Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La petite blonde du pallier — Chapitre 5 · La journée des filles
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La petite blonde du pallier
Chapitre 5 · La journée des filles
La petite blonde du palier – Chapitre 5 : La journée des filles
(Narré par Roxanne)
(Narré par Roxanne)
Le lendemain, on n’a pas laissé Chloé seule une seconde. Dès le matin, après avoir prévenu Ju qu’on passait la journée avec elle, Maëlys et moi on s’est installées chez Chloé. On avait apporté du café, des croissants, des fruits, tout ce qu’on avait pu trouver pour essayer de créer un peu de douceur dans cet appartement qui sentait encore la dispute.
Chloé était assise sur le canapé, en boule, enveloppée dans un plaid trop grand. Elle avait les yeux rougis, le visage bouffi, les cheveux collés par les larmes de la nuit. Elle n’avait pas dormi. Dès qu’on est arrivées, elle a recommencé à parler, mais c’était pas des phrases. C’était un flot ininterrompu de mots qui se fracassaient contre elle-même.
« Je suis vraiment une merde… Il a raison… Je suis moche… Je suis nulle… Personne voudra jamais de moi… Je suis dégueulasse… Je mérite même pas qu’on me parle… »
Chaque phrase était un coup de poignard qu’elle se donnait à elle-même. On essayait de l’interrompre, doucement.
« Chloé, arrête… Ce n’est pas vrai… »
Mais elle continuait, comme si les mots de son ex avaient pris racine dans sa tête et qu’elle les arrosait sans arrêt.
« Regardez-moi… Mon corps est horrible… Mes seins sont moches… Mon cul est flasque… Je suis fade… Je suis vide… Je suis une erreur… »
On s’est assises de chaque côté d’elle. Maëlys lui prenait la main, moi je caressais son dos en cercles lents. On lui répétait les mêmes choses, encore et encore :
« Tu es belle, Chloé. Vraiment. Tes yeux sont magnifiques. Ton sourire, quand tu le laisses sortir, il illumine tout. Ton corps n’est pas dégueulasse, il est doux, il est vivant. Il t’a fait croire le contraire, mais c’est faux. »
Elle secouait la tête, pleurait plus fort.
« Non… Il a raison… Je suis une conne… Une grosse nulle… Je devrais disparaître… »
On était désemparées. On n’avait jamais vu quelqu’un se démolir comme ça. On avait l’impression de parler à un mur qui se reconstruisait en ruines à chaque mot.
Vers midi, j’ai préparé un repas simple : pâtes au pesto, salade, un peu de fromage. Maëlys a mis de la musique douce, ouvert une fenêtre pour laisser entrer l’air. On a posé l’assiette devant Chloé.
« Mange un peu, s’il te plaît. Juste une bouchée. »
Elle a regardé la fourchette comme si c’était un objet étranger. Elle a pris une bouchée, l’a mâchée mécaniquement, puis a repoussé l’assiette.
« Je peux pas… Je suis dégoûtante… Je mérite même pas de manger… »
Et elle s’est remise à pleurer, tête dans les mains.
L’après-midi a été long. On a essayé de la distraire : on lui a proposé de regarder un film, de faire un puzzle, de trier des photos sur son téléphone. Rien. À chaque fois, elle revenait au même refrain :
« Je suis moche… Je suis nulle… Il avait raison… Je suis une erreur… »
On alternait : l’une parlait, l’autre la prenait dans ses bras, on changeait de sujet, on revenait aux compliments sincères. On lui disait qu’on l’aimait bien, qu’on la trouvait précieuse, qu’elle avait le droit d’exister. Mais les mots glissaient sur elle. Elle était enfermée dans la voix de son ex, et elle la répétait comme un mantra destructeur.
Vers 18h, on a réussi à lui faire boire un thé. Elle a tenu la tasse entre ses mains tremblantes. On s’est assises par terre, autour d’elle.
Maëlys a dit doucement :
« Chloé… on va pas te laisser tomber. On est là. Même si tu te sens au fond du trou, même si tu crois que tu vaux rien, nous on sait que c’est faux. Et on va te le rappeler tous les jours s’il le faut. »
Chloé a hoché la tête, à peine.
« Promets-nous une chose… » ai-je ajouté. « Promets-nous que tu feras pas de bêtise. Que tu nous appelleras, même à 3h du matin. Que tu nous laisseras venir. »
Elle a murmuré :
« … Promis. »
On l’a serrée fort. Elle a pleuré encore, mais c’était un peu moins violent. On l’a laissée se reposer sur le canapé, on a rangé, on a laissé une lumière allumée, une bouteille d’eau à côté d’elle.
Quand on est rentrées chez nous, il faisait nuit. Ju nous attendait, le petit déjà couché. Il avait préparé un plateau avec du vin et des fromages. On s’est effondrées sur le canapé, épuisées.
Ju nous a prises dans ses bras, l’une après l’autre.
« Racontez-moi. »
On lui a tout dit : les insultes, les pleurs, le repas qu’elle n’a pas touché, les mots qui tournaient en boucle. Ju serrait les mâchoires.
« Putain… ce mec est un vrai connard. Comment on peut dire des trucs pareils à quelqu’un qu’on a prétendu aimer ? Elle est adorable, Chloé. Elle est douce, elle est jolie… Il l’a détruite. »
Il était en colère, mais aussi triste. Il nous a embrassées sur le front.
« Vous avez fait ce qu’il fallait. Vous avez été là. C’est déjà énorme. »
On est restés silencieux un moment. Puis Ju nous a attirées contre lui. Pas de mots crus ce soir. Juste de la tendresse.
Il nous a embrassées doucement, l’une après l’autre. Maëlys s’est blottie contre son torse, j’ai posé ma tête sur son épaule. Ses mains nous caressaient le dos, les cheveux. On s’est déshabillés lentement, sans urgence. Ju s’est allongé sur le lit, nous avec lui. Il nous a fait l’amour avec une douceur infinie : des baisers partout, des caresses légères, des murmures d’amour. Moi sur lui, Maëlys à côté, nos corps entrelacés sans hâte. On a joui presque en silence, juste des soupirs longs, des « je vous aime » murmurés dans le noir.
Après, on est restés collés les uns aux autres. Ju nous tenait fort.
« Demain, on continue. On va pas la laisser tomber. »
J’ai hoché la tête contre son torse.
« Ouais… on continue. »
Mais dans ma tête, je revoyais les yeux de Chloé, éteints, perdus. Et je me demandais combien de temps il faudrait pour rallumer ne serait-ce qu’une petite flamme.
Chloé était assise sur le canapé, en boule, enveloppée dans un plaid trop grand. Elle avait les yeux rougis, le visage bouffi, les cheveux collés par les larmes de la nuit. Elle n’avait pas dormi. Dès qu’on est arrivées, elle a recommencé à parler, mais c’était pas des phrases. C’était un flot ininterrompu de mots qui se fracassaient contre elle-même.
« Je suis vraiment une merde… Il a raison… Je suis moche… Je suis nulle… Personne voudra jamais de moi… Je suis dégueulasse… Je mérite même pas qu’on me parle… »
Chaque phrase était un coup de poignard qu’elle se donnait à elle-même. On essayait de l’interrompre, doucement.
« Chloé, arrête… Ce n’est pas vrai… »
Mais elle continuait, comme si les mots de son ex avaient pris racine dans sa tête et qu’elle les arrosait sans arrêt.
« Regardez-moi… Mon corps est horrible… Mes seins sont moches… Mon cul est flasque… Je suis fade… Je suis vide… Je suis une erreur… »
On s’est assises de chaque côté d’elle. Maëlys lui prenait la main, moi je caressais son dos en cercles lents. On lui répétait les mêmes choses, encore et encore :
« Tu es belle, Chloé. Vraiment. Tes yeux sont magnifiques. Ton sourire, quand tu le laisses sortir, il illumine tout. Ton corps n’est pas dégueulasse, il est doux, il est vivant. Il t’a fait croire le contraire, mais c’est faux. »
Elle secouait la tête, pleurait plus fort.
« Non… Il a raison… Je suis une conne… Une grosse nulle… Je devrais disparaître… »
On était désemparées. On n’avait jamais vu quelqu’un se démolir comme ça. On avait l’impression de parler à un mur qui se reconstruisait en ruines à chaque mot.
Vers midi, j’ai préparé un repas simple : pâtes au pesto, salade, un peu de fromage. Maëlys a mis de la musique douce, ouvert une fenêtre pour laisser entrer l’air. On a posé l’assiette devant Chloé.
« Mange un peu, s’il te plaît. Juste une bouchée. »
Elle a regardé la fourchette comme si c’était un objet étranger. Elle a pris une bouchée, l’a mâchée mécaniquement, puis a repoussé l’assiette.
« Je peux pas… Je suis dégoûtante… Je mérite même pas de manger… »
Et elle s’est remise à pleurer, tête dans les mains.
L’après-midi a été long. On a essayé de la distraire : on lui a proposé de regarder un film, de faire un puzzle, de trier des photos sur son téléphone. Rien. À chaque fois, elle revenait au même refrain :
« Je suis moche… Je suis nulle… Il avait raison… Je suis une erreur… »
On alternait : l’une parlait, l’autre la prenait dans ses bras, on changeait de sujet, on revenait aux compliments sincères. On lui disait qu’on l’aimait bien, qu’on la trouvait précieuse, qu’elle avait le droit d’exister. Mais les mots glissaient sur elle. Elle était enfermée dans la voix de son ex, et elle la répétait comme un mantra destructeur.
Vers 18h, on a réussi à lui faire boire un thé. Elle a tenu la tasse entre ses mains tremblantes. On s’est assises par terre, autour d’elle.
Maëlys a dit doucement :
« Chloé… on va pas te laisser tomber. On est là. Même si tu te sens au fond du trou, même si tu crois que tu vaux rien, nous on sait que c’est faux. Et on va te le rappeler tous les jours s’il le faut. »
Chloé a hoché la tête, à peine.
« Promets-nous une chose… » ai-je ajouté. « Promets-nous que tu feras pas de bêtise. Que tu nous appelleras, même à 3h du matin. Que tu nous laisseras venir. »
Elle a murmuré :
« … Promis. »
On l’a serrée fort. Elle a pleuré encore, mais c’était un peu moins violent. On l’a laissée se reposer sur le canapé, on a rangé, on a laissé une lumière allumée, une bouteille d’eau à côté d’elle.
Quand on est rentrées chez nous, il faisait nuit. Ju nous attendait, le petit déjà couché. Il avait préparé un plateau avec du vin et des fromages. On s’est effondrées sur le canapé, épuisées.
Ju nous a prises dans ses bras, l’une après l’autre.
« Racontez-moi. »
On lui a tout dit : les insultes, les pleurs, le repas qu’elle n’a pas touché, les mots qui tournaient en boucle. Ju serrait les mâchoires.
« Putain… ce mec est un vrai connard. Comment on peut dire des trucs pareils à quelqu’un qu’on a prétendu aimer ? Elle est adorable, Chloé. Elle est douce, elle est jolie… Il l’a détruite. »
Il était en colère, mais aussi triste. Il nous a embrassées sur le front.
« Vous avez fait ce qu’il fallait. Vous avez été là. C’est déjà énorme. »
On est restés silencieux un moment. Puis Ju nous a attirées contre lui. Pas de mots crus ce soir. Juste de la tendresse.
Il nous a embrassées doucement, l’une après l’autre. Maëlys s’est blottie contre son torse, j’ai posé ma tête sur son épaule. Ses mains nous caressaient le dos, les cheveux. On s’est déshabillés lentement, sans urgence. Ju s’est allongé sur le lit, nous avec lui. Il nous a fait l’amour avec une douceur infinie : des baisers partout, des caresses légères, des murmures d’amour. Moi sur lui, Maëlys à côté, nos corps entrelacés sans hâte. On a joui presque en silence, juste des soupirs longs, des « je vous aime » murmurés dans le noir.
Après, on est restés collés les uns aux autres. Ju nous tenait fort.
« Demain, on continue. On va pas la laisser tomber. »
J’ai hoché la tête contre son torse.
« Ouais… on continue. »
Mais dans ma tête, je revoyais les yeux de Chloé, éteints, perdus. Et je me demandais combien de temps il faudrait pour rallumer ne serait-ce qu’une petite flamme.
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Commentaires ()
Et puis on a tous déjà été confronté de près ou de loin a ce genre de spirale destructrice. Dans les amoirs, l école, le travail, les passions... Ont a tous connu quelqu un dans cette panade (si ce n'est nous même)
On arrive tout juste à 1001 mots : Bravo ! 🥂
Ahah, je plaisante... 😈 l'avantage c'est qu'on ne sent pas le temps passer en lisant. 🐎
Sinon, l'histoire est gentille et les cœurs tendres 🥰 seront curieux de voir comment cela évoluera. 😇
A suivre donc ^^'