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✦ kIngROb1 Sacrée seconde chance XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Sacrée seconde chance — Chapitre 6 · choc en série

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Sacrée seconde chance

Chapitre 6 · choc en série

Le lendemain matin, l'air dans la maison est lourd, saturé des non-dits de la veille. Après avoir envoyé les filles à leurs études respectives, Eva et moi nous retrouvons seuls dans le salon. Le silence n'est pas confortable. Elle est assise au bord du canapé, les mains jointes, le regard perdu dans le vide. Je me tiens près de la fenêtre, observant le jardin sans vraiment le voir, le visage fermé, une colère froide et méthodique qui coule dans mes veines comme du mercure liquide.
— On doit parler, mon amour, finit-elle par murmurer, sa voix à peine plus forte qu'un souffle.
Je me retourne lentement.
— Oui. De Jim. Son nom sur mes lèvres est comme une injure.
— Il m'invite à diner une fois, il dit devoir me parler de choses importantes. J'y vais comme j'irais avec une collègue de travail. Tu veux que je te raconte en détails ?
— Décris-moi ce dîner. Chaque détail. Chaque mot.
Elle frémit en entendant le ton glacial de ma voix, mais elle sait qu'il n'y a pas d'échappatoire. Elle me raconte tout. Le restaurant chic qu'il a choisi, un endroit où le service est discret et les tables espacées, conçu pour les conversations privées. La façon dont il commande une bouteille de champagne exorbitamment chère sans même consulter le menu, un étalage de pouvoir destiné à l'impressionner.
— Il commence subtilement, dit Eva, les yeux fixés sur ses mains. Des compliments sur ma tenue, sur mon intelligence… Il parle de toi aussi, Thomas. Il dit qu'il te respecte, que c'est rare de trouver un homme avec ton… passé. Un survivant. Mais il sous-entend que tu es du passé. Que tu as fait ton temps et que moi, je suis faite pour un présent différent. Un présent plus brillant.
Je sens mes poings se serrer dans mes poches. Mon passé. Cette prison qui m'a volé dix ans de ma vie, et que ce salopard utilise maintenant comme une arme contre moi.
— Il parle de son entreprise, de ses contacts, de son argent. Il me décrit les voyages, les boutiques, les voitures… Puis il devient plus direct. Il pose sa main sur la mienne, là, sur la table. Sa main est moite, lourde de prétention. Il me dit : - Eva, tu es une femme magnifique qui gaspille sa lumière. Laisse-moi la faire briller.
Elle s'arrête, avalant difficilement.
— Je la retire. Je lui dis que mon amour pour toi est inébranlable. Il rit. Pas un grand rire, un petit rire méprisant. Il dit que l'amour est un beau sentiment, mais que la réalité a un prix. Et qu'il est prêt à payer ce prix pour moi. C'est là qu'il propose que je devienne son amante. Il est vulgaire, détaillé. Il parle de moi comme d'un objet à acquérir.
Je ferme les yeux. Dans ma tête, le visage de Jim se matérialise. Son costume trois pièces, sa montre prétentieuse, son sourire arrogant. Je le vois parlant à ma femme, la touchant. La colère froide se mue en une fureur blanche, un besoin primal de le détruire, d'effacer son existence de la surface de la terre.
— Il ne t'embêtera plus, dis-je, ma voix un grondement sourd et dangereux. Plus jamais.
Eva se lève enfin et vient vers moi, son regard inquiet.
— Thomas ? Qu'est-ce que tu vas faire ?
— Ce que je sais faire, répondis-je simplement. Je vais le régler. Définitivement.
Je vois la prise de conscience dans ses yeux. Elle me connaît par cœur. Elle sait ce que le mot « régler » signifie quand il sort de ma bouche dans cet état. Elle connaît les compétences que j'ai acquises, non pas à l'armée, mais dans les années qui ont suivi, dans l'ombre.
— Non, dit-elle fermement, posant ses mains sur ma poitrine. Non, Thomas. Pas comme ça.
— Eva, il t'a humiliée. Il a menacé ce que nous avons. Il pense qu'il peut tout acheter, tout posséder. Il faut lui apprendre que certaines choses n'ont pas de prix. Et que certaines vies n'ont aucune valeur.
— Je sais que tu en es capable, dit-elle, sa voix tremblante d'émotion. C'est ça qui me fait peur. Je sais que si tu le décides, personne ne le reverra jamais vivant. Tu es le plus efficace, le plus silencieux. Mais ensuite ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu retournes en prison pour le reste de tes jours ? Tu laisses tes filles, moi ? Tu vas détruire sa vie pour sauver la nôtre, et au final, tu détruiras tout ?
Ses mots sont comme des seaux d'eau glacée sur le feu de ma rage. Elle a raison. La logique froide que j'ai toujours appliquée à mes missions me revient. Tuer Jim est une solution à court terme, une satisfaction immédiate, mais un désastre à long terme. Ce n'est pas l'acte d'un homme qui protège sa famille, mais celui d'une bête en cage qui mord avant d'être abattue.
— Alors que proposes-tu ? demandai-je, la colère battant en retraite mais toujours là, sourde et prête à resurgir. On le laisse faire ?
— Non. On le frappe là où ça fait le plus mal. Pas physiquement. À son orgueil. À son argent. On va le détruire, mais pas en lui enlevant la vie. On va lui enlever tout ce pour quoi il vit.
Je la regarde longtemps. Mon épouse. Elle n'est pas seulement une belle femme, elle est brillante, stratège. Elle a raison. C'est une meilleure voie. Plus cruelle, plus lente, mais infiniment plus sûre. Pour nous.
— J'ai besoin de toi, Thomas, murmure-t-elle, ses yeux se mouillant. J'ai besoin de te sentir à moi. De te savoir entier, avec moi. Pas en prison, pas en cavale. Juste à moi.
Cette fois, la colère est entièrement remplacée par autre chose. Une vague de possessivité, d'amour et de désir si intense qu'elle me déstabilise. Je la prends dans mes bras, nos corps se collant l'un à l'autre comme si nous cherchions à nous fondre. Mes mains parcourent son dos, sentant la chaleur de sa peau à travers le fin tissu de sa robe.
— Tu es à moi, murmurai-je dans ses cheveux. Personne d'autre.
Je l'embrasse. Ce n'est pas un baiser tendre, mais un baiser de conquête, de réappropriation. Mes lèvres écrasent les siennes, ma langue pénètre sa bouche, explorant, revendiquant. Elle répond avec la même ferveur, ses mains s'agrippant à mes épaules, m'attirant plus profondément dans l'étreinte.
Sans rompre le baiser, je la soulève. Ses jambes s'enroulent instinctivement autour de ma taille. Je la porte jusqu'à notre chambre, chaque pas étant une affirmation de notre union. Je la dépose doucement sur le lit, mais la douceur s'arrête là.
Nos vêtements sont déchirés, arrachés dans une impatience mutuelle. Je veux la voir, la posséder entièrement. Quand elle est nue devant moi, sa peau lisse et pâle dans la lumière tamisée de la chambre, je reste un instant à la contempler. Ses seins lourds, ses hanches généreuses, le triangle sombre entre ses cuisses. Elle est à moi.
Je me penche et prends un de ses tétons dans ma bouche, le suçant, le mordillant jusqu'à ce qu'il se durcisse et qu'elle pousse un gémissement. Ma main libre caresse son ventre, puis descend plus bas, mes doigts glissant dans la chaleur humide de son sexe. Elle est déjà prête pour moi, désirante.
— Thomas, maintenant… supplie-t-elle.
Mais je ne suis pas prêt. Je veux la marquer. Je la retourne brusquement sur le ventre. Elle pousse un petit cri de surprise, mais ne proteste pas. Je m'agenouille entre ses jambes écartées et, sans autre préparation, je place ma bite dure et pulsante contre l'entrée de son anus. Je sais que c'est ce qu'elle veut. Un acte de possession totale, de soumission volontaire qui scellera notre pacte. Je m'humecte les doigts dans son propre jus qui coule abondamment de sa chatte et j'étale la lubrification sur son trou serré, préparant le terrain. Puis, sans un mot de plus, je m'enfonce.
Un cri s'étrangle dans sa gorge, un mélange de douleur et de plaisir intense. Je ne m'arrête pas. Je l'envahis complètement, jusqu'à ce que mes couilles viennent heurter sa chair. Elle est si chaude, si incroyablement serrée. Je laisse mon sexe reposer un instant au plus profond d'elle, la laissant s'habituer à ma présence, à cette invasion totale.
— Tu es à moi, répète-je, ma voix rauque. Rien de toi ne m'échappera.
Puis je commence à bouger. Chaque coup de rein est puissant, profond, presque brutal. Je la prends comme un animal marquant son territoire, mon corps se pliant au sien, ma main agrippée fermement à sa hanche pour la maintenir en place. Son visage est enfoui dans l'oreiller, étouffant ses cris et ses gémissements qui deviennent de plus en plus forts, de plus en plus rauques. Elle se cambre pour mieux me recevoir, son corps ondulant sous le mien, acceptant tout, demandant même plus.
Le son de nos corps s'entrechoquant remplit la pièce, un rythme primal, une musique de la chair qui nous unit. Je sens la tension monter en moi, une pression irrésistible qui part du bas de ma colonne vertébrale. Je suis sur le point d'exploser, de la marquer de mon essence.
À la dernière seconde, je me retire d'elle avec une vitesse qui la fait sursauter. Je me relève, me positionnant au-dessus de son visage qu'elle a tourné vers moi, ses joues rouges et larmoyantes, ses yeux brillants d'un désir inassouvi. Ma main se ferme autour de ma bite, luisante et dure, et je me masturbe frénétiquement, ne la quittant pas des yeux.
— Ouvre la bouche, commande-je d'une voix brisée par l'effort.
Elle obéit instantanément, ses lèvres s'entrouvrant dans une attente supplicante. Avec un grognement guttural, je jouis. Le premier jet puissant frappe son front, un trait blanc et chaud sur sa peau pâle. Je vise sa joue, puis son nez, et enfin, comme elle l'a demandé, je dirige le dernier flot dans sa bouche ouverte. Elle l'accueille, sa langue se jetant pour recueillir chaque goutte, avant d'avaler avec un sourire de satisfaction triomphante.
Elle est à moi. Couverte de moi. Intérieurement et extérieurement. C'est notre pacte scellé dans la chair et le sperme.
Je m'effondre à côté d'elle, le souffle court, le cœur battant la chamade. Elle se roule contre moi, sa tête sur ma poitrine, et nous restons ainsi longtemps, silencieux, écoutant nos respirations se calmer progressivement. La colère est partie, remplacée par une paix profonde, une certitude absolue. Nous sommes une seule et même entité, prêts à affronter Jim et le monde.
**********************************************************************************
Ce que nous ne savons pas, c'est que pendant ce temps, Cloé est rentrée plus tôt que prévu. En entendant les bruits venant de notre chambre, des gémissements et des chocs sourds, elle n'a pas pu résister à la curiosité. Avec une précaution infinie, elle s'est approchée et a regardé à travers la porte légèrement entrouverte. Ce qu'elle a vu l'a fascinée et choquée à la fois. La brutalité de l'acte, la soumission totale de sa mère, ma puissance déchaînée... C'est un spectacle d'une intensité qu'elle n'aurait jamais pu imaginer. Elle s'est retirée discrètement, son cœur battant à tout rompre, des images et des sensations nouvelles et troublantes tourbillonnant dans son esprit adolescent.
Plus tard, dans l'après-midi, pour se changer les idées, Cloé appelle Alice. - Envie d'aller faire du shopping ? J'ai besoin de nouvelles fringues.
Alice accepte avec enthousiasme. Elles se retrouvent en centre-ville et, après avoir fait le tour des magasins de vêtements habituels, Cloé, enhardie par les scènes de la matinée, tire Alice vers une boutique de lingerie chic et un peu provocante.
— Allez, on se fait plaisir ! dit-elle en passant la porte.
L'intérieur est feutré, luxueux. Les mannequins portent des ensembles qui laissent peu de place à l'imagination. Alice, d'habitude plus réservée, est prise dans le jeu. Elles essaient des dizaines de tenues : en dentelle noire, en soie rouge, en transparent. Dans les cabines, elles s'entraident, se commentent, rient. Puis, l'ambiance change légèrement. La complicité fait place à une tension plus électrique.
— Regarde, dit Alice en sortant d'un essayage, vêtue d'un ensemble en dentelle blanche qui contraste avec sa peau hâlée et ses cheveux blonds. Le soutien-gorge est à balcon, ses petits seins sont mis en valeur, et la culotte, un simple string, laisse voir ses fesses parfaites et musclées. Cloé sent son souffle se couper. Alice est magnifique.
— Tu es... incroyable, parvient-elle à dire.
Alice rougit légèrement. - C'est ton tour maintenant. Montre-moi ce que tu as pris.
Cloé entre dans sa cabine et revient quelques instants plus tard, vêtue d'un ensemble en cuir noir et en maille très fine. Le corset serre sa taille et souligne sa poitrine généreuse, et le short laisse échapper une partie de ses fesses rebondies. Elles se regardent en silence, l'air chargé d'une nouvelle énergie.
— On devrait... se prendre une photo, suggère Alice timidement. Pour se souvenir.
Cloé sort son téléphone. Ce qui devait être une simple photo souvenir se transforme rapidement en une séance d'essayage beaucoup plus audacieuse. Elles prennent des photos l'une de l'autre, puis des selfies. D'abord debout, puis assises sur le petit banc de la cabine. Les poses deviennent plus suggestives. Alice se tient derrière Cloé, ses mains posées sur ses hanches. Cloé se penche en avant, offrant son décolleté à l'objectif. Dans un élan de folie, elles se prennent en photo ensemble, leurs corps presque nus se frôlant, leurs joues se touchant, leurs regards chargés d'une promesse mystérieuse. Elles achètent plusieurs ensembles, le cœur battant, le corps vibrant d'une excitation qu'elles ne nomment pas, mais qu'elles ressentent toutes les deux.
**********************************************************************************
Ce soir-là, après le dîner, l'atmosphère est redevenue normale. Eva et moi avons retrouvé notre complicité, scellée par l'intimité de l'après-midi. Vers 22 heures, tout le monde monte se coucher. Je suis, cependant, trop tendu pour dormir. Les pensées de Jim tournent encore dans ma tête. Je me lève donc pour aller boire un verre de lait dans la cuisine.
En passant dans le couloir, un faible bruit attire mon attention. Il vient de la chambre de Cloé. Une sorte de frottement régulier, accompagné de petits souffles étouffés. Inquiet, je m'approche discrètement et me penche vers la porte, qui n'est pas complètement fermée. Ce que je vois me cloue sur place.
Cloé est nue sur son lit, allongée sur le dos. La lumière de la lune filtrant par la fenêtre dessine les contours parfaits de son corps jeune. Une jambe est pliée, le pied posé à plat sur le matelas, l'autre est tendue. Sa main, entre ses cuisses, se déplace avec une lenteur et une assurance qui trahissent une connaissance intime de son propre plaisir. Ses yeux sont fermés, sa tête légèrement rejetée en arrière, ses lèvres entrouvertes laissant échapper de petits gémissements. Je sens un choc électrique me parcourir. C'est ma fille. Je sais que je devrais reculer, la laisser à son intimité, mais je suis incapable de bouger. Je suis captivé, hypnotisé par le spectacle. Je vois le corps de la petite fille que j'ai élevée se transformer sous mes yeux en celui d'une femme épanouie dans sa sensualité. J'observe la courbe de ses seins, la ligne de son ventre, le mouvement de sa main qui accélère, le rythme de sa respiration qui se fait plus saccadé.
Je sens une chaleur monter en moi, une réaction physique troublante et immédiate que je m'empresse de réprimer. Je ne suis pas insensible à la beauté de ce que je vois, à la pureté de cette expression de désir. Je reste là, un spectateur invisible, jusqu'à ce que le corps de Cloé se tende dans un spasme silencieux, un soupir de satisfaction s'échappant de ses lèvres. Alors seulement, je me retire, sur la pointe des pieds, mon propre cœur battant à tout rompre, mon esprit en ébullition.
Je retourne dans la cuisine, bois mon verre d'un trait, et reste un long moment appuyé contre le plan de travail, essayant de faire le vide. Je suis perturbé, non pas par dégoût, mais par une complexité d'émotions que je ne peux nommer. Finalement, je décide de retourner me coucher.
En passant de nouveau devant la chambre de Cloé, je vois que son téléphone est posé sur la table de chevet, l'écran allumé. Elle a dû s'endormir en le regardant. Par un réflexe quasi involontaire, j'entre silencieusement dans la chambre pour le ramasser et le brancher, évitant qu'il ne se décharge. Je le prends en main. L'écran est toujours actif, affichant la galerie de photos. Et là, je vois.
La première photo est celle de Cloé en lingerie noire, une pose un peu timide. Je fais glisser mon doigt. La suivante la montre plus audacieuse, un léger sourire aux lèvres. Je continue, mon intérêt paternel se muant rapidement en une fascination troublante. Puis apparaissent les photos prises avec Alice. Les deux filles, ensemble. L'ensemble en dentelle blanche d'Alice sur sa peau dorée, le contraste saisissant. Puis les photos où elles sont proches, très proches. Leurs corps se frôlent. Une photo où Alice se tient derrière Cloé, son menton posé sur son épaule, ses mains descendant lentement sur ses hanches. Je sens ma gorge se serrer. Je ne suis pas insensible au physique d'Alice, que je n'avais jusqu'à présent vue qu'en fille timide et effacée. Sur ces photos, elle est une autre personne. Confidente, sensuelle, son corps de sportive est parfait, ses fesses fermes, sa petite poitrine mignonne et bien proportionnée. Elle est magnétique.
Je continue de faire défiler les images, chaque photo étant une montée en intensité. La dernière est la plus explosive. Un selfie des deux filles, très proches l'une de l'autre, leurs joues presque touchantes. Elles portent la lingerie qu'elles ont achetée. Mais le plus troublant est leurs regards. Ils ne sont pas tournés vers l'objectif, mais l'un vers l'autre. Il y a dans leurs yeux une lueur, une étincelle de désir, de complicité, de secret partagé qui dépasse de loin l'amitié. C'est une promesse silencieuse, une intimité naissante que la photo a capturée pour l'éternité.
Je reste figé, le téléphone tremblant légèrement dans ma main. Je suis face à un monde que je ne connais pas, celui de la sexualité exploratrice de ma fille et de son amie. Un monde de désirs naissants, de poses suggestives, d'une beauté troublante et dangereuse. Je ressens une multitude de sentiments contradictoires : la protection paternelle qui veut la mettre à l'abri, l'homme qui ne peut nier la beauté crue et captivante des images, et une pointe de jalousie, absurde et inavouable, envers cette intimité que les deux filles partagent et dont je suis exclu.
Je ferme les yeux, forçant l'image à disparaître. Puis, avec une discipline de fer, je pose le téléphone sur la table de chevet, le branche silencieusement et sors de la chambre sans un bruit. Je retourne dans mon lit, auprès d'Eva qui dort paisiblement. Mais le sommeil m'est impossible. Les images tournent en boucle dans mon esprit. Cloé seule, se découvrant. Cloé et Alice, ensemble, découvrant un autre type de plaisir. Je comprends que ma fille n'est plus une enfant. Qu'elle devient une femme, avec ses désirs, ses secrets, sa propre vie. Et cette prise de conscience est à la fois magnifique et douloureuse. Je sais que je dois respecter son intimité, que je n'ai aucun droit sur ce monde. Mais je sais aussi, avec une certitude terrifiante, que je ne pourrai plus jamais la regarder de la même manière. Je viens de perdre une part de ma petite fille, et dans le silence de la nuit, j'en pleure silencieusement la disparition.
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