Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La psychologue : au-delà des fantasmes — Chapitre 3 · Contrôler
Auteur
La psychologue : au-delà des fantasmes
Chapitre 3 · Contrôler
J'ai laissé la lampe de chevet allumée. Je suis au-dessus de Clément, mains sur son torse, genoux de chaque côté de ses hanches. Position plutôt inhabituelle pour nous. C'est moi qui suis venue sur lui ce soir. Il a eu l'air surpris, puis content. J'essaie de bouger comme je l'imagine, lentement, en contrôlant le rythme.
— Laisse-moi faire.
Ma voix sort plus aiguë que je voudrais, pas vraiment autoritaire, juste nerveuse. Clément me regarde, désorienté par cette demande.
— Qu'est-ce que tu fais ?
Ses mains sur mes hanches, fermes, familières. Il croit bien faire. Ses mains tentent de m'imposer un rythme différent, plus rapide, mécanique. Tu regardes, mais tu ne touches pas. Je résiste. Je garde mes mains sur son torse et appuie légèrement.
— Je veux essayer quelque chose.
Clément fronce les sourcils. Puis doucement, presque avec tendresse, il nous fait basculer. Se remet au-dessus de moi et me regarde cette fois, vraiment, cherche quelque chose dans mon regard.
— Chérie, qu'est-ce qui se passe ?
Mais moi je ne veux pas qu'il comprenne. Je veux qu'il obéisse. Je ferme les yeux, pense à Nathan à genoux devant moi dans mon fantasme. Clément bouge en moi, accélère, tout comme son souffle. Je sais qu'il va finir vite.
Quelques instants plus tard, il jouit. Un gémissement bref, il se retire. Il dépose un baiser sur mon front, le même que le matin. Il roule sur le côté, puis tend le bras pour vérifier son portable.
— C'était bien.
Peu de temps après, il éteint la lampe.
— Bonne nuit.
Il se tourne, me présente son dos, comme chaque soir. Sa main cherche la mienne une seconde puis la lâche. Trois minutes plus tard, il dort. Moi je reste éveillée dans le noir, frustrée. J'avais voulu le diriger, comme Hélène dirigeait ses amants dans les récits de Nathan.
Pendant qu'il me touchait, je pensais à Nathan. À genoux devant moi, attendant mes ordres. Mon fantasme récurrent qui refuse de partir. Vingt-trois heures, je me lève. Clément ne bouge pas.
Je vais au salon. Ouvre mon ordinateur. La lueur de l'écran dans la pièce obscure. Google. Je tape « Hélène professeure ». Les mêmes résultats que la semaine dernière. Alors j'essaie autre chose : le nom de famille de Nathan, celui qu'Amélie a enregistré dans son dossier. Rien non plus. Pas de réseaux sociaux, pas de photo. Hélène n'existe que dans sa bouche, et Nathan nulle part ailleurs que dans mon cabinet. Je referme l'ordinateur.
Demain, c'est la nouvelle séance avec Nathan. Je retourne me coucher, Clément dort toujours. Je me glisse sous la couette.
Le matin, je choisis ma tenue avec soin. Au fond de l'armoire, la jupe noire que je ne porte jamais. Je la sors. Veste ajustée, chemisier blanc en soie, talons, et sous mes vêtements professionnels, lingerie noire en dentelle et bas. Je me regarde dans le miroir. Cheveux en chignon strict, maquillage discret, l'image de la professionnelle, mais dessous, autre chose vibre.
Aujourd'hui c'est différent. Clément n'a pas réellement refusé, il a essayé à sa façon et ça ne suffit plus. Nathan, lui, veut exactement ce que je veux donner. Je vais lui donner ce qu'il cherche. Qu'on peut prendre ce que l'on veut dans la vie. Et prendre ce que je veux.
Treize heures cinquante. Je suis prête, mon cabinet impeccable. Tout à sa place. Quatorze heures pile. La sonnette retentit.
J'ouvre. Nathan se tient là. Jean sombre, chemise blanche, regard intense. Ce visage aux traits marqués que je connais maintenant. Que je vois chaque nuit dans mes rêves.
— Bonjour.
— Bonjour, Nathan. Entre.
— Bonjour, Nathan. Entre.
Il passe près de moi. Ma main tourne la clé dans la serrure. Un petit clic métallique résonne dans le silence. Nathan se retourne. Il me regarde avec un léger sourire au coin des lèvres. Mais au lieu de m'asseoir derrière mon bureau, je reste debout. M'approche de lui lentement.
— Aujourd'hui, c'est différent.
Ma voix sort plus basse que d'habitude. Chargée de sous-entendus. Nathan ne dit rien et attend.
Je vais jusqu'au bureau, mais je ne le contourne pas pour m'asseoir dans mon fauteuil. Je m'assieds sur le bord. Face à lui, jambes croisées. Ma jupe remonte légèrement sur mes cuisses et révèle quelques centimètres de peau au-dessus de mes bas. Je vois son regard qui descend, remarque et remonte vers mon visage.
— Aujourd'hui, c'est moi qui décide.
Son souffle s'accélère légèrement. L'inversion de nos rôles l'affecte déjà.
— Tu veux que je te rappelle ce qu'Hélène te faisait ?
Il acquiesce, incapable de parler.
— Je vais te montrer.
Je me penche légèrement en avant. Mon chemisier s'entrouvre, révèle la naissance de mes seins et le bord de dentelle noire de mon soutien-gorge.
— Hélène se préparait avant même que tu arrives. Habillée comment ?
— Robe ajustée, talons, maquillage soigné.
— Robe ajustée, talons, maquillage soigné.
Sa voix trahit son excitation.
— Comme moi aujourd'hui.
Je vois dans ses yeux le moment exact où il réalise. Où il comprend que ma tenue n'est pas un hasard.
— Elle te regardait longuement sans rien dire. Te forçait à rester immobile sous son regard.
Je fais un petit geste de la main.
— Approche.
Il se lève de son fauteuil. S'approche du bureau. Se tient debout devant moi. Je lève la main lentement. La pose sur son torse par-dessus sa chemise. Je sens son cœur battre rapidement sous ma paume.
Ma main descend lentement le long de son abdomen. Glisse sur le tissu. S'arrête juste au-dessus de sa ceinture. Puis descend encore. Je sens son érection déjà dure sous le tissu de son pantalon. Je la touche légèrement du bout des doigts. Il gémit doucement.
— Exactement comme avec elle. Tu es prévisible, Nathan.
Je retire ma main brusquement. Il gémit à nouveau, cette fois de frustration. Je glisse du bureau, me retrouve debout face à lui. Nos corps à quelques centimètres. Puis je me retourne, lui tourne le dos délibérément. Mes mains attrapent ma veste. Je l'enlève lentement, très lentement. La lance sur le dossier de ma chaise.
Je me tourne vers lui. Mes mains montent sur mon chemisier. Un bouton, deux, trois, je l'ouvre progressivement. Révèle mon soutien-gorge noir en dentelle. Mon chemisier ouvert encadre mes seins. Nathan me regarde comme s'il me voyait pour la première fois. Bouche légèrement entrouverte, respiration difficile, sa main se tend vers moi, cherche à me toucher. Je recule d'un pas.
— Non ! Tu ne touches pas. Sauf si je le dis. Exactement comme avec Hélène.
Sa main retombe, obéissante. Je m'approche à nouveau. Si près que nos corps se touchent presque. Mes lèvres à quelques centimètres de son oreille.
— Tu bandes pour moi comme tu bandais pour elle ?
Il hoche la tête. Mes lèvres sont à deux centimètres des siennes. Je passe ma langue sur ma lèvre supérieure. Juste assez longtemps pour qu'il commence à répondre. Ses lèvres se préparent à recevoir les miennes. Elles se frôlent et je me recule.
Il reste là, figé. Érection visible sous son pantalon. Frustration visible sur son visage. Jusqu'ici, ça marche. Il obéit. J'ai un effet sur lui. Contrairement à Clément cette nuit. Je chasse cette pensée. Clément a essayé. C'est moi qui ai fermé les yeux.
— Assieds-toi.
Il retourne s'asseoir dans le fauteuil patient. Je reste debout devant lui, chemisier ouvert et le domine de toute ma hauteur.
Mais c'est là que ça commence à changer. Que je sens le contrôle m'échapper. Pas le contrôle sur lui. Le contrôle sur moi. Ma main tremble légèrement. Entre mes cuisses, la chaleur grandit. Ma culotte est humide, mon sexe bat. Je suis aussi excitée que lui. Si ce n'est plus peut-être.
Hélène ne perdait jamais la tête selon Nathan. Dirigeait sans trembler, gardait cette distance glaciale qui rendait tout possible. Moi mes mains tremblent. Je suis aussi perdue que lui. Je ne suis pas Hélène, pas encore, peut-être jamais.
Et je réalise. Si je continue, je vais céder. Je vais le toucher vraiment, pas juste diriger. Je vais vouloir être touchée aussi, ce ne sera plus du contrôle. Ce sera juste du désir sans forme ni règle.
Et brutalement, la conscience professionnelle refait surface. C'est mon patient. Qu'est-ce que je suis en train de faire ?
Panique mêlée à frustration. Nathan se lève. S'approche. Voit mon trouble.
— Eve, ça va ?
Eve. Mon prénom dans sa bouche pour la première fois. Je le regarde. Quelque chose se fige. Sa main vers moi, geste de réconfort. Je recule violemment.
— Sors.
Il me regarde, choqué.
— Quoi ?
— Sors de mon cabinet. Maintenant. La séance est terminée.
— Sors de mon cabinet. Maintenant. La séance est terminée.
Ma voix sort trop forte. Trop chargée d'émotions que je ne maîtrise pas.
— Eve, qu'est-ce que...
— SORS.
— SORS.
Il comprend qu'il ne doit pas insister. Se dirige vers la porte, la déverrouille. Se retourne une dernière fois puis sort.
Je reste debout au milieu de mon cabinet. Chemisier ouvert, tremblante. Je me rhabille avec des gestes brusques et rageurs. Boutonne mon chemisier et remets ma veste.
Deux échecs en moins de vingt-quatre heures. Clément cette nuit, que je n'ai pas su diriger. Nathan maintenant, que j'ai chassé parce que je perdais la tête. Dans les deux cas, un échec. Pas de la même façon mais le résultat est identique. Je ne contrôle rien. Je m'assois à mon bureau, tête dans mes mains. Ma main descend entre mes cuisses, humide encore. Mon corps qui réclame ce que j'ai refusé deux fois. Je retire ma main. Non, pas comme ça. Pas toute seule encore.
Je regarde l'horloge : quinze heures. Trente minutes avant Raphaël. Je vais aux toilettes, me lave le visage à l'eau froide. Dans le miroir, la même femme professionnelle qu'avant. Mais derrière, un sentiment de colère me gagne. Je m'en veux d'avoir craqué.
Sous la surface, tout bouillonne encore. La frustration n'est pas évacuée, et le besoin de me prouver quelque chose est toujours là.
La sonnette retentit.
J'ouvre. Raphaël se tient là, jean, pull et un visage jeune. Vingt-trois ans selon son dossier. Ce mélange d'appréhension que je reconnais chez les nouveaux patients.
— Bonjour.
— Bonjour, Raphaël. Entrez.
— Bonjour, Raphaël. Entrez.
Il entre et regarde autour de lui avec curiosité. S'assoit dans le fauteuil patient, les mains sur les genoux. Je reprends ma posture professionnelle.
— C'est votre première fois chez un psychologue ?
Il acquiesce, mal à l'aise.
— Oui. Je ne sais pas trop comment ça marche.
— C'est simple. Vous parlez de ce qui vous pèse. Tout reste confidentiel.
— C'est simple. Vous parlez de ce qui vous pèse. Tout reste confidentiel.
Long silence. Il regarde ses mains. Je laisse le silence exister. C'est souvent là que les choses commencent vraiment. Dehors, une voiture passe. Il se racle la gorge.
— Je dors mal depuis des mois. Des angoisses la nuit, sans raison précise.
— Depuis quand ?
— Un an peut-être. Un peu plus.
— Depuis quand ?
— Un an peut-être. Un peu plus.
Il répond à mes questions. Travail, famille, relations. Des réponses courtes, prudentes. Il teste le terrain. Je le sens retenir quelque chose depuis le début.
— Il y a autre chose.
Ce n'est pas une question. Il lève les yeux vers moi. Surpris que je l'aie vu.
— Comment vous... ? Oui, il y a autre chose.
Nouveau silence. Plus long cette fois. Ses mains se crispent sur ses genoux.
— C'est difficile à dire.
— Prenez votre temps.
— Prenez votre temps.
Il prend une grande inspiration tremblante.
— J'ai... J'ai un fantasme que je n'ose dire à personne. Ça me ronge depuis des années. Je me sens... anormal.
— Quel fantasme ?
— Les... les pieds. Les pieds de femmes. Je sais que c'est bizarre, que c'est malsain, mais je n'y peux rien.
— Quel fantasme ?
— Les... les pieds. Les pieds de femmes. Je sais que c'est bizarre, que c'est malsain, mais je n'y peux rien.
Sa voix se brise sur les derniers mots. Honte évidente. Il baisse la tête.
— Vous devez penser que je suis un monstre.
— Non. C'est un fantasme plus courant que vous ne le croyez.
— Non. C'est un fantasme plus courant que vous ne le croyez.
Ma voix professionnelle. Le début de la réponse standard. Je la connais par cœur : la normalisation, la dédramatisation, l'invitation à explorer sans honte. Je l'ai prononcée des dizaines de fois. Raphaël lève les yeux. Soulagé. Attendant la suite.
Et c'est là que quelque chose se bloque. La suite ne vient pas. À la place, une image : Nathan chassé une heure plus tôt, Clément la nuit d'avant. Cette frustration que je sens encore entre mes cuisses malgré tout. Raphaël attend, les yeux levés vers moi. Il vient de me confier ce qu'il n'a peut-être jamais confié à personne. Sa honte, son secret. Il me les a mis entre les mains, et attend que j'en fasse quelque chose. Aujourd'hui, quelqu'un attend enfin ma décision. Je me lève.
— Tu n'es pas anormal, Raphaël.
Le tutoiement m'a échappé. Ma voix est plus douce. Je m'approche de lui.
— C'est un fantasme comme un autre.
Je me tiens debout devant son fauteuil. Le regarde. Il me regarde. J'hésite trois secondes, quatre. On ne revient jamais vraiment en arrière. Je sais ce qu'on fait des psychologues qui franchissent cette ligne, et je sais exactement ce que je m'apprête à faire. Je le choisis quand même.
Ma main descend vers ma chaussure droite. Je retire lentement mon escarpin. Raphaël écarquille les yeux. Ne comprend pas encore ce qui se passe. Puis l'escarpin gauche. Mes pieds gainés de bas noirs sont maintenant visibles.
— Regarde-les.
Il ne bouge pas. Son regard se dirige vers la porte, revient vers moi, cherche le signe qu'il a mal compris, que c'est une erreur ou un test.
— Regarde-les.
Cette fois, il baisse les yeux. Je vois le moment où il cesse de lutter. Il semble fasciné. Sa respiration s'accélère immédiatement, sa bouche s'entrouvre, son jean commence à se tendre.
— À genoux.
Je n'ai pas élevé la voix. Il obéit aussitôt et tombe à genoux sur le tapis, là où, dans mes rêves, j'imaginais Nathan.
— Tu veux les toucher ?
Il acquiesce, la gorge trop serrée pour parler.
— Demande-moi.
— S'il vous plaît, madame... est-ce que je peux ?
— Vas-y.
— S'il vous plaît, madame... est-ce que je peux ?
— Vas-y.
Ses mains tremblantes effleurent mon pied. Ses caresses sont légères, hésitantes. Il masse doucement comme si mes pieds étaient fragiles. Je m'assois sur le bord du bureau, les jambes légèrement écartées. Entre mes cuisses, une chaleur s'installe.
— Plus fort.
Il obéit. Ses doigts appuient. Je le laisse travailler un moment sans rien dire. Il lève les yeux vers moi, mendiant une approbation. Je ne dis rien. Il baisse la tête et continue, plus appliqué encore.
— C'est bien.
Il gémit faiblement, et ce simple mot semble le rassurer. Je le sens à ses mains : elles se font plus lentes. Ses pouces remontent le long de ma voûte plantaire, et la chaleur de ses paumes traverse le nylon. Je n'avais jamais imaginé que mes pieds puissent être une partie de moi que l'on vénère.
D'ici, je le domine entièrement. Sa tête baissée, ses épaules toujours crispées, son jean tendu. Il est dur. Il veut jouir. Et c'est moi qui pourrais le lui permettre. L'idée me traverse et le désir me brûle.
— Tu veux jouir ?
Ma voix est calme et contrôlée. Rien à voir avec celle qui tremblait devant Nathan. Raphaël acquiesce désespérément. Son regard remonte sur mes jambes puis redescend vers mes pieds, comme s'il ne savait plus où il devait regarder.
— Sors ton sexe.
Il obéit. Il dézippe son jean d'une main peu assurée et sort son sexe dur. Attend ma permission, les yeux levés vers moi.
— Regarde mes pieds pendant que tu te masturbes.
Raphaël obéit aussitôt. Une main va et vient sur son sexe, l'autre continue de caresser mon pied. Je sens son désir grandir rien qu'à ses caresses. Mes cuisses brûlent intensément. J'ai envie de glisser ma main sous ma jupe. Je ne le fais pas.
— Plus lentement.
Il gémit de frustration, mais il ralentit. Son regard se lève vers moi.
— Regarde mes pieds. Pas moi.
Sa tête se baisse. Sa main reprend le rythme que j'impose. Je l'observe, et je découvre un plaisir que je ne connaissais pas : celui de diriger quelqu'un. Pas submergée comme avec Nathan. Pas ignorée comme avec Clément. Je décide de tout, du rythme, du moment, de la permission.
Raphaël accélère à nouveau, gémit sourdement.
— Je... je vais...
Il cherche ma permission du regard. Je le laisse attendre. Trois secondes. Quatre. Il tremble de tout son corps.
— Sur mes pieds.
Il jouit. Je sens la chaleur à travers mes bas, sur le dessus de mes pieds, pendant qu'il étouffe son gémissement en mordant sa lèvre. Entre mes cuisses, quelque chose se relâche. Une tension disparaît. Ce n'est pas un orgasme, mais une grande satisfaction. La satisfaction d'avoir tenu son plaisir rien qu'à ma voix, et de le lui avoir accordé.
Raphaël reprend son souffle. Réalise ce qui vient de se passer. Mélange de gratitude et de honte sur son visage.
— Je... merci... je...
Ma voix redevient douce.
— Rhabille-toi.
Il obéit. Ses mains tremblent sur sa braguette, il s'y reprend à deux fois. Il se relève sans réussir à lever les yeux vers moi. Je m'entends lui dire :
— Ce n'est pas grave. C'était... thérapeutique.
Rationalisation. Auto-justification. Mais je m'en fiche.
— La semaine prochaine. Même heure.
Il acquiesce et sort en refermant doucement la porte. Je reste assise sur le bureau. Regarde mes pieds, le sperme sur mes bas. Je les enlève, les roule en boule et les jette au fond de la poubelle, sous des papiers. Comme on cache une preuve.
Sur le bureau, son dossier est resté ouvert : Raphaël, vingt-trois ans. Motif de consultation : troubles du sommeil. Il était juste venu pour réussir à dormir.
Quelque chose me serre la gorge. Je repense à ses hésitations. À mes paroles en début de séance : tout reste confidentiel. Mes mains tremblent en nettoyant mes pieds. Je remets mes chaussures et ferme son dossier. Puis mes mains cessent de trembler. Un léger sourire me vient.
J'ai réussi. J'ai contrôlé. La semaine prochaine, il reviendra. Nathan aussi.
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Commentaires ()
Ça me rappelle mes débuts quand je donnais des ordres, tu sais pas trop comment t’y prendre et tu trembles un peu. Et pareil pour les pieds, c’est quelque chose de particulier quelqu’un qui fantasme sur vos pieds, mais c’est très excitant. Et alors quand cette personne commence à les lécher ou sucer vos orteils c’est incroyable. Surtout la sensation de domination.
Je suis content que cela puisse te rappeler des souvenirs. 😉
Je ne sais pas si j'ai vraiment un style. J'essaie d'appliquer le "Show, don't tell". Et il y a une grosse différence avec mes premières histoires, j'ai passé un temps considérable à relire et réécrire. Les 5 premiers chapitres, qui seront publiés sur ce mois d'octobre, ont commencé à être écrits en mars/avril.
Il suffit de prendre rendez-vous ! Et si elle ne prend plus de nouveaux patients, il ne restera plus qu'à attendre quelques jours que le prochain chapitre sorte. 🙂
Merci du commentaire !
Oui, elle franchit encore des limites. Jusqu'où va
-t-elle aller ?
Merci beaucoup pour vos commentaires à chaque chapitre ! 🙂