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✦ tounet777 Le prix de la victoire XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Le prix de la victoire — Chapitre 1

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Le prix de la victoire

Chapitre 1

Chapitre 1
Le ballon fuse entre mes mains, lourd et collant de sueur, comme si chaque rebond portait le poids de cette finale. Le gymnase est un chaudron bouillonnant, les cris des supporters se fondent en un rugissement sourd qui pulse dans mes veines. Je suis Octavien Saint-Clair, capitaine de mon équipe, et ce soir, c'est plus qu'un match de handball. C'est une guerre personnelle. Face à moi, sur le terrain adverse, se dresse Kylian Galtier, ce salaud arrogant avec son sourire en coin qui me nargue depuis le coup d'envoi. Il a 23 ans, comme moi, mais il porte sur ses épaules l'aura d'un invincible, d'un prodige que tout le monde adule. Ses muscles saillants sous son maillot trempé, ses mouvements fluides comme un prédateur en chasse – il me rend fou.
Je pivote sur mes appuis, évitant un défenseur qui tente de me bloquer. Le score est serré, 28-27 pour nous, et il reste moins de cinq minutes. Kylian est partout, interceptant mes passes, marquant avec une précision chirurgicale. Ses yeux verts croisent les miens à chaque action, un défi muet qui m'électrise. Viens me chercher, semble-t-il dire. Et je le fais. Je charge, le ballon collé à ma paume, feintant à gauche pour bondir à droite. Il est là, prêt à me contrer, son corps massif bloquant mon chemin. Nos épaules se heurtent dans un choc sourd, mais je ne recule pas. Au contraire, je pousse plus fort, sentant sa résistance céder un instant. Le sifflet de l'arbitre retentit – faute ? Non, jeu dur, mais légal. Kylian grimace, mais il se relève vite, me jetant un regard noir qui fait bouillir mon sang.
Le match reprend. Je sens l'adrénaline me submerger, mes muscles tendus comme des câbles d'acier. Chaque saut, chaque tir, est une bataille pour la domination. Kylian marque encore, égalisant le score. Les gradins explosent, et je sens une rage primitive monter en moi. Ce n'est pas juste un adversaire ; c'est un miroir déformé de moi-même, un rival qui me pousse aux limites. Je l'ai observé pendant des mois, analysant ses faiblesses, ses forces. Il est rapide, agile, mais il a un point faible : son épaule droite, fragilisée par une ancienne blessure. Je le sais, et je vais l'exploiter.
La balle revient dans mes mains. Je fonce vers le but adverse, Kylian sur mes talons. Il tente une interception, ses doigts effleurant le ballon. C'est le moment. Je fais semblant de tirer, mais au lieu de ça, je pivote brutalement, mon coude heurtant son torse avec une force calculée. Il vacille, son pied glisse sur le sol glissant de sueur, et il s'effondre en se tenant l'épaule. Le sifflet hurle – faute sur moi, cette fois. Mais c'est trop tard. Kylian reste au sol un instant de trop, son visage crispé de douleur. L'arbitre l'envoie au banc pour vérification médicale. Son équipe est désorganisée sans lui, et nous en profitons. Deux buts rapides, et le match est plié : 30-28. Victoire pour nous. Mais alors que les acclamations retentissent, je croise son regard depuis le banc. Pas de défaite dans ses yeux, juste une promesse de vengeance. Et quelque chose d'autre, une étincelle qui me trouble, qui me fait serrer les poings.
Les minutes suivantes sont un tourbillon. Poignées de mains forcées, interviews rapides où je débite des platitudes sur l'esprit d'équipe et le fair-play. Mais dans ma tête, c'est le chaos. Kylian. Son corps étendu sur le terrain, sa grimace de douleur qui m'a procuré un frisson coupable. Était-ce de la satisfaction sportive, ou autre chose ? Je chasse la pensée, me concentrant sur la célébration avec mes coéquipiers. Bières qui coulent, rires gras, tapes dans le dos. Pourtant, une heure après le coup de sifflet final, alors que le gymnase se vide, je ne peux m'empêcher de repenser à lui. À cette faute que j'ai commise, pas tout à fait accidentelle. J'ai visé son épaule, je l'ai fait trébucher. Pour gagner, bien sûr. Mais aussi pour le voir plier, pour sentir ce pouvoir sur lui.
Je quitte mes coéquipiers sous un prétexte bidon.
— J'ai oublié un truc dans les vestiaires.
Je me dirige vers le couloir menant aux vestiaires adverses. Le bâtiment est presque désert maintenant, les échos des douches lointaines, l'odeur de sueur et de linoléum froid qui imprègne l'air. Mon cœur bat plus fort que pendant le match. Pourquoi je fais ça ? Pour m'excuser ? Pour m'assurer qu'il va bien ? Ou pour autre chose, quelque chose de plus sombre que je n'ose pas nommer ? Mes pas résonnent dans le silence, et je pousse la porte du vestiaire ennemi. Il est là, seul, assis sur un banc, torse nu, en train d'enrouler une bande autour de son épaule blessée. Ses cheveux noirs collent à son front, et une ecchymose commence à fleurir sur sa peau pâle. Il lève les yeux vers moi, et l'air se charge d'électricité.
— Qu'est-ce que tu fous là, Saint-Clair ? grogne-t-il, sa voix rauque, empreinte de fatigue et de colère.
Il ne se lève pas, mais son corps se tend, prêt à l'affrontement.
Je ferme la porte derrière moi, le verrou cliquant comme un déclencheur.
— Je suis venu m'excuser, dis-je, avançant d'un pas.
Mais les mots sonnent faux, même à mes oreilles. Mon regard glisse sur son torse, sur les muscles qui se contractent sous sa peau, sur la sueur qui perle encore. La tension du match n'est pas retombée ; elle s'est transformée en quelque chose de plus primal.
Il ricane, un son amer qui me fait bouillir.
— T'excuser ? Pour m'avoir bousillé l'épaule ? Ou pour avoir truqué le match comme un lâche ?
Je m'approche plus près, trop près. L'odeur de son corps – sueur, gel douche, et quelque chose d'unique à lui – m'envahit.
— C'était du jeu dur, Galtier. Tu le sais. Mais ouais, peut-être que j'y suis allé un peu fort.
Ma voix est basse, presque un murmure. Je tends la main comme pour l'aider à se lever, mais au lieu de ça, mes doigts effleurent son épaule bandée. Il tressaille, mais ne recule pas.
— Retire ta main, murmure-t-il, mais il y a une hésitation dans sa voix, une faille que je sens comme un animal sent la peur.
Au lieu d'obéir, je presse plus fort, sentant la chaleur de sa peau sous le bandage.
— Ou quoi ?
Je le défie, mes yeux plantés dans les siens. La frontière entre nous se dissout. Ce n'est plus du handball ; c'est une danse dangereuse, où chaque toucher pourrait être une attaque ou une caresse. Il se lève enfin, me dominant de sa hauteur, nos corps à quelques centimètres. Sa respiration s'accélère, et je sens la mienne faire de même.
— Tu veux me frapper ? Vas-y, essaie.
Il ne frappe pas. Au lieu de ça, ses mains se posent sur mes épaules, me poussant contre le casier derrière moi. Le métal froid mord ma peau à travers mon maillot, mais je ne résiste pas. Pas tout de suite.
— T'es un enfoiré, Octavien, souffle-t-il, son visage si proche que je sens son haleine chaude sur ma joue.
— Tu crois que tu peux venir ici et jouer les repentis ? Après m'avoir humilié sur le terrain ?
Je souris, un sourire carnassier qui masque le tourbillon en moi.
— Humilié ? C'est toi qui as chuté comme une poupée de chiffon. Et maintenant, regarde-toi : tout seul, blessé, et pourtant…
Ma main glisse de son épaule à son torse, sentant son cœur battre follement sous mes doigts.
— …pourtant, tu ne me repousses pas vraiment.
Il serre les dents, ses muscles se contractant sous mon toucher.
— Ferme-la.
Mais il ne bouge pas. L'air entre nous est épais, chargé d'une tension qui n'a plus rien à voir avec le sport. C'est comme si le match continuait, mais sans règles, sans arbitre. Je sens une chaleur traîtresse monter en moi, un désir mêlé de haine qui me consume. Kylian, avec ses yeux qui me transpercent, son corps sculpté par des années d'entraînement – il est à la fois mon ennemi et mon obsession.
Je le pousse à mon tour, inversant les rôles. Mes mains sur ses hanches, je le plaque contre le banc. Il trébuche légèrement, son épaule blessée le faisant grimacer, mais il riposte en m'attrapant par le col.
— Qu'est-ce que tu veux vraiment, Saint-Clair ? Gagner encore une fois ?
— Peut-être, je murmure, ma bouche effleurant presque la sienne.
— Ou peut-être que je veux te voir plier. Te voir admettre que je suis plus fort.
Mes mots sont un poison, mais ils sont vrais. La domination physique que j'exerce n'est plus seulement un règlement de comptes ; elle est teintée d'une attirance dérangeante, une pulsion que je n'ai jamais admise avant ce soir. Son corps contre le mien, dur et résistant, éveille en moi des images interdites – pas maintenant, pas encore, mais l'étincelle est là, brûlante.
Il rit, un son forcé, mais ses yeux trahissent une confusion similaire.
— Tu rêves. Je ne plie pas pour des types comme toi.
Pourtant, ses mains ne lâchent pas mon col ; elles le serrent plus fort, nous rapprochant encore. La sueur perle sur son front, et je sens l'odeur de son excitation mêlée à la colère. Est-ce de la haine pure, ou quelque chose de plus sombre ? La frontière est floue, dérangeante, comme un fil tendu prêt à rompre.
Je profite de sa faiblesse momentanée, ma main descendant le long de son dos, sentant les muscles se raidir.
— Prouve-le alors.
Je le force à s'asseoir sur le banc, m'imposant au-dessus de lui. Il pourrait me repousser – il est plus fort, malgré la blessure – mais il ne le fait pas. Au lieu de ça, il me tire vers le bas, nos visages à quelques millimètres.
— Tu joues avec le feu, Octavien.
— Et toi, tu brûles déjà, je rétorque, ma voix rauque.
La tension est palpable, un mélange explosif de violence et de désir refoulé. Chaque toucher est une provocation, chaque regard une menace. Je sens mon corps réagir, une chaleur traîtresse qui monte, mais je la contiens. Ce n'est que le début, un avant-goût de ce qui pourrait venir plus tard, quand les masques tomberont vraiment.
Les secondes s'étirent comme des heures dans ce vestiaire désert. Kylian est sous moi maintenant, son dos contre le banc dur, mes genoux de part et d'autre de ses hanches pour le maintenir en place. Sa respiration est saccadée, ses yeux vert brillant d'une fureur qui masque mal une vulnérabilité inattendue.
— Lâche-moi, grogne-t-il, mais ses mains sur mes bras ne poussent pas ; elles agrippent, comme pour me garder là.
— Non, je réponds simplement, ma voix un murmure dominateur.
Je penche la tête, mon souffle effleurant son cou. L'odeur de sa peau m'enivre, un mélange de sueur salée et de quelque chose de plus primal. Ma main glisse sur son torse, traçant les contours de ses abdominaux tendus. Il tressaille, un frisson qui n'est pas seulement de douleur.
— Admets-le, Kylian. Tu as aimé ça, sur le terrain. Être dominé.
Il secoue la tête, mais son corps le trahit. Ses hanches se cambrent légèrement, un mouvement involontaire qui nous rapproche dangereusement.
— T'es dingue. C'était une faute, pas… pas ça.
Sa voix faiblit, et je sens la confusion en lui, miroir de la mienne. Ce qui a commencé comme une excuse bidon s'est transformé en un jeu pervers, où la violence sportive se mue en une attirance physique troublante. Je ne sais plus si je veux le briser ou le posséder.
Je presse mon poids sur lui, sentant sa chaleur irradier à travers nos vêtements.
— Alors pourquoi tu ne te débats pas plus ? Pourquoi tes yeux me disent autre chose ?
Ma main descend plus bas, effleurant sa cuisse, et il inspire brusquement. La frontière est effacée maintenant ; c'est un mélange dérangeant de pouvoir et de désir, où chaque geste pourrait basculer en agression ou en consentement tacite. Je sens mon pouls s'accélérer, une excitation sombre qui me consume.
Kylian ferme les yeux un instant, comme pour reprendre le contrôle, puis il les rouvre, flamboyants.
— Parce que je vais te faire regretter ça.
D'un mouvement fluide, malgré sa blessure, il inverse la position, me plaquant au sol. Le carrelage froid mord mon dos, et son corps pèse sur le mien, lourd et impitoyable.
— C'est toi qui vas plier, Saint-Clair.
Je ris, un son bas et provocateur, même si mon corps hurle de cette proximité. Ses mains pincent mes poignets au-dessus de ma tête, sa poitrine contre la mienne. La sueur coule entre nous, et je sens chaque courbe de son anatomie.
— Essaie, alors.
Nos regards se verrouillent, et dans cet instant, tout est clair : ce n'est pas une fin, mais un début. Une obsession naissante, où la haine et le désir s'entremêlent dans une danse sans retour.
Il se penche plus près, ses lèvres frôlant presque les miennes, mais il s'arrête. La tension est insoutenable, un fil tendu à l'extrême. Puis, lentement, il se relève, me laissant haletant sur le sol.
— Sors d'ici avant que je change d'avis.
Sa voix est rauque, chargée d'une promesse non dite.
Je me relève, ajustant mon maillot, un sourire en coin.
— Ce n'est pas fini, Galtier.
Et en sortant du vestiaire, je sais que j'ai raison. La tension ne fait que commencer.
Je referme la porte du vestiaire derrière moi, le claquement résonne dans le couloir désert comme un avertissement que je n'écoute pas. Mon dos heurte le mur froid, je reste là une seconde, deux, le temps que mon pouls ralentisse un peu. Il ne ralentit pas. Mon cœur cogne toujours comme pendant les dernières minutes du match, mais ce n'est plus l'adrénaline du terrain. C'est autre chose. Quelque chose de plus vicieux, de plus collant.
L'odeur de Kylian est encore sur moi. Sueur, peau chaude, cette pointe métallique de tension qui me reste dans la gorge. Je passe une main sur mon visage, j'essuie une goutte qui perle sur ma tempe. Je devrais partir. Vraiment. Rentrer, me doucher, dormir, oublier. Mais mes jambes refusent. Mes pieds sont cloués au sol.
Je ferme les yeux. Je revois tout : sa respiration saccadée contre mon oreille, la façon dont ses hanches ont bougé malgré lui quand je l'ai plaqué sur le banc, ses doigts qui agrippaient mes bras sans vraiment pousser. Chaque image me brûle la rétine. Je rouvre les yeux. Le couloir est toujours vide. Les néons bourdonnent faiblement au-dessus de ma tête.
Je devrais vraiment partir.
Pourtant, je fais demi-tour.
Je rouvre la porte sans frapper, doucement cette fois, comme si je craignais de briser quelque chose.
Il est toujours là.
Assis sur le banc, torse nu, les coudes sur les genoux, la tête basse. Ses mains sont jointes devant sa bouche, les jointures blanchies. Il n'a pas bougé depuis que je suis parti. Ou presque. Sa respiration est plus lente maintenant, mais toujours lourde. L'ecchymose sur son épaule droite s'est encore assombrie sous la lumière crue, une tache violet-noir qui attire mon regard malgré moi.
Il relève la tête très lentement. Ses yeux verts me trouvent immédiatement. Pas de surprise. Juste une fatigue mêlée de quelque chose de plus sombre.
— T'es revenu pourquoi ? demande-t-il d'une voix basse, presque usée.
Je reste sur le seuil, la main encore sur la poignée.
— J'en sais rien.
C'est la vérité. Je n'ai aucune idée de ce que je fous ici. Je sais juste que si je pars maintenant, je vais passer la nuit à revivre chaque seconde de ces dernières minutes, chaque contact, chaque regard, et que ça va me ronger de l'intérieur.
Il se redresse un peu, les muscles de son dos roulant sous sa peau. Il ne se lève pas. Il reste assis, mais son corps entier semble prêt à bondir.
— T'as pas eu assez ? murmure-t-il.
— Apparemment non.
Un silence tombe entre nous. Pas confortable. Pas gêné non plus. Juste… lourd. Épais. Comme si l'air avait pris du poids.
Je fais un pas à l'intérieur. La porte se referme toute seule derrière moi avec un clic discret. Je tourne le verrou sans même y penser.
Il suit le geste des yeux, puis revient sur mon visage.
— T'as peur que quelqu'un entre ? demande-t-il, un sourcil légèrement haussé.
— J'ai peur qu'on s'arrête.
Les mots sortent avant que je puisse les retenir. Ils flottent entre nous, nus, brutaux.
Il déglutit. Je vois sa pomme d'Adam monter et descendre. Ses doigts se crispent sur ses genoux.
Je fais un autre pas. Puis un troisième. Je m'arrête à deux mètres de lui. Assez près pour sentir à nouveau sa chaleur corporelle irradier dans l'espace qui nous sépare. Assez loin pour qu'aucun de nous deux ne puisse prétendre que c'est un accident.
On se regarde. Longtemps. Sans parler. Sans bouger. Juste nos respirations qui s'accordent peu à peu, synchrones malgré nous.
— Approche, finit-il par dire, la voix rauque.
Ce n'est pas un ordre. Pas vraiment une invitation non plus. Plutôt une constatation. Comme s'il savait déjà que j'allais le faire.
Je m'approche encore. Un pas. Deux. Je m'arrête juste devant lui, entre ses genoux légèrement écartés. Il ne recule pas. Il lève la tête pour me regarder. Nos yeux sont presque à la même hauteur maintenant.
Je tends la main. Très lentement. Mes doigts effleurent son avant-bras. Sa peau est toujours brûlante. Il tressaille à peine, mais je le sens. Un frisson minuscule qui parcourt son muscle.
— Qu'est-ce que tu fais ? souffle-t-il.
— J'sais pas.
Ma main remonte le long de son bras, suit la courbe de son biceps, s'arrête sur son épaule valide. Je sens son pouls sous mes doigts. Rapide. Irrégulier.
Il ferme les yeux une seconde, comme s'il luttait contre quelque chose.
Puis il pose sa main sur la mienne. Pas pour l'enlever. Pour la maintenir là.
— T'arrêtes pas, murmure-t-il.
Je descends ma main. Lentement. Sur son torse. Je sens les battements de son cœur sous ma paume, forts, désordonnés. Ses pectoraux se contractent sous mon toucher. Il inspire profondément, les narines frémissantes.
Je glisse mes doigts plus bas, sur ses abdominaux tendus. Chaque muscle se durcit sous ma paume. Il ne bouge toujours pas, mais sa respiration devient plus courte, plus saccadée.
Je m'accroupis devant lui, mes genoux touchent le carrelage froid. Nos visages sont maintenant à la même hauteur. Je peux voir chaque détail : les gouttes de sueur qui perlent encore à la naissance de ses cheveux, la petite cicatrice au coin de sa lèvre inférieure, la façon dont ses pupilles se dilatent légèrement.
Ma main descend encore. Sur son ventre. Plus bas. Je m'arrête juste au-dessus de la ceinture de son short. Je sens la chaleur qui émane de lui, la tension dans ses cuisses.
Il est dur. Je le sens sans même le toucher. La bosse visible sous le tissu fin. Il ne fait rien pour la cacher.
Moi non plus, d'ailleurs. Mon propre short est tendu à craquer. La friction du tissu contre ma peau me fait presque grimacer.
On reste comme ça. Immobiles. Ma main posée à plat sur son bas-ventre, sans descendre plus bas. Sa main toujours sur la mienne, qui maintient la pression sans la guider.
Nos souffles se mêlent. Courts. Brûlants.
— Pourquoi tu fais ça ? demande-t-il enfin, la voix presque inaudible.
— Parce que si je m'arrête, je vais regretter.
Il ferme les yeux à nouveau. Sa tête bascule légèrement en arrière, exposant son cou. Je me penche. Mon souffle effleure sa peau. Je ne l'embrasse pas. Je reste là, à quelques millimètres, à sentir son pouls battre follement sous sa gorge.
Il tremble. Très légèrement.
— T'es en train de me tuer, Octavien.
— Toi aussi.
Ma main descend d'un centimètre. Juste assez pour que mes doigts frôlent le bord de son érection à travers le tissu. Il inspire brusquement, un son rauque qui résonne dans le vestiaire vide.
Je ne vais pas plus loin.
Pas encore.
Je relève les yeux vers lui. Nos regards se croisent à nouveau. Dans les siens, il y a tout : la colère, la confusion, le désir brut, la peur peut-être.
— On continue ? je murmure.
Il ne répond pas tout de suite.
Puis, très bas :
— Ouais.
Mais aucun de nous ne bouge vraiment. On reste figés dans cette position, tendus à l'extrême, excités jusqu'à la douleur, sans franchir la ligne. Juste cette pression insoutenable, ce contact minimal qui nous consume.
Le silence revient. Plus lourd que jamais.
Et on sait tous les deux que ce n'est qu'une question de temps avant que l'un de nous craque.
Les minutes passent. Ou peut-être des secondes. Je ne sais plus. Le temps s'étire dans ce vestiaire comme un fil prêt à rompre.
Je suis toujours accroupi devant lui, ma main toujours posée sur son bas-ventre, immobile maintenant. Ses cuisses tremblent légèrement de part et d'autre de mes épaules. Sa respiration est courte, hachée. La mienne n'est pas mieux.
Il baisse les yeux vers moi. Ses pupilles sont dilatées, presque noires.
— T'as l'intention de rester comme ça toute la nuit ? demande-t-il, la voix rocailleuse.
— Peut-être.
Un sourire minuscule, presque douloureux, passe sur ses lèvres.
— T'es maso.
— Toi aussi.
Ma main remonte lentement. Remonte seulement. Sur ses abdominaux, sur son torse. Je sens chaque respiration qu'il prend, chaque contraction involontaire de ses muscles. Mes doigts effleurent son téton durci. Il inspire profondément, un son étouffé.
Il attrape mon poignet. Pas pour arrêter. Pour guider. Il fait remonter ma main jusqu'à son cou, la pose contre sa gorge. Je sens son pouls s'affoler sous mes doigts.
— Serre un peu, murmure-t-il.
Je serre. Pas fort. Juste assez pour qu'il sente la pression. Ses yeux se ferment à moitié. Un grognement bas sort de sa gorge.
— Putain…
Je relâche légèrement. Il rouvre les yeux, me fixe.
— T'aimes ça ? je demande, la voix basse.
— T'aimes me voir comme ça ?
— Ouais.
Il attrape mon autre main, la pose sur son torse, juste au-dessus de son cœur.
— Sens.
Je sens. Son cœur bat comme un marteau-piqueur.
Il se penche en avant. Son front touche le mien. Nos nez se frôlent. Nos bouches sont à un souffle l'une de l'autre. Je sens son haleine chaude sur mes lèvres. Il ne m'embrasse pas. Il reste là, suspendu, à tester mes limites.
— T'es dur, souffle-t-il.
— Toi aussi.
Sa main descend. Frôlement léger sur mon torse, sur mon ventre. Il s'arrête à la ceinture de mon short. Ses doigts effleurent l'élastique. Pas plus.
Je ferme les yeux malgré moi. La tension est insupportable. Mon sexe pulse contre le tissu, douloureux de désir contenu.
— On ne va pas… commence-t-il.
— Non, je le coupe. Pas ce soir.
Il hoche la tête, presque imperceptiblement.
— Pas ce soir.
Mais sa main reste là. Pression légère, immobile. La mienne aussi, sur son cou.
On reste comme ça. Front contre front. Souffles mêlés. Corps tendus à l'extrême. Érections douloureuses, visibles, ignorées volontairement.
La tension monte encore. Encore. Jusqu'à devenir presque physique, comme une corde qui vibre entre nous.
Puis, lentement, il recule d'un centimètre. Juste assez pour briser le contact frontal.
— Faut que t'y ailles, murmure-t-il.
— Ouais.
Aucun de nous ne bouge.
— Plus tard… commence-t-il.
— Plus tard, je répète.
Il hoche la tête.
Je me relève enfin. Lentement. Mes jambes tremblent un peu. Je recule d'un pas. Puis d'un autre.
Il me regarde partir, les yeux brillants, la mâchoire serrée.
Je pose la main sur la poignée.
— Kylian.
Il relève la tête.
— Ce n'est pas fini.
Un sourire sombre passe sur ses lèvres.
— Je sais.
Je sors.
La porte se referme derrière moi.
Et je sais que je viens de franchir une ligne que je ne pourrai plus jamais repasser en arrière.
Fin du chapitre 1.
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