Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Un pacte singulier — Chapitre 7 · Coups fourrés
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Un pacte singulier
Chapitre 7 · Coups fourrés
Je ne reçois qu'un seul message de Maude, le dimanche matin, très laconique : «C'est compliqué, mais je gère» avec une icône en forme de cœur.
Redoutant que le directeur n'exploite notre polissonne incartade dans des locaux de l'entreprise, je consulte des sites spécialisés, avec des «accompagnatrices» proposant leurs prestations à des «gentlemen». J'identifie assez aisément la femme qui se tenait au bras de mon patron lors de notre rencontre inopinée, et la contacte.
— Bonjour Rachel, vos services m'ont été chaudement conseillés par Fabrice, un excellent ami.
— Heu... Les noms...
— Moustachu, avec un peu de bedaine, la soixantaine, il a fait appel à vous vendredi soir, il y a une semaine.
— Ha, oui, je vois. Et quelle est votre attente ?
— Je souhaiterais un rendez-vous. Aujourd'hui.
— Je comprends que vous avez un besoin pressant...
— En effet.
— Vous connaissez mes conditions. Nous allons boire un verre, et si nous nous plaisons, tout ce qui pourrait advenir ensuite résulterait de l‘attirance mutuelle et serait sans rapport avec mon activité.
— Heu... Les noms...
— Moustachu, avec un peu de bedaine, la soixantaine, il a fait appel à vous vendredi soir, il y a une semaine.
— Ha, oui, je vois. Et quelle est votre attente ?
— Je souhaiterais un rendez-vous. Aujourd'hui.
— Je comprends que vous avez un besoin pressant...
— En effet.
— Vous connaissez mes conditions. Nous allons boire un verre, et si nous nous plaisons, tout ce qui pourrait advenir ensuite résulterait de l‘attirance mutuelle et serait sans rapport avec mon activité.
Quelle hypocrisie, mais ce discours bien rôdé fait partie du jeu.
— Evidemment.
— Café de la Rotonde, dans une heure, le temps que je me prépare. Vous avez des désirs particuliers, au niveau vestimentaire ? Et pour certaines pratiques, il y a des suppléments, je vous envoie mon menu des plaisirs ...
— Café de la Rotonde, dans une heure, le temps que je me prépare. Vous avez des désirs particuliers, au niveau vestimentaire ? Et pour certaines pratiques, il y a des suppléments, je vous envoie mon menu des plaisirs ...
La façade d'honorabilité se fendille déjà, et les propositions sont épicées.
A l'issue de mon entrevue avec la gourgandine, je rentre chez moi, certes délesté d'une somme significative mais avec un atout maître pour contrecarrer toute velléité hostile de mon boss.
Le lendemain, Maude arrive au travail inhabituellement tard, blafarde.
— Alex est revenue complètement bourrée, et c'était un festival d'insultes. Encore une nuit blanche.
— Maude, ce n'est plus possible de continuer ainsi. Tu tiens à peine debout.
— Et pour en rajouter, je suis barbouillée, j'ai des nausées...
— Maude, ce n'est plus possible de continuer ainsi. Tu tiens à peine debout.
— Et pour en rajouter, je suis barbouillée, j'ai des nausées...
Serait-ce un symptôme de grossesse ou un contrecoup du comportement d'Alexandra ? Maude poursuit d'une voix monocorde.
— Mais je vais bénéficier d'un répit. Elle s'absente quelques jours pour une compétition de MMA
— Justement, je comptais aller me ressourcer dans la petite maison héritée de mes parents en bord de mer. Je serais heureux que tu m'accompagnes.
— Je... Je ne sais pas, en plus, ce ne sera pas forcément le meilleur créneau...
Mixed Martial Arts
en Grande-Bretagne. En général, elle rentre salement amochée, avec des gains. Comme il y a un pont avec le jour férié, ce sera l'occasion de récupérer.— Justement, je comptais aller me ressourcer dans la petite maison héritée de mes parents en bord de mer. Je serais heureux que tu m'accompagnes.
— Je... Je ne sais pas, en plus, ce ne sera pas forcément le meilleur créneau...
Elle interrompt son propos énigmatique alors que des collègues s'approchent.
La mardi, Maude semble encore plus amorphe, et je remarque qu'elle porte un foulard au-dessus de son chemisier, malgré la température clémente. Je parviens à m'entretenir fugacement avec elle, entre deux réunions.
— Chérie...
— Là, je suis vraiment sous la vague. Retrouve-moi derrière le parking après le boulot.
— Là, je suis vraiment sous la vague. Retrouve-moi derrière le parking après le boulot.
Comme convenu, je l'attends dans l'endroit discret évoqué, abrité par une palissade. Elle me rejoint, vacillante et se jette dans mes bras. J'embrasse tendrement son front, l'enveloppant en un geste protecteur.
— Tu es livide, prête à t'évanouir. C'est intenable, ta santé est en danger.
— Je viens encore de gerber. Alex part demain pour son tournoi de furieuses.
— Tu ne fais pas le déplacement ?
— J'y suis allée une fois. C'est ultra-violent, de la pure sauvagerie, je déteste ça. Au moins, elle va se défouler sur quelqu'un d'autre...
— Je viens encore de gerber. Alex part demain pour son tournoi de furieuses.
— Tu ne fais pas le déplacement ?
— J'y suis allée une fois. C'est ultra-violent, de la pure sauvagerie, je déteste ça. Au moins, elle va se défouler sur quelqu'un d'autre...
Je dois en avoir le cœur net, et écarte l'étoffe qui dissimule sa gorge. Des stigmates de strangulation sont nettement visibles. Ce que je redoutais se matérialise, et il y aussi des traces violacées sur son poignet.
— Ça suffit. Je vais aller la voir.
— Et elle va te démolir, et moi aussi dans la foulée.
— On file à l'hôpital et à la police. Elle va te tuer.
— Non, c'est de ma faute, je l'ai énervée en prononçant inopinément ton prénom. Après ses combats, elle sera calmée...
— Tu es dans le déni. Sois franche, as-tu encore des sentiments à son égard ?
— Et elle va te démolir, et moi aussi dans la foulée.
— On file à l'hôpital et à la police. Elle va te tuer.
— Non, c'est de ma faute, je l'ai énervée en prononçant inopinément ton prénom. Après ses combats, elle sera calmée...
— Tu es dans le déni. Sois franche, as-tu encore des sentiments à son égard ?
Des larmes perlent au coin des yeux de Maude, assurément tiraillée par une poignante introspection.
— Je... Au début, c'était super, même si notre sexualité était fade. Elle se comportait en ange gardien, je me sentais en sécurité avec elle. Et ses névroses ont progressivement repris le dessus, la moindre contrariété générant des réactions épidermiques. Je n'arrive plus à me projeter... Je suis paumée...
— Maude, je t'aime, je ne te laisserai pas sombrer.
— Ce soir, je vais tenter un ultime dialogue. Et j'en tirerai toutes les conclusions.
— Maude, je t'aime, je ne te laisserai pas sombrer.
— Ce soir, je vais tenter un ultime dialogue. Et j'en tirerai toutes les conclusions.
En ce mercredi, synonyme de début d'un weekend prolongé, je suis angoissé car Maude, à la bourre, est à peine sur place que le directeur la convoque dans son bureau. Elle en ressort vingt minutes après, totalement décomposée, et oubliant toute prudence, je la soutiens et l'entraîne dans la salle de pause, chassant sans management un stagiaire médusé.
— Maude, que s'est-il passé ?
Elle éclate en sanglots, et s'exprime par bribes.
— Il a enregistré... On nous distingue clairement en train de... Il parle de licenciement pour faute grave... M'a tripotée, a relevé ma jupe pour voir si j'avais encore des bas, ce qui est le cas... Veut que j'aille le retrouver à midi, sans culotte... C'est un porc... Je suis perdue...
Ma colère est incommensurable, et je dois m'astreindre à un effort surhumain pour me contrôler et ne pas aller directement lui exploser le portrait.
— Chérie, oui, il tente de profiter de son ascendant présumé. Nous irons ensemble.
— Mais...
— Fais-moi confiance, j'ai juste quelques dispositions à peaufiner...
— Mais...
— Fais-moi confiance, j'ai juste quelques dispositions à peaufiner...
Maude reste prostrée toute la matinée, incapable de la moindre réaction. A l'heure fatidique, nous entrons sans cérémonie chez le dirigeant, je dois maintenir Maude, désemparée, qui s'avachit sur un fauteuil.
— Mais enfin, j'avais pourtant dit...
— Ta gueule. Assis.
— Ta gueule. Assis.
Mon ton est cassant, alors que j'introduis une clé USB dans l'ordinateur relié au rétroprojecteur. Le visage en gros plan de Rachel, mal cadré de par la nécessité de la filmer en catimini, apparait.
— Fab, oui, avec les pilules bleues, il y arrive, mais c'est laborieux. Son vrai truc, c'est d'être humilié, je le déguise en fillette et le fouette, il en raffole. Bon, maintenant, on y va, tu as un fantasme en particulier ?
Le pervers blêmit, et je pousse mon avantage.
— Cet édifiant témoignage pourrait parvenir à ta chère épouse, et aux actionnaires ainsi qu'aux représentants du personnel. Et pour la vidéo avec Maude et moi, pas de souci, nous sommes libres, ce qui n'est pas ton cas. Et accessoirement, le système de surveillance n'est pas conforme à la réglementation, ce qui intéresserait bien du monde. Alors réfléchis : nos galipettes ne vont pas émouvoir les foules. Par contre, en ce qui te concerne, ce sera l'hallali, la déchéance, familialement, socialement et professionnellement.
— Je... Je...
— Je... Je...
Il est déstabilisé, prenant conscience de sa situation précaire. Je lui porte l'estocade.
— Maintenant, tu vas t'excuser auprès de Maude, et puisqu'elle a bossé comme une dingue, tu vas lui octroyer une prime exceptionnelle. Quant à moi, l'augmentation évoquée à l'occasion de l'entretien annuel est validée, et rétroactive évidemment.
En déconfiture, tant mes arguments sont imparables, et assénés avec assurance, il maugrée un acte de contrition, acceptant mon diktat.
— Merci de nous accorder gracieusement cette demi-journée, nous partons nous aérer, ça pue ici.
Nous quittons la pièce, l'abandonnant, en sueur, dans un état de panique patent.
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