Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Infiltrée : Le capitaine — Chapitre 2 · Karine
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Infiltrée : Le capitaine
Chapitre 2 · Karine
Je repose les clés de la voiture de service dans la boîte en métal accrochée au mur. Je signe le registre et un collègue :
— Vincent, Francis veut te voir.
— ... Merde.
— Comme tu dis. Il n'a pas l'air content. Émilie ?
— Elle est chez elle à dormir.
— Vincent, Francis veut te voir.
— ... Merde.
— Comme tu dis. Il n'a pas l'air content. Émilie ?
— Elle est chez elle à dormir.
Il ne dit rien de plus, mais je sens la tension dans mon dos. Et je vais au bureau de mon supérieur hiérarchique. Il me demande d'entrer et de fermer la porte derrière moi. Je m'exécute. Et il commence :
— Ça fait plus de trois heures que les autres sont rentrés.
— Oui... On a vu un type suspect et on a préféré le suivre...
— Arrête tes conneries, putain ! Qu'est-ce que tu fous encore ? Je sais exactement où vous étiez, bordel. T'as pas pensé que la voiture est géolocalisée ?
— Si, je le sais. Ça ne change rien de toute façon.
— Je veux un rapport complet. Je t'écoute !
— Après la surveillance, avec Émilie, nous avons vu sur le bord de la route un individu suspect. Nous l'avons suivi jusqu'à une planque et sommes restés...
— Arrête de te foutre de ma gueule !
— Je ne raconte que les faits.
— Ça fait plus de trois heures que les autres sont rentrés.
— Oui... On a vu un type suspect et on a préféré le suivre...
— Arrête tes conneries, putain ! Qu'est-ce que tu fous encore ? Je sais exactement où vous étiez, bordel. T'as pas pensé que la voiture est géolocalisée ?
— Si, je le sais. Ça ne change rien de toute façon.
— Je veux un rapport complet. Je t'écoute !
— Après la surveillance, avec Émilie, nous avons vu sur le bord de la route un individu suspect. Nous l'avons suivi jusqu'à une planque et sommes restés...
— Arrête de te foutre de ma gueule !
— Je ne raconte que les faits.
Il tape un grand coup sur la table. Je regarde l'horloge suspendue contre le mur en même temps. Dans quatre heures, le soleil devrait commencer à se lever. Quel temps va-t-il faire ? J'aimerais qu'il pleuve toute la journée, une belle pluie puissante qui va nettoyer toutes les horreurs sur son passage. Et puis, après, un soleil froid qui illuminera cette propreté.
— Tu m'écoutes lorsque je te parle ? Vincent !
— Oui. Je reste sur cette version officielle. C'est ce qui sera mis dans mon rapport.
— ... T'en as pas marre à la fin ? Tu as plus d'expérience que moi, tu devrais être à ma place là ! C'est toi qui devrais être capitaine à me donner des ordres, putain ! Tu te bloques tout seul à vouloir aider Émilie. On a tout fait pour l'aider, Vincent ; on a tout fait, mais elle refuse notre main tendue.
— C'est pas ce que tu crois.
— Oh que si. Tu as beau t'entêter... Vincent... Si tu fais ce rapport, je vais encore devoir bloquer ta demande d'avancement… Vincent, j'apprécie énormément l'homme que tu es, mais je ne supporte plus le flic derrière. Dans un mois, tu changeras de poste. Tu iras à la criminelle. Signe en bas.
— Oui. Je reste sur cette version officielle. C'est ce qui sera mis dans mon rapport.
— ... T'en as pas marre à la fin ? Tu as plus d'expérience que moi, tu devrais être à ma place là ! C'est toi qui devrais être capitaine à me donner des ordres, putain ! Tu te bloques tout seul à vouloir aider Émilie. On a tout fait pour l'aider, Vincent ; on a tout fait, mais elle refuse notre main tendue.
— C'est pas ce que tu crois.
— Oh que si. Tu as beau t'entêter... Vincent... Si tu fais ce rapport, je vais encore devoir bloquer ta demande d'avancement… Vincent, j'apprécie énormément l'homme que tu es, mais je ne supporte plus le flic derrière. Dans un mois, tu changeras de poste. Tu iras à la criminelle. Signe en bas.
Il me tend une feuille. Je fais semblant de la lire avant de la reposer sur le bureau. Il glisse dessus un crayon. Je n'y touche pas.
— Non.
— Je m'en doutais. Malgré ce que tu crois, c'est pour ton bien.
— Pour m'éloigner d'Émilie uniquement.
— ... L'inspection est sur son dos. Elle va perdre son boulot. Elle n'est pas dangereuse que pour elle, mais pour tout le monde.
— Qu'est-ce que t'as fait ?
— Rien. Ça vient de plus haut. Ils sont sur toi aussi. À t'entêter comme tu le fais, tu risques gros également. On sait tous que tu l'as aidée à trafiquer son analyse d'urine... Vincent, pense à toi maintenant. Ton mariage bat de l'aile, tu ne crois pas que c'est le moment d'arrêter tes conneries ?
— De quoi tu parles ? Qu'est-ce qui te fait penser qu'avec Béné ça ne va pas ?
— Non.
— Je m'en doutais. Malgré ce que tu crois, c'est pour ton bien.
— Pour m'éloigner d'Émilie uniquement.
— ... L'inspection est sur son dos. Elle va perdre son boulot. Elle n'est pas dangereuse que pour elle, mais pour tout le monde.
— Qu'est-ce que t'as fait ?
— Rien. Ça vient de plus haut. Ils sont sur toi aussi. À t'entêter comme tu le fais, tu risques gros également. On sait tous que tu l'as aidée à trafiquer son analyse d'urine... Vincent, pense à toi maintenant. Ton mariage bat de l'aile, tu ne crois pas que c'est le moment d'arrêter tes conneries ?
— De quoi tu parles ? Qu'est-ce qui te fait penser qu'avec Béné ça ne va pas ?
Il sort son téléphone. Il me montre une photo de ma femme prise dans notre salle de bain. Elle porte des chaussures à talons aiguilles, un string, un porte-jarretelles, des bas avec couture derrière et rien d'autre. L'image est prise de dos, certainement avec son téléphone posé au sol. Cliché sexy et érotique qui ne montre rien, mais dévoile énormément. Je regarde Francis :
— Elle me l'a envoyée peu de temps après le barbecue chez Gégé.
— ... C'était... il y a plusieurs mois de ça... Et tu l'as gardée...
— Elle m'avait laissé un message qui ne permettait aucune interprétation. Je ne sais plus exactement, mais... Elle me proposais de la baiser.
— Tu couches avec elle ?
— Non, évidemment que non... Pour qui tu me prends ? Je n'ai pas touché Bénédicte. Ce que je veux dire c'est qu'il est temps que tu passes plus de temps avec ta femme qu'avec Émilie avant qu'il ne soit trop tard. Tu gâches bien plus que ce que tu ne crois en continuant à l'aider et, tout ça, pour rien derrière.
— ... C'est mon amie. Je ne peux pas la laisser tomber.
— Elle est l'amie de tout le monde ici. Prends le temps de réfléchir à ce que je viens de te dire et, surout, prends la bonne décision.
— Elle me l'a envoyée peu de temps après le barbecue chez Gégé.
— ... C'était... il y a plusieurs mois de ça... Et tu l'as gardée...
— Elle m'avait laissé un message qui ne permettait aucune interprétation. Je ne sais plus exactement, mais... Elle me proposais de la baiser.
— Tu couches avec elle ?
— Non, évidemment que non... Pour qui tu me prends ? Je n'ai pas touché Bénédicte. Ce que je veux dire c'est qu'il est temps que tu passes plus de temps avec ta femme qu'avec Émilie avant qu'il ne soit trop tard. Tu gâches bien plus que ce que tu ne crois en continuant à l'aider et, tout ça, pour rien derrière.
— ... C'est mon amie. Je ne peux pas la laisser tomber.
— Elle est l'amie de tout le monde ici. Prends le temps de réfléchir à ce que je viens de te dire et, surout, prends la bonne décision.
Il me montre à nouveau cette feuille. Je me lève et commence à partir. Avant d'ouvrir la porte :
— Il y a quelqu'un qui part en patrouille pour que je l'accompagne ?
— Toi, tu restes ici. Il y a une cliente pour toi.
— Quelle raison ?
— Prise en flagrant délit d'achat de cannabis. Le dealer s'est échappé, mais elle avait sur elle quelques grammes. Évidemment, elle nie tout.
— Ils nient toujours.
— Tu me boucles ça rapidement pour que le procureur puisse nous donner son avis sur les suites à donner lors de son réveil. Il n'y a rien de très grave, mais n'hésite pas à lui faire peur pour éviter qu'elle ne recommence, et charge-la bien comme il faut. Fais en sorte que sa garde à vue soit prolongée.
— À vos ordres, capitaine.
— Il y a quelqu'un qui part en patrouille pour que je l'accompagne ?
— Toi, tu restes ici. Il y a une cliente pour toi.
— Quelle raison ?
— Prise en flagrant délit d'achat de cannabis. Le dealer s'est échappé, mais elle avait sur elle quelques grammes. Évidemment, elle nie tout.
— Ils nient toujours.
— Tu me boucles ça rapidement pour que le procureur puisse nous donner son avis sur les suites à donner lors de son réveil. Il n'y a rien de très grave, mais n'hésite pas à lui faire peur pour éviter qu'elle ne recommence, et charge-la bien comme il faut. Fais en sorte que sa garde à vue soit prolongée.
— À vos ordres, capitaine.
En allant au bureau dans lequel cette femme m'attend, certainement menottée sur la chaise, j'en profite pour envoyer un message à Émilie :
Pour le moment, aucune réponse. Elle doit dormir ; elle en a besoin. Et j'entre dans la salle. Avant même de découvrir cette personne, je sors tout de suite :
— Bon ! Vous êtes mal barrée. Je vais déjà écouter ce que vous avez à me dire, faire un rapport et tout ceci sera envoyé au procureur qui est en ce moment de très mauvais poil.
— Bon ! Vous êtes mal barrée. Je vais déjà écouter ce que vous avez à me dire, faire un rapport et tout ceci sera envoyé au procureur qui est en ce moment de très mauvais poil.
Je m'installe derrière le bureau, glisse le clavier vers moi, me connecte à mon compte et m'apprête à taper sa déclaration. Je la regarde enfin...
— Karine ?
— Vincent...
— Vincent...
Karine... Nous nous sommes connus lors d'une soirée étudiante. J'étais à la fac de droit à cette époque et elle à celle de médecine. Oh oui, je l'avais vue sublime, comme si elle avait été une lumière étincelante au milieu de toute cette foule qui dansait, qui buvait. Je n'avais pas eu besoin de me prendre un bol de courage : je suis allé la voir comme si c'était une évidence qu'il fallait que je lui parle. Quelques échanges de mots rapides et, déjà, nous nous embrassions. J'avais flashé sur elle ; elle avait flashé sur moi ; nous avions flashé l'un sur l'autre au premier regard. Et ses lèvres sur les miennes, un régal. Sa langue caressant la mienne, j'étais au paradis.
Elle me prit la main et m'entraina dans les toilettes, nous enfermant dans un box. Je lui dis alors, excité, amusé :
— T'es rapide, mais j'ai envie de toi.
— T'es rapide, mais j'ai envie de toi.
Elle rit, puis me demanda :
— Tu as un préservatif ?
— Merde... Non. J'en ai chez moi, mais pas sur moi. Et toi ?
— Non. Je suis venue avec mon copain. Je pensais pas que... Enfin, tu vois.
— Ah ? T'as un copain.
— C'est un con. Bon, on fait quoi ? Ça te va si je te suce ?
— Oui. On peut commencer comme ça.
— Tu as un préservatif ?
— Merde... Non. J'en ai chez moi, mais pas sur moi. Et toi ?
— Non. Je suis venue avec mon copain. Je pensais pas que... Enfin, tu vois.
— Ah ? T'as un copain.
— C'est un con. Bon, on fait quoi ? Ça te va si je te suce ?
— Oui. On peut commencer comme ça.
Je n'avais pas encore fini ma phrase qu'elle ouvrait déjà mon pantalon, me fixant dans les yeux, la bouche entrouverte. La seconde d'après, elle s'accroupit tout en baissant mon vêtement rapidement et mon boxer en même temps et posait déjà ses lèvres sur ma verge finissant de bander grâce à tout plein de petits baisers qui me firent frissonner. Sa langue chaude et humide commençait à lécher sur tout le long, me frustrant quelques minutes de ne pas entrer mon gland dans sa bouche. Et, elle se recula un instant pour me dire :
— J'avale, alors, ne te prive pas.
— J'avale, alors, ne te prive pas.
J'ai pensé à cet instant, alors qu'enfin je glissais entre ses dents : " c'est la femme de ma vie ". Et elle me suçait tellement bien, si parfaitement. J'ai tenté de me retenir le mieux possible afin qu'elle ne pense pas de moi que j'étais un éjaculateur précoce ; mais elle était trop douée à ce jeu de langue. Elle avala tout en continuant sa fellation. Elle continuait encore alors que je commençais à mollir. Elle s'arrêta et me regarda en me demandant :
— Ça ne te plait pas ? Je ne fais pas ça bien ?
— ... Si... Mais... J'ai fini...
— Ah bon ?
— Ça ne te plait pas ? Je ne fais pas ça bien ?
— ... Si... Mais... J'ai fini...
— Ah bon ?
Elle fit quelques mouvements de bouche et de langue pour vérifier, se rendant alors compte que je disais vrai. Et elle se mit à rire. Elle se releva, se colla à moi :
— D'habitude, je ne trouve pas ça trop agréable, mais là, c'est passé tout seul.
— Ah ben oui, j'ai bien vu.
— D'habitude, je ne trouve pas ça trop agréable, mais là, c'est passé tout seul.
— Ah ben oui, j'ai bien vu.
Et je l'ai embrassée, chose que je n'avais jamais réalisée après avoir été sucé. Je n'ai ni été gêné, ni été écœuré. Je l'ai embrassée encore et encore, avant de sortir du box, me retrouvant d'un coup face à un type d'une tête de plus que moi, des épaules super larges. J'ai vu son poing arriver sur mon visage et plus rien.
Il s'agissait de son copain, capitaine de l'équipe de rugby universitaire, un gars charmant, bon vivant, mais légèrement soupe au lait. Nous avons eu l'occasion de nous revoir plus tard, à différents moments, lui avec une nouvelle copine à chaque fois, et moi toujours avec Karine.
En attendant, mon réveil fut brutal. J'avais l'impression d'avoir le visage totalement défoncé. Mes copains étaient là, et Karine, dont je ne connaissais pas encore le prénom, toujours présente. Ils me raccompagnèrent chez moi. Karine voulait venir aussi pour s'excuser de l'agressivité de son homme. Dans mon studio, mes potes comprirent rapidement qu'ils étaient de trop et me laissèrent avec elle. Elle prit de la glace dans le bac de mon petit frigo d'étudiant, l'enveloppa dans un torchon et vint s'asseoir à califourchon sur mes jambes pour faire refroidir mon visage en feu.
Nous avons alors fait connaissance. Tout en parlant, elle s'occupant de moi, mes mains sur ses hanches glissaient de plus en plus sur ses fesses ; ses yeux étaient brillants, espiègles. Elle se leva alors, retira ses chaussures et enleva son jeans, puis revint en place en me disant :
— C'est plus agréable comme ça, non ?
— Oui, je me sens déjà beaucoup mieux. Mais, il y a un bout de tissu qui gêne.
— Exigeant en plus... Tu commences bien mal.
— C'est plus agréable comme ça, non ?
— Oui, je me sens déjà beaucoup mieux. Mais, il y a un bout de tissu qui gêne.
— Exigeant en plus... Tu commences bien mal.
Elle déposa ses lèvres sur les miennes rapidement avant de se lever à nouveau et de retirer son sous-vêtement. Je découvris, furtivement, un joli petit pubis tout nu, sans le moindre poil. Je bandais malgré la forte douleur sous mon œil. Et, rassise comme avant sur moi, j'ai posé mes mains sur sa poitrine. Elle sourit et me fit :
— Toi, tu cherches les ennuis.
— C'est pas du tout mon genre.
— Vu le beau coquard que tu as, c'est clair. Je crois que tu me plais.
— Toi, tu cherches les ennuis.
— C'est pas du tout mon genre.
— Vu le beau coquard que tu as, c'est clair. Je crois que tu me plais.
Et elle se mit à rire. Elle retira son pull, le débardeur dessous, son soutien-gorge. Quelle magnifique poitrine ferme et généreuse, je ne pus m'empêcher de la prendre en main et de baisser ma tête pour lécher la pointe de chaque sein. Elle me caressait les cheveux en même temps, puis me dit :
— C'est pas juste que je sois la seule toute nue.
— C'est pas juste que je sois la seule toute nue.
Quelques minutes plus tard, nous faisions l'amour sur mon petit lit une personne, au sommier qui grince à chaque mouvement. Deux jours plus tard, nous n'avions qu'à peine quitté le matelas pour un peu d'hygiène et de nourriture, restant tous les deux nus, nos mains ayant du mal à quitter la peau de l'autre. Un mois plus tard, nous aménagions ensemble. Trois ans plus tard, les choses avaient bien changé... Les études nous prenaient beaucoup de temps, et pas aux mêmes horaires. Bien que très souvent collés l'un à l'autre, nous n'étions plus vraiment ensemble. J'ai rencontré Bénédicte, toujours disponible pour moi, toujours prête à me rencontrer. J'ai quitté Karine que je n'ai pas revue de la fin de nos études jusqu'à ce jour.
Elle est toujours aussi belle. Peut-être l'est-elle encore plus qu'avant. Je lui demande, comme si nous avions échangé juste la veille :
— Comment ça va ?
— ... Pas terrible. J'ai fait 40 heures à l'hôpital non-stop, j'ai perdu un patient et... Je voulais seulement un petit truc pour me faire déstresser. J'étais au mauvais endroit au mauvais moment.
— Tu as une alliance.
— Oui, comme toi. J'aime Guillaume, mon mari. C'est quelqu'un de bien. Et toi ?
— Marié à Bénédicte.
— Aaaahhhh...
— Tu ne l'as jamais appréciée.
— ... Tu as l'air fatigué, toi aussi. C'est fou, avec toutes ces années, tu n'as pas changé.
— Bon... Heuu... donc, tu reconnais avoir acheté du cannabis.
— Comment ça va ?
— ... Pas terrible. J'ai fait 40 heures à l'hôpital non-stop, j'ai perdu un patient et... Je voulais seulement un petit truc pour me faire déstresser. J'étais au mauvais endroit au mauvais moment.
— Tu as une alliance.
— Oui, comme toi. J'aime Guillaume, mon mari. C'est quelqu'un de bien. Et toi ?
— Marié à Bénédicte.
— Aaaahhhh...
— Tu ne l'as jamais appréciée.
— ... Tu as l'air fatigué, toi aussi. C'est fou, avec toutes ces années, tu n'as pas changé.
— Bon... Heuu... donc, tu reconnais avoir acheté du cannabis.
Je tente de reprendre le cours de l'interrogatoire. Elle me perturbe. J'ai envie de passer par-dessus le bureau et de la prendre dans mes bras. Un air froid se dessine sur son visage, elle me répond :
— Oui, je le reconnais.
— ... Tu en prends souvent ?
— La dernière fois, j'étais encore étudiante. Donc, non. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Je suis désolée.
— Il se passera quoi si je fais suivre ta déclaration ?
— Heuuu… Avec un peu de chance, rien. Sinon, je risque de me faire expulser de l'hôpital. Et ça peut même aller jusqu'à la perte du droit d'exercer si le directeur veut vraiment me faire chier et monter un dossier contre moi. Il attend cette occasion depuis que j'ai refusé de coucher avec lui, en le traitant au passage de jolis noms d'oiseaux publiquement. J'ai également déposé une plainte pour harcèlement sexuel. Autant de dire qu'il a une dent contre moi. À moins qu'il ne me menace pour que j'écarte enfin les jambes.
— Ok. Bon, ben, je clos l'affaire en sans suite. Je te raccompagne. Tu vas pouvoir récupérer tes affaires et tu devras signer quelques papiers.
— ... Tu n'avais pas à le faire. C'était mon problème, pas le tien.
— Trop tard, c'est clôturé.
— Oui, je le reconnais.
— ... Tu en prends souvent ?
— La dernière fois, j'étais encore étudiante. Donc, non. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Je suis désolée.
— Il se passera quoi si je fais suivre ta déclaration ?
— Heuuu… Avec un peu de chance, rien. Sinon, je risque de me faire expulser de l'hôpital. Et ça peut même aller jusqu'à la perte du droit d'exercer si le directeur veut vraiment me faire chier et monter un dossier contre moi. Il attend cette occasion depuis que j'ai refusé de coucher avec lui, en le traitant au passage de jolis noms d'oiseaux publiquement. J'ai également déposé une plainte pour harcèlement sexuel. Autant de dire qu'il a une dent contre moi. À moins qu'il ne me menace pour que j'écarte enfin les jambes.
— Ok. Bon, ben, je clos l'affaire en sans suite. Je te raccompagne. Tu vas pouvoir récupérer tes affaires et tu devras signer quelques papiers.
— ... Tu n'avais pas à le faire. C'était mon problème, pas le tien.
— Trop tard, c'est clôturé.
Elle me sourit. Elle me plait toujours. J'enlève la menotte qui la bloque sur la chaise, occasion pour toucher la peau de son poignet... Quelle formidable sensation. Tout mon corps frisonne de plaisir. Je l'amène à l'accueil afin de procéder à la restitution de ses biens. Francis me demande de venir le voir dans son bureau. Et il m'engueule, je m'en fous.
— Tu m'avais demandé de lui faire peur, c'est fait. Elle ne recommencera pas.
— J'en ai marre que tu te foutes de ma gueule tout le temps. Dégage d'ici ! Je ne veux plus te voir.
— Je finis mon service dans...
— Putain ! Tu me donnes envie de te tabasser ! Rentre chez toi, maintenant ! On en reparlera plus tard.
— À vos ordres, capitaine.
— J'en ai marre que tu te foutes de ma gueule tout le temps. Dégage d'ici ! Je ne veux plus te voir.
— Je finis mon service dans...
— Putain ! Tu me donnes envie de te tabasser ! Rentre chez toi, maintenant ! On en reparlera plus tard.
— À vos ordres, capitaine.
Je me remets en habit de civil, laisse mon matériel dans mon casier, mon revolver dans l'armoire sécurisée après l'avoir parfaitement déchargé, retiré chaque balle pour qu'on puisse les compter et vérifier qu'il n'en manque pas une. Je n'ai pas pensé à ramener celui d'Émilie. Tant pis, j'aurai le droit à une nouvelle engueulade et c'est tout.
Et je sors du bâtiment, en même temps que Karine. Nous échangeons un peu, puis, c'est le moment de se quitter.
— Tu veux que je te raccompagne à ta voiture ?
— Non, merci. Tu en as déjà assez fait pour moi cette nuit. Ça ne me gêne pas de marcher un peu.
— Dis voir... Je demande là au médecin : tu connais des trucs qui pourraient aider une personne à arrêter la drogue ?
— Mon domaine est la chirurgie, pas la toxicologie. Désolée, je ne voudrais pas dire de connerie.
— Non, ce n'est pas grave.
— Pour un ami ?
— Une personne très proche, oui.
— Donne-moi ton numéro. Je t'enverrai un contact demain qui pourra certainement t'apporter des réponses.
— Non, merci. Tu en as déjà assez fait pour moi cette nuit. Ça ne me gêne pas de marcher un peu.
— Dis voir... Je demande là au médecin : tu connais des trucs qui pourraient aider une personne à arrêter la drogue ?
— Mon domaine est la chirurgie, pas la toxicologie. Désolée, je ne voudrais pas dire de connerie.
— Non, ce n'est pas grave.
— Pour un ami ?
— Une personne très proche, oui.
— Donne-moi ton numéro. Je t'enverrai un contact demain qui pourra certainement t'apporter des réponses.
Je le lui file ; elle ne me donne pas le sien en échange. Nous nous faisons la bise, et je la regarde s'éloigner, le cœur serré, comme si je venais de louper une occasion importante. Elle a la même démarche qu'autrefois, les mêmes sons de talon claquant sur l'asphalte. Et je ne bouge pas, obnubilé à l'observer partir loin de moi. À une centaine de mètres, elle s'arrête. Elle semble pianoter quelque chose sur son téléphone. La seconde d'après, je reçois un SMS d'un numéro inconnu. :
Je me mets à courir pour la rejoindre, le sourire aux lèvres, l'envie d'elle bien présente, oubliant alors l'existence de Bénédicte. Et nous nous prenons dans les bras, nous nous embrassons. Je n'avais pas oublié à quel point j'aime comme elle sait utiliser ses lèvres et sa langue sur moi, et pourtant, il me semble que c'est encore meilleur qu'avant.
Le café n'a pas encore fini de couler que je suis allongé sur elle, sur son canapé, nus tous les deux, l'écoutant gémir du plaisir que je lui procure avec mes va-et-vient en elle. Je ne tiens déjà plus et jouis dans son antre doux et délicat avec force, totalement en sueur. Elle attrape mon visage pour un nouvel échange de salive bien agréable. Puis, elle se met à rire.
— J'ai été si nul que ça ?
— Non, pas du tout. Juste un peu rapide, mais ça ne m'étonne pas de toi... Certaines choses ne changent pas. Tu ne l'avais pas fait depuis combien de temps ?
— ... Je ne sais même plus. Un mois, deux peut-être. Oui, j'avoue, j'étais en manque.
— Pas grave. On attend un peu pour un nouveau tour, si tu as envie.
— Si j'ai envie ?... Je n'ai rien de mieux à faire de toute façon.
— Salaud, tu me fais passer pour la cinquième roue du carrosse. Allez, pousse-toi que je puisse me nettoyer. Ça me coule de partout.
— C'est con, pour un médecin, de ne pas avoir de préservatif chez soi.
— Non, pas du tout. Juste un peu rapide, mais ça ne m'étonne pas de toi... Certaines choses ne changent pas. Tu ne l'avais pas fait depuis combien de temps ?
— ... Je ne sais même plus. Un mois, deux peut-être. Oui, j'avoue, j'étais en manque.
— Pas grave. On attend un peu pour un nouveau tour, si tu as envie.
— Si j'ai envie ?... Je n'ai rien de mieux à faire de toute façon.
— Salaud, tu me fais passer pour la cinquième roue du carrosse. Allez, pousse-toi que je puisse me nettoyer. Ça me coule de partout.
— C'est con, pour un médecin, de ne pas avoir de préservatif chez soi.
Elle m'embrasse à nouveau ; je retombe amoureux. Je resterais bien ainsi tout le reste de ma vie. Mais, j'entends un bip sur mon téléphone m'indiquant un message. Je me lève pour aller voir, vérifier qu'il ne s'agisse pas d'une urgence.
Je suis sur un vrai petit nuage depuis quelques heures maintenant. Nous avons refait l'amour, dans son lit cette fois. Nous en avons oublié le café qui est maintenant froid. Nous avons dormi enlacé, amoureusement.
Je profite de la douche tout en rêvant encore du corps de Karine, de son odeur, de la douceur de sa peau, de la rondeur de ses seins, alors qu'elle est juste derrière la porte. Elle est fabuleuse. Pourquoi l'avais-je quittée ? J'ai été bête, tellement bête. Tout ce temps l'un contre l'autre à ne pas réussir à se détacher sont les meilleurs moments de ma vie depuis des mois, voir des années. Mais, il est temps pour moi de partir, d'aller voir Émilie. Étrangement, je me sens mal d'un coup, alors que j'entends cette chanson de la playlist de Karine... Cette chanson... Émilie... La notre... Notre chanson à Émilie et à moi. Il se passe un truc, je ne sais pas quoi, mais mon cœur se met à battre la chamade.
Karine frappe contre le battant ; je sursaute et lui réponds :
— J'ai presque fini, mais tu peux entrer.
— Il y a quelqu'un qui cherche à te joindre. Il n'arrête pas de rappeler sur ton téléphone.
— J'ai presque fini, mais tu peux entrer.
— Il y a quelqu'un qui cherche à te joindre. Il n'arrête pas de rappeler sur ton téléphone.
J'attrape une serviette et, à peine essuyé, je sors de la salle de bain. C'est Francis, douze appels en absence. Le téléphone sonne à nouveau, je décroche aussitôt :
— Désolé, j'étais sous la douche. Il y a une urgence ?
— C'est Émilie... Je suis désolé Vincent...
— ... Qu'est-ce qu'il se passe ? J'étais sur le point d'aller la voir.
— Désolé, j'étais sous la douche. Il y a une urgence ?
— C'est Émilie... Je suis désolé Vincent...
— ... Qu'est-ce qu'il se passe ? J'étais sur le point d'aller la voir.
... But I'm a creep...
— On l'a retrouvée chez elle... C'est Enzo qui nous a prévenu... Elle s'est suicidée avec son arme de service... C'est moche, Vincent... Vincent ?... T'es là ?... Elle t'a laissé une lettre. Vincent... Dis quelque chose, s'il te plait... T'es où ? Même Béné ne sait pas où tu es. Tu veux que je vienne te chercher ?... Vincent... Vin...
... I don't belong here
Le téléphone tombe sur le parquet ; mes mains tremblent ; ma vue se brouille ; je n'arrive plus à respirer.
— Tu es tout blanc. Il se passe quoi ?... Attends, je vais t'aider à t'assoir.
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Commentaires ()
Euh... Comment dire ?
La fin de chapitre m'a coupé le souffle.
On se doutait bien que ça allait mal finir pour Émilie mais pas déjà, pas comme ça.
Mais quelque chose me dit que ce n'est pas un suicide (mon intuition d'autrice :P).
Suite au prochain numéro ;).
Et ben oui, suite au prochain numéro pour voir si ton intuition est bonne... mais tu connais déjà la réponse 😉
Merci pour ton com, @Wedreca.
J’adore ta façon de nous ambiancer avec ces passages de chansons mythiques, moi j’avais la version acoustique de Korn dans la tête :)
Mais, j'ai aussi une préférence pour le préquel 😁
Moi ? Vicieux ? 😯
À peine 😏
:(
Voilà donc l'apparition de Karine, dont on découvre qu'elle était un amour estudiantin de Vincent
Content d'avoir réussi à te surprendre, même si c'est ce n'est pas très joyeux pour autant.
J'APPROUVE !
Merci
J’en ai encore le souffle coupé…
Ta narration nous immerge tellement que ça nous renvoie à nous même et nos expériences, en plus tu y ajoute virtuellement le son… J’ai l’effet d’une flèche en plein cœur.
Merci pour ce chapitre !
Il y a le divorce qui existe 😂
De toute façon, je ne peux rien dire pour ne pas spoiler. To be continued 😉
Holà, mon petit @Iznogood, je t'ai connu plus loquace. Ça va aller ? 😰