Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Rose Noire — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Rose Noire
Chapitre 2
Ma qualité de vie changea drastiquement après mon échange avec Rose.
Les chaînes qui me contraignaient avaient, pour la plupart, disparu. Je disposais maintenant des mêmes droits que les autres matelots. En particulier, en dehors de mes moments de travail, je pouvais me déplacer librement sur La Roseraie. Plus de portes verrouillées, plus d'escorte, plus besoin de demander de permission.
Les chaînes qui me contraignaient avaient, pour la plupart, disparu. Je disposais maintenant des mêmes droits que les autres matelots. En particulier, en dehors de mes moments de travail, je pouvais me déplacer librement sur La Roseraie. Plus de portes verrouillées, plus d'escorte, plus besoin de demander de permission.
Ma principale priorité fut d'explorer. Ce navire étant devenu mon monde, je me devais de le comprendre plus profondément. Je montai les marches jusqu'au pont. Un vent rafraîchissant fouettait les voiles. Le soleil brillait dans un ciel clair. Je regardai la scène d'un œil nouveau, observant l'équipage qui manœuvrait ce bateau comme un seul corps. Chaque partie se déplaçant avec précision et détermination.
Malgré mon statut de captif, les membres de l'équipage m'accueillirent volontiers. Il y eut des hochements de tête, quelques sourires, des tapes dans le dos et, à l'occasion, certains me surnommèrent « Doc' ». Cependant, je remarquai les regards qu'ils me lançaient dans mon dos - les interrogations, les soupçons. Ils tentèrent de déterminer si j'étais à la hauteur de leurs attentes.
Beaucoup se questionnaient sur ma soudaine libération, et les raisons qui eurent poussé leur Capitaine à prendre cette décision. Bob lui-même fut surpris lorsque la nouvelle eut été annoncée. Tous savaient que je n'étais pas un pirate, et que je n'avais aucun désir à en devenir un. Je ne participais d'ailleurs pas à la plupart de leurs corvées, ce qu'ils perçurent comme un traitement de faveur. À leurs yeux, j'étais donc une étrangeté, très certainement pas un matelot, mais un personnage indéniablement lié à leur Capitaine.
Rose, derrière le gouvernail, commandait son équipage avec une autorité inébranlable. Même avec le masque qui cachait la plus grande partie de son visage, sa voix portait sur le pont, ferme et tranchante. L'équipage répondait sans hésitation à ses injonctions. Cette loyauté eut sans nul doute été forgée grâce à des années de péripéties communes en mer.
Pourtant, je pus voir quelque chose de plus en elle maintenant ; une douceur sous ce masque, une sensibilité que je n'avais pas remarquée auparavant. Parfois, juste parfois, il y avait une certaine chaleur dans la façon dont elle s'adressait à l'équipage, quelque chose de presque maternel. Elle tapotait l'épaule d'un matelot après une tâche bien accomplie, ou lui adressait de rares compliments, ou encore, le guidait quand une difficulté apparaissait.
Alors que je l'observais, elle me jeta un coup d'œil et nos regards se croisèrent.
Cela se produisait de plus en plus souvent. Les premières fois, cela avait été bref, presque accidentel, néanmoins maintenant, ces contacts visuels s'attardaient trop longtemps pour être anodins. Je me demandai si elle ressentait le même trouble que moi, une tension sous-jacente qui nous attire vers l'autre, en permanence.
Cela se produisait de plus en plus souvent. Les premières fois, cela avait été bref, presque accidentel, néanmoins maintenant, ces contacts visuels s'attardaient trop longtemps pour être anodins. Je me demandai si elle ressentait le même trouble que moi, une tension sous-jacente qui nous attire vers l'autre, en permanence.
Dans ces moments-là, je voyais son calme vaciller, la façon dont ses mains se crispaient sur le gouvernail, ou la façon dont elle détournait ensuite le regard. Je n'étais pas aveugle à l'effet que j'avais sur elle, même si je ne le comprenais pas complètement moi-même.
Un soir, alors que je me tenais à l'écart près de la poupe, regardant les vagues s'écraser contre la coque, j'entendis soudain des pas derrière moi. Je me retournai, m'attendant à voir un Hawk ivre ou un Bob suspicieux, mais à la place, il s'agit de Rose. Elle ne portait pas sa cape, et son masque, bien qu'en place, ne semblait pas avoir le même poids qu'à l'accoutumée.
— Quelle vue, n'est-ce pas, Doc' ? demanda-t-elle, en s'appuyant sur la rambarde, suffisamment près de mon épaule pour que je puisse ressentir la chaleur de sa peau.
J'acquiesçai, tout en gardant un ton léger :
— Différente de quand on la regarde à travers un hublot, ou depuis la ville.
Elle arbora, un petit sourire, presque imperceptible, mais un sourire quand même.
Au fil de nos échanges, une règle tacite s'était imposée. Ainsi, lorsque Rose portait son masque, je m'adressais à la Capitaine avec le respect dû à son titre, mais lorsqu'elle l'ôtait, elle redevenait simplement Rose, et nos conversations prenaient un ton beaucoup plus informel. Pourtant, en cet instant, je n'étais pas sûr de qui elle était, ou de qui elle voulait être.
Je l'observai un long moment, puis jetai un coup d'œil à l'horizon :
Au fil de nos échanges, une règle tacite s'était imposée. Ainsi, lorsque Rose portait son masque, je m'adressais à la Capitaine avec le respect dû à son titre, mais lorsqu'elle l'ôtait, elle redevenait simplement Rose, et nos conversations prenaient un ton beaucoup plus informel. Pourtant, en cet instant, je n'étais pas sûr de qui elle était, ou de qui elle voulait être.
Je l'observai un long moment, puis jetai un coup d'œil à l'horizon :
— Je suis étonné de ne pas vous voir au gouvernail, Capitaine. Vous laissez donc parfois quelqu'un d'autre diriger le navire ?
— Rarement, mais oui, ria-t-elle. J'ai confiance en mon équipage. Néanmoins... cela m'apaise de sentir mon navire sous mes mains, de savoir que c'est moi qui le guide.
— Rarement, mais oui, ria-t-elle. J'ai confiance en mon équipage. Néanmoins... cela m'apaise de sentir mon navire sous mes mains, de savoir que c'est moi qui le guide.
« Apaisant ? » Je ne m'attendais pas à cette réponse.
Elle continua, son regard se portant à son tour sur l'horizon :
Elle continua, son regard se portant à son tour sur l'horizon :
— La mer est une incarnation du chaos. On ne sait jamais ce qui va arriver - une tempête, une attaque, ou pire. Mais quand je suis au gouvernail, j'ai l'impression que je peux contrôler une petite partie de ce chaos. Pour une fois. Pour un instant.
Je me surpris à la scruter à nouveau, à essayer d'élucider l'énigme qui se cachait sous cette coquille de porcelaine.
— Et quand tu n'y es pas ? hasardai-je, ne sachant pas si je m'aventurai sur un terrain périlleux.
Rose hésita. Son corps s'orienta vers moi, ses yeux cherchant les miens. Lentement, ses doigts effleurèrent le bord de cette coquille qui dissimulait le haut de son visage, sa mâchoire légèrement crispée.
— Le plus souvent, lorsque je n'y suis pas, j'inspecte l'intégrité du bateau, vérifie nos stocks de nourriture, assure la maintenance de notre armement, ou astique nos trésors pour les faire scintiller. Je veux être certaine que mes matelots ne manquent de rien et soient en sécurité. Cependant…
Elle s'interrompit encore. Et, avec une timidité que je ne lui connaissais pas, elle souleva son masque.
— C'est différent depuis que tu es ici. Je me surprends à fantasmer sur d'autres choses.
Je déglutis difficilement en imaginant ce qu'elle voulut dire, même si elle ne l'exprima pas franchement. Cette fois, aucun de nous ne détourna les yeux de l'autre. Le silence s'étira, tandis que je remarquai son visage s'empourprer. Je tentai de lui prendre la main, mais elle recula brusquement. Finalement, elle rompit le contact visuel et se dirigea vers le pont.
— Bien. En parlant de cela, je devrais me remettre au travail, murmura-t-elle en palpant sa carapace de porcelaine.
Il y eut un tremblement dans sa voix, une faille béante, une opportunité. Sans réfléchir, je tendis la main et la saisis avec une poigne inflexible. Rose s'arrêta, son corps se raidit et elle se retourna pour me faire face. Dans le mouvement brusque, son masque lui échappa des mains et tomba au sol.
— Quoi ? interrogea-t-elle.
Je ne la laissai cependant pas finir. Au lieu de cela, je l'entourai de mes bras dans une étreinte dont je n'avais pas réalisé avoir besoin jusqu'à sentir son corps contre le mien. Elle eut un soubresaut puis, elle resta immobile. Ses bras se glissèrent lentement autour de moi, me rendant l'étreinte. Sa prise fût d'abord douce, incertaine ; ensuite, elle se resserra. Nous restâmes là, silencieusement.
Rose se retira légèrement, jetant un coup d'œil par-dessus son épaule.
Rose se retira légèrement, jetant un coup d'œil par-dessus son épaule.
— Tu peux compter sur ton équipage. Juste pour un moment, la rassurai-je. Ils sont assez capables.
Elle ne souffla pas un mot, mais je pus sentir sa lutte interne. La tête baissée, ses pupilles s'agitèrent, ses sourcils se froncèrent. Cette responsabilité de Capitaine lui pesait lourdement. Néanmoins, je sentis qu'elle désirait quelque chose de plus pour elle. Ce fut ce que je voulus lui offrir.
Rose prit finalement une décision. Elle laissa échapper un long soupir avant de se baisser pour ramasser son masque à ses pieds. Une ébréchure y était apparue sur le côté, mais elle le remit tout de même en place, l'ajustant délicatement aux traits de son visage, effaçant ainsi toute trace de vulnérabilité. Redevenue impassible, elle leva les yeux vers moi puis m'enjoint de la suivre.
Pour s'assurer de ma subordination, la Capitaine m'attrapa fermement le poignet et m'entraîna vers les escaliers qui menaient sous le pont. Sur le chemin, nous croisâmes Bob. Appuyé contre un mur à siroter son alcool, il se releva promptement lorsqu'il nous vit ensemble.
Rose prit finalement une décision. Elle laissa échapper un long soupir avant de se baisser pour ramasser son masque à ses pieds. Une ébréchure y était apparue sur le côté, mais elle le remit tout de même en place, l'ajustant délicatement aux traits de son visage, effaçant ainsi toute trace de vulnérabilité. Redevenue impassible, elle leva les yeux vers moi puis m'enjoint de la suivre.
Pour s'assurer de ma subordination, la Capitaine m'attrapa fermement le poignet et m'entraîna vers les escaliers qui menaient sous le pont. Sur le chemin, nous croisâmes Bob. Appuyé contre un mur à siroter son alcool, il se releva promptement lorsqu'il nous vit ensemble.
— Cap'taine. Tout est en ordre ?
— Oui, Morgan est à la barre et une nuit calme se profile. Je vais contrôler nos réserves avec Noah, en vue de notre prochaine escale, répondit-elle laconiquement, sa main toujours fermement agrippée à moi.
— Oui, Morgan est à la barre et une nuit calme se profile. Je vais contrôler nos réserves avec Noah, en vue de notre prochaine escale, répondit-elle laconiquement, sa main toujours fermement agrippée à moi.
Les sourcils du Lieutenant se froncèrent. Il regarda d'elle à moi, et bien qu'il ne dise rien, je pouvais sentir la question silencieuse qui planait dans l'air. Il croisa à nouveau le regard de la Capitaine, qui secoua la tête en espérant que cela suffirait à l'empêcher de se montrer plus indiscret. Il me jaugea encore un moment avant de grogner, visiblement peu convaincu :
— Aye, j'vais m'pieuter alors, moi ! Que la nuit v'soit douce, Cap'taine !
Rose remercia son Lieutenant, puis pressa le pas jusqu'à ce que nous atteignions la salle de stockage. La lourde porte en bois grinça lorsqu'elle l'ouvrit, et une fois que nous fûmes à l'intérieur, elle opéra un demi-tour et la verrouilla d'un clic sec.
La pièce était sombre, éclairée seulement par la faible lumière qui filtrait à travers une petite fenêtre ronde près du plafond. L'odeur des herbes séchées et des provisions entreposées embaumait l'air. Les étagères regorgeaient de nourriture, de barils d'eau et de fournitures. L'espace était grand, assez grand pour les rations de l'équipage pendant des semaines, mais en cet instant, il fût intime, presque trop étroit.
Je me tournai vers elle, une question sur les lèvres. Toutefois, avant que je puisse lui demander pourquoi elle m'avait amené ici, sans rompre le contact visuel, elle retira à nouveau son masque. Ses yeux se plantèrent dans les miens tandis qu'elle s'approchait avec une aura bestiale.
Ses mains remontèrent le long de mon cou, s'emmêlant dans mes cheveux tandis que nos langues s'entremêlèrent. Sa respiration s'accéléra, ses mouvements se firent pressants. Elle prit le contrôle, comme elle le faisait avec tout le reste.
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Commentaires ()
Nous avons dévoré tes textes, la suite promet d'être intéressante XD