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✦ tounet777 Le feu sur la glace XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Le feu sur la glace — Chapitre 1

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Le feu sur la glace

Chapitre 1

Chapitre 1
Je m'appelle Herwann Delcourt, j'ai vingt ans, et en ce moment même, je suis assis dans une salle d'attente glaciale de l'hôtel olympique, les poings serrés sur mes genoux, le cœur qui cogne comme si j'allais entrer sur la glace pour mon programme court. Mais non. Je n'entrerai pas. Et lui non plus. On est tous les deux disqualifiés. Complètement. Pour toute la compétition. Plus de programme court, plus de programme libre, plus de médaille possible. À cause de moi. À cause de cette rage qui bouillonne en moi depuis toujours et que je n'arrive jamais à éteindre complètement.
Je vis pour le patinage depuis que j'ai cinq ans. Je me souviens encore de la première fois où mes lames ont touché la glace : c'était comme si le monde s'était enfin aligné. Tout le bruit autour de moi s'est tu, et il n'y avait plus que ce glissement, cette vitesse, cette sensation de voler sans ailes. Mes parents m'ont inscrit aux cours parce que je n'arrêtais pas de les supplier. Ils pensaient que ça me calmerait. Ils ne savaient pas que ça allait devenir toute ma vie.
Je me lève tous les jours à 4 h 30. Je prends le métro encore désert jusqu'à la patinoire de Bercy. Viktor m'attend déjà, un café à la main, le regard dur. Il me pousse, il me crie dessus, il me fait répéter le même saut cinquante fois jusqu'à ce que mes cuisses tremblent et que mes chevilles hurlent. Mais j'aime ça. J'aime la douleur parce qu'elle veut dire que je progresse. À dix ans, je gagne mes premières médailles nationales. À treize ans, je passe en seniors juniors. À quinze ans, je suis champion de France junior. À dix-sept ans, je décroche le titre élite. Chaque fois, je monte sur le podium, je souris pour les photos, mais à l'intérieur, je calcule déjà ce qu'il me manque pour être encore meilleur.
Mon corps s'est sculpté avec les années. Je mesure 1m81 maintenant, je pèse 72 kilos de muscles secs. Mes épaules sont larges, et mes jambes comme des ressorts d'acier. Mes cheveux bruns sont toujours courts, mes yeux bleus fixent les juges sans ciller. On me dit beau, athlétique, charismatique sur la glace. Je sais que je plais. Je sais aussi que je suis gay. Mais personne ne le sait. Pas mes parents, pas Viktor, pas les autres patineurs. Je garde ça enfoui très profond, comme une faille que je ne peux pas me permettre d'ouvrir. Pas dans ce milieu. Pas quand tout repose sur l'image parfaite du champion français.
Je suis colérique. Je l'ai toujours été. Sur la glace, cette colère devient de la puissance : elle me fait sauter plus haut, tourner plus vite, attaquer chaque élément comme si ma vie en dépendait. Mais hors glace, elle explose. Je supporte mal la médiocrité, les excuses, les petites mesquineries. Quand quelqu'un me provoque, je sens le sang me monter aux tempes, les muscles se crisper, et je perds le contrôle.
Et hier soir, j'ai perdu le contrôle.
On est aux JO d'hiver. Mon rêve depuis que je suis gamin. Je suis sélectionné, seul représentant français en individuel messieurs. Tout le monde parle de moi comme d'un possible médaillé. Mon programme court est prêt, mon libre aussi. J'ai travaillé le quadruple lutz toute l'année, je le pose à presque 100 % à l'entraînement. Je suis en forme. Je suis prêt.
Hier, pendant l'entraînement officiel, il y avait Connor Campbell. Un patineur canadien, vingt-deux ans, arrogant, toujours à faire des commentaires. Il est incroyablement beau, avec une coupe de cheveux blonde ultra sexy – des mèches légèrement longues sur le dessus, coiffées-décoiffées avec un effet savamment négligé qui lui tombe un peu sur le front et accentue son regard, rasées sur les côtés pour mettre la ligne de sa mâchoire carrée en valeur. Ses yeux verts perçants semblent toujours te jauger avec un mélange de défi et de séduction. Son corps est musclé comme le mien, forgé par des années de patinage intensif : 1m85 de hauteur, des épaules larges et puissantes, un torse sculpté visible même sous sa tenue d'entraînement, des jambes athlétiques qui lui donnent une présence imposante sur la glace. On s'est déjà croisés en Grand Prix, on ne s'aime pas. Il a cette façon de sourire en coin, de murmurer des trucs, juste assez fort pour que je les entende.
Hier, pendant que je répétais ma combinaison triple axel-triple toe, il passe près de moi et lâche :
— Toujours aussi agressif, Delcourt ? On dirait que tu veux tuer la glace.
Je continue mon programme. Je ne réponds pas. Mais ça reste là, ça gratte.
Plus tard, dans les couloirs des vestiaires, il me croise à nouveau. Il est avec deux autres patineurs. Il dit, assez fort :
— Les Français, toujours à se la jouer intense. Ça compense quoi, au juste ?
Je m'arrête. Je me retourne.
— Tu parles de quoi, là ?
Il ricane. Ses yeux verts brillent d'un amusement cruel. Il passe une main dans ses mèches blondes pour les remettre en place d'un geste nonchalant et terriblement sexy.
— Rien. Juste que t'as l'air tendu. Très tendu.
Les autres rigolent. Je sens la chaleur monter. Je serre les dents. Je devrais partir. Je sais que je devrais. Mais il ajoute, avec ce sourire parfait qui étire ses lèvres pleines :
— Relax, Herwann. Tout le monde sait que t'es un peu… spécial.
Le mot « spécial » dans sa bouche, avec ce ton, ce regard, je sais ce qu'il sous-entend. Ou peut-être que je me l'imagine. Mais c'est trop. Tout explose.
Je lui saute dessus. Mon poing part tout seul, le cueille à la mâchoire. Il vacille, surpris, ses mèches blondes sexy se désordonnent enfin pour de bon. Il riposte immédiatement, tendant son corps musclé comme un arc. On tombe par terre. Je le frappe encore, au visage, au torse dur comme de la pierre. Il me donne un coup dans les côtes avec une force qui me coupe le souffle, puis un autre au visage. On roule, on s'insulte, on grogne comme des animaux. Les autres essaient de nous séparer, mais on est déchaînés tous les deux. Je veux lui faire mal. Je veux effacer ce sourire. Je veux que plus personne ne me regarde comme ça, surtout pas lui avec son allure de dieu grec sur glace et cette coupe qui le rend encore plus irrésistiblement provocant.
Les entraîneurs arrivent en courant. Les officiels. Les caméras de sécurité ont tout filmé. On nous sépare de force, à quatre ou cinq pour tenir chacun de nous. J'ai le souffle court, du sang sur la lèvre et l'arcade sourcilière. Connor saigne du nez et de la lèvre, ses yeux verts sont emplis de haine pure, et ses cheveux blonds sont en bataille pour la première fois. Il me fixe, essuyant le sang d'un revers de main. Son torse se soulève rapidement sous l'effort.
Ce matin, la décision tombe, sans appel : disqualification immédiate des deux pour violence physique grave. Pas de distinction entre qui a commencé et qui a répondu. Les JO appliquent la tolérance zéro sur ce genre d'incident, surtout filmé et avec des blessures visibles. Connor est exclu de toute la compétition individuelle ; plus de programme court ni libre pour lui non plus. Le Canada perd un de ses meilleurs espoirs de médaille. Moi, je perds mon rêve olympique. On est tous les deux out. Complètement. Nous rentrerons chez nous la tête basse.
Je suis assis là, et je tremble. Pas de froid. De rage. Contre lui. Contre moi. Contre cette colère que j'aime et que je hais à la fois. J'aime le patinage plus que tout au monde. Chaque saut, chaque pirouette, chaque note de musique sur la glace, c'est ma respiration. Et pourtant, c'est cette même passion qui me détruit – et qui l'a détruit aussi.
Je regarde mes mains. Elles tremblent encore, marquées de bleus naissants. Je pense à tous ces matins levés à l'aube, à toutes ces blessures, à tous ces sacrifices. Pour rien. Et lui aussi, quelque part dans une autre salle, doit penser la même chose.
Je suis rentré en France il y a trois semaines maintenant, et chaque jour ressemble à un cauchemar éveillé. L'avion avait atterri à Charles-de-Gaulle sous une pluie battante, et déjà, les journalistes m'attendaient comme des vautours.
—Herwann, comment expliquez-vous cette disqualification ?Est-ce vrai que vous avez agressé Connor Campbell ?
J'ai baissé la tête, mis mon sac de sport sur l'épaule, et j'ai foncé vers la voiture de mes parents sans un mot. Mon père a conduit en silence, ma mère a posé une main sur mon genou, mais je n'ai pas pu les regarder. La honte me rongeait de l'intérieur, comme un feu qui refuse de s'éteindre. J'ai tout perdu aux JO ; mon rêve, ma réputation, et une partie de moi-même que je ne sais pas comment recoller.
De retour à Paris, j'ai repris les entraînements, mais rien n'est plus pareil. Je patine pour des compétitions mineures, des circuits nationaux ou européens secondaires, ceux où les enjeux sont bas et les applaudissements tièdes. Les JO en solo ? Foutu. Les championnats du monde ? Interdit pour au moins deux ans, le temps que la sanction tombe officiellement. Chaque fois que je lace mes patins, je sens cette boule dans la gorge, cette rage qui me pousse à sauter plus haut, à tourner plus vite, mais qui me rappelle aussi ce couloir de vestiaire où tout a basculé. Connor Campbell. Ce nom me hante. Je le revois avec sa coupe blonde ultra sexy – mèches légèrement longues sur le dessus, décoiffées juste ce qu'il faut, tombant sur son front – et je serre les poings. Je le déteste. Mais putain, pourquoi est-ce que je le trouve aussi attirant ? C'est comme si mon cerveau me jouait des tours, me forçant à repenser à son corps musclé, à sa façon de bouger sur la glace avec une grâce arrogante.
"Non, arrête, Herwann. Tu ne peux pas te permettre ça. Pas maintenant, pas avec lui", me dis-je en moi-même.
Les semaines passent dans un brouillard. Je m'entraîne seul le plus souvent, évitant les regards des autres patineurs au club. Ils murmurent dans mon dos, je le sais. "Le champion colérique qui a tout gâché." Viktor, mon entraîneur, me laisse de l'espace au début, mais je vois bien qu'il bout intérieurement. Il me corrige plus durement que d'habitude, ses cris résonnent plus fort sur la patinoire vide.
—Concentre-toi, Herwann ! Ton axel est bancal parce que tu penses trop !
Mais je sais qu'il y a plus. Il m'observe, comme s'il attendait le bon moment pour frapper.
Et ce moment arrive aujourd'hui. Je reçois un message de Viktor ce matin-là : "Patinoire de Bercy, 14h. Sois là. Pas d'excuses." Je soupire en enfilant mon survêtement, le corps encore endolori par l'entraînement de la veille. Je mesure 1m81 de muscles tendus, mes cheveux bruns courts sont collés par la sueur récente, et mes yeux bleus cernés par l'insomnie. Je prends le métro, le regard fixé sur le sol, en me demandant ce qu'il me veut. Une engueulade ? Une suspension ? Pire ?
J'arrive à la patinoire, où l'air froid me frappe comme un vieil ami. Viktor est déjà là, au bord de la glace, les bras croisés, son visage ridé par des années de coaching dur. Il porte son éternel manteau usé, et ses yeux me transpercent dès que je m'approche.
— Assieds-toi, Herwann, dit-il d'une voix qui ne souffre aucune réplique.
Je m'exécute, posant mes fesses sur le banc des vestiaires adjacents à la glace. Mon cœur bat fort. Il s'assoit en face de moi, et je vois qu'il est furieux. Plus que furieux. Ses yeux lancent des éclairs.
— Qu'est-ce que tu as fait, gamin ? commence-t-il, la voix basse mais tranchante comme une lame. Tu as tout foutu en l'air. Les JO, ta carrière, et maintenant, tu traînes cette colère comme un boulet. Je t'ai vu ces dernières semaines. Tu patines comme un robot, plein de rage, mais sans âme.
Je baisse les yeux, les poings serrés. Je sais qu'il a raison, mais l'admettre me brûle.
— C'était sa faute, Viktor. Connor, ce connard...
— Tais-toi ! explose-t-il, me coupant net. Sa faute ? Tu as porté le premier coup ! Tu as laissé ta colère te contrôler, comme toujours. Et maintenant, écoute bien, parce que ce que je vais te dire va changer tout.
Il se penche en avant, et je sens son souffle chaud sur mon visage. Je déglutis, attendant la suite.
— Connor Campbell a été révoqué de son club canadien. Ils l'ont viré après l'incident. Trop de publicité négative, trop de risque pour leur image. Et devine quoi ? Notre club l'a récupéré. Il est déjà là. Il arrive dans quelques minutes pour intégrer l'équipe.
Quoi ? Je sens le monde basculer. Mon sang ne fait qu'un tour. Connor ? Ici ? Dans mon club ? Sur ma glace ? Dès aujourd'hui ?
— Non ! hurlé-je, me levant d'un bond. C'est impossible ! Ce salaud m'a provoqué, il...
Viktor, plus grand que moi, se lève à son tour, et me plaque contre le mur d'une main ferme sur l'épaule. Ses yeux sont comme des braises.
— Écoute-moi bien, Herwann. Si tu ne coopères pas, si tu ne mets pas ta colère de côté, c'est toi qui seras renvoyé. Pas lui. Toi. Tu es champion de France, mais tu n'es pas irremplaçable. Le club a investi en toi, mais là, tu es une bombe à retardement. Compris ?
Je tremble de rage, mais ses mots me frappent comme un uppercut. Renvoyé ? Perdre le patinage pour de bon ? Non, je ne peux pas. C'est toute ma vie.
— Mais pourquoi lui ? murmuré-je, la voix brisée.
Viktor soupire, relâchant un peu sa prise.
— Parce qu'il est talentueux, comme toi. Et parce que le club voit une opportunité. On est en train de relire toutes les règles des fédérations internationales. Tu sais, dans certains pays comme le Canada, la Finlande ou le Royaume-Uni, les duos masculins sont acceptés dans des compétitions locales. Mais pour les grandes, comme les JO ou les championnats du monde, c'est formellement interdit... jusqu'à maintenant. Nos juristes ont trouvé une faille. Une interprétation des règlements qui pourrait permettre à deux hommes de concourir en duo, en arguant de l'égalité et de l'inclusion. Ça prendra du temps – des mois de négociations avec la Fédération Internationale de Patinage – mais si ça passe, vous pourriez vous présenter aux JO dans quatre ans, et aux mondiaux avant ça.
Un duo ? Avec Connor ? Mon cerveau refuse d'assimiler. Je patine en solo depuis toujours. L'idée de partager la glace, de dépendre de quelqu'un d'autre... et surtout de lui... me donne la nausée. Mais en même temps, une étincelle s'allume : les JO. Une seconde chance.
— Et si je refuse ? demandé-je, la voix tremblante.
Viktor me fixe, implacable.
— Tu refuses, tu es out. Définitivement.
À ce moment, la porte de la patinoire s'ouvre dans un grincement. Je tourne la tête, et mon cœur s'arrête. Connor Campbell entre, emmitouflé dans un manteau d'hiver. Ses mèches blondes tombent sur son front. Un sourire en coin se forme sur ses lèvres pleines. Il mesure 1m85, son corps musclé se devine sous ses vêtements : épaules larges, torse sculpté, jambes athlétiques. Je le déteste. Mais bon sang, qu'est-ce qu'il est sexy. Je sens une chaleur traîtresse monter en moi, et je détourne vite le regard pour ne pas me trahir. Pas maintenant. Pas devant Viktor.
— Connor, approche, dit Viktor d'une voix neutre.
Connor s'avance, jetant un regard dédaigneux dans ma direction. Il s'assoit à côté de Viktor, et l'air se charge d'électricité.
— Qu'est-ce qu'il fout là ? grogné-je, incapable de me taire.
Connor ricane.
— T'es pas content de me voir, Delcourt ? T'as pas eu ta dose de bagarre ?
— Ferme-la, Canadien de merde ! je répliqué-je, les poings serrés.
— Oh, toujours aussi tendu, hein ? Spécial, comme je disais.
Viktor frappe du poing sur le banc, nous faisant sursauter tous les deux.
— Stop ! Net ! hurle-t-il. Vous vous comportez comme des gamins ! Écoutez-moi bien, tous les deux. Vous allez travailler ensemble. Point final. On commence les entraînements en duo dès maintenant, aujourd'hui même. Vous allez apprendre à vous connaître, à vous faire confiance. Je vous prends en main personnellement, intensivement. Matins, après-midis, soirées si besoin. Pas de repos tant que vous ne serez pas synchronisés.
Je sens la panique monter. Travailler avec lui ? Dès aujourd'hui ?
— Pas question ! je protesté-je.
Connor secoue la tête, ses mèches dansent légèrement.
— Ouais, pareil. Je refuse de patiner avec ce psychopathe.
Viktor se lève, dominant la scène.
— Vous n'avez pas le choix. Ni l'un ni l'autre. Connor, ton club t'a viré. Ici, c'est ta dernière chance. Herwann, tu sais ce qui t'attend si tu refuses. Alors, on commence tout de suite. Enfilez vos patins.
On grogne tous les deux, mais on obéit. Sur la glace, Viktor nous fait faire des exercices basiques : glissades synchronisées, pirouettes côte à côte. Puis viennent les portés. Il nous fait tester la force. Connor essaie de me porter d'abord – ses bras musclés se tendent, mais il vacille sous mon poids.
—Pas assez stable, commente Viktor. À mon tour : je le soulève, mes bras puissants le maintenant en l'air sans trembler. Il croise mon regard une seconde de trop, et je sens un frisson me parcourir. Il est léger pour sa taille, son corps chaud contre le mien. Sexy. Trop sexy. Je le repose vite, évitant son regard.
— Herwann sera le porteur, décide Viktor. Tu as plus de force dans les bras. Connor, tu seras le porté. On va travailler ça tous les jours.
Je hoche la tête, la gorge serrée. Je déteste ça. Je le déteste. Mais une partie de moi, enfouie, se demande ce que ça ferait de le sentir contre moi plus longtemps. Non, arrête. Concentre-toi sur la glace !
Les heures passent en un tourbillon de sueur et de cris. Viktor nous pousse à bout : "Plus haut ! Plus synchro !" Connor et moi nous heurtons, nous insultons sous cape, mais petit à petit, nos mouvements s'accordent. Je le regarde du coin de l'œil, admirant malgré moi sa grâce, sa puissance. Il est beau sur la glace, comme un feu rivalisant avec le mien. Mais je cache tout. Personne ne doit savoir.
À la fin de la session, épuisés, on s'assoit sur le bord. Viktor nous fixe.
— C'est le début. Apprenez à vous connaître. Ou vous sombrerez tous les deux.
Je regarde Connor, qui essuie la sueur de son front, ses mèches collées. Sexy, même comme ça. Je déteste le penser, mais c'est là.
Fin du chapitre 1.
(correction: Vachette)
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Herwann et Connor se détestent. Pourtant, Viktor les a condamnés à vivre sous le même toit, à partager la même glace, le même air — et bientôt, peut-être, bien plus. Dans cet appartement trop petit rue de Bercy, entre deux boîtes de pizza et le grondement lointain des trains, la haine et le désir se confondent jusqu'à ne plus se distinguer. Jusqu'où deux rivaux peuvent-ils se repousser avant de basculer ?
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