Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Camille et Erik — Chapitre 4
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Camille et Erik
Chapitre 4
Déménagement
Camille commençait sérieusement à déprimer. Ce minuscule studio en banlieue parisienne dans un coin mal desservi par les transports en commun n'était pas ce dont il avait rêvé quand il avait signé son contrat de travail. Le quartier était triste à pleurer et quand il faisait la pause dans son activité, il n'y avait aucun jardin public pour lui permettre de se changer les idées. Le télétravail, c'est bien joli mais ça vous condamne à la solitude quand vous êtes célibataire et que vous n'êtes pas motorisé. Motorisé, il espérait bien l'être un jour mais vu qu'il n'avait pas le permis, ce n'était par pour tout de suite.
Il s'était arrêté de travailler et s'était fait cuire une pizza plus par habitude que parce qu'il avait faim et ne l'avait même pas terminée. Il était mollement étendu sur la banquette qui lui servait de lit et n'avait pas envie de se remettre au travail. Une petite sieste, peut-être ? Un coup autoritaire frappé à la porte le fit bondir et il tira la couverture, borda les draps et replia prestement le clic-clac.
— J'arrive ! j'arrive !
Il fourra en vitesse le reste de pizza dans le micro-onde et les miettes dans la corbeille à papiers puis il se précipita pour ouvrir. Il ne savait pas qui venait lui rendre visite mais l'individu qui était derrière la porte était le bienvenu.
— Voilà ! voilà ! voi… Erik se tenait dans l'encadrement et lui adressait un grand sourire.
Tu me fais entrer ?
Camille ne put réfréner un cri d'enthousiasme.
Camille ne put réfréner un cri d'enthousiasme.
— Bien sûr ! Entre, entre ! J'ai du coca et un reste de pizza.
Erik fit une horrible grimace.
— Merci mais j'ai l'intention de mourir vieux ou alors de vivre vieux, ce qui ne me parait pas fondamentalement différent encore que je préfèrerais être un vieux vivant qu'un vieux mort . Bref ! ni coca ni pizza mais merci de l'avoir proposé. Tu me fais visiter ?
— Sans attendre de réponse, il tourna lentement sur lui-même.
— C'est… spartiate, je dirais, pour être gentil. Il regarda par la fenêtre. Quant au quartier… je me demande comment tu supportes d'y vivre. Bon ! eh bien on a du pain sur la planche ! mais, d'abord, on va se taper un petit resto.
— Sans attendre de réponse, il tourna lentement sur lui-même.
— C'est… spartiate, je dirais, pour être gentil. Il regarda par la fenêtre. Quant au quartier… je me demande comment tu supportes d'y vivre. Bon ! eh bien on a du pain sur la planche ! mais, d'abord, on va se taper un petit resto.
Camille hésita. Il avait bien touché une avance sur son premier mois de travail mais il n'avait pas encore assez d'argent pour se payer un restaurant. Erik le rassura.
— Je t'invite naturellement.
— On va où ?
— Dans le petit bistrot où on s'est vu l'autre jour.
— Tu vas pouvoir te garer là-bas ?
— J'ai un abonnement dans un parking pas loin. Ne t'en fais pas.
— Ça doit coûter les yeux de la tête.
— Arrête de te faire du mouron sinon tu vas te retrouver avec un ulcère avant trente ans. Essaye de prendre la vie du bon côté. Tu démarres avec un chouette job et tu es apprécié par tout le monde y compris par un géant débonnaire et friqué qui t'invite à bouffer dans un bistrot sympa du Boul'mich ; alors profite et souris !
— On va où ?
— Dans le petit bistrot où on s'est vu l'autre jour.
— Tu vas pouvoir te garer là-bas ?
— J'ai un abonnement dans un parking pas loin. Ne t'en fais pas.
— Ça doit coûter les yeux de la tête.
— Arrête de te faire du mouron sinon tu vas te retrouver avec un ulcère avant trente ans. Essaye de prendre la vie du bon côté. Tu démarres avec un chouette job et tu es apprécié par tout le monde y compris par un géant débonnaire et friqué qui t'invite à bouffer dans un bistrot sympa du Boul'mich ; alors profite et souris !
Camille éclata de rire. Il se faisait gentiment bousculer et c'était bien agréable. Il se sentait déjà moins seul. Ils rejoignirent la voiture d'Erik qui était garée à quelques centaines de mètres et se dirigèrent vers le centre de Paris en devisant gaiement. Le jeune homme était sur un petit nuage et le trajet lui sembla même trop court. Erik alla garer sa voiture dans un parking souterrain dont le nom indiquait la proximité avec le boulevard Saint Michel et après avoir pris un petit escalier ils débouchèrent sur le Boul'mich. Quelques minutes de marche leur permirent de rejoindre le petit bistrot où le colosse bodybuildé avait manifestement ses habitudes. Le serveur leur fit un sourire aimable et leur indiqua d'un geste une table pour deux personnes située dans un coin légèrement isolé.
La jeune femme qui servait au comptoir et tenait la caisse se fendit d'un ''Bonjour, Monsieur Larsen'' aussi sonore qu'enthousiaste auquel Erik répondit d'un ton tout aussi aimable qui provoqua chez Camille un léger pincement de jalousie. Il se gourmanda mais ne put tout de même s'empêcher de vérifier si quelqu'un dans la salle s'apprêtait à se lever pour venir converser avec son tout récent ami et surtout pas la directrice financière. Personne ? … tout va bien !
Le menu était tout ce qu'y a de plus simple : Œufs mimosa salade, ou filets de harengs pommes à l'huile, steak frites, camembert tarte aux pommes. Pas de quoi briguer une étoile au guide Michelin mais une ambiance bon enfant et une clientèle d'habitués.
Les deux jeunes gens profitèrent du repas pour faire plus ample connaissance. Erik était d'une famille friquée. Son père dirigeait une entreprise de transport du côté d'Auxerre et sa mère était médecin. Lui-même avait fait de brillantes études et se trouvait nanti d'un diplôme d'HEC et d'une maîtrise d'Anglais. Il exerçait la profession d'ingénieur commercial et gagnait manifestement très bien sa vie. A la fin du repas, ils restèrent encore une petite demi-heure à bavarder en sirotant un café puis Erik se leva et annonça.
— Maintenant on va visiter mon logement.
Ils traversèrent le boulevard et pénétrèrent dans le petit immeuble. La cage d'escalier ne payait pas de mine. L'immeuble ne semblait pas très récent. Ils grimpèrent l'escalier jusqu'au troisième et dernier étage sur le palier duquel se trouvaient deux portes d'entrées en bois laqué de couleur brun rouge qui se faisaient face. Deux énormes verrous semblaient surtout destinés à impressionner un éventuel intrus qui se proposerait de pénétrer par effraction. Puis Erik sortit d'un de ses poches un trousseau de clefs de sécurité et ouvrit la porte qui se trouvait à droite, révélant un blindage épais quasiment inviolable. Il pénétra rapidement dans le couloir d'entrée suivi de Camille et désactiva l'alarme qui s'était mise à clignoter à l'ouverture de la porte.
Contrairement à l'impression générale donnée par la cage d'escalier, l'appartement dans lequel ils se trouvaient maintenant était d'un style résolument moderne et flambant neuf. Il était composé d'un vaste séjour, de deux pièces dont l'une, était munie d'un placard mural, d'une armoire et d'un grand lit pour deux personnes. La seconde était à usage professionnel avec PC, imprimante laser et mobilier de rangement. Une salle de bains avec douche et baignoire à bulle jouxtait la chambre et une cuisine équipée était séparée des autres pièces par le couloir d'entrée. Une sorte de sas situé derrière la cuisine permettait aux deux logements de communiquer et servait de buanderie, permettant ainsi aux occupants des deux appartements de partager l'usage d'une machine à laver et d'un sèche-linge ainsi que d'un aspirateur et de tout le matériel nécessaire au nettoyage.
Le deuxième appartement était nettement plus petit que le premier. Il ne comportait qu'un séjour avec une kitchenette, une seule chambre et la salle de bain n'avait pas de baignoire. En dehors de ça, il était dans le même état que le premier et donnait l'impression de n'avoir encore jamais servi. Erik demanda d'un ton neutre.
— Que pense-tu du petit ?
— Il est super ! pourquoi ?
— Il te plait ?
— Il est chouette ! Il est à qui ?
— Les deux sont à moi mais je n'utilise que le plus grand.
— Eh bien tu as de la chance d'avoir tout ça pour toi. Moi, c'est pas demain la veille que je pourrai me payer un appartement pareil même en location. J'aurai jamais les moyens.
— Je te le loue.
— Je peux pas je te dis.
— Je te le loue pour le prix de ta cage à lapins de Clamart.
— Tu es cinglé.
— Il est vide. Il ne me rapporte rien.
— Pourquoi me le louer à moi ? Il y a des tas de gens qui se feraient damner pour un studio pareil en plein cœur du quartier latin.
— C'est vrai mais il n'y en a aucun à part toi à qui j'ai envie de le louer.
— Il est super ! pourquoi ?
— Il te plait ?
— Il est chouette ! Il est à qui ?
— Les deux sont à moi mais je n'utilise que le plus grand.
— Eh bien tu as de la chance d'avoir tout ça pour toi. Moi, c'est pas demain la veille que je pourrai me payer un appartement pareil même en location. J'aurai jamais les moyens.
— Je te le loue.
— Je peux pas je te dis.
— Je te le loue pour le prix de ta cage à lapins de Clamart.
— Tu es cinglé.
— Il est vide. Il ne me rapporte rien.
— Pourquoi me le louer à moi ? Il y a des tas de gens qui se feraient damner pour un studio pareil en plein cœur du quartier latin.
— C'est vrai mais il n'y en a aucun à part toi à qui j'ai envie de le louer.
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Commentaires ()
Même si on sait où cela va conduire, c'est cool
Cela me rappelle mes 19ans seul a Paris, et plus de 15 mois de découvertes, de folies, de passion qui ont crées, définies ma personne pour les 50 années suivantes
Je vais suivre avec grand plaisir