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✦ tounet777 Le goüt de la haine XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Le goüt de la haine — Chapitre 1

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Le goüt de la haine

Chapitre 1

Chapitre 1
La haine entre nos deux familles n'est pas une simple dispute de voisins. C'est une guerre qui coule dans le sang depuis trois générations, comme une rivière empoisonnée qui n'a jamais séché. Les Delorme et les Moreau. Mon père m'a élevé avec cette phrase gravée dans le crâne : « Un Moreau, ce n'est pas un homme, c'est une épine dans le pied de Dieu. » Et chez eux, c'est exactement pareil. Ils disent que mon arrière-grand-père a volé dix hectares en déplaçant les bornes une nuit de 1978. Nous, nous disons que leur arrière-grand-père a tiré sur notre chien et enterré la balle dans notre terre pour faire croire que c'était un accident.
Depuis, chaque génération ajoute une couche de fiel. Les insultes au marché, les clôtures sabotées, les tracteurs rayés au cutter, les chiens empoisonnés, les plaintes à la mairie, les bagarres au bal du 14 juillet. Tout ça pour un bout de pré qui ne vaut même plus le prix d'un bon veau aujourd'hui.
Moi, Milan Delorme, vingt-cinq ans, je suis né dedans. J'ai appris à haïr les Moreau avant même de savoir lire. Leurs yeux, leur nom, leur odeur de foin pourri — tout me donne envie de cracher. Surtout Loukas. Loukas Moreau. Le fils aîné. Vingt-huit ans, roux comme un renard, grand comme un chêne, épaules larges, mains qui ont l'air capables de briser une nuque sans effort. Je ne l'avais jamais vu de près avant ce soir. Juste aperçu de loin, au volant de leur vieux Land Rover, ou torse nu en train de charger des bottes de paille l'été dernier. Et chaque fois, mon père me disait : — Regarde pas trop, fils. C'est du poison.
Ce soir, le loup a décidé pour nous.
Il a tué trois brebis chez nous et quatre chez eux en deux nuits seulement. Le maire a réuni tout le monde à la salle des fêtes à dix-neuf heures. Les deux familles étaient là, séparées par trois rangées de chaises vides, comme une tranchée. Mon père et le sien se sont fusillés du regard pendant tout le briefing. Et puis le garde-chasse a lâché la bombe :
— On part en battue cette nuit. Deux équipes. Delorme et Moreau ensemble. Pas le choix.
Un silence de mort est tombé sur la salle.
Mon père a serré les poings si fort que ses jointures ont craqué. Le père de Loukas a craché par terre. Mais personne n'a osé dire non. Pas avec huit bêtes mortes et la peur que le loup s'attaque aux enfants la prochaine fois.
On nous a mis en binôme, Loukas et moi.
Je l'ai vu venir vers moi sous les néons blafards, son fusil à l'épaule, sa veste de chasse kaki usée jusqu'à la corde. Il était encore plus grand de près. Presque une tête de plus que moi. Ses yeux verts, froids, me fixaient comme si j'étais une merde collée sous sa botte.
— Delorme.
— Moreau.
On n'a rien ajouté. On est partis dans la nuit noire, les lampes frontales allumées, la neige qui commençait déjà à tomber dru. Le vent hurlait entre les sapins. La forêt sentait le froid, la terre mouillée et la mort.
On marchait à dix mètres l'un de l'autre, sans un mot pendant la première heure. Juste le bruit de nos bottes dans la neige fraîche et le craquement des branches sous nos pas. J'avais la haine qui me serrait la gorge. Chaque pas me rappelait les histoires : mon grand-père qui avait perdu un œil dans une bagarre contre le sien en 1994, ma tante insultée de « pute des Delorme » au village, les bornes qu'on repeint chaque année pour que personne n'oublie.
À un moment, il a brisé le silence. Sa voix était basse, rauque, hostile.
— T'as intérêt à pas me tirer dans le dos, Delorme. Je sais que ton père rêve de voir un Moreau six pieds sous terre.
J'ai ri jaune, sans le regarder.
— Pareil pour toi, Moreau. Ton père a encore le fusil chargé dans son pick-up, je parie. Au cas où on « se perde » cette nuit.
Il a craché dans la neige.
— Si je voulais te crever, je le ferais proprement. Pas comme vous, les Delorme, avec vos sales coups en douce.
— Sales coups ? C'est vous qui avez empoisonné notre puits en 2011.
— Preuves ?
— On n'en a pas besoin. On sait.
Le silence est retombé, encore plus lourd. La neige s'épaississait. Le vent sifflait plus fort. Nos lampes perçaient à peine le rideau blanc.
Deux heures plus tard, la tempête est devenue folle.
Le vent nous giflait le visage. La neige nous rentrait dans le col, dans les manches, dans les bottes. On ne voyait plus les traces du loup. On ne voyait même plus nos propres pieds. Loukas a juré entre ses dents.
— Putain de merde… on est paumés.
Je n'ai pas répondu tout de suite. La peur commençait à me grignoter le ventre.
— Faut trouver un abri, ai-je fini par dire, la voix plus serrée que je ne l'aurais voulu.
Il a hésité, mâchoire crispée.
— Y a la vieille cabane du père Garnier, à peut-être cinq cents mètres nord-est. Si on la trouve.
On a titubé pendant ce qui m'a semblé une éternité avant de tomber sur la cabane. Une ruine en bois gris, toit à moitié effondré, porte qui tenait plus que par un gond. On s'est rués dedans. Le vent a claqué la porte derrière nous.
À l'intérieur, la pièce était minuscule. Trois mètres sur quatre. On était obligés de se frôler.
On a réussi à allumer un petit feu dans la cheminée avec des planches pourries. La fumée piquait les yeux, mais la chaleur restait ridicule face au froid qui nous rongeait les os.
On s'est assis dos au mur, le plus loin possible l'un de l'autre. Mais dans cet espace minuscule, nos épaules se touchaient presque déjà. Mes dents claquaient. Loukas tremblait lui aussi, même s'il essayait de le cacher.
Au bout de longues minutes, il a parlé d'une voix rauque :
— Si on reste comme ça, on va crever.
Je n'ai rien répondu.
Il a continué, plus bas :
— Faut qu'on se rapproche.
Mon estomac s'est noué. La haine m'a brûlé la gorge.
— Plutôt crever que de coller un Moreau.
Il a laissé échapper un rire sec et amer.
— Pareil. Mais je préfère encore vivre pour te haïr demain matin.
Puis, sans me laisser le temps de protester, Loukas a bougé.
Il s'est tourné vers moi, imposant, et d'un mouvement brusque mais précis, il m'a attrapé par le bras et m'a tiré contre lui. Avant que je puisse réagir, il m'a pris dans ses bras, fort, presque violemment. Il m'a collé dos contre son torse, ses bras épais refermés autour de mon corps comme des chaînes. Ses grandes mains rugueuses se sont posées sur mon ventre et ma poitrine pour me maintenir fermement contre lui.
Je me suis raidi immédiatement, le corps tendu comme un arc.
— Qu'est-ce que tu fous ? ai-je grogné entre mes dents.
— Ta gueule, Delorme, a-t-il murmuré contre mon oreille, la voix basse et rauque. Ce n'est pas pour le plaisir.
Son torse large et chaud pressait contre mon dos. Ses cuisses puissantes encadraient les miennes. Je sentais son souffle brûlant dans ma nuque, son cœur qui battait fort contre mes omoplates. Son odeur — sueur, laine mouillée, sapin et quelque chose de plus animal — m'envahissait complètement.
Je haïssais ça. Je haïssais qu'un Moreau me touche. Je haïssais encore plus que mon corps cherche instinctivement cette chaleur.
Mais le froid était trop fort. Alors je n'ai pas bougé.
Loukas a resserré ses bras autour de moi. Ses mains glissaient légèrement sur mon ventre, comme pour mieux me caler contre lui. Son bassin était collé contre mes reins. Je sentais chaque muscle de son corps athlétique, chaque respiration.
Et lentement, quelque chose a changé.
Son corps s'est tendu. J'ai senti une chaleur différente, plus lourde, presser contre mes fesses. Il durcissait. Lentement. Incontestablement.
Mon propre sexe a réagi aussitôt, traître, gonflant douloureusement dans mon pantalon mouillé. J'ai serré les mâchoires jusqu'à en avoir mal, essayant de contrôler ma respiration qui devenait courte et saccadée. Je priais pour qu'il ne le remarque pas.
Mais il l'a remarqué.
Loukas a bougé légèrement le bassin, juste assez pour que son érection grandissante frotte contre moi. Son souffle est devenu plus lourd contre mon oreille.
— Milan… a-t-il murmuré, presque malgré lui.
C'était la première fois qu'il prononçait mon prénom. Sa voix était rauque, troublée.
Mon cœur cognait si fort que j'étais sûr qu'il le sentait. La haine, le froid, la peur et ce désir soudain et violent se mélangeaient dans mon ventre en une boule brûlante que je n'arrivais plus à contenir.
Je ne savais plus si je voulais le repousser de toutes mes forces… ou me presser encore plus fort contre lui.
La tempête hurlait toujours dehors.
Et dans cette cabane minuscule, serré dans les bras de l'homme que j'étais censé haïr plus que tout, je sentais que quelque chose était en train de se briser.
Et j'avais de plus en plus de mal à le cacher.
Loukas me tient serré contre lui comme si sa vie en dépendait. Son torse large et chaud est plaqué contre mon dos, ses bras épais refermés autour de mon corps comme des chaînes de chair. Ses grandes mains rugueuses sont posées à plat sur mon ventre et ma poitrine, par-dessus mes vêtements encore humides. Je sens chaque muscle de son corps athlétique trembler légèrement contre moi, pas seulement de froid. Son souffle chaud et rauque balaie ma nuque à intervalles réguliers.
On reste comme ça plusieurs minutes sans bouger. Le feu craque faiblement dans la cheminée, projetant des ombres dansantes sur les murs pourris de la cabane. Dehors, la tempête hurle toujours, mais ici, le silence entre nous est encore plus assourdissant.
Puis ses mains commencent à bouger.
Lentement d'abord. Presque timidement. Ses paumes larges glissent sur mon torse, frottant le tissu de ma veste et de mon tee-shirt comme pour réchauffer ma peau à travers. Il passe et repasse, de bas en haut, de mes côtes jusqu'à mes pectoraux, puis redescend. Ses doigts s'écartent, pressent un peu plus fort à chaque passage. Je sens la chaleur de ses paumes traverser le tissu mouillé. Mes tétons durcissent malgré moi sous ses mouvements. Mon cœur cogne si fort que je suis sûr qu'il le sent.
Je ne dis rien. Je reste immobile, les mâchoires serrées, les yeux fixés sur les flammes. Je me répète intérieurement que c'est seulement pour survivre, que c'est la haine qui me fait trembler comme ça, pas autre chose. Mais mon corps me trahit. Une chaleur traîtresse monte dans mon ventre, descend lentement vers mon sexe qui commence à gonfler, lourd et douloureux, contre ma cuisse.
Les minutes s'étirent. Ses caresses deviennent plus insistantes, plus lentes, presque possessives. Il explore maintenant chaque centimètre de mon torse, glisse ses doigts sous l'ourlet de mon tee-shirt pour toucher directement ma peau nue. Ses paumes sont calleuses, brûlantes. Il pince doucement un de mes tétons entre son pouce et son index, puis l'autre. Un frisson violent me traverse. Je serre les dents pour ne pas laisser échapper un bruit.
Loukas respire plus fort contre mon oreille. Son torse légèrement poilu se soulève et s'abaisse contre mon dos. Je sens la fine ligne de poils roux qui descend vers son ventre frotter contre moi à travers nos vêtements.
Puis, sans prévenir, il penche la tête.
Ses lèvres chaudes et rugueuses effleurent la peau sensible de mon cou, juste sous l'oreille. Un baiser. Lent. Humide. Sa langue passe une fois, légère, comme une caresse. Puis un deuxième baiser, plus appuyé, avec un léger suçon.
Je me relève d'un coup, le cœur explosant dans ma poitrine, le corps tendu comme un arc.
— Putain mais qu'est-ce que tu fous ?! je crie, la voix cassée par la surprise et la rage.
Je me dégage de ses bras et me retourne pour lui faire face. La cabane minuscule nous force à rester à quelques centimètres l'un de l'autre. Loukas est assis contre le mur, les yeux vert brillant dans la lueur du feu, les joues rougies par le froid et par autre chose. Il a l'air aussi perdu que moi.
— Je… je ne sais pas, répond-il d'une voix rauque, presque cassée. Je ne sais pas pourquoi, Delorme. Ça… ça m'a pris comme ça.
Le silence retombe, lourd, électrique.
Le froid revient immédiatement. Sans son corps contre le mien, le vent qui s'infiltre par les fissures du bois me glace jusqu'aux os. Je tremble violemment. Lui aussi. Ses lèvres sont encore entrouvertes, comme s'il revivait le baiser qu'il vient de me donner.
Loukas baisse les yeux un instant, puis il murmure, presque à contrecœur :
— Reviens. S'il te plaît. Ça ne se reproduira pas. Je te jure. Reviens avant qu'on crève vraiment de froid.
Je reste debout quelques secondes, le souffle court, le corps en feu malgré le froid qui me mord les jambes. À l'intérieur, tout est en train de se fissurer. Ce baiser sur mon cou… je le sens encore, brûlant, comme une marque. J'ai envie de le haïr pour ça. J'ai encore plus envie de le sentir à nouveau.
Je cède. Lentement. Je reviens m'asseoir contre lui. Il m'attrape aussitôt et me reprend dans ses bras, plus doucement cette fois, mais toujours aussi serré. Son torse large se colle à mon dos. Ses mains retrouvent leur place sur mon ventre et ma poitrine.
Et cette fois, je ne proteste pas quand il recommence à bouger ses mains.
Les caresses reprennent. Plus longues. Plus profondes. Ses doigts passent complètement sous mon tee-shirt maintenant, explorent ma peau nue, mes abdominaux tendus, mes pectoraux qui se soulèvent au rythme de ma respiration saccadée. Il pince mes tétons plus fort, les roule entre ses doigts. Je sens son sexe durcir contre mes fesses, énorme, brûlant, à travers nos pantalons. Il est déjà gros, épais, et il grossit encore.
Je suis perturbé. Complètement. Mon esprit hurle que c'est un Moreau, que je dois le haïr, que c'est la tempête qui nous rend fous. Mais mon corps, lui, en veut plus. Mon sexe pulse douloureusement dans mon pantalon. Je sens une moiteur au bout, une envie que je n'arrive plus à nier.
Loukas grogne contre mon oreille, la voix basse et cassée :
— Milan… je peux plus…
C'est moi qui tourne la tête cette fois.
Nos bouches se trouvent dans un baiser brutal, désespéré, plein de haine et de faim accumulée. Nos langues se mélangent violemment, se battent presque. Il a un goût de froid et de sel. Il m'attrape par la nuque et m'embrasse plus profond, comme s'il voulait me dévorer.
On s'arrache nos vêtements à la hâte, presque rageusement. Veste, tee-shirt, pantalon, tout vole dans la cabane glaciale. Nos corps nus se collent enfin. La peau de Loukas est brûlante. Son torse légèrement poilu, roux comme ses cheveux, frotte contre mon ventre. Ses abdominaux durs, ses épaules larges, ses cuisses puissantes… tout est contre moi.
Son sexe est dressé entre nous. Mon Dieu, il est énorme. Long, très long, épais comme mon poignet, veiné, la tête rouge et brillante, déjà luisante de liquide pré-séminal. Il l'entretient : très peu de poils autour, juste une touffe rousse bien taillée à la base. Ses couilles lourdes pendent, tendues. Il est impressionnant, presque intimidant.
Il me pousse sur le vieux matelas pourri. Je me retrouve à quatre pattes, le cul offert, tremblant de froid et d'envie.
— Je te déteste, je souffle, la voix cassée.
— Moi aussi, grogne-t-il en crachant dans sa main pour lubrifier sa grosse queue.
Il se place derrière moi. Je sens la tête énorme de sa bite appuyer contre mon trou serré. Il pousse. Lentement au début. La brûlure est intense. Il m'écartèle. Centimètre par centimètre, sa queue longue et épaisse force l'entrée. Je serre les dents, les doigts enfoncés dans le matelas, un gémissement rauque m'échappe malgré moi.
— Putain… t'es tellement serré, halète-t-il.
Il continue à entrer, jusqu'à ce que ses couilles lourdes touchent les miennes. Il est entièrement en moi. Je le sens palpiter, énorme, brûlant, remplissant complètement mon cul. La sensation est indescriptible : pleine, profonde, presque douloureuse de plaisir.
Puis il commence à bouger.
D'abord des coups lents, profonds, qui me font sentir chaque veine de sa grosse queue. Puis plus vite. Plus fort. Bestial. Ses hanches claquent violemment contre mes fesses. Le bruit est obscène, humide, répété. Ses mains agrippent mes hanches si fort que je sais que ça va laisser des marques. Il me pilonne comme un animal, grognant à chaque coup de reins.
— T'es à moi ce soir, Delorme… même si je te hais…
Je gémis fort maintenant, incapable de me retenir. Chaque coup fait remonter une vague de plaisir violent dans mon ventre. Mon propre sexe, dur et dégoulinant, frappe mon ventre à chaque mouvement. Du liquide coule de mon gland.
Il change de position. Il me retourne sur le dos, soulève mes jambes sur ses épaules et s'enfonce de nouveau, encore plus profond. Son torse légèrement poilu frotte contre mon ventre et mon sexe à chaque coup. Il m'embrasse violemment, mord ma lèvre, mon cou, ma clavicule. Ses coups deviennent frénétiques, sauvages. La cabane sent la sueur, le sexe, le feu de bois. Le claquement de nos corps est assourdissant.
— Je vais jouir… grogne-t-il contre ma bouche, la voix cassée.
— Fais-le, je souffle, complètement perdu, complètement à lui. Remplis-moi.
Il donne trois derniers coups de reins puissants, profonds, jusqu'au fond, et il jouit en moi. Longtemps. Fort. Je sens chaque jet brûlant, épais, qui remplit mon cul. Sa grosse queue pulse violemment à l'intérieur de moi, encore et encore, comme s'il n'allait jamais s'arrêter. Il grogne comme un animal, le corps secoué de spasmes, ses doigts enfoncés dans mes hanches.
Moi, je jouis en même temps, sans même me toucher. Mon sperme gicle entre nos ventres collés, chaud et abondant, pendant que sa bite continue à décharger au fond de moi.
On reste comme ça, essoufflés, tremblants, encore connectés. Sa queue encore à moitié dure en moi, palpitant faiblement. Son sperme chaud coule lentement autour de sa bite, débordant de mon trou serré.
La tempête hurle toujours dehors.
Et dans cette cabane abandonnée, la haine entre nos deux familles vient de se briser pour toujours.
Je ne sais pas ce qui va se passer demain matin.
Mais ce soir, Loukas Moreau m'a pris.
Et je l'ai voulu.
Je le veux encore.
La chaleur de nos corps nus persiste encore longtemps après. Mon cul est encore sensible, rempli de son sperme qui coule lentement entre mes fesses à chaque mouvement. On reste un moment silencieux, collés l'un à l'autre, essoufflés et tremblants.
Loukas finit par bouger. Il ramasse nos vêtements éparpillés et on se rhabille complètement, sans un mot. On ajuste tout : tee-shirts, vestes, pantalons, bottes. Rien ne doit laisser deviner ce qui s'est passé. On efface les traces visibles. Une fois habillés, il s'allonge à nouveau et m'attire fermement contre lui. Je me blottis dos contre son torse large. Ses bras épais se referment autour de ma taille, une main glissée sous mon tee-shirt pour garder le contact peau contre peau.
On reste serrés comme ça, profitant de la chaleur de l'autre. Ses lèvres effleurent ma nuque, puis ma mâchoire. Je tourne la tête et nos bouches se trouvent. On s'embrasse lentement, profondément, presque avec mélancolie. Des baisers longs, silencieux, chargés d'une émotion qu'on ne veut ni nommer ni comprendre.
Entre deux baisers, je murmure contre ses lèvres :
— Je te déteste, Loukas.
Il répond tout bas, son front collé au mien :
— Moi aussi, Milan. Je te déteste.
On continue à s'embrasser doucement jusqu'à ce que le sommeil nous emporte, enlacés l'un contre l'autre.
Le matin arrive trop vite.
Des voix et des aboiements de chiens nous réveillent en sursaut. Loukas se tend immédiatement.
— Ils arrivent, murmure-t-il. Habille-toi vite.
On finit d'ajuster nos vêtements en vitesse, on passe la main dans nos cheveux pour avoir l'air présentable. On sort de la cabane juste au moment où les deux groupes apparaissent entre les arbres.
Mon père est en tête, le visage marqué par l'inquiétude. Derrière lui, plusieurs Delorme. De l'autre côté, le père de Loukas et les autres Moreau. Les deux clans se jaugent avec leur haine habituelle.
Mon père me voit et pousse un grognement de soulagement :
— Milan… T'es vivant.
Le père de Loukas hoche sèchement la tête en direction de son fils, visiblement rassuré, mais son regard reste dur.
Pendant quelques secondes, l'atmosphère est presque calme. On est vivants. C'est déjà une victoire.
Puis Loukas parle.
Sa voix est froide, tranchante, sans émotion :
— C'est lui.
Tous les regards se tournent vers moi.
Il me pointe du doigt, le visage fermé :
— C'est Milan Delorme qui a attiré le loup sur nos terres. Je l'ai vu ouvrir la clôture près du ruisseau hier soir, juste avant la battue. Il l'a fait exprès.
Le silence explose.
Mon père devient rouge de rage :
— Espèce de sale menteur de Moreau !
Le père de Loukas crache par terre avec mépris :
— Je le savais ! Les Delorme sont tous des traîtres !
Je reste figé une seconde, puis je m'avance, la voix tremblante de colère et de douleur :
— Dis-leur que ce n'est pas vrai ! Loukas, dis-leur que tu mens !
Il ne me regarde pas. Il fixe son père, mâchoire serrée.
— Je ne mens pas, répond-il calmement. Je l'ai vu.
La trahison me transperce comme une lame. Il ment sans broncher. Il sacrifie tout — la nuit, les caresses, les baisers, le sexe — pour protéger son secret et sa famille.
Les insultes fusent aussitôt des deux côtés. Les pères crient, les oncles renchérissent, les anciens griefs ressortent tous en même temps : les bornes volées en 1978, le puits empoisonné en 2011, les chiens tués, les brebis massacrées, les bagarres au village. Les deux familles se rapprochent dangereusement, poings serrés, fusils à moitié levés.
Mon père m'attrape par l'épaule et me tire en arrière.
— Laisse tomber, Milan. Ils ne valent pas mieux que des chiens enragés.
Le père de Loukas ricane :
— Rentrez chez vous, bande de voleurs. Et que ton fils reste loin de nos terres.
Les deux groupes commencent à se séparer lentement, en continuant à s'insulter et à se menacer de représailles.
Avant de partir, Loukas s'arrête.
Il se retourne.
Pendant quelques secondes, ses yeux verts croisent les miens. Son regard est intense, chargé, presque douloureux. Il y a quelque chose dedans — un éclat de regret, de honte, ou peut-être simplement de la haine mêlée à ce qu'on a partagé cette nuit. Il me fixe longuement, comme s'il voulait graver mon visage dans sa mémoire… ou comme s'il cherchait à se convaincre lui-même qu'il a fait le bon choix.
Puis il détourne la tête et s'éloigne avec les siens, le dos droit, sans un mot de plus.
Je reste planté là, le corps encore marqué par ses mains, son odeur encore sur ma peau, son sperme encore en moi, à le regarder partir.
La nuit qu'on a passée n'a rien changé.
La loyauté envers sa famille a été plus forte que tout.
Et ce regard qu'il m'a lancé avant de partir rend la trahison encore plus cruelle.
La guerre entre les Delorme et les Moreau continue, plus violente et plus personnelle que jamais.
Fin du chapitre 1.
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