Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Camille et Erik — Chapitre 3
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Camille et Erik
Chapitre 3
Le grand blond
Camille écoutait distraitement sa sœur Sylvie bavarder avec son amie Charlotte tout en observant les feuilles des arbres qui commençaient à prendre les couleurs de l'automne. Les deux jeunes femmes parlaient de personnes qu'il ne connaissait pas et de sujets qui ne l'intéressaient guère. Il avait accepté d' accompagner sa sœur dans ce petit bar du Boulevard Saint Michel pour lui faire plaisir et parce qu'elle avait décidé de l'introduire dans le groupe d'amis et de copines qu'elle avait en région parisienne. Il n'était pas contre le principe mais ne voyait pas trop comment faire pour être autre chose qu'une pièce rapportée. Se faire des amis en région parisienne était autrement plus difficile que de participer à la vie d'un petit groupe d'amis et d'amies qu'il s'était fait à l'école puis au lycée à Chambéry. De plus, il était affligé d'une timidité maladive et se satisfaisait assez facilement d'une vie de sauvage.
Camille écoutait distraitement sa sœur Sylvie bavarder avec son amie Charlotte tout en observant les feuilles des arbres qui commençaient à prendre les couleurs de l'automne. Les deux jeunes femmes parlaient de personnes qu'il ne connaissait pas et de sujets qui ne l'intéressaient guère. Il avait accepté d' accompagner sa sœur dans ce petit bar du Boulevard Saint Michel pour lui faire plaisir et parce qu'elle avait décidé de l'introduire dans le groupe d'amis et de copines qu'elle avait en région parisienne. Il n'était pas contre le principe mais ne voyait pas trop comment faire pour être autre chose qu'une pièce rapportée. Se faire des amis en région parisienne était autrement plus difficile que de participer à la vie d'un petit groupe d'amis et d'amies qu'il s'était fait à l'école puis au lycée à Chambéry. De plus, il était affligé d'une timidité maladive et se satisfaisait assez facilement d'une vie de sauvage.
Il était en train de ruminer des pensées moroses lorsqu'un petit coup de vent vint remuer quelques branches de l'arbre le plus proche de la table devant laquelle ils étaient assis. Une feuille morte se détacha d'une des branche et descendit en virevoltant pour terminer sa course juste dans le verre de coca qu'il allait porter à sa bouche. Il essaya de l'enlever lui-même au lieu de faire appel au serveur mais ne fit qu'aggraver les choses : Une belle flaque de coca s'étalait maintenant sur la table et son verre baignait dedans accompagné de la feuille indélicate. Il devint rouge comme une tomate et regarda autour de lui. Il était persuadé qu'il était maintenant le centre de l'attention des autres consommateurs ou au minimum de ceux qui étaient les plus proches, ce qui était déjà trop. Alors qu'il avait horreur de se faire remarquer, c'était toujours sur lui que ce genre d'incident s'abattait immanquablement. Il était maudit.
Ce qui était certain, en tout cas, c'était que tout son paquet de mouchoirs en papier allait y passer et à condition qu'il arrive à le trouver, ce qui n'était pas gagné. Il commençait à fouiller dans ses poches pour y récupérer ce maudit paquet lorsqu'il vit une main armée d'une éponge entreprendre de réparer les dégâts que sa maladresse avait occasionnés tandis qu'une autre main posée sur son épaule l'incitait à rester assis.
— Ne bouge pas. Si tu ne veux pas t'en mettre partout.
La voix qui provenait de la même personne que les mains tenant l'éponge et l'épaule de Camille rajouta.
— Enlevez vos verres, les filles, pendant que j'éponge.
— D'où sors-tu cette éponge lui demanda Charlotte. Tu ne vas pas me dire que tu te trimballes en permanence avec une éponge ?
— Je l'ai piquée à Alfred le serveur, répondit l'éponge… ou l'épaule… ou les deux , avec le ton de quelqu'un obligé d'énoncer une évidence.
— D'où sors-tu cette éponge lui demanda Charlotte. Tu ne vas pas me dire que tu te trimballes en permanence avec une éponge ?
— Je l'ai piquée à Alfred le serveur, répondit l'éponge… ou l'épaule… ou les deux , avec le ton de quelqu'un obligé d'énoncer une évidence.
Camille tourna la tête pour essayer de voir qui était le bon samaritain qui s'occupait obligeamment de réparer sa bêtise et dont il lui semblait reconnaître la voix mais ce dernier était déjà en train de s'éloigner pour rendre au serveur son précieux instrument et discuter un court moment avec lui. Ce ne fut qu'à son retour qu'il put apercevoir le visage correspondant à la voix et ses cheveux se dressèrent sur sa tête ; il se sentit rougir et il se tassa sur sa chaise. C'était le type qu'il avait croisé la semaine précédente dans le bureau de la secrétaire du boss et qu'il avait si grossièrement envoyé balader lors du pot auquel ils avaient tous les deux assisté.
Le type en question alla chercher une quatrième chaise à une table voisine et s'installa sans façon entre Camille et Sylvie qui le regarda un peu étonnée. Visiblement, elle ne le connaissait pas, contrairement à Charlotte qui s'empressa de faire les présentations.
Le type en question alla chercher une quatrième chaise à une table voisine et s'installa sans façon entre Camille et Sylvie qui le regarda un peu étonnée. Visiblement, elle ne le connaissait pas, contrairement à Charlotte qui s'empressa de faire les présentations.
— Le grand malpoli qui vient de s'asseoir à notre table sans y être invité est mon grand frère Erik avec un ‘'K''. Erik, je te présente Sylvie qui est en passe de devenir ma meilleure amie.
— Salut, Sylvie ! Tu fais quoi dans la vie ?
— Sylvie éclata de rire. La tranquille assurance du frère de Charlotte l'amusait manifestement.
— Je suis prof comme Charlotte. On travaille dans le même collège.
— Salut, Sylvie ! Tu fais quoi dans la vie ?
— Sylvie éclata de rire. La tranquille assurance du frère de Charlotte l'amusait manifestement.
— Je suis prof comme Charlotte. On travaille dans le même collège.
Ils furent interrompus par le serveur qui vint reprendre le coca de Camille et déposa à la place sur la table deux perriers citron. Erik commenta.
— Le coca, c'est très mauvais pour la santé. C'est bourré de sucre et de colorants.
— Tu vois ! releva Sylvie en s'adressant à Camille. Je ne suis pas la seule à le dire.
— Tu vois ! releva Sylvie en s'adressant à Camille. Je ne suis pas la seule à le dire.
Camille ne répondit pas. Il était trop occupé à essayer de trouver une excuse à l'affront qu'il avait fait au frère de Charlotte. Sylvie enchaina.
— Et toi que fais-tu dans la vie quand tu n'es pas occupé à essuyer les tables ?
Erik (avec un ‘'K'') apprécia la formule et répondit en souriant.
— Je suis Ingénieur commercial. Je bosse dans une boite qui commercialise des serveurs ; pas des bonhommes qui servent des perriers citrons dans les bars, ni des cocas d'ailleurs, mais des machines qui diffusent les informations qui circulent sur le NET ; mais pas forcément des informations sur les perriers citron ou toute autre boisson.
— Tiens ! c'est marrant ; mon petit frère est aussi dans l'informatique .
— Tiens ! c'est marrant ; mon petit frère est aussi dans l'informatique .
Camille se recroquevilla un peu plus sur sa chaise. Son geste pas très poli allait se retourner contre lui. Mais Erik répondit.
— Je sais. Et je sais même que monsieur Camille Moineau est un petit génie de l'informatique.
— Comment ? vous vous connaissez ?
— Pas exactement ! disons que nous avons failli faire connaissance à l'occasion d'un pot offert par la direction de sa boîte pour fêter l'obtention d'un contrat juteux. Comme j'avais un rendez-vous ce jour-là avec le D.G. j'ai été invité au pot. Mais on n'a pas pu se parler car la salle était bondée et en plus je me suis fait alpaguer par la directrice financière qui m'a fait un numéro de charme et m'a bouffé les petits fours que j'avais réussi à grapiller au risque de ma vie.
— Comment ? vous vous connaissez ?
— Pas exactement ! disons que nous avons failli faire connaissance à l'occasion d'un pot offert par la direction de sa boîte pour fêter l'obtention d'un contrat juteux. Comme j'avais un rendez-vous ce jour-là avec le D.G. j'ai été invité au pot. Mais on n'a pas pu se parler car la salle était bondée et en plus je me suis fait alpaguer par la directrice financière qui m'a fait un numéro de charme et m'a bouffé les petits fours que j'avais réussi à grapiller au risque de ma vie.
Il termina sa réponse en regardant Camille d'un air amusé et en lui faisant un clin d'œil discret. Il n'avait manifestement pas l'intention de s'étendre sur le petit accès de mauvaise humeur de ce dernier. Il changea au contraire de sujet.
— Et pour répondre à la question que tu ne m'as pas posée et qui devrait pourtant te torturer, à savoir qu'est-ce que je pouvais bien faire dans le coin armé d'une éponge qui n'est même pas à moi, j'habite en face( il montra du pouce l'immeuble auquel il tournait le dos) et je vous ai aperçus en regardant par la fenêtre. J'ai donc décidé de vous rejoindre, histoire de vous honorer de mon auguste présence et accessoirement de me faire payer une conso gratis par mon adorable petite sœur.
— Ca, mon coco, tu peux toujours courir ! répondit Charlotte en éclatant de rire.
— Tant pis ! mais je ne peux pas me permettre de courir au milieu des tables, même armé d'une dizaine d'éponges. Alfred ! rugit ‘il, tu mets tout sur ma note, y compris le coca.
— Ca, mon coco, tu peux toujours courir ! répondit Charlotte en éclatant de rire.
— Tant pis ! mais je ne peux pas me permettre de courir au milieu des tables, même armé d'une dizaine d'éponges. Alfred ! rugit ‘il, tu mets tout sur ma note, y compris le coca.
Ils se mirent à deviser gaiement . Camille parlait peu et écoutait beaucoup et il se régalait. Il était rempli d'admiration devant l'aisance dont faisaient preuve ses trois ainés qui multipliaient anecdotes et jeux de mots. Il se prit à rêver qu'un jour peut-être il serait aussi brillant. C'était surtout Erik qui l'impressionnait. Il était doté d'un bagout incroyable et d'un entrain communicatif. Il devait être un commercial redoutable. D'ailleurs le DG de la boite lui témoignait une considération certaine. Quant à la directrice financière, pensa t' il amusé, elle en aurait volontiers fait son quatre heures et il la comprenait. Soudain il réalisa gêné que lui aussi en aurait fait son quatre heure et il se mit à le regarder d'un autre œil. Puis il réalisa que tout en devisant gaiement avec Sophie et Charlotte, Erik passait la moitié du temps à le regarder, lui, et se mit à rêver que c'était lui qui servait de quatre heures au colosse à la chevelure blonde.
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