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✦ Galaxie rouge Jusqu’à ce que mon corps dise “oui” XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Jusqu’à ce que mon corps dise “oui” — Chapitre 18 · Ce qu’il voit en elle

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Galaxie rouge
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Jusqu’à ce que mon corps dise “oui”

Chapitre 18 · Ce qu’il voit en elle

Note de l'auteur

Résumé du chapitre précédent : Isabelle a disparu depuis trois jours. Gérard, paumé et en manque, fait venir Lola dans l'espoir de comprendre. Mais Lola ne vient pas pour consoler : elle lui balance une série de photos humiliantes d'Isabelle dans les bras d'un autre, un jeune homme visiblement plus séduisant, plus tendre, plus aimant. Gérard fulmine, s'enfonce dans sa haine et son incompréhension, persuadé d'avoir été un bon mari. Lola profite de sa faiblesse pour l'écraser. Elle le chauffe, l'humilie, l'excite puis le domine, le réduisant à un objet pathétique, sexuellement manipulé. Elle joue la femme loyale, celle qui attend l'amour en retour, tout en le méprisant en silence et ne visant que son argent. Gérard, vidé, humilié, reste seul dans la honte, incapable d'admettre que tout s'effondre autour de lui et que personne ne l'aime vraiment.
La lumière du soir s'étire sur les façades du centre-ville. Isabelle marche à pas lents aux côtés de Luc. Il ne dit rien, ou presque, mais ses regards sont explicites. Il la regarde comme un homme regarde une femme qu'il désire.
Elle se sent belle. Pas seulement à cause de sa jupe plissée beige qui épouse le galbe de ses hanches ni du chemisier blanc légèrement entrouvert qui dévoile une ligne de peau chaude entre ses seins. Non. C'est la manière dont Luc la regarde, ce regard dense, presque possessif, qui la fait se redresser, accentuer la cambrure naturelle de son dos, redessiner la gestuelle fluide de ses bras et de ses hanches.
Ils passent devant une vitrine. Il fait une remarque sur une couverture de roman érotique exposée, un sourire en coin. Elle rit doucement. Un rire, fluide et cristallin, monte de sa gorge comme une onde chaude. Elle le sent résonner jusque dans sa poitrine. Elle passe lentement la main dans ses cheveux, ses doigts glissants entre les mèches comme une caresse douce.
Le revers de sa main frôle son épaule nue, la peau y est tiède, frémissante, électrisée. Ce simple geste déclenche un frisson qui descend le long de sa colonne, s'épanouit dans son ventre. Elle s'effleure sans y penser, comme si son corps répondait à une sollicitation silencieuse, pour lui rappeler ce qui s'offre la chaleur de sa nuque, la courbe de son sein, le battement profond entre ses cuisses.
Elle ne joue pas. Elle vit. Chaque respiration est un éveil, chaque geste une offrande. Elle se laisse vivre, dans sa peau, dans son désir, dans cette tension délicieuse qui pulse sous sa chair.
Mais dans une ruelle perpendiculaire, un véhicule stationné depuis une heure ne fait aucun bruit.
Un homme, Il observe. Installé à l'avant de sa fourgonnette blanche sans logo, les vitres embuées d'attente, il a bricolé un système de surveillance rudimentaire : un carton fendu, juste assez pour capter la scène. Depuis qu'il les a suivis, il n'a pas bougé. Sa peau colle au similicuir du siège, ses paumes sont humides, mais ses yeux sont rivés sur elle.
Il a vu Luc tendre la main vers la taille d'Isabelle, elle, se laisse faire. Il a vu la douceur dans son regard, la tendresse dans ses gestes, ce sourire qui l'obsède depuis qu'il l'a aperçue la première fois. Ce sourire qu'il fantasme, qu'il imagine pour lui, depuis le temps qu'il la surveille dans la rue, a son domicile ou sur le parking se son lieu de travail.
Un frisson malsain lui traverse l'échine. Il sent l'excitation mêlée à la colère, la chaleur poisseuse entre ses cuisses, sa respiration qui s'accélère. Il sort son téléphone, lentement, le cale contre la fente du carton. Il zoome. Il cadre. Il capture. Encore. Des clichés volés, un par un, pour elle. Pour Lola.
À travers l'écran, il suit leurs mouvements, l'embrassade lente, la main sur la hanche. Le sang lui bat dans les tempes. Il ne sait plus s'il bande de rage ou de désir. Peut-être les deux. Peut-être pire encore.
Il chuchote pour lui-même, la mâchoire serrée :
— Tu fais ta bourgeoise… Tu crois qu'il vaut mieux que moi ? Le mec bien propre, bien lisse ?
Il secoue la tête, amer. Le cuir de son siège grince sous ses mouvements. Il transpire, même si le moteur est coupé. L'air est moite. Sa peau aussi. Mais ses yeux sont fixes. Hypnotisés.
Il les voit s'arrêter devant une librairie. Elle rit doucement, penchée vers lui, et il sent son parfum chaud, floral, presque sucré qui flotte dans l'air.
Puis Luc se tourne vers elle, lentement, avec cette lenteur volontaire qui précède un geste intime.
Sa main glisse sur sa taille, trouve sa cambrure, s'y ancre. Le contact est simple, mais précis, possessif, presque sensuel. Elle ne recule pas. Au contraire, elle frissonne légèrement, ses cils battent, ses lèvres s'entrouvrent comme dans une inspiration retenue. Puis, sans un mot, elle se hisse sur la pointe de ses talons, rapproche son visage du sien, sent la chaleur de son souffle.
Elle l'embrasse. Un baiser lent, profond, presque voluptueux. Leurs lèvres s'épousent, s'explorent, s'appuient l'une contre l'autre avec une intensité calme, mais brûlante. Il la serre un peu plus. Elle sent sa langue, son odeur, la fermeté de ses doigts contre sa hanche. Tout son corps réagit : une chaleur diffuse s'allume dans son bas-ventre, ses seins se tendent, son souffle se suspend. C'est un baiser de ceux qu'on n'échange pas à la légère. De ceux qui allument une faim.
Hervé ne bouge pas. Il reste là, immobile, les paupières à demi closes. Figé. Il n'y a pas de bruit, pas de mouvement, juste le grondement sourd de son cœur qui cogne à ses tempes.
Ses doigts serrent le volant avec une force animale. Et dans sa gorge, un mot s'échappe.
— Salope...
Mais ce n'est pas une insulte jetée au hasard. C'est une évocation, une incantation cruelle, presque tremblante. Ce mot, il ne le crie pas : il l'exhale. Il le savoure. Il le fait tourner dans sa bouche comme un goût amer qu'il refuse pourtant de recracher.
Une goutte de sueur glisse lentement le long de sa tempe. Ses narines frémissent. Et devant ses yeux, dans l'ombre de la cabine, le mirage commence.
Elle est là. Isabelle.
Pas la femme distante qu'elle s'efforce d'être en public, pas la bourgeoise tirée à quatre épingles qui lève le menton dès qu'il entre dans la pièce. Non. Celle qu'il voit, celle qu'il sent, celle qu'il veut, c'est une Isabelle ébréchée, en déséquilibre, un vernis qui craque sous la tension. Il veut la version qui doute, qui respire trop vite, qui serre les dents pour ne pas trembler. Une femme encore debout, mais prête à céder. Une femme qui ne demande qu'à être révélée, arrachée à sa perfection pour goûter enfin à la poussière et à la fièvre. Une femme au bord du gouffre, offerte sans le savoir à l'homme qui saura la faire tomber.
Il l'imagine entrant dans son garage, ce lieu à lui, son antre, son territoire brut, saturés d'odeurs d'huile brûlée, de métal et de sueur. Elle s'y aventure à reculons, comme si l'air même du hangar risquait de froisser son apparence.
Elle avance à petits pas crispés, les yeux fuyants, le nez froncé d'un mépris à peine contenu. Chaque tache de graisse semble l'indigner, chaque outil laissé à même le sol menace ses escarpins vernis. Elle se donne un genre, raide, compassé, jouant à la grande dame parachutée dans un monde qui lui est étranger, presque hostile.
Elle tire sur sa jupe beige pour la lisser, ajuste nerveusement la manche de son chemisier immaculée, croise les bras comme un rempart de dentelle face à la saleté environnante. Et c'est précisément ce contraste-là, cette tension entre la femme trop propre et le lieu trop sale, qui excite Hervé jusqu'à la brûlure.
Elle est déplacée. Elle est incongrue. Elle est magnifique.
Chaque détail prend une importance presque douloureuse dans l'esprit d'Hervé. La finesse de ses poignets ornés d'un discret bracelet en or blanc, la chaîne de perles qui disparaît dans l'ombre de son décolleté, les boucles sages de ses cheveux châtains relevés avec soin en un chignon impeccable. Sa nuque est tendue, droite comme une tige de verre. Son visage se veut impassible, mais chaque ride esquissée par le dédain en dit long sur son trouble.
Elle observe les lieux comme on inspecte une ruine menaçante, les narines plissées, le regard hautain, comme si la crasse allait lui sauter au visage à chaque pas. Elle essaie de garder la maîtrise, mais ses yeux trahissent le malaise, l'hésitation. Il voit le vernis craquer, lentement.
Il ferme la porte derrière elle d'un coup sec. Le claquement résonne dans le hangar comme une sentence. Elle sursaute, se retourne brusquement. Le silence s'installe, dense, électrique. Il s'avance. Lentement. Son pas lourd fait résonner le sol de béton. Les chaînes suspendues tremblent à peine à son passage.
Il ne dit rien. Il la regarde. Et dans son regard, il n'y a pas d'hostilité directe. Juste une forme de patience féroce. Il la scrute comme un loup, observe une biche blessée. Avec une certitude sourde : elle ne repartira pas entière.
Il l'imagine plaquée contre l'établi. Le contact du métal glacé la fait frissonner violemment, une crispation élégante, presque théâtrale, comme si son corps entier refusait d'accepter cet affront. Elle proteste, plus par fierté que par peur, son visage déformé par un haut-le-cœur silencieux.
Elle sent sous ses doigts la crasse accumulée, la graisse sèche incrustée dans les rainures de la table, et un dégoût physique monte en elle, brutal, immédiat. Le tissu de son chemisier s'accroche à une tache d'huile, et la sensation visqueuse lui arrache une grimace de pure horreur. Ce n'est pas seulement sale : c'est indigne. Tout son corps rejette ce lieu, comme si la saleté allait s'insinuer dans ses pores, lui voler sa netteté.
Elle déteste ça. Elle le hait. Et c'est précisément pour ça qu'Hervé sourit dans l'ombre. Parce que ce rejet, ce hautain dégoût, c'est le premier pli dans sa carapace, le premier signe qu'elle se débat déjà contre quelque chose qu'elle ne comprend pas encore.
Elle est là, piégée. Trop propre pour l'endroit. Trop raide pour la saleté. Et pourtant, déjà, quelque chose en elle vacille.
Il la pousse à genoux. Elle tombe presque d'elle-même, comme si ses jambes, trahies par une tension qu'elle ne maîtrise plus, avaient cessé d'obéir. Le béton râpe ses bas, la poussière colle à ses paumes manucurées. Le contact la dégoûte, mais elle ne parvient plus à s'en arracher.
Elle se fige, les épaules tremblantes. Elle est là, agenouillée, le regard bas, fixant la crasse comme si elle allait l'engloutir. Et dans ce vertige muet, quelque chose en elle se dérobe. Elle ne sait plus si elle a froid, si elle a peur, ou si c'est autre chose. Une chaleur sourde s'installe, diffuse, incompréhensible. Elle n'ose pas y mettre de mot. Elle voudrait fuir, mais son corps, lui, reste là. Offert. Et dans ce silence, elle pressent qu'un glissement a commencé. Une faille s'ouvre, minuscule, irréversible. Et ce trouble-là, intime, la consume plus sûrement que l'humiliation.
Dans la cabine du camion, Hervé sent son ventre se contracter. Il est dur, tendu. Sa main glisse lentement jusqu'à son entrejambe, trouve son sexe gonflé, vibrant sous le tissu de son pantalon. Il le saisit, ferme, sans hâte, comme pour mieux sentir la tension accumulée. Il ferme les yeux. Il n'est plus dans le réel. Il est là-bas, dans le garage, dans cette scène qu'il a tissée fil après fil, obsession après obsession. Chaque détail de son fantasme ravive la chaleur dans sa paume. Il s'imprègne de la sensation, de l'image, du souffle de cette femme à genoux dans la crasse, et sa main se met en mouvement, lente, précise, comme s'il caressait un pouvoir qu'il tient enfin entre ses doigts.
Il la voit cambrée, les genoux sales, les cuisses écartées sous le tissu froissé de sa jupe. Enfin. Cette bourgeoise si précieuse, si hautaine, est là, à genoux devant lui, le simple chauffeur routier. Elle qui frôle d'ordinaire les lieux populaires avec dédain, s'enfonce maintenant dans la crasse, et ça l'excite au plus profond.
Il voit ses bas fins se déchirer sur le béton, une maille après l'autre, comme une robe d'apparat qui rend les armes. Et cette image de luxe qui se défait à ses pieds lui serre le ventre d'un frisson puissant. Elle lève les yeux, troublée, et il lit cette peur dans son regard.
Une peur réelle. Un vertige. Et ce regard-là, celui d'une femme qui vacille, le fait se sentir maître. Fort. Inévitable. Dans le silence, il croit entendre un murmure peut être réel, peut-être fantasmé venu de ses lèvres entrouvertes :
— Je ne sais pas ce que tu m'as fait… mais je n'arrive plus à m'éloigner de toi.
Il la voit fondre. Comme de la cire au contact du feu. Elle devient une autre. Ou peut-être elle devient enfin elle-même.
Et lui, il jubile. Parce qu'il n'a pas eu besoin de la contraindre. Il a juste été patient. Il l'a regardée. Il l'a comprise. Et il a su. Il a su que sous ses airs de reine, elle n'était qu'une femme qui attendait qu'on l'arrache à son piédestal. Qu'on la sorte du marbre pour la ramener à la boue.
Il grogne, doucement, dans le noir. Ses reins tressaillent. Son souffle s'accélère. Il serre les dents. Il est au bord.
Dans sa tête, elle le supplie. Juste cette fièvre dans la voix :
— Je t'en supplie… ne me laisse pas revenir en arrière… Fais de moi ta chienne.
Et il la prend. Pas comme un amant, non. Comme un homme prend ce qu'on lui a trop longtemps refusé. Il la saisit avec l'autorité brute d'un mâle sûr de sa force, la brutalité canalisée d'un corps qui impose sans demander. Il veut qu'elle sente qui il est : pas un figurant dans son monde, mais l'Alpha, le vrai, celui qui fait tomber les masques.
Et elle, elle ne fuit pas. Elle gémit. Elle s'ouvre. Elle en redemande. Chaque poussée est un rappel, chaque prise une leçon. Il la marque, il l'imprègne. Et dans ses gémissements rauques, il entend la vérité qu'elle n'ose dire à voix haute : elle aime ça. Elle aime cette perte de contrôle, cette force qui l'arrache à elle-même. Il la détruit pour la reconstruire, à son image, offerte, éveillée, transformée.
Dans l'habitacle du camion, Hervé expire longuement. Un râle rauque, primal, lui échappe alors que sa main se referme dans un dernier sursaut. Il jouit violemment, secoué d'un spasme profond, un long jet épais s'écrasant contre le plastique rugueux du tableau de bord. Le souffle court, la bouche entrouverte, il reste là, le front collé à la vitre, trempé de sueur. Chaque muscle de son corps se relâche, son ventre se vide, ses reins se calment. Il halète, incapable de bouger, son poing encore serré autour de son sexe engourdi. Il est vidé. Essoré. Étrangement apaisé.
Le garage n'est qu'un mirage. Isabelle n'est pas là.
Mais son image reste suspendue dans l'air. Elle est là, à genoux, soumise à la poussière, les mains en appui, les épaules frêles, mais tendues, comme si le sol l'avait avalée. Il la voit cambrée, la jupe retroussée jusqu'aux reins, dévoilant ses fesses marquées, offertes, encore frémissantes. Il l'entend gémir sous ses coups de reins, des sons rauques, impudiques, qu'elle n'aurait jamais cru pouvoir émettre. Et puis ce regard ce regard chaviré qu'elle lève vers lui, reconnaissant, bouleversé, brûlé de désir et d'abandon un regard qui dit tout, sans honte. Un regard de femme remise à sa place.
Et dans un souffle presque extatique, elle murmure :
— Merci.
Et lui, il sait. Ce fantasme ne s'éteindra pas.
Parce qu'elle l'habite. Parce qu'elle le hante. Parce qu'un jour, elle viendra pour de vrai.
Et elle ne ressortira pas comme elle est entrée.
Isabelle, de son côté, frissonne.
— Tu n'as pas idée de l'effet que tu me fais, murmure Luc à son oreille.
Elle sourit, mais son regard se trouble. Une brume étrange voile ses yeux l'espace d'un battement de cœur. Elle tourne légèrement la tête, comme si une présence la frôlait. Une sensation aiguë, presque électrique, traverse son échine, s'enroule autour de sa nuque, se glisse entre ses omoplates. Sa peau se hérisse. Elle inspire lentement, comme pour dissiper le vertige, mais le malaise persiste
Une intuition corporelle, animale. Elle balaie la rue du regard. Rien. Juste la ville, les passants, des terrasses animées. Et pourtant, quelque chose serre son ventre. Une tension qu'elle ne comprend pas. Une chaleur qui ne vient pas de Luc.
Elle chasse l'impression.
— On va dîner ? propose Luc en glissant sa main dans la sienne.
Elle hoche la tête.
— Je veux bien. J'ai faim… de toi aussi.
Il rit doucement, surpris par son audace. Elle-même est surprise. Mais elle ne reprend pas sa phrase. Elle la laisse flotter. Peut-être que c'est ça, être vivant. C'est ça, retrouver sa peau.
Ils marchent vers une brasserie au coin de la place. Isabelle jette un dernier regard par-dessus son épaule. Rien. Et pourtant, quelque chose reste en elle. Une tension fine. Elle se promet d'en parler à Luc plus tard.
Dans le camion, Hervé remet lentement son pantalon. Il n'a pas nettoyé ses mains. Il se moque. Le tissu sale frotte contre ses jambes moites. Il crache dans une bouteille vide. Puis il observe le nom du restaurant où ils entrent. Il le connaît.
Il prend une cigarette dans une boîte cabossée. Il l'allume. Tire une bouffée. Laisse la fumée envahir la cabine.
Ses mains sont posées sur le volant. Les jointures sont blanches. Il fixe la rue vide. Puis murmure :
— Tu veux jouer à ça, Isa ? Très bien. Je vais t'apprendre ce que ça coûte, d'être une traînée.
Il écrase sa cigarette contre le plastique du tableau de bord. Une trace noire fond et fume.
Son regard ne cligne pas. Il n'a pas dit son dernier mot.
Pendant ce temps, dans un petit appartement exigu au-dessus d'un bar, Lola est allongée sur son lit, nue, une cigarette entre les doigts. Son téléphone vibre. Elle sourit en voyant le nom de l'expéditeur. Un message, une image. Puis une autre. Et encore une. Elle les ouvre une à une, lentement.
Zoom sur les jambes d'Isabelle. Zoom sur son chemisier tendu par ses seins. Zoom sur sa bouche entrouverte, sur ce baiser échangé avec l'autre homme.
Lola glisse une main entre ses cuisses, déjà humide. Elle écarte les jambes, allume la vidéo que Hervé a jointe. Un zoom tremblant sur Isabelle qui rit. Elle soupire, puis gémit, ses doigts glissant doucement en elle.
Elle attrape son téléphone, les jambes encore ouvertes, les doigts brillants de désir. Elle compose rapidement le numéro de Hervé. Il décroche aussitôt.
— Je les ai vues, souffle-t-elle d'une voix rauque. Les photos. Cette petite pute bien habillée…
Hervé grogne au bout du fil :
— Elle fait la bourgeoise, mais tu verrais comme elle mouillerait dans mon garage. On devrait lui apprendre à se tenir, ensemble.
Lola gémit, la voix tremblante :
— Tu veux qu'on la salisse tous les deux ? Qu'on lui montre ce que c'est que d'être traitée comme une vraie traînée ?
Un silence lourd, puis un rire rauque de Hervé :
— Compte sur moi. Elle saura ce que c'est que de se faire dresser. On va lui faire passer l'envie de se pavaner.
Lola laisse échapper un rire court, entre deux soupirs étouffés. Puis elle murmure :
— J'ai une idée. On lui fait croire que c'est elle qui perd la tête. Des petits signes, des messages anonymes. Des détails qu'elle est seule à remarquer. Un sous-vêtement déplacé. Une photo imprimée dans sa boîte aux lettres. Juste une. Qu'elle comprenne qu'on l'observe, qu'on la connaît. Et quand elle commence à douter d'elle-même… on la cueille.
Hervé grogne, excité.
— Ouais. Et quand elle commencera à flancher, quand elle sera toute seule, on débarquera. Et là, crois-moi, elle comprendra ce que ça veut dire être salie pour de vrai.
Lola glisse deux doigts plus profondément entre ses cuisses, haletante.
— Et elle dira merci. Tu verras. Les bourgeoises, elles aiment ça… quand on les dépouille de leur vernis. Et moi, j'ai hâte de l'entendre supplier.
Lola gémit plus fort, puis murmure, la voix tremblante :
— Et toi, dis-moi… tu veux la prendre comment ? Dis-le-moi. J'veux t'entendre me le dire. J'veux être là, je veux voir… je veux t'aider.
Hervé laisse un silence, puis grogne :
— Moi ? Je veux la faire ramper, la faire lécher mes bottes. La foutre à quatre pattes au milieu de mon garage, entre les chaînes et les bidons. Je veux la bourrer contre le béton crade, lui éclater le cul contre le sol, la remplir jusqu'à ce qu'elle pleure et qu'elle remercie. Et toi, t'auras qu'à la tenir pendant que je lui fais découvrir ce que c'est qu'un vrai foutre d'homme.
Lola gémit dans un souffle rauque :
— Putain, t'es en train de me faire jouir rien qu'en parlant comme ça…
Mais aussitôt, Lola reprend, haletante, mais lucide :
— Non… pas comme ça. Pas tout de suite. T'es trop rapide. Faut la dresser d'abord. T'oublies ce qu'elle est, Hervé. Une bourgeoise, ça pète dans la soie. Ça ne baisse pas les yeux comme ça. C'est fier. Faut la casser doucement.
Un silence, puis un grognement plus long de la part d'Hervé. Il cogite, puis reprend, plus calme, plus froid, plus déterminé :
— D'accord… Je la mettrai debout, dos au mur, bien droite. J'irai lentement. Je lui glisserai deux doigts dans la bouche, qu'elle les suce sans broncher, juste pour tester son obéissance. Et si elle serre les lèvres ? J'lui collerai une gifle. Pas sur la joue. Sur le cul. Habillée. Pour qu'elle sente chaque claque comme une promesse de ce qui l'attend. Je l'humilierai par palier. Sans la toucher trop vite. Juste des mots, des ordres, des gestes. Jusqu'à ce qu'elle baisse les yeux et qu'elle comprenne qu'elle est à moi.
Je lui dirai quoi faire. Comment se tenir. Comment respirer. Et toi, Lola, tu l'observeras. Tu la regarderas fondre. Tu viendras t'asseoir sur sa gueule de bourgeoise. Tu l'écraseras avec ta chatte mouillée, tu l'étoufferas avec ta mouille. Faut qu'elle bouffe ça, qu'elle sache ce que c'est que d'être mise à genoux par plus salope qu'elle.
Lola gémit de plus en plus fort à l'autre bout du fil, haletante, la main furieuse entre ses cuisses.
— T'es un vrai salaud… Tu m'fais devenir folle là, tout de suite… J'vais me déchirer pour toi, Hervé. J'veux qu'elle nous supplie tous les deux.
Lola pousse un gémissement étouffé, haletante. Puis dans un souffle haché :
— Faut… que je raccroche… sinon j'explose.
Un dernier soupir chargé de tension et le silence.
Hervé regarde l'écran de son téléphone, satisfait, puis lance le moteur de la fourgonnette. Les phares s'allument, balayant les murs du hangar. Il recule lentement, un sourire mauvais aux lèvres, et quitte les lieux sans un bruit, le cœur battant.
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