J'avais enfin une nouvelle que j'attendais : j'allais la revoir.
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