Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hier encore — Chapitre 5 · Aveuglément Confiance !
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Hier encore
Chapitre 5 · Aveuglément Confiance !
L'atmosphère du petit déjeuner pris en commun est très spéciale. Je ne vois plus ce conseil qui boit son café tout à fait pareil. Il est face à moi, discute avec Pierre, avec son autre collègue. Mon esprit est en boucle sur ce que j'ai entrevu avant l'aube et ça doit me donner un regard étrange. À plusieurs reprises, je surprends ce gars qui s'attarde sur moi, me dévisageant à la dérobée. Ses quinquets fuient dès qu'il sent que je comprends qu'il me mate. Une drôle de sensation qui prend fin avec le départ de nos invités « surprise » vers dix heures trente du matin. Pierre les accompagne à leur véhicule et il reste quelques secondes à suivre le cul de la voiture qui s'éloigne. Il rentre dans la maison, la tête basse.
J'achève de mettre dans le lave-vaisselle les bols sales. Mon mari se charge de récupérer les draps du salon et de la chambre d'amis. Il dépose ceux-ci dans la machine à laver, une façon de me macher le travail. Nous sommes d'un coup tous les deux face à face et il m'attire contre lui.
— Bon ! Ma belle… j'ai droit à un câlin ? Tu m'as manqué terriblement.
— Ah ? Parce que tu penses que tu es le seul à avoir maudit ton absence ? Moi aussi j'ai eu envie de…
— Viens alors… viens !
— Mais…
— Chut ! Viens !
— Ah ? Parce que tu penses que tu es le seul à avoir maudit ton absence ? Moi aussi j'ai eu envie de…
— Viens alors… viens !
— Mais…
— Chut ! Viens !
Il me prend par la patte et m'entraine. Je sais où nous allons et je n'ai pas l'intention de dire non ! Culbutée sur le paddock, c'est exactement ce qui se déroule là, dans notre chambre où cette fois le soleil et la lumière du jour sont d'une complicité étroite. Nous refaisons ensemble ces gestes qui nous lient et font de nous des amants de longue date. Le plaisir se donne et se prend en fonction de nombreuses figures libres. Entre nous, tout ou presque est permis, nos corps s'épousent aussi depuis de nombreuses années. Ils se connaissent, se reconnaissent, ne dépassant jamais les limites fixées sans un mot. J'avoue que mon esprit est dans ce combat parfois brouillé par des images. Celles de ma visite chez Marc, mais surtout par la vision de la masturbation nocturne d'un de nos hôtes.
Il est bien tard lorsque nous nous reposons après une lutte qui n'a aucun perdant. Je reste désormais immobile, ma frimousse posée sur le torse velu de ce mari repu de sexe. Comment lui expliquer simplement mon passage chez son pote ? Je ferme les yeux, laissant mes mains se balader sur l'oreiller douillet. Les mots ont un mal fou à sortir de ma gorge…
— Tu sais Pierre… il faut que je te dise…
— Oui ? Qu'est-ce qu'il y a, ma chérie ?
— Ben… Je me suis sentie terriblement seule. Alors, je suis sortie.
— C'est bien ! Et pourquoi veux-tu que ça me dérange que tu ne sois pas restée à la maison ?
— Si tu m'interromps tout le temps, comment veux-tu que…
— Oui ! Pardon, vas-y je t'écoute… dis-moi !
— Je… je sais que ce n'est pas bien, mais je suis allée voir ton ami Marc !
— Marc ! Tu es allée chez lui ? Mais… comment as-tu eu son adresse ?
— Oh ! Nous nous sommes croisés au marché et il me l'a donné…
— Attends ! Tu n'es pas en train de me dire que… toi et lui…
— Pas tout à fait ! Pas complètement. Puis, c'est toi avec ton idée à la con, aussi…
— Quoi ? Mais ce que je voulais c'était toi, lui et MOI ! Pas que tu ailles baiser chez lui.
— Rassure-toi, ce n'est pas arrivé. Mais je me suis sauvée juste à temps. Encore que ce sont mes scrupules à ton égard qui ont permis que je reprenne mes esprits. Je tiens à ce que tu saches que je suis allée chez lui et qu'il ne s'est rien passé… de compromettant en tout cas.
— Tu te rends compte de ce que tu me racontes là ? Tu avais donc l'intention d'aller coucher avec Marc ?
— Coucher, je ne sais pas. Mais une pulsion qui m'a poussé vers lui, sans doute parce que tu m'as mis dans le crâne cette idée imbécile de trio…
— Tu voulais te venger ? C'est ça ? Je dois comprendre que tu es capable de le faire… sans moi ?
— Franchement ? Je n'en sais rien. J'ai eu envie un long moment de ton pote, oui, je le reconnais. Mais au dernier moment… j'ai renoncé à cette énorme connerie.
—… !
— Oui ? Qu'est-ce qu'il y a, ma chérie ?
— Ben… Je me suis sentie terriblement seule. Alors, je suis sortie.
— C'est bien ! Et pourquoi veux-tu que ça me dérange que tu ne sois pas restée à la maison ?
— Si tu m'interromps tout le temps, comment veux-tu que…
— Oui ! Pardon, vas-y je t'écoute… dis-moi !
— Je… je sais que ce n'est pas bien, mais je suis allée voir ton ami Marc !
— Marc ! Tu es allée chez lui ? Mais… comment as-tu eu son adresse ?
— Oh ! Nous nous sommes croisés au marché et il me l'a donné…
— Attends ! Tu n'es pas en train de me dire que… toi et lui…
— Pas tout à fait ! Pas complètement. Puis, c'est toi avec ton idée à la con, aussi…
— Quoi ? Mais ce que je voulais c'était toi, lui et MOI ! Pas que tu ailles baiser chez lui.
— Rassure-toi, ce n'est pas arrivé. Mais je me suis sauvée juste à temps. Encore que ce sont mes scrupules à ton égard qui ont permis que je reprenne mes esprits. Je tiens à ce que tu saches que je suis allée chez lui et qu'il ne s'est rien passé… de compromettant en tout cas.
— Tu te rends compte de ce que tu me racontes là ? Tu avais donc l'intention d'aller coucher avec Marc ?
— Coucher, je ne sais pas. Mais une pulsion qui m'a poussé vers lui, sans doute parce que tu m'as mis dans le crâne cette idée imbécile de trio…
— Tu voulais te venger ? C'est ça ? Je dois comprendre que tu es capable de le faire… sans moi ?
— Franchement ? Je n'en sais rien. J'ai eu envie un long moment de ton pote, oui, je le reconnais. Mais au dernier moment… j'ai renoncé à cette énorme connerie.
—… !
Il reste silencieux. Mes doigts jouent toujours dans les poils qui couvrent son torse. C'est nerveux, pas vraiment volontaire et je me recroqueville contre ce corps que j'aime plus que tout. Ma respiration reste bloquée dans l'attente de sa réaction. Lorsque sa patte remonte pour caresser mon front, lisser ma chevelure, je songe à cet instant que le pire est passé. J'ai bien fait sûrement de lui avouer mon escapade chez son vieux pote. Pourtant il demeure muet, comme s'il devait digérer ce que je viens de lui assener. Son murmure me parvient dans une sorte de souffle. Est-ce que je rêve qu'il me parle ?
— Martine… ce que tu viens de me raconter me fait bander. Tu… tu veux bien que nous refassions l'amour ?
— Hein… ?
— Hein… ?
Les mots sont inutiles. Ma menotte vient de glisser le long de son ventre, index caressant son ombilic bien dessiné et ma paume ne s'arrête que quand elle heurte la queue qui flirte avec son nombril. Puis c'est mon visage qui parcourt les quelques centimètres qui le séparent de ce vit tendu. Bouche ouverte pour une histoire sans paroles, lèvres aspirant ce qui nous rapproche et nous réitérons dans le silence d'une matinée compliquée, des préliminaires qui m'enivrent. Cette fois, tous mes muscles se détendent et je prends un pied formidable grâce à la pipe que je lui taille. Il soupire et tendrement se laisse aller, s'épanchant dans cette gorge qui ne refuse pas sa liqueur.
À l'instant même où ensemble nous décollons dans une géniale montée d'un plaisir commun, il me susurre quelques mots à l'oreille. Puis comme pour bien enfoncer le clou, il me demande quelque chose que dans mon affolement charnel je ne ressens pas exactement de la même manière que lui.
Ces mots reviennent… encore et encore… puis…
Ces mots reviennent… encore et encore… puis…
— Promets-le-moi ! Promets-moi, Martine que tu tiendras parole !
— Oui… oui mon amour, je te le jure…
— Merci !
— Oui… oui mon amour, je te le jure…
— Merci !
Et sous l'effet euphorisant d'une partie de cul réussie, je me sens lasse et je réalise que je viens de lui offrir ce dont il rêve. Quand je dis, lui offrir… il ne s'agit là que de la promesse de le faire. Mais il sait que je tiens toujours parole et je ne veux pas y penser. Pour l'heure, il est temps de récupérer après autant de débauche sensorielle. Je suis vidée… ou remplie ce qui est juste dans les deux sens. Il ne s'est pas épanché que dans ma gorge, il est venu aussi labourer mon vagin, avec une sorte de sauvagerie qui est l'apanage des bons amants. Cette fois, je sombre corps et âme dans un sommeil mérité. Je méditerai plus tard sur cette parole donnée… là, j'ai seulement besoin de reprendre des forces.
— xxXxx —
*Hier encore, j'avais vingt ans, mais j'ai perdu mon temps
À faire des folies
Qui me laissent au fond rien de vraiment précis
Que quelques rides au front et la peur de l'ennui
Car mes amours sont mortes avant que d'exister
Mes amis sont partis et ne reviendront pas
Par ma faute j'ai fait le vide autour de moi
Et j'ai gâché ma vie et mes jeunes années
Du meilleur et du pire en jetant le meilleur
J'ai figé mes sourires et j'ai glacé mes pleurs
Où sont-ils à présent ?
À présent
Mes vingt ans
À faire des folies
Qui me laissent au fond rien de vraiment précis
Que quelques rides au front et la peur de l'ennui
Car mes amours sont mortes avant que d'exister
Mes amis sont partis et ne reviendront pas
Par ma faute j'ai fait le vide autour de moi
Et j'ai gâché ma vie et mes jeunes années
Du meilleur et du pire en jetant le meilleur
J'ai figé mes sourires et j'ai glacé mes pleurs
Où sont-ils à présent ?
À présent
Mes vingt ans
Charles Aznavour (1964)*
— xxXxx —
Quelques notes de nostalgie qui s'égrènent dans l'espace calme de mon « chez-moi ». Pierre est comme toujours au travail. Entre astreinte et permanence, les jours sans lui s'amoncellent avec cette sensation de plus en plus forte d'abandon progressif. Est-ce que c'est dû à l'accroc d'un soir chez ce Marc dont il ne me parle plus jamais ? Il n'est pas non plus revenu sur cette promesse quelque peu extorquée juste après ma confession. S'éloigne-t-il vraiment de moi ou n'est-ce que moi qui cogite des idioties dans ma peur de le perdre ? Difficile de situer où se tient la vérité dans ce flot d'idées dingues qui me court dans la caboche parfois.
Oh ! Sur le plan sexuel et vie intime, rien de changé. Il y a toujours cette passion dévorante qui nous fait plus baiser que faire l'amour. Là-dessus, aucune inquiétude ! Alors, d'où me vient cette peur latente ? Qu'est-ce qui me fait dérailler de la sorte ? Le disque de « Charles » se meurt dans le logement du CD et d'un index rageur, je le remets en pointe pour le réécouter… oui ! Où sont-ils mes vingt ans ? Les rides au front, oui, elles sont là tout comme les sillons, les zébrures de cette vie qui nous laisse vieillir avec ses hauts et ses bas. Donc ce matin, c'est la journée des questions… est-ce que j'ai gâché ma vie ?
Je n'ai pas le sentiment d'un vrai gâchis. Seulement un vide immense qui m'étreint dans des tentacules d'une longueur impressionnante, m'engluant dans une langueur sans nom. J'en suis là de mes folles pensées, alors que sur la table de la cuisine, un bruit strident me sort de mes élucubrations dangereuses. Je dois faire un réel effort pour m'extirper de ce qui me colle le cafard. C'est Pierre justement qui cherche à me joindre. Bon ! Mon temps de réaction trop longuet fait qu'il tombe sur ma messagerie. Et le bip annonciateur d'un mot laissé sur celui-ci me presse d'écouter.
*Bon ! Martine ma chérie… impossible de t'avoir en direct comme d'habitude. À quoi te sert d'avoir un téléphone si tu ne décroches jamais… ? Je vais rentrer un peu plus tôt ce soir… et… fais-toi belle ! Je t'aime !
Un petit mot gentil, mais il m'a tellement habituée à ces petits mots doux… me faire belle ! C'est bien ce qu'il a dit, ce qu'il veut ? Bof ! Je ne me sens pas vraiment de courage. Faire belle ? Ça veut dire douche, maquillage et tout le tralala alors que je n'aspire qu'à une soirée peinarde devant la télé… ou mieux… au lit. Mais… au bout d'un quart d'heure de tergiversations entre moi et… moi, il me faut bien décider de la marche à suivre. Je vais lui faire plaisir, après tout, il n'est responsable en rien de mes états d'âme de ce jour. Et peut-être que la flotte tiède va me booster un peu. Je traine les pieds, mais je m'y colle.
C'est ainsi que les choses virent parfois. Ce qui au départ me semble être une corvée devient un bon moment. Je me sens revigorée par la douche et le reste est à l'avenant. Les longues et patientes mises en valeur de mon visage, puis la visite précieuse de mon dressing pour me rendre attirante deviennent un jeu. Le résultat se lit dans les yeux de ce mari qui rentre vers dix-huit heures. Finalement, il n'a qu'une quinzaine de minutes d'avance sur les autres soirs. Ce qui change, c'est pourtant que de la salle de bain où je rougis mes lèvres, je l'entends fouiller.
Tiens donc ! Il n'est donc pas pressé de venir m'embrasser ? De toute façon, je suis pomponnée et plutôt pas mal si j'en juge par le reflet du miroir. De ma coiffeuse à la salle de bain à la cuisine où je le suppose m'attendre, il n'y a guère que quelques secondes. Et là, je tombe nez à nez… avec un véritable fagot de roses rouges. Stupeur et incompréhension bien sûr, rencontrent le sourire épanoui sur la bouille de mon mari.
— Bon anniversaire ma chérie !
— Quoi ? Mais ce n'est pas mon anniversaire…
— Et celui de notre mariage… ne me dit pas que tu l'as oublié. Tu es… humm, à croquer. J'ai réservé une table en ville… Mais je ne suis pas tout à fait prêt. Encore un client de dernière minute, il y en a toujours un pour empêcher de tourner rond, tu sais bien !
— Ah… nous sortons donc, si je comprends bien.
— Oui… ce soir, tu es la reine de la fête… ma petite femme est la plus belle et c'est le soir de toutes les folies. Je vais me décrasser et nous y allons… tu peux donner à boire à tes fleurs, j'ai préparé un vase… sur la table.
— Quoi ? Mais ce n'est pas mon anniversaire…
— Et celui de notre mariage… ne me dit pas que tu l'as oublié. Tu es… humm, à croquer. J'ai réservé une table en ville… Mais je ne suis pas tout à fait prêt. Encore un client de dernière minute, il y en a toujours un pour empêcher de tourner rond, tu sais bien !
— Ah… nous sortons donc, si je comprends bien.
— Oui… ce soir, tu es la reine de la fête… ma petite femme est la plus belle et c'est le soir de toutes les folies. Je vais me décrasser et nous y allons… tu peux donner à boire à tes fleurs, j'ai préparé un vase… sur la table.
Il est comme un gamin, souriant, heureux. Comment ne pas lui rendre cette risette qui me monte spontanément aux lèvres ? Mais il s'approche et fait mine de m'embrasser. Alors en gloussant je le repousse gentiment.
— Ah non ! J'ai passé un temps fou à me maquiller… tant pis pour toi ! Pas de baiser avant notre retour à la maison…
— Comme tu veux… Occupe-toi donc des roses, mon amour.
— Comme tu veux… Occupe-toi donc des roses, mon amour.
Bien insistant avec ces belles odorantes, réflexion muette née au fond de ma caboche. Mais je fais comme il dit, et du coup je saisis son impatience à me voir tripoter dans son bouquet. Nichée dans les tiges, un petit paquet enrubanné. Pas besoin d'être devin pour comprendre. Je saisis la boite et je le regarde…
— C'est quoi ça ? C'est un produit pour garder leur fraicheur ?
— Oh ! Martine… la tienne est là qui me ravit ! Tu es toujours mon soleil et je t'aime.
— … !
— Oh ! Martine… la tienne est là qui me ravit ! Tu es toujours mon soleil et je t'aime.
— … !
Mince ! Ça me laisse sans voix. J'arrache le papier de la couleur des fleurs et ouvre un écrin bleu nuit. Là… un merveilleux collier qui brille de mille feux.
— Oh, Pierre ! Tu as fait des folies… je t'ai toi, tu n'as pas besoin de me faire un tel cadeau pour que je t'aime également.
— Et si ça me fait plaisir de te voir porter ceci autour de ton merveilleux cou ? Viens voir ici ! Donne !
— Et si ça me fait plaisir de te voir porter ceci autour de ton merveilleux cou ? Viens voir ici ! Donne !
Je lui tends ce que je sors de l'étui. D'une largeur de quatre ou cinq centimètres, sur quatre rangées, des brillants que les mains fébriles de mon mari se chargent de refermer sur mon cou… Il ajoute… avec un sourire.
— Va voir dans la glace, on dirait que ce collier a été réalisé seulement pour toi, mon amour ! Je t'aime… bon anniversaire.
— Mais… je n'ai pas de cadeau et sincèrement, si tu n'y avais pas pensé, j'aurais zappé complètement cet anniversaire, mon cœur. Pourtant, je t'aime aussi… je m'en veux de cet oubli.
— Mais non ! Et puis tu ne peux pas savoir le bonheur que j'ai de vivre à tes côtés…
— …
— Mais… je n'ai pas de cadeau et sincèrement, si tu n'y avais pas pensé, j'aurais zappé complètement cet anniversaire, mon cœur. Pourtant, je t'aime aussi… je m'en veux de cet oubli.
— Mais non ! Et puis tu ne peux pas savoir le bonheur que j'ai de vivre à tes côtés…
— …
Je suis submergée par toutes mes émotions. Je dois absolument retenir les vannes de mes mirettes, si je ne veux pas foutre en l'air mon maquillage… Alors je tente de détourner la conversation.
— Eh bien, Pierre ! Va donc te doucher et te changer… je veux au moins que cette soirée soit la plus belle depuis longtemps.
— Elles le sont toutes, tu le sais… mais tu as raison. Je vais me débarrasser de mon carcan de boulot… à tout de suite ma princesse.
— Elles le sont toutes, tu le sais… mais tu as raison. Je vais me débarrasser de mon carcan de boulot… à tout de suite ma princesse.
Il disparait dans la salle de bain. Moi ? Je prends soin de son bouquet et je suis son conseil. Dans notre chambre, la psyché me renvoie une image de la femme que je suis. Et ce qui orne mon cou est de toute beauté… bon sang ! Mon homme a terriblement bon goût ! Il est là, qui de la porte du corridor m'observe.
— Tu es… divinement belle. Oh ! Martine, je t'aime.
— Merci mon amour. Je suis navrée vraiment de ne pas avoir de cadeau pour toi, pour cet anniversaire ! Il m'est complètement sorti de la tête. Mais n'est-il pas vrai que lorsqu'on aime, on ne compte pas ?
— Oui… tu es prête alors ? Si c'est bien le cas, nous y allons ?
— Où allons-nous alors ?
— Ah ça… c'est un secret, ma chérie… peut-être vers mon cadeau qui sait !
— … ? Vers quoi ?
— Chut ! Contente-toi de suivre le mouvement… Tu veux ?
— Je ne sais rien te refuser… tu as encore fait des folies…
— Rien n'est trop beau pour toi Martine… toutes ces années à me supporter. Tu mérites le meilleur.
— Bon ! Je vais te faire aveuglément confiance alors !
— C'est vrai ? Nous allons voir !
— Ah bon ?
— Viens !
— Merci mon amour. Je suis navrée vraiment de ne pas avoir de cadeau pour toi, pour cet anniversaire ! Il m'est complètement sorti de la tête. Mais n'est-il pas vrai que lorsqu'on aime, on ne compte pas ?
— Oui… tu es prête alors ? Si c'est bien le cas, nous y allons ?
— Où allons-nous alors ?
— Ah ça… c'est un secret, ma chérie… peut-être vers mon cadeau qui sait !
— … ? Vers quoi ?
— Chut ! Contente-toi de suivre le mouvement… Tu veux ?
— Je ne sais rien te refuser… tu as encore fait des folies…
— Rien n'est trop beau pour toi Martine… toutes ces années à me supporter. Tu mérites le meilleur.
— Bon ! Je vais te faire aveuglément confiance alors !
— C'est vrai ? Nous allons voir !
— Ah bon ?
— Viens !
Et je lui donne la main pour gagner notre voiture. Là, il m'ouvre la porte passager avant, et se baisse pour me chuchoter à l'oreille.
— Tu veux vraiment me faire aveuglément confiance ?
— … ben oui… tu n'as pas l'intention de me faire du mal tout de même ?
— Ne dis donc pas de bêtise, je suis contre toute forme de violence. Alors… Je peux te poser ceci ?
—… c'est quoi Pierre ?
— Oh, rien d'autre qu'un foulard… mais tu vois, plié de la sorte à quoi il peut servir ?
— Ah ! Aveuglément... c'est donc au pied de la lettre ?
— Oui… pour garder le mystère sur notre destination ! Mais tu peux aussi refuser.
— Après tout… pourquoi pas ? Mets-le-moi, puisque tu y tiens.
— Merci… c'est juste parfait donc.
— … ben oui… tu n'as pas l'intention de me faire du mal tout de même ?
— Ne dis donc pas de bêtise, je suis contre toute forme de violence. Alors… Je peux te poser ceci ?
—… c'est quoi Pierre ?
— Oh, rien d'autre qu'un foulard… mais tu vois, plié de la sorte à quoi il peut servir ?
— Ah ! Aveuglément... c'est donc au pied de la lettre ?
— Oui… pour garder le mystère sur notre destination ! Mais tu peux aussi refuser.
— Après tout… pourquoi pas ? Mets-le-moi, puisque tu y tiens.
— Merci… c'est juste parfait donc.
C'est ainsi que je me retrouve dans une nuit artificielle, alors que nous roulons vers un endroit inconnu de moi. C'est assez long ou est-ce que privé du sens de la vue, mon esprit ne parvient pas à garder de repères et les sensations de distances ? Peut-être. Puis après un léger ralentissement, je comprends que nous allons nous arrêter.
— Je dois garder ça sur le visage ?
— Oh, plus pour très longtemps, mon cœur, rassure toi. Donne-moi ta main. Tu n'as pas peur ?
— Non ! Tu es là pour me protéger.
— Oh, plus pour très longtemps, mon cœur, rassure toi. Donne-moi ta main. Tu n'as pas peur ?
— Non ! Tu es là pour me protéger.
Nous marchons lentement. Je sais que nous venons d'entrer dans un bâtiment, ça, c'est certain. Puis Pierre lâche ma patte et je suis debout je ne sais où.
— Tu peux retirer ton bandeau, ma chérie.
— Vrai ?
— Oui… vas-y !
— Vrai ?
— Oui… vas-y !
Je ne me fais pas prier. Mais je suis toujours dans le noir total. Sans trop comprendre.
— Asseyez-vous, Madame !
—… ?
—… ?
Je sursaute. La voix anonyme qui me demande de prendre place sur un siège, impossible de savoir à qui elle appartient. C'est un homme à coup sûr, et c'est l'unique indication que mon cerveau enregistre avant que le type n'enchaine.
— Vous aussi, Monsieur. Bienvenue dans notre « restaurant mystère ». Vous pouvez vous détendre. Si vous voulez vous lever pour une raison quelconque, faites-nous un geste du bras… nous interviendrons immédiatement.
— D'accord ! Merci.
— D'accord ! Merci.
Pas moyen d'entendre le gars s'éloigner. Nous sommes donc dans le noir complet et Pierre ajoute quelques mots.
— Tu vois ma chérie, nous allons diner dans un restaurant où tous les clients sont comme toi et moi, dans une salle plongée dans l'obscurité. Ça fait partie du décorum. J'ai réservé pour un repas sans témoin, mais il doit bien se trouver d'autres personnes dans d'autres box.
— Ils ne parlent donc pas ? C'est curieux comme concept, mais à la fois, c'est enivrant.
— Et puis Martine, ça permet de faire des petits câlins sans que des yeux étrangers suivent ceux-là !
— Ouais ? C'est donc le but de ce genre d'endroit ?
— Non ! Mais c'est nouveau et sympa.
— On ne peut qu'imaginer… mais comment fait-on pour manger dans le noir ? Couper de la viande ou pire… ne pas s'étrangler avec une arête de poisson ?
— Je suppose qu'ils ne servent que des filets pour limiter les risques.
— Et puis les serveurs ? Ils se débrouillent comment, pour venir aux tables et trouver les box occupés ?
— Bonne question ! Mais je n'ai pas de réponse, ma chérie.
— Ils ne parlent donc pas ? C'est curieux comme concept, mais à la fois, c'est enivrant.
— Et puis Martine, ça permet de faire des petits câlins sans que des yeux étrangers suivent ceux-là !
— Ouais ? C'est donc le but de ce genre d'endroit ?
— Non ! Mais c'est nouveau et sympa.
— On ne peut qu'imaginer… mais comment fait-on pour manger dans le noir ? Couper de la viande ou pire… ne pas s'étrangler avec une arête de poisson ?
— Je suppose qu'ils ne servent que des filets pour limiter les risques.
— Et puis les serveurs ? Ils se débrouillent comment, pour venir aux tables et trouver les box occupés ?
— Bonne question ! Mais je n'ai pas de réponse, ma chérie.
Bon ! Je me dis qu'il sait ce qu'il fait sûrement. Et je me détends. Sans que je le voie, je sens sa main qui tâtonne et qui finit par caresser ma joue. Il est donc en face de moi et c'est très bizarre comme sensation. Ne rien voir, vraiment rien, si je ne le savais pas là, je flipperais pour de bon. Sa patte suit les contours de mon visage, et puis un doigt frôle mes lèvres lentement, insistante et chatouilleuse. Ça me donne la chair de poule. De plus, sa paluche ne s'arrête pas à ma bouille. Elle descend plus bas et je le soupçonne pour ce faire de s'être relevé. Cette fois, c'est sous mon cou que les câlins glissent. Parvenir à ma poitrine n'est pas le plus compliqué. La nuit ambiante me préserve, du moins dans mon esprit, mais je ne peux m'interdire de lui demander.
— Personne ne peut nous voir, tu es sûr ?
— Nous sommes dans un compartiment avec des cloisons très étanches. Séparés en quelque sorte des autres « loges » où d'autres dinent. Du reste, tu n'entends aucun son nous parvenir. Et qui sait, tout proche de nous un ou plusieurs couples font peut-être l'amour sans que personne n'en sache rien.
— C'est pour cela que tu en profites éhontément, Pierre ?
— Si ça te choque ou te déplait… je peux tout à fait cesser mon petit jeu. Mais ici, c'est plus ou moins permis.
— Un restaurant libertin en somme ?
— Je n'irai pas jusqu'à dire ça, mais disons que puisque les gens sont cachés… ça peut le devenir.
— Et pour le menu ?
— J'ai choisi en réservant l'endroit. Je sais donc ce qui va nous être servi. Je veux espérer que tu vas aimer. Ça et tout ce qui va suivre…
— Parce que le programme ne se limite pas à la dinette… dis-le-moi, s'il te plait.
— Où serait la surprise si tu avais par avance connaissance de ce qui t'attend ?
— Pas faux donc ! Je n'ai plus qu'à m'en remettre à mon avocat !
— Voilà ! Sage décision…
— Nous sommes dans un compartiment avec des cloisons très étanches. Séparés en quelque sorte des autres « loges » où d'autres dinent. Du reste, tu n'entends aucun son nous parvenir. Et qui sait, tout proche de nous un ou plusieurs couples font peut-être l'amour sans que personne n'en sache rien.
— C'est pour cela que tu en profites éhontément, Pierre ?
— Si ça te choque ou te déplait… je peux tout à fait cesser mon petit jeu. Mais ici, c'est plus ou moins permis.
— Un restaurant libertin en somme ?
— Je n'irai pas jusqu'à dire ça, mais disons que puisque les gens sont cachés… ça peut le devenir.
— Et pour le menu ?
— J'ai choisi en réservant l'endroit. Je sais donc ce qui va nous être servi. Je veux espérer que tu vas aimer. Ça et tout ce qui va suivre…
— Parce que le programme ne se limite pas à la dinette… dis-le-moi, s'il te plait.
— Où serait la surprise si tu avais par avance connaissance de ce qui t'attend ?
— Pas faux donc ! Je n'ai plus qu'à m'en remettre à mon avocat !
— Voilà ! Sage décision…
Nous parlons gentiment et la main de mon mari est dans l'échancrure de mon corsage. Il sait y faire et j'adore sa manière de me palper les seins sur le tissu des bonnets. Il ne cherche pas à déballer les deux balles, simplement il les soupèse, les tâte, en apprécie le volume et l'élasticité. Inutile de dire à quel point je me sens… emportée par ces caresses que l'obscurité rend très… différentes, terriblement plus excitantes également. Ce qui fait que je suis paniquée lorsqu'à ma droite, une voix inconnue m'interpelle.
— Madame est servie.
— Hein ?
— Hein ?
Je ne dis plus un mot et la patte qui me câline la poitrine se rétracte à toute vitesse. Je présume que je ne suis pas là seule à être prise en défaut. Comment ce serveur peut-il venir en toute discrétion poser une assiette, avec un profond respect pour les règles de l'art puisque celle-ci est servie pleine, à la place que j'occupe sans rien entrevoir ? J'ai pour le coup une peur rétrospective. Il me semble impossible que le gars ne voie rien. J'attends sans bouger et au bout d'un temps très court, le même bonhomme s'adresse à mon mari.
— Monsieur est également servi. L'établissement vous souhaite un très bon appétit ainsi qu'une très bonne soirée. Je me retire.
— Merci.
— Si vous avez besoin de quoi que ce soit, une clochette est sur la table à la droite de monsieur…
— Ah, d'accord…
— Merci.
— Si vous avez besoin de quoi que ce soit, une clochette est sur la table à la droite de monsieur…
— Ah, d'accord…
Le silence reprend ses droits. Mais je suis plutôt dubitative. Et ma question revient au triple galop.
— Pierre !
— Oui ma chérie ?
— Comment le serveur est-il arrivé jusqu'à nous, puisque nous ne voyons rien ?
— Je me suis laissé dire que ce restaurant n'emploie que des serveurs véritablement aveugles et qu'ils sont là depuis l'ouverture, donc environ six ans. Ils sont rodés à toutes les situations et apparemment tu vois, ils nous servent sans problème.
— Oui ? Mais comment peut-il savoir de quel côté de la table, je suis assise ? Parce que cet homme ne s'est pas trompé. Il m'a bien servie en passant par la droite puisque le diner est déjà dans l'assiette. Et la première, ce qui est la norme, mais de là à savoir que je serais de tel ou tel côté de la table, il y a là un mystère.
— Non ! Parce que lors de ma réservation il m'a été expressément demandé de quel côté tu serais assise ! Là, c'est moi qui ai choisi. Ils sont donc parfaitement au courant…
— Je comprends mieux… donc, notre serveur n'a rien vu de ce que tu… tripotais ?
— Comment veux-tu qu'il le puisse, voyons ? Tu ne vas pas en faire tout un plat !
— Non ! Mais nous allons nous en tenir à une dinette traditionnelle, tu veux bien ?
— Zut alors ! Le charme de la soirée réside entièrement sur cette opacité environnante…
— Oh ! Je te fais bien confiance pour trouver un endroit plus propice à ce genre de fantaisie, un peu plus tard.
— Ah oui ? Mais avec le bandeau alors ? Et si le lieu est fréquenté ?
— C'est ton anniversaire de mariage aussi, non ?
— Super mon amour… bien reçu ton message. !
— Oui ma chérie ?
— Comment le serveur est-il arrivé jusqu'à nous, puisque nous ne voyons rien ?
— Je me suis laissé dire que ce restaurant n'emploie que des serveurs véritablement aveugles et qu'ils sont là depuis l'ouverture, donc environ six ans. Ils sont rodés à toutes les situations et apparemment tu vois, ils nous servent sans problème.
— Oui ? Mais comment peut-il savoir de quel côté de la table, je suis assise ? Parce que cet homme ne s'est pas trompé. Il m'a bien servie en passant par la droite puisque le diner est déjà dans l'assiette. Et la première, ce qui est la norme, mais de là à savoir que je serais de tel ou tel côté de la table, il y a là un mystère.
— Non ! Parce que lors de ma réservation il m'a été expressément demandé de quel côté tu serais assise ! Là, c'est moi qui ai choisi. Ils sont donc parfaitement au courant…
— Je comprends mieux… donc, notre serveur n'a rien vu de ce que tu… tripotais ?
— Comment veux-tu qu'il le puisse, voyons ? Tu ne vas pas en faire tout un plat !
— Non ! Mais nous allons nous en tenir à une dinette traditionnelle, tu veux bien ?
— Zut alors ! Le charme de la soirée réside entièrement sur cette opacité environnante…
— Oh ! Je te fais bien confiance pour trouver un endroit plus propice à ce genre de fantaisie, un peu plus tard.
— Ah oui ? Mais avec le bandeau alors ? Et si le lieu est fréquenté ?
— C'est ton anniversaire de mariage aussi, non ?
— Super mon amour… bien reçu ton message. !
— oOo —
À suivre...
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()
Je suis déjà allé avec ma conjointe dans un restaurant semblable où tout se faisait à la noirceur. Peut-être devrais-je dire semblable seulement à la fin de la soirée car le repas et la soirée s’annonce étonnamment risquée.
Dans le fond, pas certain que ce soit le même genre de restaurant!
À suivre