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✦ Elannë Éloïse in the twenties XSTORY
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Éloïse in the twenties — Chapitre 6 · Le tajine

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Elannë
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Éloïse in the twenties

Chapitre 6 · Le tajine

L'intérieur ressemblait à ce que j'avais imaginé. Sobre, fonctionnel. Une maison habitée par deux mecs, seuls. Ça se voyait dans les détails. Le canapé un peu fatigué. La table basse encombrée de télécommandes et de magazines. Les baskets d'Adel abandonnées près de l'entrée. Pas de désordre, mais pas de chaleur non plus. Juste... l'essentiel.
Pourtant, il y avait des traces. Discrètes. Un cadre photo sur le buffet — une femme souriante, brune, des yeux clairs. Un miroir décoratif au mur, avec des motifs orientaux. Des coussins brodés sur le canapé, trop jolis pour avoir été choisis par un homme. Une plante verte près de la fenêtre, un peu négligée mais encore vivante. Elle était là. Partout et nulle part. Figée dans le temps. Alioune a refermé la porte derrière moi. M'a pris mon manteau. Souriant, un peu nerveux.
— Fais comme chez toi. Enfin... tu vois.
— C'est bien, chez toi.
Il a souri. Pas convaincu.
— C'est... calme.
On est passés dans la cuisine. Ouverte sur le salon, une grande table, un plan de travail encombré. Une odeur flottait dans l'air, épices, viande. Quelque chose de réconfortant.
— J'ai fait un tajine, a-t-il dit en soulevant le couvercle d'une vieille cocotte en terre cuite. Enfin... j'ai essayé. C'est pas dit que ça sera bon.
Je me suis approchée. Ça sentait bon. L'agneau, les olives, le citron confit.
— Ça a l'air délicieux.
— On verra. Ma mère m'en faisait quand j'étais petit. J'ai jamais vraiment réussi à retrouver le goût exact.
Il a dit ça avec un sourire un peu triste. Comme un aveu. Puis il a servi. Deux assiettes généreuses, du pain, de l'eau. Rien d'extraordinaire, mais servi avec soin. On s'est installés. Face à face. La lumière tamisée au-dessus de la table. Dehors, la nuit était tombée.
*****
Le tajine n'était pas parfait. Pas assez cuit, peut-être, ou trop d'épices. Mais il était bon quand même. Réconfortant. Je mangeais lentement. Sans grand appétit, mais par politesse. À un moment, il a froncé les sourcils.
— T'as à peine mangé. C'est pas bon ?
— Si, si. C'est pas ça. J'ai juste... pas très faim en ce moment.
Il a hoché la tête. Compréhensif.
— Je comprends. Mais essaie de manger un peu quand même. Ça fait du bien.
J'ai souri. Son insistance douce, son hospitalité, sa bienveillance sincère. Ça me touchait plus que je ne l'aurais cru.
— D'accord. Je vais essayer.
On a continué à manger. À parler, de tout et de rien, comme d'habitude. De son travail. De mes recherches infructueuses. De mon absence de perspectives. D'Adel qui allait un peu mieux. De mes grands-parents qui s'inquiétaient. Et progressivement, quelque chose s'est installé. Une proximité. Une intimité. Pas sexuelle. Pas encore. Juste... humaine.
*****
Après le dîner, je me suis levée pour l'aider à débarrasser. Il a protesté mollement.
— T'es mon invitée. Laisse, je vais faire.
— Laisse-moi t'aider.
On a débarrassé ensemble. Lui qui rinçait les assiettes. Moi qui les rangeais dans le lave-vaisselle. À un moment, en me retournant, je l'ai bousculé sans faire exprès. Nos épaules se sont frôlées. Il a saisi mon bras pour me stabiliser.
— Pardon.
— C'est rien.
Mais sa main est restée là. Juste une seconde de trop. Juste assez pour que je sente sa chaleur. Puis il l'a retirée. On a continué en silence. Puis, alors qu'on finissait, il a posé sa main sur mon épaule. Doucement.
— Merci d'être là, Éloïse.
Je me suis retournée. Nos regards se sont croisés. Il y avait quelque chose dans ses yeux. De la reconnaissance. De la tristesse. Peut-être autre chose aussi.
— C'est normal, ai-je murmuré.
*****
On s'est installés dans le salon. Lui sur le canapé. Moi à côté. Ni trop près ni trop loin. Il a mis de la musique. Discrète, pour combler le silence, peut-être. Ou pour créer une ambiance. Une voix féminine s'est élevée. Douce, envoûtante, mélancolique. En arabe. J'ai reconnu la mélodie : "Mon amie la rose". En arabe, elle sonnait différemment. Plus poignante.
— C'est joli, ai-je dit.
— Elle aimait cette chanson.
Sa voix a changé. Plus basse. Plus fragile. Je n'ai rien dit. J'ai juste... attendu.
— Ma femme, a-t-il précisé. Elle est décédée il y a plus de deux ans. Trois ans, bientôt... sans elle.
Silence. La chanson continuait. Cette voix qui parlait de la rose, de la vie qui passe, de tout ce qui est beau et éphémère.
— Je suis désolée, ai-je murmuré.
— Merci.
Il a souri. Un sourire triste.
— C'est... c'est difficile. Pour moi. Pour Adel. On essaie. Mais parfois...
Il s'est arrêté, puis a détourné les yeux. Comme s'il retenait une émotion. J'ai posé ma main sur sa jambe. Doucement. Par affection. Par instinct.
— Tu fais de ton mieux. C'est déjà beaucoup.
Il a regardé ma main. Puis moi. Et lentement, il a posé la sienne par-dessus, qu'il a serrée doucement. Ses doigts étaient chauds. Un peu tremblants. On est restés comme ça. Un moment. La musique. Le silence. Nos mains, l'une sur l'autre. Puis, sans réfléchir, je me suis rapprochée et j'ai posé ma tête contre son épaule. C'était doux. Un peu triste. Un peu réconfortant. Il n'a pas bougé, n'a pas lâché ma main. Elle est devenue moite. Je sentais les pulsations de son cœur. Fortes, rapides. Et moi, j'ai senti quelque chose se réveiller. Pas du désir. Pas seulement. Plutôt... une envie. De le réconforter. De lui donner quelque chose. De ne pas être seule, moi non plus. Je me suis redressée légèrement, tournant la tête vers lui. Puis, lentement, j'ai posé mes lèvres dans son cou.
Il a frissonné. Retenu son souffle. Je l'ai embrassé au même endroit, encore. Plus longuement. Mon autre main a glissé. Vers son torse, puis plus bas. Vers son ventre. Puis encore plus bas, jusqu'à son entrejambe. Il a fermé les yeux. J'ai deviné mon prénom, dans son murmure.
— Éloïse...
Je n'ai pas répondu. J'ai juste continué. J'ai glissé ma main sur son jean. Senti la chaleur à travers le tissu. La tension de son corps. La raideur de son membre. Il a retenu son souffle. Je me suis agenouillée devant lui. Lentement, un peu à l'étroit derrière mes talons à cause de la table basse. Mes mains ont défait sa ceinture, puis le bouton. La fermeture éclair. Il me regardait, les yeux mi-clos, incrédule.
Je l'ai libéré. Et là, quelque chose s'est dénoué en moi. Cette familiarité. Ce territoire connu. Cette peau douce, cette volupté circoncise. La chaleur. L'odeur. Tout ça, je connaissais. Presque par cœur. C'était rassurant. Comme rentrer chez soi après un long voyage. Mathis avait été une exception. Une erreur de jugement, aussi. Mais là, avec Alioune, c'était un retour. À quelque chose d'ancien. Profond. Ancré. Presque inscrit dans ma mémoire corporelle.
J'ai fermé les yeux, posé mes lèvres sur son sexe gonflé, puis ma langue. Le goût, salé, légèrement amer, viril. Je connaissais ce goût. Il me ramenait ailleurs. À d'autres corps, d'autres sexes, d'autres moments. Une succession de silhouettes floues. Des chambres. Des caves. Des voitures. Toujours la même chose. À genoux. Toujours cette envie de donner. De prendre, aussi. Comme un instinct.
Ma main gauche a commencé à caresser ses bourses et, de mes lèvres, je me suis mise à englober son sexe. Lentement d'abord. Puis avec plus d'assurance, de désir. Parce que je savais. Je devinais ce qu'il voulait. Ce dont il avait besoin. Je connaissais les hommes. Leur corps, leur sexe, leurs réactions. Parfois, j'avais l'impression que c'était la seule chose que je maîtrisais vraiment.
Ma main libre s'est posée sur sa cuisse. Je sentais son muscle se contracter. Son souffle s'accélérer. Ses doigts se sont glissés dans mes cheveux. Pas pour me guider. Juste pour se raccrocher à quelque chose. Et moi, progressivement, je me suis laissée aller. Vraiment. Un peu comme une habitude confortable. Mais pas mécanique. Cette fois, j'étais dedans. Immergée, connectée à lui. À son sexe. À son corps. À son plaisir. Et au mien aussi, d'une certaine façon. Pas seulement sexuel. Autre chose. Une satisfaction, un accomplissement. Le sentiment d'être bonne à quelque chose. D'être nécessaire à quelqu'un. Comme si le vide en moi se comblait. Peu à peu. À chaque mouvement. À chaque soupir qu'il laissait échapper. C'était comme une perfusion. Quelque chose qui m'emplissait enfin.
Sa respiration est devenue de plus en plus saccadée. Ses cuisses tremblaient légèrement. Je savais qu'il était proche. Je connaissais ces signes, je les chérissais. La tension qui monte. Le corps qui se raidit, le sexe qui se gonfle. Le silence qui précède. Il a murmuré mon prénom. Une fois. Deux fois. Comme une prière. Puis il s'est abandonné.
Et moi, je l'ai accueilli. Cette chaleur. Cette semence. Ce goût que je connaissais si bien et qui, bien souvent, m'avait enivrée. Salé, épais, légèrement parfumé. Familier. Je n'ai pas reculé. Je ne reculais jamais. C'était mon acte. Jusqu'au bout. Je l'ai gardé dans ma bouche un instant. Les yeux fermés. Savourant presque. Pas forcément le goût. Mais le moment. Dénouement de cet instant de lâcher-prise, de cette connexion fugace. Avec ce sentiment, enfin, d'exister.
Puis je me suis relevée. Lentement. J'ai essuyé mes lèvres du coin du revers de ma main. Il me regardait. Bouleversé. Reconnaissant. Peut-être un peu perdu aussi. Et moi, je me sentais... apaisée. Un peu fière, aussi. Pour la première fois depuis des semaines. Peut-être des mois. Le vide était toujours là. Mais il s'était un peu rétréci. Juste un peu.
Après, il y a eu le silence. Nos respirations. La sienne, encore saccadée. La mienne, plus calme. Je me suis redressée, pour rajuster mes vêtements. Lui aussi. On ne s'est pas regardés tout de suite. Juste, ce silence. Pas gênant. Juste, chargé. Puis il a parlé. Doucement.
— Merci.
J'ai souri.
— C'est moi qui te remercie.
Il m'a regardée, surpris.
— Pourquoi ?
— Pour ce soir. Pour m'avoir... accueillie. Pour avoir chassé ma solitude. Le temps d'une soirée.
Il a hoché la tête. Compris. Parce qu'on était pareils. Deux solitudes qui s'étaient trouvées. Momentanément.
*****
À un moment, il a regardé l'heure. Grimacé.
— Merde. Adel va pas tarder. Il rentre vers minuit. Je...
— Je comprends. Je vais y aller.
— Attends. Tu veux... Laisse, je vais t'appeler un taxi. C'est tard. Et puis...
Il a hésité.
— Je sais que tu... enfin, que c'est pas évident en ce moment. Laisse.
J'ai eu envie de protester. Mais je n'ai pas osé. Parce qu'il avait raison. Parce que je n'avais pas d'argent. Parce que je ne pouvais pas déranger mon grand-père à cette heure.
— Merci, ai-je murmuré.
Il a appelé. Le taxi arriverait dans dix minutes. On a attendu. Debout. L'un près de l'autre. Sans se toucher. Juste... là. Quand la voiture s'est garée devant, il m'a raccompagnée jusqu'à la porte.
— Bonne nuit, Éloïse.
— Bonne nuit, Alioune.
On s'est regardés. Puis je suis partie.
*****
Dans le taxi, j'ai regardé par la fenêtre. Les rues défilaient, au gré des lampadaires et des maisons endormies. Je repensais à la soirée. À lui. À ce qu'on avait fait. À ce que j'avais ressenti. Pour la première fois depuis longtemps, je m'étais sentie... connectée. À quelqu'un. À quelque chose. Pas juste dans ma tête. Pas juste dans le vide. Vraiment là. Immergée. Son sexe dans ma bouche. Sa jouissance. Ça avait comblé quelque chose. Momentanément. Comme une perfusion. Un shoot d'hormones. Un anti-dépresseur qui marchait enfin.
Mais je savais que ça ne durerait pas. Que demain, le vide reviendrait. Que rien n'avait changé. Sauf peut-être une chose. Je ne voulais pas que ce soit la dernière fois.
Le taxi s'est arrêté devant chez mes grands-parents. J'ai payé — enfin, Alioune avait payé. Je suis descendue. La maison était plongée dans le noir. Tout le monde dormait. Je suis entrée sans bruit, suis montée dans ma chambre et me suis allongée sur mon lit. Et dans le silence, j'ai repensé à lui. Les effluves persistants de son tajine, et de son sperme. J'ai repensé à cette soirée. À nous. À ce qui venait de commencer. Ou de finir. Je ne savais pas encore.
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Titi30000
2 juin 2026 à 18:55
🤣
Votre commentaire va faire ma soirée.

En tout cas, dans ces récits, je suis certain qu’Eloise a fait beaucoup de bien aux autres personnes qu’elle a croisé (et je ne parle pas de fellations.). En relisant les chapitres, j’ai parfois l’impression que les problèmes des autres la vampirisent (peut être est-ce un peu fort).et que la pipe est un de ses moyens pour aider les hommes. Elle sait qu’on aime ça..
Cependant, rien que de considérer Mathis et ses problèmes ou d’échanger avec Alioune leur mettraient du baume au cœur. Mais ces récits n’auraient pas leur place sur ce site.
En tout cas, continuez à nous faire imaginer…
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Elannë
Elannë
2 juin 2026 à 15:54
Syndrome de l'infirmière, dépressions et fellations, ça ferait un bon résumé de ma vie ado et adulte =P
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Titi30000
Titi30000
2 juin 2026 à 13:11
Bonjour Elannë,
J’aime beaucoup cette série qui sort du commun des histoires présentes sur ce site.
On sent bien un certain mal-être d’Eloise qui semble se chercher et la mélancolie qui s’en dégage mais aussi l’empathie qu’elle a vers les autres (aurait-elle le syndrome du saint Bernard ?).
J’espère que dans les prochains chapitres trouvera sa voie et « reprendra du poil de la bête » (en tout cas, on sait déjà qu’elle aime bien faire des fellations et elle a l’air de bien les faire, ce qui est un bon début 😁).
J’ai hâte de lire la suite !

Bonne journée,

Thierry
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de michel60
michel60
1 juin 2026 à 15:01
Toujours aussi agréable à lire @Elanné. Douceur, tendresse, mais une tristesse qui semble s'estomper entement.
Vous savez maintenir le suspense.
Soyez respectueux
Répondre

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