Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une étrange demande — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Une étrange demande
Chapitre 1
Cela faisait plus d'un an que nous n'avions pas réellement pris le temps d'échanger. Quelques messages de loin en loin, quelques réactions rapides sur les réseaux sociaux, et c'était tout. Pourtant, quand j'ai vu que j'avais un rendez-vous professionnel prévu dans les Deux-Sèvres, mon premier réflexe fut de penser à elle. Tiff. Comme un vieux réflexe amical, presque naturel. Alors j'ai pris mon téléphone, et je lui ai écrit.
Je n'attendais pas grand-chose. Une réponse polie, peut-être. Mais elle m'a surpris. Elle m'a répondu très vite, presque trop vite. « Oui, viens chez moi. J'ai quelque chose d'important à te demander. » Cette dernière phrase me resta longtemps en tête. Qu'avait-elle donc de si particulier à me confier ?
Sur le chemin, mes pensées se perdirent dans les souvenirs. Tiff, c'était plus qu'une connaissance. Pendant plusieurs mois, elle avait partagé un pan de ma vie. Mon épouse et moi l'avions accueillie chez nous, quand elle cherchait un toit et un peu de stabilité. Elle avait rempli la maison de son énergie, de sa vitalité, de son franc-parler. Ses cheveux blonds courts, presque garçonne, son corps tonique et souple de coach sportive, cette façon d'être toujours en mouvement : tout cela faisait partie du décor quotidien à l'époque. Elle riait fort, vivait intensément, mais je savais aussi qu'elle cachait des blessures.
Puis, comme souvent, c'est l'amour qui avait décidé pour elle. Elle avait rencontré un homme, et sans hésiter, elle avait quitté notre région pour s'installer à Niort. Je me souvenais de ses yeux quand elle nous avait annoncé son départ : pleins d'espoir, d'attentes, de promesses à venir. Elle croyait que cette fois, ce serait la bonne.
Mais la vie ne lui avait pas fait ce cadeau. Je l'avais deviné à travers ses silences, ses rares nouvelles. Cet homme était parti, comme d'autres avant lui. Plus durement encore, car elle avait mis beaucoup d'elle-même dans cette relation. Quand elle avait cessé de donner des nouvelles pendant de longs mois, j'avais compris que la blessure était profonde.
Et voilà que je me retrouvais devant sa porte.
Quand elle ouvrit, j'eus l'impression de la retrouver telle qu'elle avait toujours été, et pourtant différente. Son sourire était là, franc, lumineux, mais ses yeux disaient autre chose. Une vulnérabilité nouvelle, une fatigue douce. Son corps, lui, n'avait rien perdu de sa grâce sportive : silhouette musclée, gestes assurés, maintien impeccable. Elle était restée la coach qu'elle avait toujours été, disciplinée, rayonnante dans sa manière d'habiter son corps. Mais derrière cette vitalité, il y avait désormais une fragilité qu'elle ne cherchait même plus à masquer.
Nous nous saluâmes simplement, comme deux amis qui se retrouvent après trop longtemps. Pas de trouble particulier pour moi. Juste le plaisir sincère de revoir quelqu'un qui avait compté. Nous nous installâmes dans sa cuisine, autour d'un repas simple. Les premières minutes furent légères : souvenirs, anecdotes, banalités échangées. Mais très vite, je sentis quelque chose. Comme une tension dans l'air.
Ses phrases parfois se brisaient au milieu, son regard fuyait puis revenait vers moi. Ses mains jouaient nerveusement avec son verre, traçant des cercles invisibles sur la table. Elle semblait vouloir parler, sans trouver la force. Alors je me tus. Je la laissai venir, je respectai ses silences.
Ce fut après un long moment qu'elle se lança enfin. Sa voix était plus basse, comme étranglée.
Elle me parla de ses ruptures. De cette dernière surtout, celle qui l'avait poussée à déménager à Niort, à y croire une fois de plus, pour finalement s'écrouler encore. Ses mots étaient hésitants, parfois hachés, mais son émotion passait malgré elle. Elle avait beau sourire par instants pour alléger son récit, ses yeux, eux, se voilaient.
Puis elle parla d'autre chose. De ce qui la hantait vraiment.
Elle avait peur. Peur de ne pas trouver l'homme avec qui partager une vie. Peur que les années passent. Et surtout, peur de ne jamais être mère.
Ses mots résonnaient fort. Elle les disait comme on s'arrache une vérité douloureuse. Pas d'une voix triomphante, mais d'un souffle fragile.
Enfin, après de longues hésitations, elle lâcha ce qui pesait sur son cœur. Elle voulait un enfant. Un enfant sans engagement, sans promesse d'avenir amoureux. Juste un enfant, pour ne pas vieillir sans connaître cette expérience. Pour se sentir entière. Et elle voulait que ce soit moi.
Un silence épais envahit la pièce.
Elle baissa la tête, ses joues rougirent légèrement. On aurait dit qu'elle regrettait déjà ses mots. Mais ses yeux, quand elle osa les relever vers moi, étaient humides. Elle tremblait presque, mais ne détournait plus le regard.
Je restai muet, troublé. Pas par désir. Pas par envie soudaine. Mais par le poids de cette confiance qu'elle venait de déposer entre mes mains.
Pourquoi moi ? La question me brûlait les lèvres. Elle y répondit sans que je la formule. Parce qu'elle me connaissait, parce qu'elle avait confiance en moi. Parce que j'avais été là pour elle autrefois, sans jamais rien exiger, sans jamais la juger. Et aussi, dit-elle dans un souffle presque gêné, parce que je n'étais pas vacciné. Cela pouvait sembler anecdotique, mais pour elle, c'était essentiel. C'était un critère, un choix de vie qui comptait dans sa décision.
Ses yeux s'embuèrent davantage. Sa voix se brisa quand elle ajouta qu'elle n'avait peut-être plus beaucoup de temps. Que chaque année qui passait réduisait ses chances. Que l'idée de vieillir seule, sans enfant, la hantait la nuit.
Je la regardai longuement. Je voyais l'amie, la femme forte et la femme fragile à la fois. Je voyais cette solitude immense qu'elle portait, ce courage d'oser formuler ce que tant d'autres taisaient. Et je me sentis profondément ému.
Je n'avais pas de réponse immédiate. Le silence s'installa, lourd, vibrant. Elle, face à moi, baissait à nouveau les yeux, comme pour se protéger d'un refus. Mais ses mains trahissaient son attente : elles tremblaient légèrement, crispées sur son verre.
Ce fut ce regard embué, cette sincérité désarmante, qui fit pencher la balance.
Je soufflai doucement, presque pour moi-même :
— Oui... à mes conditions.
Elle leva les yeux, surprise, bouleversée. Elle n'osa pas demander quelles étaient ces conditions, de peur peut-être d'entendre une exigence qu'elle ne pourrait supporter. Mais déjà, son visage s'était éclairé. Ses lèvres tremblaient, mais un sourire se dessinait, timide, presque enfantin.
Je savais à cet instant que quelque chose venait de basculer.
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Commentaires ()
Mais tu as un etre belle plume je vais aller lire tes autres histoires
Mais tu as un etre belle plume je vais aller lire tes autres histoires
Bah selon la nature les mâles ils fécondent les femelles au moment des chaleurs puis ils se barrent non ? Parce que aujourd’hui trouver un mec qui assumera son rôle de père à fond et qui se barrera pas parce qu’un gamin c’est trop chiant bah c’est un peu la roulette russe, donc autant éviter le pire
Bah si tu fais ça avec une connaissance de confiance il vivra toute sa vie comme un père fantôme, pour moi c’est pire que de se faire faire un gosse par un mec qui le saura jamais.
J’attend la suite
N’oubliez pas, que selon la nature les nouveaux-nés doivent être élevés par un père et une mère. Cela contribue à leurs développements psychiques et physiques.
Les chicanes destructrices entre couples n’est pas seulement due à l’homme. Dans un couple il y a deux personnes. Le dialogue fait que en majorité les problèmes sont résolus. Il y aura toujours des points de divergences et c’est là que l’amour entre en ligne de compte . Le gros problème de la majorité des couples est le manque de discussions et l’égoïsme d’une ou des deux parties. Être en couple, c’est penser à l’autre en premier.
En tant que je suis concerné, pas d’amour, pas de couple.
Il y a des maîtres en falsification , il faut les voir venir
Votre projet est très beau et très sain. Il faut juste le monter avec prudence et célérité.
Bonne chance.
Il y a l’épouse aussi, elle aura certainement son mot a dire.
À suivre avec intérêt.
Texte très bien rythmé, on lit bien l'émotion du moment. Merci.