Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Dans l'antre des fluides — Chapitre 22 · Un nouveau désir
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Dans l'antre des fluides
Chapitre 22 · Un nouveau désir
Un nouveau désir
Julie avala une gorgée de IPA tout en écoutant l'homme qui tentait vainement de la séduire. Le visage affalé sur son poing, elle le dévisageait, lassée, alcoolisée et ennuyée.
Ils firent l'amour dans la chambre d'un petit hôtel. C'était correct. Pas de petites flammes dans l'estomac, pas de temps de pause non plus. Un rodéo qui obtiendrait à peine la moyenne.
C'est qu'elle en avait vu d'autres avec Yann. Il y avait de quoi pétiller, de quoi sourire et danser toute la nuit. Quitte à le refaire. Et le refaire. Et le refaire... Inlassablement. Une nuit, ils l'avaient même fait six fois de suite. Mais Yann était parti. C'était fini. Il fallait se contenter des restes à présent.
Julie se rhabilla et quitta la chambre pendant que son amant éphémère ronflait encore sur l'oreiller, la bave s'agglutinant autour de sa bouche.
Elle déambula dans la rue, pensive. Comme le temps avait changé. Elle se demandait toujours si un parviendrait à retrouver cette connexion si précieuse qu'elle avait connu. Ce petit truc qui était la quête de beaucoup. Cette flamme folle de passion qui viendrait la réinvestir à nouveau dans le plaisir et le désir.
Parfois, elle se demandait si elle n'avait pas fantasmé seule cette connexion, si elle avait compté, si elle avait été importante pour son ex... Puis en faisant le bilan, elle savait que non. En tout cas le respect s'était envolé depuis longtemps. Il était temps que tout s'arrête pour eux et de sauver le peu d'ego qu'il lui restait.
Elle espérait qu'il soit heureux et respectueux avec sa nouvelle compagne, et priait pour qu'il ne montre pas ses mauvais côtés. Elle se consolait en se disant que c'était peut-être juste une affaire de personne et que cette nouvelle femme bénéficierait sûrement d'un meilleur traitement.
Julie voulait tomber sur quelqu'un qui la désirait vraiment et qui ne la fasse pas sentir juste comme un objet, quelqu'un qui écouterait ses besoins sans soupirer ou expédier « la chose ». C'était trop demander.
Elle sourit en pensant à quel point elle l'avait aimé, à quel point il avait compté. Elle avait changé beaucoup de choses dans sa vie pour le lui prouver : elle avait commencé à prendre la pilule, à acheter des couettes spéciales pour son allergie, lui avait confié ses clefs d'appartement, elle aurait pu tout lui offrir sur un plateau. C'était une erreur de croire que toutes ces futilités allaient retenir un homme tel que Yann. Même un bébé ne parvint pas à le retenir.
Julie rit en elle-même. Elle avait adoré être amoureuse, joué la femme parfaite devant les amis communs et le rôle de la salope au lit. Elle se souvenait avec beaucoup de bonheur les achats coquins qu'elle avait pu faire, les séances chez l'esthéticienne pour être au top, les séances d'humiliation qu'elle lui concoctait, le coiffeur, les objets coquins...
Il avait été utopique de croire que ce genre de relation pouvait durer. Elles fonctionnaient pour beaucoup de couple mais pas pour eux. Le combat permanent entre l'image publique et l'image privée était usant. Et ma foi, quand il n'y a pas la flamme, il ne faut pas insister. Sans amour, il y a un mur. Et le béton n'était pas un amortisseur agréable.
Elle espérait trouver désormais une version de Yann qui l'aime, assume ses choix et la respecte. Elle savait qu'elle le trouverait. Il fallait juste guérir un peu. Et rester ouverte aux occasions. Celles-ci ne manquaient pas.
Un jour, Julie fit la connaissance de Joseph sur un site de rencontres. Il était brun, une barbe légèrement taillée, des cheveux en bataille et bruns. Il portait de petites lunettes et il avait un très beau sourire charmant. Ses yeux noisettes pétillaient de malice et son corps harmonieux donnait envie d'être serré dans les bras.
Pendant leur première rencontre, Julie fut rassurée de découvrir un homme d'une intelligence fine et passionnant. Il lui racontait ses voyages en bateau en Espagne, ses périples en Asie, son envie de week-end à Paris ou encore à Dublin. La jeune femme sourit en pensant à cette dernière destination. Elle y avait déjà tant de souvenirs.
Joseph lui proposa de la raccompagner chez elle. Devant la porte, ils s'embrassèrent. Elle le fit monter sans plus de détours. Cet homme était parfait. Peu importe ce qu'il se passerait ensuite, il était beau, élégant, gentil, avenant, intelligent, et il la dévorait des yeux.
Julie était heureuse. Les petits picotements étaient revenus après de longs mois d'absence. Elle ressentait enfin cette adrénaline avec une nouvelle personne. La passion, tel un coup de foudre, venait de la frapper à nouveau. Et il semblait que le jeune homme en était frappé aussi.
Il la déshabilla en toute hâte, prenant soin de l'embrasser partout où la chair se dévoilait. Il humait son parfum, glissait une mèche de cheveux derrière l'oreille de sa belle et lui baisait doucement le cou.
Julie frissonnait, s'abandonnant enfin à ce qu'elle avait attendu depuis si longtemps : une nouvelle passion, un retour où elle se sentait désirée et désirable. Joseph promenait ses doigts sur ce corps chaud et se hasarda entre ses cuisses puis la raie de ses fesses. La jeune femme le pressait tout contre lui. Elle sentait la sueur de ses aisselles, les muscles sous ses doigts, la ferme envie qui émanait de ce corps brûlant...
— Tu mouilles, souffla-t-il dans le creux de son oreille.
Julie sourit et attrapa timidement le sexe de son amant. Elle fit quelques mouvements de va et vient avec douceur en pressant doucement entre ses doigts l'animal tendu. Heureuse, elle s'abandonnait enfin dans les bras de son hôte. Il avait tant envie d'elle qu'il eut du mal à retenir ses pulsions de pénétration. La jeune femme était amusée de voir ce beau gaillard se livrer à un duel avec lui-même.
Il la pénétra. Les coups répétés, puissants, intenses étaient profonds et rendus incroyables par le regard que les deux amants échangeaient. Ils ne se quittaient pas des yeux, un vrai duel de passion.
Joseph voulut alors savoir quelles étaient les limites qu'il pouvait explorer. Et force était de constater qu'il... n'y en avait pas. Il venait de tomber sur la perle rare : Julie n'avait pas de tabou. Elle savait dégager chez l'autre ce côté animal qui ponctue les échanges de fluides. Elle donnait son énergie et son talent à rendre mémorable ce qui ne devait être qu'une simple passe au lit.
— Tu es incroyable, dit-il en la caressant. Tu es tout ce que je rêvais d'avoir.
Le jeune homme se sentit de plus en plus en confiance et continua de lui faire l'amour en la serrant contre lui, ne la lâchant jamais du regard.
— J'ai peur que tu ne m'échappes…, souffla-t-il tout en lui empoignant les fesses et en s'insérant avec douceur et envie.
— Je suis là, répondit Julie. Je serai toujours là.
Joseph ne voulut pas en entendre davantage. Il savait qu'il ne la quitterait pas. Il avait compris qu'il serait satisfait et heureux avec ce petit brin de femme. Elle était si bienveillante et c'était une force de la nature. Elle avait beaucoup de passions, apprenait énormément de choses, ne se reposait jamais sur des acquis. Elle mettait la barre un peu haute pour un homme comme lui qui devrait tenir la distance. C'était une partenaire parfaite.
Joseph la souleva et se mit debout. Il la tint contre lui et continua de la pilonner avec adresse. Julie se cambra en arrière et bougea son bassin avec agilité. L'homme n'en revenait pas. Il avait l'impression que c'était un rêve. Comment cette femme pouvait-elle encore être célibataire ? Il n'allait pas la laisser s'échapper dans la nature.
Après une nuit bien agitée, ils s'endormirent dans les bras l'un de l'autre. Tous les deux venaient d'être frappés par Cupidon. Ils se serraient les mains ne cessant de respirer le parfum de l'autre.
A la fin de la matinée, prêts pour le brunch, ils déambulèrent dans les rues de Quiberon, se tenant la main ou les hanches. Les tourtereaux étaient dans une harmonie parfaite. Rien ne viendrait entraver leur nouveau bonheur.
Puis un sms fit vibrer le téléphone de Julie. Elle lut rapidement : « Tu me manques ». Yann.
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