Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Éloïse in the twenties — Chapitre 7 · Sans rien attendre
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Éloïse in the twenties
Chapitre 7 · Sans rien attendre
On s'est revus. Plusieurs fois. Une semaine après cette première soirée, puis une autre, puis encore. Ça n'avait pas de rythme précis. Pas de règle. Juste... quand l'un ou l'autre en avait besoin. Un message. "T'es libre ce soir ?" Oui. Toujours oui. Parfois, on se retrouvait dans ce même café près de la gare. On parlait. De tout. De rien. D'Adel qui allait mieux. De mes recherches d'emploi qui n'aboutissaient toujours pas. De ses journées monotones au bureau. De mes journées et surtout mes soirées chez mes grands-parents qui devenaient de plus en plus étouffantes.
D'autres fois, je venais directement chez lui. Il cuisinait. Rien d'extraordinaire. Des pâtes. Un rôti. Une salade. Mais c'était bon. Réconfortant. On mangeait face à face. On riait parfois. Pas beaucoup. Juste assez pour que ce soit agréable. Adel n'était jamais là. Enfin, presque jamais. Il venait de partir quand j'arrivais. Ou il était chez un copain. Ou chez sa grand-mère. Alioune ne détaillait pas. Moi non plus je ne posais pas de questions. C'était mieux comme ça. Moins compliqué.
Certaines nuits, je restais. Il me proposait la chambre d'amis. À l'étage. Une pièce sobre, un peu impersonnelle. Un clic-clac. Une petite armoire. Quelques cartons empilés dans un coin — des affaires à elle, probablement. Des vêtements, des livres, des objets qu'il n'avait pas eu le courage de jeter. La pièce sentait le renfermé. Mais c'était calme. Silencieux. Je dormais mieux là-bas que chez mes grands-parents. Peut-être parce que je n'entendais pas leurs soupirs inquiets à travers les murs. Peut-être parce que je me sentais moins jugée. Moins observée. Juste... ailleurs.
Et progressivement, je me sentais un peu mieux. Pas guérie. Pas comblée. Mais un peu plus vivante. Comme si cette routine douce — ces dîners, ces conversations, ces nuits paisibles— me sortait lentement du trou dans lequel j'étais enfoncée.
Et progressivement, je me sentais un peu mieux. Pas guérie. Pas comblée. Mais un peu plus vivante. Comme si cette routine douce — ces dîners, ces conversations, ces nuits paisibles— me sortait lentement du trou dans lequel j'étais enfoncée.
*****
Un soir, on était allongés sur le canapé. Lui assis, moi la tête posée contre son épaule. On venait de finir un film. Je ne me souviens même plus lequel. Juste que c'était doux. Lent. Pas important. Il avait passé son bras autour de moi. Pas de façon possessive. Juste... là. Confortable. J'aimais ça. Cette proximité sans pression. Cette intimité qui ne demandait rien. Puis il avait parlé, calmement.
— Éloïse...je voulais te dire quelque chose.
Je m'étais redressée, l'avais regardé.
— Quoi?
— Ce qu'on a, toi et moi... j'aime bien. Vraiment. Mais je...
Il s'était arrêté. Il cherchait ses mots.
— Je me sens pas prêt pour une relation. Pas maintenant. Par rapport à ma femme, Adel, tout ça... c'est trop tôt. Tu comprends ?
J'avais hoché la tête. Je comprenais. Mieux qu'il ne le pensait.
— Moi non plus, avais-je dit. Je cherche pas ça.
Il avait souri. Soulagé.
— Tant mieux.
Puis il avait ajouté :
— Et puis, je peux pas... enfin, le lit. Notre lit. Je peux pas y dormir avec... quelqu'un d'autre. Pas encore. C'est con, mais...
— C'est pas con. Je comprends.
— La chambre d'amis, ça te va ?
— Oui. Ça me va.
On était restés silencieux un moment. Puis il avait repris.
— Tu sais, ça me fait du bien que tu sois là. Et je pense qu'Adel le sent, ça se répercute. Il va mieux. Il parle plus. Il sourit. C'est grâce à toi, je crois.
J'avais souri. Pas convaincue, mais touchée.
— Je fais rien de spécial.
— Si.Tu existes. C'est déjà beaucoup.
— Éloïse...je voulais te dire quelque chose.
Je m'étais redressée, l'avais regardé.
— Quoi?
— Ce qu'on a, toi et moi... j'aime bien. Vraiment. Mais je...
Il s'était arrêté. Il cherchait ses mots.
— Je me sens pas prêt pour une relation. Pas maintenant. Par rapport à ma femme, Adel, tout ça... c'est trop tôt. Tu comprends ?
J'avais hoché la tête. Je comprenais. Mieux qu'il ne le pensait.
— Moi non plus, avais-je dit. Je cherche pas ça.
Il avait souri. Soulagé.
— Tant mieux.
Puis il avait ajouté :
— Et puis, je peux pas... enfin, le lit. Notre lit. Je peux pas y dormir avec... quelqu'un d'autre. Pas encore. C'est con, mais...
— C'est pas con. Je comprends.
— La chambre d'amis, ça te va ?
— Oui. Ça me va.
On était restés silencieux un moment. Puis il avait repris.
— Tu sais, ça me fait du bien que tu sois là. Et je pense qu'Adel le sent, ça se répercute. Il va mieux. Il parle plus. Il sourit. C'est grâce à toi, je crois.
J'avais souri. Pas convaincue, mais touchée.
— Je fais rien de spécial.
— Si.Tu existes. C'est déjà beaucoup.
*****
Quelques jours plus tard, on était attablés dans sa cuisine. Il avait fait des pâtes. Simples. Avec du pesto, de l'huile d'olive, du persil. Rien d'extraordinaire, mais c'était bon. À un moment, il m'avait regardée.
— Tu vas faire quoi, Éloïse ? Pour le boulot, je veux dire.
J'avais haussé les épaules.
— Je sais pas. Continuer à chercher, j'imagine.
— Et le concours ? Tu pourrais le repasser, non ?
J'avais souri. Sans joie.
— Peut-être. Je sais pas si j'y crois encore.
— Pourquoi pas ? T'as raté à 0,1 point. C'est rien. La prochaine fois, tu l'auras.
— Ouais.Peut-être.
Il avait insisté.
— Tu devrais essayer. Vraiment. Tu mérites mieux que de galérer comme ça.
— Tu vas faire quoi, Éloïse ? Pour le boulot, je veux dire.
J'avais haussé les épaules.
— Je sais pas. Continuer à chercher, j'imagine.
— Et le concours ? Tu pourrais le repasser, non ?
J'avais souri. Sans joie.
— Peut-être. Je sais pas si j'y crois encore.
— Pourquoi pas ? T'as raté à 0,1 point. C'est rien. La prochaine fois, tu l'auras.
— Ouais.Peut-être.
Il avait insisté.
— Tu devrais essayer. Vraiment. Tu mérites mieux que de galérer comme ça.
J'avais hoché la tête. Pas convaincue. Mais quelque part, ses mots m'avaient touchée. Parce qu'il y croyait, lui. Même si moi, je n'y croyais plus. Puis il avait ajouté, après un silence :
— Tu sais, la chambre d'amis... elle est là. Si jamais tu veux rester... plus longtemps. Pour réviser. Pour te poser. Pour... je sais pas. Respirer.
Je l'avais regardé, surprise.
— Je peux pas te payer de loyer.
— Je te demande pas de loyer.
— Mais...
— Éloïse. Ça me fait plaisir. Vraiment. Depuis que t'es dans ma vie, c'est mieux. Pour moi. Pour Adel. T'as rien à me donner en échange.
J'avais senti quelque chose se serrer dans ma poitrine. De la reconnaissance. De la culpabilité. Un mélange des deux.
— T'es sûr ?
— Oui.
— Tu sais, la chambre d'amis... elle est là. Si jamais tu veux rester... plus longtemps. Pour réviser. Pour te poser. Pour... je sais pas. Respirer.
Je l'avais regardé, surprise.
— Je peux pas te payer de loyer.
— Je te demande pas de loyer.
— Mais...
— Éloïse. Ça me fait plaisir. Vraiment. Depuis que t'es dans ma vie, c'est mieux. Pour moi. Pour Adel. T'as rien à me donner en échange.
J'avais senti quelque chose se serrer dans ma poitrine. De la reconnaissance. De la culpabilité. Un mélange des deux.
— T'es sûr ?
— Oui.
*****
Ce soir-là, après le dîner, on s'était installés sur le canapé. Comme d'habitude. La musique en fond. La lumière tamisée. Le silence confortable. Et puis, sans réfléchir, je m'étais agenouillée devant lui. Ce geste, je l'avais fait tant de fois. Avec tant d'autres. C'était familier, naturel, instinctif. Mais là, c'était différent. Ce n'était pas une fuite. C'était... un choix. Un vrai. Conscient.
Mes mains avaient défait sa ceinture, puis son jean. Je l'avais libéré. Et dès que je l'avais pris dans ma main, quelque chose s'était détendu en moi. Comme si mon cerveau, en hyper-vigilance permanente depuis des semaines — des mois, des années peut-être —, s'était enfin arrêté. Plus de pensées parasites. Plus d'angoisses qui tournaient en boucle. Juste... ce moment. Lui, son sourire, son sexe érigé devant moi. Moi, entre ses cuisses, sa queue entre les mains et mes yeux qui ne s'en détachaient pas. Puis, j'avais fermé les yeux. Posé mes lèvres sur lui, senti cette chaleur familière. Cette douceur devenue familière. La peau lisse, tendue. Ce gland parfaitement arrondi, légèrement humide déjà. J'avais passé ma langue dessus. Lentement, savourant presque. Pas forcément le goût — même si je l'aimais — mais le geste. L'attention, la présence, la sensation.
Mon cerveau s'était vidé. Complètement. Pour la première fois depuis si longtemps, je n'étais plus dans ma tête. J'étais là. Vraiment là. À l'écoute, de mes sensations, de mon corps, de mes lèvres qui s'ouvraient et entouraient son membre. De ma langue qui caressait sa hampe. De ma main qui se refermait autour de lui, ferme mais douce, pendant que l'autre caressait délicatement le dessous de ses bourses. À son écoute, aussi. De son souffle qui s'accélérait. De son sexe gonflé. De ses cuisses qui se tendaient. De ses doigts qui se glissaient dans mes cheveux, tremblants, hésitants. Comme s'il n'osait pas vraiment toucher. Comme s'il avait peur que je disparaisse.
Je l'avais pris plus profondément. Mes lèvres glissaient sur sa queue. Ma langue suivait le mouvement. Je connaissais ce rythme par cœur. Lent d'abord. Puis un peu plus rapide. Juste assez, pas trop. Juste ce qu'il fallait pour que son corps réagisse. Pour qu'il se laisse aller. Et moi, je sentais cette chaleur qui m'inondait le thorax. Plus qu'un apaisement, je me sentais... heureuse. Pas d'une joie éclatante. Pas de bonheur débordant. Juste... bien. Apaisée. Comme si tout le stress, toute l'anxiété, tout le poids qui pesait sur mes épaules depuis des semaines se dissolvait. Comme si cet acte me libérait autant que lui.
Les endorphines se diffusaient dans mon corps. Lentement, comme une vague chaude qui partait de mon ventre et remontait jusqu'à ma tête. Mon cœur battait plus lentement. Ma respiration s'était calée sur la sienne. On était synchrones. Connectés. Pas dans un sens romantique. Juste... humainement. Je sentais qu'il était proche. Son sexe gonflait encore un peu. Se durcissait. Sa respiration devenait saccadée, son sexe tressautait. Ses hanches bougeaient légèrement, malgré lui. Il murmurait mon prénom. Une fois. Deux fois.
Puis il s'était abandonné et je me laissais aller au même ravissement. Cette chaleur, cette texture épaisse, presque crémeuse. Ce goût salé, un peu amer, légèrement sucré aussi. Familier. Rassurant. Je l'avais accueilli sans reculer. Comme toujours. Comme je l'avais toujours fait. Parce que cette inondation onctueuse faisait partie de mon plaisir. Elle en était même le point culminant. Je l'avais gardé dans ma bouche un instant. Les yeux fermés. Immobile. Un peu de lui en moi. Savourant ce moment de suspension. Cette connexion fugace. Puis je l'avais avalé, sentant son sperme couler dans mon œsophage comme pour me coloniser.
Puis, je m'étais relevée, lentement, et m'étais assise à côté de lui. On était restés silencieux un moment. Nos respirations encore un peu saccadées. Mais apaisées, synchrones. Et moi, je me sentais... libérée. Légère, comme si quelque chose s'était dénoué en moi. Pas définitivement. Pas pour toujours. Mais pour l'instant, ça suffisait.
Rompant le silence, j'avais parlé.
— C'était bien, avais-je affirmé. Pour toi. Mais pour moi aussi.
Il avait hoché la tête. J'avais continué.
— Je peux continuer à venir. À te... soulager. Pas de couple. Juste un arrangement. En échange de la chambre.
Il m'avait regardée. Surpris, pas choqué. Juste... surpris. J'avais souri. Un sourire un peu triste.
— Je serai ta vide-couilles, quoi.
Il avait ouvert la bouche. L'avait refermée. Puis :
— T'es sûre ?
— Oui.
— Je veux pas que tu te sentes...
— Je me sens pas obligée. C'est moi qui te le propose.
Il avait réfléchi. Longtemps. Puis avait fini par hocher la tête.
— D'accord.
— D'accord ?
— Oui. Si c'est ce que tu veux. Si ça te va vraiment.
— Ça me va vraiment, j'ai envie de... faire ça pour toi.
On s'était regardés. Et quelque chose s'était scellé entre nous. Pas un contrat. Pas une transaction froide. Juste... un arrangement. Honnête, clair, assumé. Et sans attentes.
— C'était bien, avais-je affirmé. Pour toi. Mais pour moi aussi.
Il avait hoché la tête. J'avais continué.
— Je peux continuer à venir. À te... soulager. Pas de couple. Juste un arrangement. En échange de la chambre.
Il m'avait regardée. Surpris, pas choqué. Juste... surpris. J'avais souri. Un sourire un peu triste.
— Je serai ta vide-couilles, quoi.
Il avait ouvert la bouche. L'avait refermée. Puis :
— T'es sûre ?
— Oui.
— Je veux pas que tu te sentes...
— Je me sens pas obligée. C'est moi qui te le propose.
Il avait réfléchi. Longtemps. Puis avait fini par hocher la tête.
— D'accord.
— D'accord ?
— Oui. Si c'est ce que tu veux. Si ça te va vraiment.
— Ça me va vraiment, j'ai envie de... faire ça pour toi.
On s'était regardés. Et quelque chose s'était scellé entre nous. Pas un contrat. Pas une transaction froide. Juste... un arrangement. Honnête, clair, assumé. Et sans attentes.
*****
Le lendemain, je suis rentrée chez mes grands-parents. Pour la dernière fois, peut-être. Ou en tout cas, pour préparer mon départ. Je suis montée dans ma chambre, je me suis allongée sur mon lit et j'ai regardé le plafond en repensant à ce qui venait de se passer. À cet arrangement. À cette chambre qui m'attendait. À Alioune. À nous.
Je me sentais... soulagée. Pas heureuse, pas comblée, soulagée. Parce que j'avais enfin une issue. Une perspective. Quelque chose qui ressemblait à un avenir, même flou. Est-ce que c'était bien ? Est-ce que c'était mal ? Je ne savais pas. Je m'en foutais, presque. Tout ce que je savais, c'est que je n'attendrais plus. Plus les bons résultats qui ne venaient pas. Plus la vie qui commencerait un jour. Plus rien. J'allais juste...avancer. Un peu. À ma façon. Même bancale. Même imparfaite.
Je me sentais... soulagée. Pas heureuse, pas comblée, soulagée. Parce que j'avais enfin une issue. Une perspective. Quelque chose qui ressemblait à un avenir, même flou. Est-ce que c'était bien ? Est-ce que c'était mal ? Je ne savais pas. Je m'en foutais, presque. Tout ce que je savais, c'est que je n'attendrais plus. Plus les bons résultats qui ne venaient pas. Plus la vie qui commencerait un jour. Plus rien. J'allais juste...avancer. Un peu. À ma façon. Même bancale. Même imparfaite.
Sans rien attendre.
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