Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
"Toute nue" — Chapitre 6
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
"Toute nue"
Chapitre 6
La vidéo « descente du tabouret » qu'elle s'était empressée de mettre en ligne avait rencontré un franc succès.
‒ T'as vu ça ? Plus de dix mille fois elle a été visionnée. En à peine vingt-quatre heures. Et tous ces commentaires ! Je les rends fous, les mecs. Il y a pas photo. T'as lu celui d'Alessandro ? Oui, bien sûr que tu l'as lu. Près de trente lignes. Il m'adore. Il adore mon corps. Et il a les mots qu'il faut.
‒ Ah, ça, sûr que tu lui fais de l'effet ! Tu verrais ces messages qu'il m'a envoyés en privé à moi.
‒ Qu'est-ce qu'il te raconte ?
‒ Tu veux voir ?
Elle a tendu la main.
‒ Un peu que je veux !
Et je lui ai tendu mon smartphone. Elle s'est mise à lire…
‒ Il mâche pas ses mots, ce qu'il y a de sûr. Mais ça, vous, quand vous êtes entre mecs… C'est cru, mais c'est pas déplaisant. Moi, en tout cas, j'aime bien.
Elle a hoché la tête.
‒ Qu'il veuille le voir bâiller davantage, mon minou, ça, c'est pas un problème. Je vais le faire attendre un peu, c'est de bonne guerre, mais il l'aura ouverte au large, ma chatte. Et même au grand large.
Elle a poursuivi sa lecture, fait la moue.
‒ Oui, oh, alors ça, la voir fourrée, comme il dit, ça va pas être possible. Parce qu'il y a que Richard qui me fourre. Et il est à cent mille lieues de tout ça, Richard…
Elle a poussé un profond soupir.
‒ Je me vois pas le tromper. Je suis peut-être complètement conne, parce qu'on n'a qu'une vie et que je passe sûrement à côté de plein de trucs, mais, dans l'état actuel des choses, je peux pas. Même si c'est plus ce que c'était, tous les deux. Que ça s'est étiolé. On vit en parallèle. Lui avec son boulot. C'est sa seule véritable raison d'être. Et moi complètement investie dans ce que tu sais. Tout ça ! Qui prend de plus en plus d'importance. Il faudrait que je finisse par en tirer les conclusions qui s'imposent, je sais bien. Mais, malgré tout, je tiens à lui. Et peut-être plus encore aux souvenirs qu'on s'est forgés ensemble. Et à l'idée de ce que doit être un couple. Unique. Éternel.
Elle s'est secouée.
‒ Bon, mais j'ai pas envie de penser à ça. Pas maintenant. Tu lui as dit à Alessandro que tu me connaissais ? Qu'il pourrait peut-être me rencontrer un jour en vrai.
‒ Pas plus tard qu'hier soir.
‒ Et il en a dit quoi ?
‒ Il en crève d'envie.
Elle a souri.
‒ Je peux bien lui faire ce petit plaisir.
Elle s'est levée.
‒ Je vais aller essayer des maillots. V'là l'adresse. Donne-la-lui ! Qu'il nous rejoigne !
Il a répondu presque tout de suite. « J'arrive ! »
Elle m'a donné ses consignes.
‒ Jusqu'à ce qu'il soit là, on fait ceux qui se connaissent pas. Tu surveilles bien toutes les réactions. Des hommes. Des femmes. De tout le monde. Que tu puisses me raconter après. Avec plein de détails. Et lui, dès qu'il sera là, tu le feras entrer dans la cabine.
‒ T'as vu ça ? Plus de dix mille fois elle a été visionnée. En à peine vingt-quatre heures. Et tous ces commentaires ! Je les rends fous, les mecs. Il y a pas photo. T'as lu celui d'Alessandro ? Oui, bien sûr que tu l'as lu. Près de trente lignes. Il m'adore. Il adore mon corps. Et il a les mots qu'il faut.
‒ Ah, ça, sûr que tu lui fais de l'effet ! Tu verrais ces messages qu'il m'a envoyés en privé à moi.
‒ Qu'est-ce qu'il te raconte ?
‒ Tu veux voir ?
Elle a tendu la main.
‒ Un peu que je veux !
Et je lui ai tendu mon smartphone. Elle s'est mise à lire…
‒ Il mâche pas ses mots, ce qu'il y a de sûr. Mais ça, vous, quand vous êtes entre mecs… C'est cru, mais c'est pas déplaisant. Moi, en tout cas, j'aime bien.
Elle a hoché la tête.
‒ Qu'il veuille le voir bâiller davantage, mon minou, ça, c'est pas un problème. Je vais le faire attendre un peu, c'est de bonne guerre, mais il l'aura ouverte au large, ma chatte. Et même au grand large.
Elle a poursuivi sa lecture, fait la moue.
‒ Oui, oh, alors ça, la voir fourrée, comme il dit, ça va pas être possible. Parce qu'il y a que Richard qui me fourre. Et il est à cent mille lieues de tout ça, Richard…
Elle a poussé un profond soupir.
‒ Je me vois pas le tromper. Je suis peut-être complètement conne, parce qu'on n'a qu'une vie et que je passe sûrement à côté de plein de trucs, mais, dans l'état actuel des choses, je peux pas. Même si c'est plus ce que c'était, tous les deux. Que ça s'est étiolé. On vit en parallèle. Lui avec son boulot. C'est sa seule véritable raison d'être. Et moi complètement investie dans ce que tu sais. Tout ça ! Qui prend de plus en plus d'importance. Il faudrait que je finisse par en tirer les conclusions qui s'imposent, je sais bien. Mais, malgré tout, je tiens à lui. Et peut-être plus encore aux souvenirs qu'on s'est forgés ensemble. Et à l'idée de ce que doit être un couple. Unique. Éternel.
Elle s'est secouée.
‒ Bon, mais j'ai pas envie de penser à ça. Pas maintenant. Tu lui as dit à Alessandro que tu me connaissais ? Qu'il pourrait peut-être me rencontrer un jour en vrai.
‒ Pas plus tard qu'hier soir.
‒ Et il en a dit quoi ?
‒ Il en crève d'envie.
Elle a souri.
‒ Je peux bien lui faire ce petit plaisir.
Elle s'est levée.
‒ Je vais aller essayer des maillots. V'là l'adresse. Donne-la-lui ! Qu'il nous rejoigne !
Il a répondu presque tout de suite. « J'arrive ! »
Elle m'a donné ses consignes.
‒ Jusqu'à ce qu'il soit là, on fait ceux qui se connaissent pas. Tu surveilles bien toutes les réactions. Des hommes. Des femmes. De tout le monde. Que tu puisses me raconter après. Avec plein de détails. Et lui, dès qu'il sera là, tu le feras entrer dans la cabine.
* * *
On s'est quittés au coin de la rue.
‒ Vas-y le premier…
C'était immense. À l'intérieur, il y avait une bonne trentaine de personnes. Sans compter les vendeuses. Ça regardait. Ça fouinait. Ça errait entre les portants.
Elle a fait son apparition cinq minutes plus tard, s'est tranquillement dirigée vers le rayon des maillots. Y a séjourné un long moment. Elle en a sélectionné deux avec lesquels elle s'est dirigée vers les cabines. La première dont elle s'est bien gardée de tirer le rideau jusqu'au bout. Il s'en fallait d'une quinzaine de centimètres. Et elle s'est déshabillée. Elle a tout enlevé. Tout. Toute nue. De dos. Un type d'une cinquantaine d'années s'est approché, est passé lentement, très lentement, est revenu sur ses pas. Encore une fois. Dans l'autre sens. Une femme, sans doute sa femme, l'a appelé d'une voix forte : « Ben alors, Gilles, qu'est-ce tu fous ? C'est pour toi, pour te choisir un pantalon qu'on est là ! » Il s'est éloigné à regret. Elle, elle avait enfilé un maillot une pièce noir. Elle se regardait devant la grande glace en pied, ajustait sur les seins, faisait claquer l'élastique sur les fesses. Ça la moulait de très très près. Lui dessinait à la perfection les fesses et le minou.
Derrière moi, un jeune de mon âge m'a glissé à l'oreille : « Pas mal, hein ! Ça arrive, parfois, qu'il y ait des distraites comme ça. Pas assez souvent, mais ça arrive. La preuve ! Suffit alors de trouver le bon angle de vue. Comme là ! C'est génial. » Elle est sortie du maillot. De profil. « Avec un peu de chance on va lui voir la foune » On la lui a vue. Très brièvement. Une fraction de seconde. Et puis elle s'est tournée. À nouveau les fesses. L'autre maillot. Rouge, celui-là. Le jeune s'est éloigné « Il y a l'air d'y avoir un truc pas mal non plus là-bas. »
Absorbé dans ma contemplation de Lydia, je ne l'ai pas vu arriver. Il s'est planté à mes côtés. Un vieux monsieur. « Alessandro? » Il a fait signe que oui. « Elle est là. Vous pouvez y aller. » Il ne se l'est pas fait répéter deux fois. Il s'est engouffré dans la cabine et elle a refermé le rideau sur eux. Il s'est passé une dizaine de minutes et puis il est ressorti, les joues en feu, le regard brillant. Il a filé à grands pas vers la porte sans le moindre mot pour moi au passage. Lydia s'est à son tour extirpée de la cabine. Elle s'était rhabillée.
Au-dehors, on a d'abord marché quelques instants en silence.
‒ Alors ?
Elle a haussé les épaules.
‒ Je sais pas. Bizarre. C'était ça et c'était pas ça. En même temps.
‒ Parce que ?
‒ Il m'a bouffée des yeux comme un fou. Il s'est déchaîné sur sa queue. C'était pas mal, oui. Mais j'ai pas retrouvé l'Alessandro des messages, celui qui me faisait vibrer avec ses mots. Pas une seule fois il n'a ouvert la bouche. Rien. Non, faut bien reconnaître, je suis un peu déçue.
Mon portable a vibré. Un message. D'Alessandro justement. « Un empêchement de dernière minute. J'enrage. Je me faisais une telle fête de cette rencontre ! J'espère qu'Élise ne m'en voudra pas. »
Elle a éclaté de rire.
‒ Ah, ben, d'accord ! Quel salaud, l'autre ! Non, mais quel salaud ! Tu parles qu'il a sauté sur l'occasion. Ça change tout. Et ça me déplaît pas finalement…
Elle m'a posé la main sur le bras.
‒ En tout cas, Alessandro, il perd rien pour attendre…
On s'est quittés au coin de la rue.
‒ Vas-y le premier…
C'était immense. À l'intérieur, il y avait une bonne trentaine de personnes. Sans compter les vendeuses. Ça regardait. Ça fouinait. Ça errait entre les portants.
Elle a fait son apparition cinq minutes plus tard, s'est tranquillement dirigée vers le rayon des maillots. Y a séjourné un long moment. Elle en a sélectionné deux avec lesquels elle s'est dirigée vers les cabines. La première dont elle s'est bien gardée de tirer le rideau jusqu'au bout. Il s'en fallait d'une quinzaine de centimètres. Et elle s'est déshabillée. Elle a tout enlevé. Tout. Toute nue. De dos. Un type d'une cinquantaine d'années s'est approché, est passé lentement, très lentement, est revenu sur ses pas. Encore une fois. Dans l'autre sens. Une femme, sans doute sa femme, l'a appelé d'une voix forte : « Ben alors, Gilles, qu'est-ce tu fous ? C'est pour toi, pour te choisir un pantalon qu'on est là ! » Il s'est éloigné à regret. Elle, elle avait enfilé un maillot une pièce noir. Elle se regardait devant la grande glace en pied, ajustait sur les seins, faisait claquer l'élastique sur les fesses. Ça la moulait de très très près. Lui dessinait à la perfection les fesses et le minou.
Derrière moi, un jeune de mon âge m'a glissé à l'oreille : « Pas mal, hein ! Ça arrive, parfois, qu'il y ait des distraites comme ça. Pas assez souvent, mais ça arrive. La preuve ! Suffit alors de trouver le bon angle de vue. Comme là ! C'est génial. » Elle est sortie du maillot. De profil. « Avec un peu de chance on va lui voir la foune » On la lui a vue. Très brièvement. Une fraction de seconde. Et puis elle s'est tournée. À nouveau les fesses. L'autre maillot. Rouge, celui-là. Le jeune s'est éloigné « Il y a l'air d'y avoir un truc pas mal non plus là-bas. »
Absorbé dans ma contemplation de Lydia, je ne l'ai pas vu arriver. Il s'est planté à mes côtés. Un vieux monsieur. « Alessandro? » Il a fait signe que oui. « Elle est là. Vous pouvez y aller. » Il ne se l'est pas fait répéter deux fois. Il s'est engouffré dans la cabine et elle a refermé le rideau sur eux. Il s'est passé une dizaine de minutes et puis il est ressorti, les joues en feu, le regard brillant. Il a filé à grands pas vers la porte sans le moindre mot pour moi au passage. Lydia s'est à son tour extirpée de la cabine. Elle s'était rhabillée.
Au-dehors, on a d'abord marché quelques instants en silence.
‒ Alors ?
Elle a haussé les épaules.
‒ Je sais pas. Bizarre. C'était ça et c'était pas ça. En même temps.
‒ Parce que ?
‒ Il m'a bouffée des yeux comme un fou. Il s'est déchaîné sur sa queue. C'était pas mal, oui. Mais j'ai pas retrouvé l'Alessandro des messages, celui qui me faisait vibrer avec ses mots. Pas une seule fois il n'a ouvert la bouche. Rien. Non, faut bien reconnaître, je suis un peu déçue.
Mon portable a vibré. Un message. D'Alessandro justement. « Un empêchement de dernière minute. J'enrage. Je me faisais une telle fête de cette rencontre ! J'espère qu'Élise ne m'en voudra pas. »
Elle a éclaté de rire.
‒ Ah, ben, d'accord ! Quel salaud, l'autre ! Non, mais quel salaud ! Tu parles qu'il a sauté sur l'occasion. Ça change tout. Et ça me déplaît pas finalement…
Elle m'a posé la main sur le bras.
‒ En tout cas, Alessandro, il perd rien pour attendre…
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Commentaires ()
La suite risque d’être très intéressante.
Merci encore @Exorium, c’est encore et toujours un plaisir de vous lire.