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Couverture de INTUITIVE, par unzeste85
Couverture de INTUITIVE, par unzeste85
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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INTUITIVE — Chapitre 4

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unzeste85
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INTUITIVE

Chapitre 4

RENDEZ-VOUS
En quittant Camille, Rémi était un peu abattu. Elle avait, sur le coup bien réagi mais la gaffe qu'il avait faite allait rester entre eux, créant une gêne qui aurait du mal à disparaître. Il avait besoin de croire que les choses allaient s'arranger, mais il ne se faisait pas trop d'illusions. En tous cas, cela lui servirait de leçon. Rêver c'est très agréable mais il ne faut pas mélanger le rêve et la vie réelle.
Quand Camille rentra chez elle après les cours, elle commença par se mettre à l'aise avant de corriger les copies du contrôle qu'elle avait fait faire aux élèves de cinquième. Corriger un contrôle de mathématiques n'est pas très long. C'est un peu de raisonnement et surtout du calcul dont le résultat est juste où faux. Lorsqu'elle eut terminé elle se mit à préparer sa soirée : D'abord un peu de ménage et de repassage après avoir rempli et démarré la machine à laver. Ensuite, prendre une douche avant de préparer son repas. Comme elle avait fait un bon repas à midi, celui du soir serait léger : Une tranche de jambon avec une salade et un yaourt.
Elle se remit à penser à l'aventure qu'elle avait vécu ce jour-là. Elle avait été réellement ravie de faire la connaissance de Rémi qu'elle avait trouvé charmant et physiquement plutôt mignon. Elle devait s'avouer qu'il ne manquait pas de séduction. Néanmoins, il lui posait un problème. Sa déclaration d'amour involontaire la mettait un peu au pied du mur. Elle n'aurait pas la cruauté de le laisser se morfondre en repoussant sa réponse aux calendes. Elle avait beau se dire que c'était lui et pas elle qui avait créé cette situation, ça ne résolvait pas le problème.
D'un autre côté, répondre trop rapidement aurait quelque chose de définitif qu'elle risquait de regretter par la suite quelle que soit sa réponse. Elle pesait le pour et le contre en essayant de raisonner de manière objective mais n'arrivait à aucune décision.
A force de tourner en rond, elle finit par réaliser qu'elle raisonnait beaucoup trop en matheuse. Ça n'était pas un problème de logique, c'était tout simplement un problème sentimental. Aussi bizarre que cela puisse paraître, Rémi éprouvait un sentiment qui ressemblait à de l'amour pour elle et cela lui plaisait, et même beaucoup. Serait-ce durable ou un simple feu de paille ? Elle n'avait aucun moyen de le savoir et c'était à elle de décider que croire. Ce qui comptait, c'était ce qu'elle ressentait, elle, et qu'elle fasse confiance à son intuition en ce qui concernait Rémi. Alors, au lieu d'analyser l'évènement ou son soupirant, c'est elle-même qu'elle analysa. Elle réfléchit longtemps avant de faire un choix et de décider du meilleur moyen de donner sa réponse aux prétentions du garçon.
Le lendemain matin, alors que Rémi se préparait pour se rendre à son travail, il reçut un coup de téléphone. Il reconnut immédiatement le numéro. C'était Camille. Il décrocha fébrilement.
— Bonjour, Rémi ; j'espère que je ne te dérange pas.
— Tu ne me dérange pas du tout. Je ne crois pas que cela puisse me déranger un jour de t'avoir au téléphone. Comment vas-tu ?
— Merveilleusement bien. Je te téléphone parce que je désire te rendre ton invitation.
— Oh ! C'est très gentil à toi, mais il ne faut pas te croire obligée.
— Non, non, Je le fais par plaisir. Mais, je ne t'invite pas au restaurant. Je t'invite à dîner chez moi. Je pourrai ainsi t'impressionner avec mes talents de cuisinière.
— Je m'en régale d'avance. Et quand doit avoir lieu cet évènement mémorable ?
— Ce soir si tu es libre.
Rémi resta un peu interdit. Elle lui avait dit qu'elle avait besoin de temps pour mettre en ordre ses idées. Elle avait fait drôlement vite. Il voulait croire que c'était bon signe.
— Bien sûr que je suis libre !
— Tu sauras trouver ?
— Si ça n'était pas le cas, je serais incapable de venir te chercher pour t'amener à la pendaison de crémaillère de Sylvie. Ne t'en fais pas. Ma voiture est équipée d'un GPS qui fonctionne très bien et de toute façon, je connais Toulon comme ma poche.
— Alors à ce soir, vers vingt heures, que j'aie le temps de tout préparer. Bisous.
— Heu ! Bisous toi aussi.
Rémi était décontenancé mais ravi. Il n'aurait jamais espéré revoir Camille si vite et dans de telles conditions. Mais, cette fois, il ne s'agissait pas de se remettre à rêver. Wait and See !
Camille avait bien fait les choses. Elle avait mis une jolie nappe rouge avec les serviettes assorties, des assiettes en porcelaine de saxe et des verres en cristal le tout agrémenté de deux chandeliers de style contemporain. Le style de l'ensemble était résolument moderne, mais l'ambiance serait intime avec les deux chandeliers et quelques éclairages indirects. Elle avait préparé un carpaccio de saumon, une pintade sur un lit de pommes sautées et de morilles et, enfin, une salade de fruits. Elle avait aussi prévu des amuse-gueules mais pas d'apéritif. Ils se mettraient tout de suite à table, et accompagneraient les amuse-gueules d'un verre de bon vin.
Le vin ! Elle avait oublié d'acheter le vin ! C'était trop bête ! Il était presque vingt heures et elle n'avait plus le temps d'aller en acheter. C'est à ce moment-là que Rémi sonna à la porte. Elle alla lui ouvrir et tout ce qu'elle vit ce fut un énorme bouquet de roses monté sur deux jambes.
— Oh ! mon dieu, Rémi ! Tu es complètement fou ! Bon, tu vas m'aider à les mettre dans des vases. Heureusement, j'en ai deux grands. Je vais aussi mettre une des roses sur la table dans un vase uniflore.
Alors qu'ils commençaient à mettre les roses dans les deux grands vases, elle avoua d'un ton ennuyé.
— Il faut que je t'avoue quelque chose : J'ai complètement oublié le vin.
— Tu as oublié le vin ?
— Oui. Je suis désolée.
— Continue sans moi. Je reviens.
Rémi sortit en courant sous les yeux ébahis de Camille. Dix minutes après, il était de retour complètement essoufflé et rouge comme une cerise avec une bouteille de bourgogne et une de champagne.
— J'espère que ce sera bon. C'était le seul magasin encore ouvert dans le quartier.
— Tu es fou ! Tu me diras ce que je te dois.
— Tu plaisantes ! Les roses c'était pour l'invitation et le vin, ce sera parce que euh… parce que tu m'as invité.
— C'est la même chose non ?
— Je me comprends !
Camille n'insista pas. Elle n'aurait pas gain de cause et, de toute façon, il aurait sa récompense un peu plus tard. Elle commença par lui faire visiter l'appartement constitué d'un living double et de trois chambres donnant sur un couloir desservant aussi la salle de bains. Elle commença par l'une des deux premières chambres.
— Cet appartement appartient à mes parents qui me le louent pour une bouchée de pain. Cette chambre est celle dans laquelle je dors. C'était déjà la mienne quand nous vivions là car c'est la plus grande. L'une des deux autres était occupée par mes parents et la troisième servait de chambre d'amis. Mes parents avaient espéré qu'elle servirait pour un deuxième enfant mais ils n'ont pas pu en avoir un autre après moi. L'ancienne chambre de mes parents qui est en face de la mienne me sert maintenant de bureau. L'autre reste une chambre d'amis. Avant de me le louer, mes parents ont totalement refait l'appartement. La cuisine et la salle de bains sont neuves de même que les fenêtres et les volets. Tous les revêtements muraux ont été refaits. Mon appartement te plait ?
— Oui, tout à fait. Il est spacieux, bien situé et joliment aménagé. Tu as beaucoup de goût.
— Ta réponse me rassure. J'avais peur qu'il ne te plaise pas.
Pendant toute la durée du repas, elle se montra tout à fait charmante et aux petits soins. Elle fit elle-même tout le service, le forçant à rester assis quand elle le servait même quand il s'agissait du vin. Chaque fois qu'elle le servait, elle s'appuyait de la main gauche sur son épaule, ce qui déclenchait chez lui une délicieuse émotion amplifiée par le parfum qu'elle portait. Comme le repas se terminait, il lui proposa de l'aider à desservir. C'était l'occasion qu'elle attendait et elle accepta.
— Où dois-je poser tout ça ?
— Tu n'as qu'à empiler tout sur la table de la cuisine . On s'occupera de la vaisselle demain matin.
Sa réponse surprit Rémi qui n'en compris pas la signification. Il essaya de mieux comprendre et demanda :
— A quelle heure ?
— Je ne sais pas. Dès qu'on sera levés, je pense.
Rémi commençait à être complètement perdu.
— Alors, c'est toi qui me téléphoneras ?
— Je ne vois pas l'intérêt de te téléphoner étant donné que tu dors ici. Ça ne t'ennuie pas, j'espère.
— Non, bien sûr. Mais je vais te déranger.
— Ça ne risque pas. Et ne t'en fais pas. Je t'ai acheté une brosse à dent, un rasoir et de la crème à raser.
— Ta chambre d'amis est toujours prête au cas où ?
— Oh non ! Je préfère la préparer seulement quand c'est nécessaire. De toute façon, elle ne sert pas souvent.
— Je te donne du travail.
— Non puisque Je ne l'ai pas préparée.
— Tu voudras que je t'aide ? Je peux aussi bien faire le lit moi-même. C'est une chose que je fais quotidiennement.
Camille s'amusait beaucoup. Il n'avait pas encore compris où elle voulait en venir.
— Je ne comprends pas pourquoi tu veux absolument je prépare cette chambre d'amis.
— Je croyais que j'allais y dormir.
— Non ! Tu dormiras dans ma chambre.
— Mais, et toi ?
— Moi aussi.
— Mais il n'y a qu'un lit !
— Oui mais c'est un lit à deux places.
— Je ne comprends pas.
— Tu es un peu long à la détente, je trouve ! A ton avis, qu'est-ce que ça signifie quand une fille propose à un garçon de coucher dans le même lit qu'elle, sachant qu'ils sont tous deux pleins d'une vitalité qui ne demande qu'à s'exprimer ?
Rémi n'osait pas comprendre ce qu'elle voulait dire. Il hésita avant de répondre très ému.
— Je suppose qu'elle a l'intention de faire l'amour avec lui.
— Bravo ! Tu as deviné. Maintenant tu vas me remercier de la manière qui convient.
Cette fois, Rémi avait compris. Il prit Camille dans ses bras et elle lui tendit ses lèvres. Ils s'embrassèrent longuement puis elle resta pelotonnée dans ses bras pendant qu'il embrassait tendrement ses cheveux.
— A partir de maintenant, tu seras ‘'minou'' ou bien ‘'Rémi mon minou''. Moi, tu m'appelleras ‘'Chérie'' ou ‘'Camille ma chérie''. D'accord ?
— Evidemment que je suis d'accord. Je déduis de tout ça que tu veux bien m'épouser.
— Oui, je veux bien t'épouser.
— Tu t'es décidée rapidement finalement.
— Moins que toi minou. Il m'atout de même fallu une soirée pour me décider.
— Nous sommes tous les deux complètement fous, tu ne trouves pas ?
— Si ! Je trouve aussi que nous sommes fous mais je trouve que c'est une folie merveilleuse. Tu sais ce qui me ferait plaisir, maintenant ?
— Quoi donc mon amour ?
— Ah oui ! Nous avons aussi le droit de nous dire ‘'mon amour''. Ce qui me ferait plaisir, maintenant ce serait qu'on aille se coucher. J'ai une furieuse envie de toi et ce n'est pas à cause du vin.
— Tes désirs sont des ordres, ma chérie.
Leur première nuit fut un véritable enchantement, un plaisir magnifié par l'amour. Ils se découvrirent mutuellement, tantôt avec délicatesse, tantôt avec frénésie, chacun essayant de donner à l'autre tout le plaisir qu'il pouvait. Rémi se révéla un amant aussi délicat qu'inspiré tandis que Camille faisait de son mieux pour lui rendre la pareille. Elle s'occupa activement de le masturber et de lui prodiguer une fellation qui le propulsa jusqu'au septième ciel et il dut se retenir de toutes ses forces pour ne pas éjaculer dès les premières minutes. Il descendit rapidement s'occuper avec sa bouche du petit bouton rose qui dépassait fièrement à l'extrémité du clitoris tandis que son index caressait tendrement ses petites lèvres et l'intérieur de son vagin. Lorsqu'il constata que Camille était au bord de l'orgasme, il la pénétra avec douceur et avec de puissants mouvement d'aller et retour il se vida en elle. Ils s'endormirent très tard, pelotonnés l'un contre l'autre, éperdus de bonheur.
A leur réveil, ils ne purent s'empêcher de recommencer à s'aimer de sorte que, quand ils se levèrent, la matinée était déjà bien avancée. Comme c'était le début du weekend, ils n'étaient pas pressés. Ils commencèrent par faire la vaisselle. Ce fut rapide car ils n'étaient que deux. Ensuite, ils déjeunèrent avant de faire leur toilette ensemble. Enfin, ils remirent en ordre la chambre et le séjour.
— Qu'est ce qui te ferait plaisir, maintenant, ma chérie ?
— D'abord on devrait passer prendre tes affaires chez toi pour les ramener ici.
— Je m'installe ?
— A moins que tu n'en aies pas envie.
— Bien sûr que si !
— Et puis il faut bien que tu te changes. Ensuite on sortira faire quelques courses pour le déjeuner et le dîner.
— Et pour demain ?
— D'habitude je vais le dimanche déjeuner avec mes parents. Je vais leur téléphoner qu'on vit ensemble et qu'on sera deux demain midi. Tels que je les connais, on n'aura pas très faim le soir. Et toi, quand penses-tu prévenir tes parents ?
— Ils sont partis trois semaines en Espagne. Maintenant qu'ils n'ont plus d'enfants à la maison, ils prennent leurs vacances hors période scolaire. Ils ne reviendront que dans quinze jours. Ce sera juste le jour de la pendaison de crémaillère à laquelle ils n'assisteront pas. Je leur téléphonerai le dimanche matin pour les prévenir qu'on passera les voir dans l'après-midi. J'avoue que je ne sais pas comment ils vont réagir. Ce n'est pas à cause de toi, bien sûr, mais ils sont un peu rigides et risquent d'estimer que nous sommes bien imprudents.
— Comment on va se justifier ?
— On ne va pas le faire. N'importe qui penserait que nous sommes imprudents mais c'est comme ça et pas autrement. Nous nous aimons et voulons vivre ensemble, point final. Et les tiens ? Comment penses-tu qu'ils vont réagir ?
— Je pense qu'ils seront inquiets mais essayeront de ne pas le montrer. Papa ne dira rien mais maman essayera de me parler en privé, me fera des compliments sur toi et fera quelques allusions sur la nécessité de bien réfléchir. Je répondrai fermement que je sais ce que je fais. Elle me dira alors qu'elle est rassurée mais ça ne sera pas vrai du tout. Je vais te dire : Il faudra laisser passer le temps. Les choses s'arrangeront toutes seules quand nos parents verront que tout se passe bien. On prévient Sylvie tout de suite ou bien on attend la pendaison de crémaillère ?
— J'aimerai bien lui faire la surprise. Elle va être estomaquée mais elle sera ravie. Sa meilleure amie avec son frère jumeau, elle va trouver ça super.
— J'ai hâte de voir sa tête quand elle nous verra. Ah ! j'oubliais de te dire. En fait, je connais un peu tes parents.
— Ah bon ?
— Oui ! L'été dernier ils avaient décidé d'aller piqueniquer dans l'arrière-pays avec Sylvie et André, son mari et, comme ça faisait un certain temps que Sylvie et moi on ne s'était pas vues, elle m'a proposé de venir avec eux. On s'est bien entendus avec tes parents que j'ai trouvés très sympathiques.
— C'est bon à savoir. Ça facilitera les choses. Maintenant, il faut que nous décidions deux choses.
— Lesquelles ?
— Premièrement, est-ce que je résilie tout de suite le bail de mon appartement ?
— Bien sûr ! Dès que possible à moins que tu penses pouvoir changer d'avis à propos de nous deux.
— Deuxièmement, quand est-ce qu'on se marie ?
— Je propose que nous nous occupions tout de suite du mariage civil car les seules contraintes sont que ce soit un Samedi, qu'on ait choisi les témoins et qu'on ait fourni les documents nécessaires.
— A mon avis, on doit pouvoir faire ça dans trois semaines.
— Je crois qu'il vaudrait mieux faire ça dans un mois. Les témoins doivent être prévenus à l'avance et par ailleurs, tes parents et Sylvie ne seront pas prévenus avant deux semaines.
— Mariage religieux ou pas ?
— Personnellement, je n'y attache pas une grande importance mais mes parents y tiendront absolument.
— Moi, c'est pareil. Je propose de leur confier le soin de fixer eux-mêmes la date. On prévoit un repas pour le mariage civil ?
— Ça risque d'être difficile pour mes parents. Ils peuvent s'absenter une ou deux heures pour le mariage à la mairie mais c'est tout. N'oublie pas qu'ils sont commerçants et que le Samedi est le jour de la semaine le plus important pour les affaires.
— Donc, ce sera purement administratif.
— Oui, sauf si on arrive à organiser quelque chose le soir.
— Tu ne trouves pas ça extraordinaire que nous organisions notre mariage alors qu'avant-hier on ne se connaissait pas ?
— Si mais en y réfléchissant bien, c'est un coup de foudre qui nous amène à vouloir nous marier, ce qui n'a rien d'extraordinaire. D'autre part, il faut considérer que nous approchons de la trentaine, que nous gagnons notre vie tous les deux depuis quatre ans et que nous vivons déjà ensemble.
Il la contempla longuement avant de la prendre dans ses bras.
— Tu sais, j'ai du mal à réaliser que j'aie pu te séduire après m'être montré d'emblée aussi ridicule.
— Moi, je ne t'ai pas trouvé ridicule. Je t'ai trouvé attendrissant. En plus, tels que tu les as exprimés, la sincérité de tes sentiments ne faisait pas de doute. Ça m'a permis de me livrer à mon tour sans arrières pensées. Tu sais, minou, ce que je ressens pour toi, c'est aussi fort que ce que tu ressens pour moi.
— Alors, ça veut dire que tu es terriblement amoureuse de moi. Mais, dis-moi. Comment l'as-tu réalisé ?
— Tu te doutes, qu'après que nous nous soyons quittés, j'ai longuement repensé à ce qui s'était passé. J'étais passablement perturbée par l'évènement. Je savais que si je ne te répondais pas tout de suite, j'allais te faire souffrir et je ne le voulais pas. Je ne supporte pas de faire du mal, même involontairement, aux autres. J'ai analysé le problème sous tous les angles mais, plus je réfléchissais, moins j'avançais. Finalement, j'ai arrêté de raisonner et j'ai laissé parler mes sentiments et je me suis aperçue que tu me plaisais énormément. Alors, j'ai décidé de sauter le pas.
— Eh bien, je te remercie de ton amour et de ta confiance. Je ferai tout pour les mériter.
— Pour la confiance, il faut surtout que tu remercies mon intuition. C'est toujours vers elle que je me tourne quand je me trouve confrontée à un problème qui me tient particulièrement à cœur.
— Et ça marche ?
— Toujours !
— Même si c'est contraire à la logique ?
— Absolument !
— C'est bizarre non ?
— Oh, il y a longtemps que j'ai cessé de chercher pourquoi j'étais comme ça. Je suppose que mon inconscient remarque des choses sans que je m'en rende compte et me communique une certitude.
— Dis donc ! c'est un sacré pouvoir. Je t'envie !
— Tu sais, ça n'est pas toujours agréable d'avoir cette particularité. Quand mon intuition me permet de résoudre un problème, tout va bien mais, si c'est quelqu'un d'autre qui doit le résoudre et que la personne refuse de m'écouter, c'est très angoissant.
—
— LES PARENTS DE CAMILLE.
Camille regarda d'un œil critique le petit logement.
— Il est vraiment minuscule. C'est un logement de célibataire.
— Tout à fait d'accord mais, tu sais, je viens de passer quatre ans dans une minuscule cabine de porte-avions alors quand j'ai visité ce logement, je l'ai trouvé immense.
— Mon pauvre minou. Tu vas voir ! Je suis sûre que tu vas être très heureux dans ton nouveau logement.
— Evidemment ! Puisque je serai avec toi !
— Je veux dire même quand je ne serai pas là.
— Ah parce que tu crois que je serai content quand tu ne seras pas là ?
— Bien sûr ! Tu feras le ménage, le repassage, la vaisselle. Tu sortiras les poubelles… et tout ça pour me faire plaisir ; alors, je suis sûre que tu seras fou de joie.
— Tout compte fait, il vaudrait peut-être mieux que je garde mon appartement, quoique, tout bien réfléchi, je préfère quand même le tien.
Ils allèrent d'abord dans la chambre.
— C'est tout ce que tu as comme valise pour mettre tous tes vêtements ? ça ne pourra pas tout rentrer.
— Je vais mettre juste les costumes et les chemises dans la valise. Les sous-vêtements et les affaires de toilette dans un sac poubelle les chaussures dans un autre et tout le reste dans un troisième. La télévision, je la porterai comme ça. Il faudra que je n'oublie pas de clôturer mon abonnement ADSL. Je suppose que tu en as un ?
— Bien entendu. J'ai déjà tout ce qu'il faut. On mettra à la cave tout ce qui sera en double. Moi, je n'y connais pas grand-chose, alors pour les doublons tu choisiras le meilleur.
— Ça ne te fait rien si on entrepose dans la cave les quatre chaises pliantes ?
— Elles sont à toi ?
— Non mais Sylvie en a besoin pour sa pendaison de crémaillère. Je les lui amène et je les reprends en partant. Les amener tout de suite chez toi…
— Chez nous !
— Chez nous, ça m'évitera de venir les chercher avant d'aller à Marseille.
Ils transportèrent le petit déménagement dans la voiture de Rémi et retournèrent le décharger dans le logement de Saint Roch puis ressortirent pour faire quelques courses. A leur retour, ils s'occupèrent du rangement des affaires de Rémi avant de s'installer dans le living et Camille composa le numéro de téléphone de ses parents en mettant le haut-parleur pour que Rémi puisse entendre la conversation. Ce fut sa mère qui répondit.
— Allo ?
— Bonjour, maman.
— Ah ! Camille, ma chérie. Je commençais à m'inquiéter de ne pas avoir de tes nouvelles.
— Je t'ai téléphoné avant-hier, maman.
— Oui, mais il peut se passer tant de choses en une journée.
Camille fit un clin d'œil à Rémi en pouffant silencieusement de rire. Il s'était en effet passé beaucoup de choses en un jour.
— Ne t'inquiète pas, Maman chérie, je vais très bien, merveilleusement bien, même.
— On rencontre tellement de gens qui peuvent te faire du mal.
— Eh bien, j'ai rencontré seulement de très gentils (Elle tendit la main pour serrer tendrement celle de Rémi) et je suis encore vivante, rassure-toi.
— Alors ? Qu'est-ce que tu as de beau à nous dire. Tu viens bien déjeuner à la maison demain ?
— Oui, maman. Je te téléphone justement à ce sujet.
— Ah bon ?
— Voilà : Je voudrais savoir si je peux amener quelqu'un avec moi.
— Euh… oui, bien sûr ! C'est une copine ?
— Non, maman, c'est un garçon.
— Oh, mon dieu ! Mais… c'est… un copain ?
— C'est plus qu'un copain, maman.
— Tu veux dire que c'est… qu'il…
— Je veux dire qu'il m'a demandé de l'épouser et que j'ai accepté.
— Oh, mon dieu !
— Ça pose un problème, maman ?
— Aucun, ma chérie, aucun. Oh mon dieu, mon dieu !
— Tu verras, maman, il est adorable et tu vas très vite l'aimer. Papa est là ?
— Non, il est allé faire son tiercé mais je l'avertirai dès qu'il rentrera. Ça va lui faire un coup, sûrement. Tu le connais. C'est quelqu'un de très vulnérable, tu sais. Je le préviendrai avec ménagement. Mais je suis sûre qu'il fera un bon accueil à… Comment s'appelle-t 'il déjà ?
— Je ne te l'ai pas encore dit, maman. Il s'appelle Rémi. Il est à côté de moi et il t'entend.
— Bonjour, madame.
— Bonjour, monsieur euh… Rémi. Vous allez bien ?
— Très bien, madame.
— Alors, vous voulez épouser Camille ?
— C'est mon vœu le plus cher.
— Et… elle veut bien ?
— Oui, maman ! si je te téléphone, c'est justement pour te l'annoncer.
— Oui, c'est vrai. Tu me l'as déjà dit. Quelle nouvelle !
— Ça n'a pas l'air de te plaire, maman.
— Quelle idée ! Bien sûr que si ! je suis ravie ; tout à fait ravie. Tu devrais nous le présenter un jour.
— Demain, maman ! nous venons demain !
— Ah oui, c'est vrai. Il va falloir que j'en parle à ton père. Ça va lui faire un coup, sûrement. Il est très vulnérable.
— Alors, à demain, maman. Je t'aime très fort !
— Moi aussi, ma chérie. Vous aussi, Rémi, je vous embrasse.
— Moi aussi madame. Je vous embrasse très fort.
Camille raccrocha. Rémi remarqua :
— Dis-donc ! Elle a été drôlement perturbée, ta maman.
— Ça n'est qu'un début. J'appréhende le moment où il faudra que je leur dise que nous ne nous connaissons que depuis deux jours et que nous vivons déjà ensemble.
— Tu pourrais peut-être le faire en plusieurs fois. Par exemple, demain on pourrait se contenter de dire que tu me connais parce que je suis le frère de Sylvie et que, comme on a décidé de se marier dès que possible, on vit ensemble. Plus tard il faudra sûrement donner des détails mais ils se seront faits à l'idée du principal, à savoir notre mariage.
— Tu sais ce qu'on va faire ? La seule personne à qui on ne pourra pas cacher qu'on se connait seulement depuis la mi-juin, c'est Sylvie et aussi son mari. On lui demandera de ne pas faire de gaffe à ce sujet et, si nécessaire, on racontera à mes parents et aux tiens, qu'on s'est connus il y a quelques mois chez des amis communs, qu'on s'est beaucoup appréciés, qu'on s'est revus quelques fois et qu'en se revoyant mi-juin, on s'est avoué notre amour et on a décidé de se marier. Plus tard, si tu y tiens, on pourra leur dire la vérité. Quand je dis plus tard, c'est, par exemple, à la naissance de notre premier bébé. C'est un peu tordu mais ça nous permettra de ne pas trop les inquiéter.
— On va quand même mentir.
— Ce sera juste un tout petit mensonge. Moi, j'appelle ça de la diplomatie.
— Et puis, si ça se trouve, ils ne demanderont rien.
— Peut-être.
— Il faudrait que je leur apporte quelque chose. Des fleurs ?
— Je crois qu'ils préfèreraient des marrons glacés. Ils sont très gourmands. Ça n'est pas sans conséquences pour leur tour de taille.
— En revanche, ton tour de taille à toi, il est parfait.
Il la prit par la taille et lui chuchota à l'oreille.
— J'aimerais bien que cet après-midi on fasse une grande sieste.
— Tu as sommeil ?
— Absolument pas !
— Alors, va pour la sieste ! Je n'ai pas sommeil non plus.
Le lendemain, vers midi, après avoir acheté une grande boîte de marrons glacés, ils se rendirent chez les parents de Camille. Lorsque la porte s'ouvrit, Rémi vit en premier le papa de Camille. C'était lui qui leur avait ouvert. Il avait l'air ému mais pas autant que la maman de la jeune femme. Cette dernière se tenait à demi-cachée derrière lui, visiblement bouleversée.
— Maman, papa, je vous présente Rémi. Rémi, voici mon papa et ma maman.
Rémi pénétra dans le logement en leur souriant. Ils étaient attendrissants. Plutôt petits et rondouillards ils avaient cet air si gentil dont Camille avait hérité. Comme la maman de Camille se cachait toujours derrière son mari c'est à lui qu'il dit bonjour en premier en lui serrant la main.
— Bonjour, monsieur. Je suis très heureux de faire la connaissance des deux personnes que Camille aime le plus au monde.
— Soyez le bienvenu, Rémi. Nous sommes, nous aussi heureux de vous recevoir et impatients de faire votre connaissance.
Le père de Camille se tourna vers son épouse et, lui passant le bras autour des épaules d'un air protecteur, l'amena près de Rémi. Ce dernier se pencha vers elle et l'embrassa sur les deux joues. Elle essaya maladroitement de l'embrasser elle aussi en balbutiant quelques mots de bienvenue. Puis elle fondit en larmes et repartit en courant vers sa cuisine. Camille se précipita derrière elle tandis que son père, l'air embarrassé, le faisait entrer dans le living room.
— Il faut lui pardonner. Ça lui a fait un coup. Elle est très vulnérable, vous savez.
— Je suis désolé d'être une cause d'inquiétude pour vous. J'espère qu'en nous connaissant bien, vous aurez une bonne opinion de moi.
— Oh ! mais nous avons une bonne opinion de vous ; une très bonne opinion. C'est simplement que Camille est notre fille et que nous souhaitons qu'elle ait un gentil mari qui la rende heureuse. Je suis sûr que c'est votre intention, n'est-ce pas ?
A sa manière d'exprimer la chose, il ne paraissait pas en être aussi sûr qu'il le prétendait. Ils avaient besoin d'être rassurés.
— Vous savez, Camille est une fille absolument adorable. Elle est gaie, affectueuse, toujours soucieuse de s'exprimer de manière à éviter de faire de la peine à quelqu'un. En plus d'être d'une beauté que je trouve émouvante, elle est la personne la plus gentille que j'ai rencontrée. C'est donc normal de l'aimer et, pour ma part, je l'aime plus que tout au monde. Alors oui ; Je ne pourrai être que gentil avec elle et je ferai tout ce que je pourrai pour la rendre aussi heureuse qu'elle l'a été avec vous jusqu'à présent. Elle a toujours eu votre amour ; à présent elle a aussi le mien.
— Oh mais ! Je n'avais aucun doute à ce sujet ! répondit le papa de Camille d'un air néanmoins rassuré.
Quelques instants plus tard, Camille et sa maman reparurent enlacées. Cette dernière ne pleurait plus et avait un air confus.
— Il faut me pardonner. C'est l'émotion.
— Ça n'est pas grave, mais pour vous faire pardonner, j'aimerais que nous nous asseyions tous les trois sur la banquette.
Camille et Rémi s'assirent de chaque côté d'elle et lui prirent chacun une main.
— Je dois être affreuse maintenant.
— Mais non ! ça ne vous empêche pas d'être tout à fait charmante. Vous êtes aussi jolie que Camille. Elle tient beaucoup de vous.
— Sûrement pas avec mes kilos en trop.
— Moi, je trouve que ça vous va bien.
— Vous savez, vous pouvez m'appeler Mirabelle.
— Moi, c'est René, intervint le papa de Camille.
— Puisque vous le proposez si gentiment, va pour Mirabelle et René.
— Camille souriait d'un air à la fois soulagé et ravi.
— Eh bien, maintenant que la glace est rompue, il est temps que je vous dise qui est le garçon qui m'aime et que j'aime. Rémi est le frère jumeau de Sylvie, la très bonne amie dont je vous ai parlé régulièrement. Il a fait ses études à Toulon avant de faire polytechnique. Il est affecté à l'arsenal comme ingénieur de l'armement. Avant, il avait passé quatre années sur le Charles de Gaulle.
Les parents de Camille posèrent alors à Rémi de nombreuses questions auxquelles il répondit de son mieux. Lorsqu'ils demandèrent comment ils s'étaient connus, Camille leur fit le petit mensonge prévu de l'air le plus naturel du monde. Quand elle avoua que René avait emménagé chez elle, elle provoqua chez eux une certaine gêne qu'elle se pressa de dissiper en leur expliquant que cela n'anticipait le mariage civil que d'un mois. L'ambiance se détendit rapidement et le repas se passa dans une très bonne ambiance.
Lorsqu'ils repartirent en fin d'après-midi, les deux jeunes gens promirent de venir voir les parents de Camille aussi souvent que Camille auparavant, ce qu'ils comptaient bien faire, au moins les premiers temps. Une fois dans la voiture, ils commentèrent leur visite avec animation.
— J'ai trouvé tes parents absolument adorables. Je sais maintenant de qui tu tiens.
— Oui, ça s'est bien passé. Maman a été très émue mais j'ai réussi à la calmer. Figure-toi qu'elle trouve que je suis encore un peu jeune. Tu te rends compte ! A vingt-sept ans je suis trop jeune pour me marier !
— Qu'est-ce que tu veux ! Il y a en eux un trop plein d'amour.
— Ça promet pour le jour où on aura des bébés.
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Gubbe
1 juin 2025 à 17:35
Trés belle histoire d’amour. Cupidon sait y faire.
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