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✦ thma69 Un corps, deux destins XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Un corps, deux destins — Chapitre 1 · Chapitres 1 à 5

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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thma69
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Ce qui frappe d'emblée, c'est la façon dont le texte fait coexister deux tonalités en permanence : la froideur méthodique d'un personnage qui observe le monde comme un système, et l'émotion brute qui s'y infiltre malgré lui. L'auteur sait doser la retenue et l'intensité, et on sent qu'il connaît ses personnages de l'intérieur. Un récit qui se lit comme on retient son souffle.

Un corps, deux destins

Chapitre 1 · Chapitres 1 à 5

Ambre et Gabriel avaient souvent amusé leurs camarades de promotion. Lorsqu'ils étaient arrivés ensemble en première année d'école d'ingénieurs, plusieurs étudiants avaient immédiatement supposé qu'ils étaient frère et sœur. Certains avaient même cru à des jumeaux. La ressemblance n'était pourtant qu'une coïncidence, aussi troublante que naturelle.
Tous deux mesuraient environ un mètre soixante-quinze. Lorsqu'ils marchaient côte à côte, leurs épaules se trouvaient pratiquement à la même hauteur. Ils possédaient les mêmes cheveux châtains aux reflets dorés, les mêmes yeux verts tirant parfois vers le noisette, et les mêmes traits fins qui leur donnaient un air plus jeune que leurs vingt ans.
Leur complicité n'était pas seulement physique. Tous deux étaient étudiants en informatique. Tous deux obtenaient d'excellents résultats. Tous deux passaient leurs soirées à coder, à jouer ou à imaginer leur avenir professionnel. Leur entourage plaisantait souvent :
— Au moins, si vous avez un enfant un jour, personne ne pourra nier à qui il ressemble.
Ambre levait alors les yeux au ciel tandis que Gabriel éclatait de rire.
Ce soir-là, en quittant la discothèque, ils avaient encore cette complicité naturelle qui donnait l'impression qu'ils formaient un seul et même duo. Bras dessus, bras dessous, ils s'éloignaient des lumières et des basses assourdissantes de la salle de danse sans imaginer que cette nuit allait bouleverser leur existence.
Ambre portait ses cheveux détachés. Après plusieurs heures de danse, quelques mèches rebelles encadraient son visage. Sa silhouette élancée était mise en valeur par une courte robe noire élégante et une veste de cuir foncé qu'elle gardait entrouverte malgré la fraîcheur nocturne. Gabriel, lui, avait choisi une tenue presque assortie sans même s'en rendre compte : une chemise noire, un jean sombre et une veste légère. Les couleurs de leurs vêtements se répondaient naturellement, comme si le couple avait préparé sa sortie ensemble dans les moindres détails.
Ils parlaient encore du partiel qui les attendait la semaine suivante lorsqu'ils s'engagèrent dans une rue presque déserte.
Trois heures du matin.
Les lumières de la ville semblaient plus faibles à cette heure-là. Leur voiture était stationnée sur un parking situé à quelques centaines de mètres. Une distance insignifiante.
Du moins, le pensaient-ils.
Gabriel remarqua des silhouettes au loin. Quatre, peut-être cinq, des hommes adossés à un mur. En temps normal, il n'y aurait prêté aucune attention. Mais quelque chose le dérangea immédiatement : le silence. Les silhouettes semblaient les observer.
— On accélère un peu ? demanda Ambre.
Gabriel répondit par un simple hochement de tête. Les battements de son cœur s'accélérèrent. Derrière eux, un bruit de pas. Devant eux, les silhouettes se détachèrent lentement du mur. Une seconde plus tard, Gabriel comprit. Ils étaient piégés.
Il voulut courir, tirer Ambre par la main, mais une silhouette surgit sur leur gauche et le plaqua contre le mur. L'impact lui coupa le souffle. Il entendit Ambre hurler, un cri aigu qui se brisa dans la nuit. Puis d'autres silhouettes les entourèrent.
Les coups pleuvaient. Des poings contre son ventre, son visage, ses côtes. Il tenta de se relever, de protéger Ambre, mais un coup derrière la tête l'envoya au sol. Le bitume était froid contre sa joue. Il entendait Ambre crier, des voix rauques qui riaient, des bruits de tissu qui se déchirait. Il voulut bouger. Ses bras refusaient d'obéir. Une douleur fulgurante traversa son flanc. Chaud. Liquide. Il comprit qu'on le poignardait.
Puis il sentit des mains le retourner. Des doigts brutaux qui déchiraient sa ceinture, qui baissaient son jean. La honte le submergea plus vite que la douleur. Il voulut hurler, mais seul un gargouillis sortit de sa gorge. Au-dessus de lui, les visages se confondaient. Des ombres sans traits. Des rires. Le bruit d'Ambre qui pleurait, plus loin, puis qui se tut.
Puis le noir. Un noir absolu, sans fond, sans fin.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, le monde n'était plus qu'un brouillard blanc. Un bip régulier résonnait quelque part, métallique, obsédant. Il voulut bouger. Une douleur diffuse mais totale semblait habiter chaque fibre de son corps. Alors seulement il comprit qu'il était allongé dans un lit d'hôpital.
Les souvenirs revinrent par fragments : la peur, les cris, la douleur, l'obscurité, puis plus rien.
Il ferma les yeux. Ambre. Où était Ambre ?
Il essaya de parler, mais sa gorge était trop sèche. Un visage flotta au-dessus de lui. Une infirmière. Des mots qu'il ne comprit pas. Puis le sommeil, le sommeil forcé, le sommeil qui emportait tout.
Il ne savait pas encore qu'il venait de perdre trente-quatre jours de sa vie. Et qu'au-delà, il avait déjà perdu bien plus.
Gabriel se réveilla trente-quatre jours après l'agression. Pendant plusieurs secondes, il ne comprit pas où il se trouvait. Le plafond blanc. L'odeur de désinfectant. Le bourdonnement incessant des appareils médicaux. Puis la douleur.
Une douleur diffuse qui semblait habiter chaque partie de son corps. Lorsqu'il voulut se redresser, il comprit immédiatement que quelque chose avait changé. Ses muscles ne répondaient plus comme avant, son bras tremblait, ses jambes paraissaient appartenir à quelqu'un d'autre.
Le médecin entra quelques minutes plus tard. Gabriel comprit avant même qu'il parle. Ambre n'était pas là et elle ne viendrait jamais.
Les semaines suivantes furent les plus longues de sa vie. La rééducation occupait ses journées : marcher, tenir debout, monter quelques marches. Des gestes autrefois insignifiants étaient devenus des objectifs. Chaque soir, il observait son reflet dans les miroirs du centre de rééducation. Son visage s'était creusé, ses joues étaient devenues plus fines, ses épaules s'étaient affaissées. Les muscles acquis au fil des années de sport avaient disparu. Le jeune homme énergique et confiant qu'il connaissait n'existait plus.
La police revenait régulièrement, toujours les mêmes questions. Toujours les mêmes souvenirs impossibles à reconstituer. Toujours les mêmes réponses insuffisantes. Un jour pourtant, l'un des enquêteurs laissa échapper une information. Une information qui ne devait sans doute pas quitter le bureau d'enquête. L'affaire n'était pas isolée, il existait d'autres dossiers, d'autres victimes, d'autres agressions. Des similitudes inquiétantes.
Certaines enquêtes évoquaient même l'existence d'un réseau organisé fournissant à de riches clients des expériences de prédation criminelle. Mais rien n'était prouvé, aucune arrestation faute de preuves, seulement des soupçons.
Cette nuit-là, Gabriel ne réussit pas à dormir. Des images lui revenaient, les coups de poings, les coups de pieds, les cris tandis qu'ils violaient Ambre devant ses yeux, ces cris à lui tandis qu'ils le violaient. Puis la douleur des coups de couteaux et le noir, le silence.
Il resta immobile jusqu'à l'aube.
Puis une idée germa, d'abord absurde puis logique. Enfin obsédante. S'ils choisissaient leurs victimes... Alors il deviendrait une victime. Ou plutôt l'illusion d'une victime.
Au début, son projet lui parut impossible. Puis il commença à analyser le problème comme n'importe quel projet informatique complexe. Il fallait comprendre, observer, apprendre. Se construire une nouvelle identité.
Son corps l'y aidait involontairement. L'amaigrissement provoqué par ses blessures avait transformé sa silhouette. Sa musculature s'était considérablement réduite. Son visage possédait déjà des traits relativement fins. Avec les cheveux qui repoussaient progressivement, certaines ressemblances avec Ambre devenaient parfois troublantes.
Cette constatation le dérangeait autant qu'elle le motivait. Il entreprit alors une transformation progressive. Non pas pour devenir quelqu'un d'autre, mais pour devenir un personnage, une couverture, un leurre. Une apparence suffisamment crédible pour tromper ceux qu'il recherchait.
Il étudia : la posture, la démarche, la communication non verbale, les différences de perception entre les sexes, les comportements sociaux. Il consacrait des heures à observer les foules anonymement, à prendre des notes, à construire son personnage fictif.
En parallèle, sa rééducation évolua. Au départ, il cherchait simplement à retrouver sa mobilité. Puis ses objectifs changèrent. Chaque séance devint une façon de reprendre le contrôle de son corps. Chaque progrès représentait une victoire contre les hommes qui avaient détruit son existence.
Les kinésithérapeutes voyaient un patient exceptionnellement motivé. Aucun d'eux ne connaissait la véritable raison.
Les mois passèrent. Les cicatrices restaient visibles. Les cauchemars aussi.
Mais quelque chose se reconstruisait lentement sous les ruines. Pas seulement sa force. Sa détermination et son obsession. Et un plan qui, chaque jour, devenait un peu plus réel.
Pendant plusieurs mois, Gabriel avait préparé ce moment. Son appartement avait changé.
Là où s'entassaient autrefois les manuels d'informatique, les cours d'algorithmique et les photos de vacances avec Ambre se trouvaient désormais des carnets remplis de notes, d'observations et de croquis.
Sur un portant installé dans un coin du salon étaient suspendus plusieurs vêtements. Certains avaient appartenu à Ambre. D'autres avaient été achetés récemment. Pendant longtemps, Gabriel avait refusé d'ouvrir les cartons contenant ses affaires. La douleur était trop forte. Puis, peu à peu, ces objets étaient devenus autre chose. Des souvenirs. Des fragments de celle qu'il avait perdue. Et parfois même une source d'inspiration pour construire son personnage.
Ce soir-là, il resta plusieurs minutes devant le miroir de la salle de bain. Ses cheveux avaient considérablement poussé depuis sa sortie du centre de rééducation. Ils atteignaient désormais ses épaules. Après plusieurs essais, il les coiffa de façon à adoucir les contours de son visage. La longueur masquait en partie certaines de ses cicatrices.
Son reflet lui paraissait encore étrange. Pas féminin mais pas masculin non plus. Quelque chose entre les deux. Quelqu'un qu'il apprenait encore à connaître.
Le maquillage fut l'étape la plus difficile. Des dizaines d'essais avaient été nécessaires. Au début, le résultat ressemblait davantage à un déguisement qu'à une véritable apparence. Mais l'expérience avait fini par payer. Quelques corrections discrètes des ombres du visage. Une légère mise en valeur du regard. Un travail minutieux destiné à atténuer la fatigue permanente qui marquait ses traits depuis la mort d'Ambre. Rien d'extravagant, rien qui attire l'attention. Gabrielle devait sembler naturelle, invisible dans la foule.
Vint ensuite le choix des vêtements. Gabriel ouvrit une armoire qu'il avait longtemps été incapable de regarder. Plusieurs robes d'Ambre y étaient encore suspendues. Il resta silencieux quelques secondes tandis que ses doigts effleuraient les tissus. Un mélange douloureux de nostalgie et de détermination traversa son esprit.
Finalement, il choisit une tenue sobre. Une robe noire élégante mais discrète et une veste de cuir foncé. Une culotte en dentelle fleurie et son soutien-gorge assorti. Des collants noirs sur ses jambes lisses. Le tout complété par un petit sac à main qu'Ambre utilisait lors de leurs sorties étudiantes.
Le résultat n'avait rien de provocant. Au contraire. Gabrielle ressemblait simplement à une jeune femme venue passer une soirée entre amis.
Les chaussures représentèrent un autre défi. Pendant des semaines, Gabriel s'était entraîné à marcher naturellement et les premières tentatives avaient été catastrophiques. Le moindre déséquilibre réveillait certaines douleurs héritées de sa rééducation. Mais il avait persévéré.
Ce soir-là, il opta pour des bottines élégantes à talons modestes. Assez raffinées pour compléter sa silhouette. Assez confortables pour lui permettre de marcher longtemps.
Une heure plus tard, il se tenait devant le grand miroir de l'entrée. Le silence de l'appartement semblait étouffant.
Gabriel observait Gabrielle.
La jeune femme reflétée dans la glace paraissait crédible. Pas parfaite. Pas irréprochable. Mais suffisamment convaincante. Ses épaules légèrement voûtées, son regard prudent, sa silhouette fine, tout cela contribuait à l'illusion.
Pour la première fois depuis des mois, il comprit que son projet pouvait fonctionner. Cette pensée aurait dû le rassurer. Au contraire. Une peur nouvelle s'installa. Car les repérages allaient commencer.
Et dès l'instant où il franchirait cette porte, il cesserait d'être seulement un survivant. Il deviendrait un appât. Un appât qui s'apprêtait à retourner là où sa vie avait été détruite.
Lorsque Gabrielle franchit les portes de la discothèque, la musique lui frappa le corps comme une vague. Pendant une seconde, elle resta immobile. Les basses faisaient vibrer le sol tandis que des dizaines de projecteurs colorés balayaient la foule. Des groupes riaient au bar, d'autres dansaient au centre de la salle.
Quelques mois plus tôt, cet endroit représentait la liberté, les études, les amis et les soirées passées avec Ambre. Aujourd'hui, il ressemblait à un champ de bataille et son cœur accéléra. Le simple bruit d'un verre tombant sur le sol suffit à tendre tous ses muscles. Chaque rire soudain, chaque mouvement brusque, chaque groupe d'hommes réunis dans un coin de la salle, tout lui paraissait menaçant.
Gabrielle se dirigea vers le bar. Elle avait répété ce trajet des dizaines de fois dans son appartement. Marcher calmement, observer sans fixer, ne jamais attirer l'attention, ne jamais paraître nerveuse. Pourtant, ses mains tremblaient légèrement lorsqu'elle commanda une boisson.
Le barman ne remarqua rien, personne ne remarqua rien, et c'était précisément ce qui la troubla. Pour la première fois, elle comprit que son personnage fonctionnait. Personne ne voyait Gabriel. Personne ne voyait le survivant. Personne ne voyait les cicatrices.
Autour d'elle, les regards étaient différents de ceux auxquels elle avait été habituée. Pas forcément hostiles, souvent furtifs, parfois curieux. Quelques hommes soutenaient son regard une seconde de trop avant de retourner à leur conversation. Deux étudiants assis près du bar semblèrent brièvement hésiter à venir lui parler. Rien d'anormal. Probablement les mêmes comportements qu'Ambre avait connus des centaines de fois. Et pourtant Gabriel les remarquait maintenant avec une intensité nouvelle. Il découvrait un monde qu'il n'avait auparavant observé que de l'extérieur.
Cette prise de conscience le déstabilisa. Il repensa soudain à Ambre et aux soirées qu'ils avaient passées ensemble. Aux moments où elle lui avait raconté certaines situations gênantes ou certains regards insistants sans qu'il en mesure réellement la portée. Aujourd'hui, il commençait à comprendre.
Gabrielle fit lentement le tour de la salle. Elle observait les entrées, les sorties, les couloirs menant à l'extérieur, les zones plus discrètes, les habitudes des videurs, les groupes de clients réguliers. Sous l'apparence d'une jeune femme venue s'amuser, elle collectait méthodiquement des informations. Déformation professionnelle : les années d'informatique lui avaient appris à analyser des systèmes. Cette discothèque n'était qu'un système de plus avec ses flux, ses comportements, ses anomalies éventuelles.
Vers deux heures du matin, alors qu'elle regagnait le bar, une étrange sensation l'envahit. Quelqu'un l'observait. Peut-être était-ce son imagination. Peut-être pas. Au fond de la salle, près d'une zone plus sombre, un homme semblait l'avoir remarquée depuis un certain temps. Pourtant il ne l'abordait pas, il ne dansait pas et ne semblait même pas particulièrement s'amuser. Il regardait simplement.
Et soudain, pour la première fois depuis le début de son plan, Gabriel sentit un frisson parcourir son dos. Car il venait d'avoir la certitude que les repérages fonctionnaient dans les deux sens. Lui observait. Mais quelqu'un, quelque part dans cette foule, avait peut-être commencé à l'observer également.
La musique changea progressivement. Les basses omniprésentes reculèrent pour laisser place à un morceau plus calme. Sur la piste, les groupes commencèrent à se disperser. Certains couples se rapprochèrent tandis que d'autres quittaient le centre de la salle pour rejoindre le bar.
Gabrielle sentit immédiatement plusieurs regards converger vers elle. La situation faisait partie des scénarios qu'elle avait envisagés. Pourtant, lorsqu'un premier jeune homme s'approcha avec un sourire amical pour lui proposer de danser, elle se contenta de refuser poliment. Puis un second. Puis un troisième.
À chaque refus, elle craignait davantage d'attirer l'attention. Une jeune femme seule refusant systématiquement toute invitation finirait par paraître étrange. Lorsqu'un quatrième homme s'approcha quelques minutes plus tard, elle hésita. Il devait avoir son âge, peut-être vingt-deux ou vingt-trois ans. Grand, largement plus grand qu'elle, avec une carrure entretenue par le sport. Ni arrogant ni insistant, il semblait simplement profiter de sa soirée.
— Ça vous dirait de danser ?
Gabrielle sentit son cœur accélérer. Refuser encore ? Ou accepter ?
Finalement, elle acquiesça.
— Pourquoi pas.
Le jeune homme lui adressa un sourire sincère avant de l'accompagner vers la piste. Les premières secondes furent extrêmement difficiles. Gabriel avait répété des dizaines de situations devant son miroir. Aucune n'était comparable à la réalité. La proximité d'une autre personne, les regards alentour associés à la peur permanente de commettre une erreur. Il avait l'impression que tout le monde pouvait deviner son secret à chaque instant.
Pourtant, rien ne se produisit. Son cavalier se montrait respectueux et détendu. Ils échangèrent quelques phrases banales sur la musique, leurs études et la soirée. Peu à peu, la tension initiale diminua. Non complètement. Jamais complètement. Mais suffisamment pour lui permettre d'observer, d'analyser et de comprendre.
Une pensée inattendue traversa alors son esprit. Pendant des années, il avait vécu certaines interactions sociales du point de vue de Gabriel. Ce soir, il les découvrait sous un angle totalement différent. Il comprenait mieux certaines confidences qu'Ambre lui avait faites, certaines prudences et inquiétudes qu'il n'avait jamais réellement questionnées.
Son partenaire de danse demeurait calme, discret. Il ne cherchait pas à impressionner qui que ce soit. Il ne la bombardait pas de questions. Il semblait simplement apprécier ce moment. Cela désarma Gabriel. Pendant des mois, il avait vécu dans un monde où chaque inconnu était une menace potentielle. Où chaque regard était suspect, chaque sourire pouvait cacher quelque chose.
Or, pour la première fois depuis l'hôpital, quelqu'un se comportait simplement comme une personne ordinaire. Cette constatation le troubla plus qu'il ne l'aurait cru. Au fil des minutes, il cessa progressivement d'analyser chacun de ses gestes. Il ne pensait plus à sa posture. Ni à sa voix. Ni à sa couverture. Gabrielle suivait simplement le rythme de la musique, s'abandonnant dans les bras du jeune homme, se laissant guider. Elle posa sa tête sur son épaule et frissonna lorsque ses mains quittèrent ses hanches pour se rejoindre dans le bas de son dos et de son dos et la serrer doucement contre lui.
Une sensation étrange commença alors à émerger. Pas du bonheur, Gabriel n'aurait jamais osé employer ce mot, mais quelque chose qui s'en rapprochait vaguement. Une impression de normalité, de bien-être. Comme si, pendant quelques instants, le poids écrasant de la perte d'Ambre s'éloignait légèrement.
Cette pensée provoqua immédiatement un sentiment de culpabilité. Comment pouvait-il apprécier un instant de légèreté ? Comment pouvait-il oublier, même quelques secondes ? Son estomac se contracta. Mais la musique continua. Et il continua de danser.
La musique venait de s'interrompre. Autour d'eux, la foule se dispersait lentement vers le bar ou la piste principale. Gabrielle s'apprêtait à prendre congé lorsque le jeune homme lui adressa un sourire hésitant.
— Je m'appelle Thomas, au fait.
Elle réalisa qu'ils venaient de passer près d'une heure à discuter sans même échanger leurs prénoms.
— Gabrielle.
Le nom lui parut encore étrange lorsqu'elle le prononça. Ils quittèrent ensemble l'agitation de la salle pour rejoindre un couloir plus calme, près des vestiaires. Pendant quelques instants, aucun des deux ne parla. Gabriel sentait son esprit lutter contre des émotions contradictoires. Il était venu ici pour enquêter, certainement pas pour apprécier la compagnie d'un inconnu.
Pourtant, la conversation avait quelque chose de rassurant. Une normalité qu'il croyait avoir perdue à jamais.
Thomas le regarda quelques secondes avant de demander :
— Ça va ?
Gabrielle hésita.
— Je ne sais pas.
C'était la réponse la plus honnête qu'elle pouvait donner. Un silence s'installa. Puis Thomas s'approcha légèrement. Gabriel eut tout le temps de reculer mais il ne le fit pas.
Le baiser fut bref, simple et presque timide.
Lorsqu'ils s'écartèrent, le vacarme de la discothèque sembla revenir brutalement. Gabriel resta immobile, décontenancé. Ce n'était pas le geste en lui-même qui le perturbait. C'était ce qu'il ressentait, ou plutôt ce qu'il ne ressentait pas : ni peur, ni rejet, ni culpabilité immédiate. Seulement une immense confusion face au plaisir électrique qu'il avait ressenti. Comme si la frontière entre Gabriel et Gabrielle venait de devenir un peu plus floue. Et cette idée l'effrayait davantage qu'il ne voulait l'admettre.
Lorsqu'il se retrouva seul, accoudé au bar, Gabriel eut soudain l'impression que la musique venait de s'éloigner. Le monde continuait pourtant autour de lui. Mais son attention restait bloquée sur les quelques secondes qui venaient de s'écouler. Il porta machinalement une main à son visage.
Pourquoi n'avait-il pas reculé ? La question tournait en boucle. Tout avait pourtant été simple. Il aurait suffi d'un pas en arrière, d'un sourire embarrassé, d'une excuse quelconque. Mais il n'avait rien fait. Comme si, durant ce bref instant, une partie de lui avait accepté la situation. Cette idée le dérangeait profondément.
Son premier réflexe fut de penser à Ambre. Toujours Ambre. Le souvenir de son sourire apparut dans son esprit avec une netteté presque douloureuse. Une vague de culpabilité le traversa. Il avait l'impression étrange de l'avoir trahie même s'il savait que cette pensée était irrationnelle. Ambre était morte, lui avait survécu. Les mois écoulés n'avaient rien changé à cette réalité. Pourtant, il continuait inconsciemment à se comporter comme s'il lui devait encore des explications. Comme si elle allait apparaître à côté de lui pour lui demander ce qui venait de se passer.
Une autre question émergea alors, plus troublante encore : à quel moment avait-il cessé de jouer un rôle ? Au début de la soirée, tout était clair et Gabrielle n'était qu'un masque, une identité fabriquée, un outil destiné à approcher ses ennemis. Mais pendant cette danse... Pendant cette conversation... Il avait parfois oublié son objectif, oublié son plan, oublié même qu'il était là pour enquêter. Pendant quelques minutes, il avait simplement existé. Et cela l'effrayait.
Il observa son reflet dans le miroir derrière les bouteilles du bar. Le visage qui lui faisait face n'était plus tout à fait celui qu'il connaissait. Les cheveux, le maquillage, l'expression, tout cela formait désormais une personne que son propre regard peinait parfois à distinguer.
Gabriel avait créé Gabrielle. Mais il commençait à se demander si, quelque part en chemin, Gabrielle n'était pas en train de modifier Gabriel à son tour. Cette pensée resta suspendue dans son esprit tandis que la musique repartait de plus belle.
Pour la première fois depuis le début de son projet, il comprit que le danger ne venait peut-être pas uniquement des hommes qu'il traquait. Il venait aussi des changements qui se produisaient peu à peu en lui.
Le baiser n'avait pas été donné à Gabriel, il avait été donné à Gabrielle. À cette identité qu'il avait créée pour les besoins de son enquête. Pourtant, lorsqu'il essayait d'établir une frontière nette entre les deux, celle-ci lui paraissait soudain moins évidente.
Une autre émotion, plus discrète encore, se glissait dans ses pensées : la peur. Non pas de son interlocuteur, ni de la mission qu'il s'était fixée, mais la peur du changement. La peur que les mois écoulés l'aient transformé plus profondément qu'il ne l'imaginait.
Au départ, Gabrielle n'était censée être qu'un masque. Pour la première fois, Gabriel se demanda si ce masque n'était pas en train de devenir une partie de lui. Cette idée était vertigineuse. Il resta longtemps assis seul au bar, observant la foule danser.
Puis une pensée lui traversa l'esprit. Peut-être que le plus difficile n'était pas de retrouver les hommes qu'il poursuivait. Peut-être que le plus difficile serait de comprendre qui il était devenu depuis la nuit où il avait perdu Ambre. Cette question, contrairement aux autres, la police ne pourrait jamais y répondre.
Thomas retrouva Gabrielle au bar une dizaine de minutes plus tard.
— Tu as disparu, remarqua-t-il avec un sourire.
— J'étais là.
— Physiquement, oui. Mentalement, j'ai comme un doute.
Malgré elle, Gabrielle éclata de rire. Cette fois, le rire n'avait rien de forcé. Ils discutèrent pendant près d'une heure : des études, de Lyon, des musiques qu'ils détestaient, des professeurs absurdes qu'ils avaient connus. Plus la conversation avançait, plus Gabriel se surprenait à oublier sa prudence. Pas complètement toutefois. Une partie de lui continuait d'observer, mais Thomas semblait simplement être un jeune homme ordinaire profitant d'une soirée.
Vers la fermeture de la discothèque, Thomas hésita quelques secondes avant de proposer :
— J'habite à cinq minutes d'ici. J'ai encore quelques bouteilles à finir avant de déménager. Si ça te dit de venir prendre un dernier verre...
Gabrielle se figea. Une alarme invisible s'alluma immédiatement dans son esprit. C'était précisément le genre de situation qu'elle avait envisagé depuis le début. Une invitation, un lieu privé, un inconnu. Pendant quelques secondes, Gabriel envisagea de refuser.
Puis une autre pensée traversa son esprit. Depuis des mois, il cherchait à comprendre comment ses agresseurs sélectionnaient leurs victimes. Comment ils approchaient leurs cibles. Peut-être avait-il besoin d'aller plus loin dans ses observations.
— D'accord, répondit-elle finalement.
Le trajet se déroula dans une ambiance détendue. Ils marchèrent dans les rues presque désertes. Thomas racontait des anecdotes sans importance. Gabrielle riait parfois. Et, malgré la méfiance qu'elle s'efforçait de conserver, quelque chose paraissait étrangement normal. Cette normalité était peut-être ce qui la perturbait le plus.
L'appartement de Thomas était modeste. Un salon encombré de livres, quelques affiches de films, une console de jeux sous la télévision. Rien qui attire particulièrement l'attention. Rien qui évoque le danger. Gabriel continua pourtant d'observer discrètement chaque détail. Une habitude devenue quasi instinctive.
Les heures passèrent, la conversation dériva vers des sujets plus personnels. Pour la première fois depuis longtemps, Gabriel apprécia sincèrement la présence de quelqu'un. Non pas parce qu'il oubliait Ambre, cela n'arriverait jamais. Mais parce que la solitude qui l'accompagnait depuis des mois semblait, l'espace d'une soirée, un peu moins pesante. Et cette sensation le déstabilisait profondément.
Assise à l'une des extrémités du canapé, Gabrielle gardait d'abord une certaine distance. La méfiance faisait désormais partie d'elle. Thomas semblait s'en apercevoir sans pour autant chercher à forcer quoi que ce soit. La conversation continuait naturellement. Ils parlèrent de voyages qu'ils rêvaient de faire, de films oubliés de tous et des choix absurdes qui finissaient parfois par changer une vie entière. À plusieurs reprises, Gabriel se surprit à rire sincèrement. Cela faisait longtemps. Bien plus longtemps qu'il ne voulait l'admettre. Le temps passait sans qu'il s'en rende compte.
Peu à peu, l'atmosphère changea. Non pas parce que la conversation devenait plus intime, mais parce que le silence commençait à trouver sa place entre eux. Les silences ne semblaient plus gênants. Ils étaient simplement là, paisibles et naturels.
Gabriel observait discrètement Thomas. Depuis le début de la soirée, il cherchait des incohérences, un détail suspect, un mensonge, une attitude inquiétante, quelque chose. Pourtant, plus les heures s'écoulaient, moins il trouvait de raisons de se méfier. Cette absence de danger avait quelque chose de déstabilisant. Il était venu chercher des prédateurs, pas des personnes normales.
Une autre pensée le troublait davantage encore. Sous les lumières tamisées du salon, il avait parfois l'impression d'oublier son rôle. Gabrielle n'était censée être qu'une couverture, une identité fictive. Pourtant, au fil des échanges, cette frontière devenait moins nette. Thomas s'adressait à Gabrielle, il souriait à Gabrielle, il apprenait à connaître Gabrielle. Et Gabriel ne savait plus exactement ce que cela lui faisait ressentir.
— Tu as l'air ailleurs, remarqua Thomas.
Gabrielle esquissa un sourire.
— Ça m'arrive souvent.
— Je sais.
Cette réponse la surprit.
— Tu sais ?
— Oui. C'est comme si une partie de toi était toujours occupée à se battre contre quelque chose.
Gabriel sentit son cœur se serrer. Si seulement Thomas savait. Pendant quelques secondes, ils restèrent simplement à se regarder. Lorsque Thomas se pencha légèrement vers elle, Gabriel eut tout le temps de s'écarter, comme la première fois. Mais il ne le fit pas. Le baiser était pour Gabrielle.
Le baiser fut plus long, simple et presque paisible. Et c'est précisément cette simplicité qui bouleversa Gabrielle. Il n'y avait plus de stratégie ni d'enquête. Pendant quelques secondes, il n'était plus question de vengeance ni de traque. Seulement de deux personnes partageant un moment de proximité, un moment de plaisir. Parce que oui, elle avait aimé ce baiser.
Lorsqu'ils se séparèrent, Gabriel demeura silencieux. Il avait cédé le pas à Gabrielle. Pourquoi avait-il souhaité que cela arrive ? Parce qu'il en avait besoin. Il avait besoin de tendresse, de se sentir aimé. Il laissa alors Gabrielle s'exprimer et cette fois ce fut elle qui partit chercher les lèvres de Thomas.
Leur baiser fut plus fougueux. Les langues se trouvèrent, jouèrent ensemble. Gabrielle commença à sentir l'excitation monter tandis que Thomas l'embrassait et lui caressait le visage. Une main se posa sur sa cuisse et la caressa doucement, accentuant l'excitation de Gabrielle. Prise au jeu, elle commença à caresser le torse de Thomas, déboutonnant quelques boutons pour trouver sa peau. Il frissonna tandis qu'elle frissonnait lorsque sa main passa sous le bas de sa robe.
Gabrielle poursuivit son exploration en descendant plus bas, trouvant rapidement un sexe bien tendu sous le jean. La main de Thomas poursuivit aussi son exploration en remontant entre les cuisses de Gabrielle, mais Gabriel l'arrêta :
— Thomas, il faut que tu saches...
— Je sais.
— Comment ?
— Nous avons dansé ensemble, je te rappelle. Ce n'est pas un problème. Je t'aime bien.
La main de Thomas se dégagea et atteignit le sexe tendu de Gabrielle qui laissa échapper un gémissement de plaisir.
— Je suis vierge, tu sais. Je ne l'ai jamais fait avec un homme.
— Ne t'inquiète pas, ma belle. Tout vient naturellement. Il faut se laisser aller et suivre ses envies.
Là-dessus, Thomas reprit les lèvres de Gabrielle pour un baiser profond tandis qu'il la caressait. Gabrielle, un peu timide, lui rendait la pareille tandis que leurs souffles s'accéléraient. Lorsque la main de Thomas passa sous le fin tissu de son collant et de sa culotte, elle ne put retenir un gémissement. Et, tandis qu'il la parcourait de tout son long du bout des doigts, elle réussit à défaire sa ceinture, le bouton et la fermeture de son pantalon pour passer sa main sous le boxer et trouver son sexe.
Elle fut surprise par la douceur de son gland et la taille de sa verge qu'elle caressa du bout des doigts. C'était au tour de Thomas de gémir. Ils se caressèrent mutuellement, alternant les caresses et les frottements. Finalement, Thomas la fit venir sur ses genoux et, sexe contre sexe, ils se frottèrent mutuellement. Gabrielle faisait aller et venir son bassin, de plus en plus excitée. Elle sentait qu'elle était proche de la jouissance, alors elle stoppa ses mouvements de bassin pour reprendre les caresses manuelles du sexe de Thomas.
Quittant ses lèvres, Thomas lui demanda si elle voudrait le caresser autrement. Après un moment d'incompréhension, Gabrielle comprit et descendit doucement, se mettant à genoux entre les jambes de Thomas, découvrant un sexe qui était effectivement de belle taille. Elle commença par le caresser du bout des lèvres, puis de la langue, s'attardant sur le gland, descendant sur toute sa longueur puis remontant. Finalement, entrouvrant les lèvres, elle avala le gland que sa langue caressa.
Thomas eut un frisson et un soupir d'aise. Alors Gabrielle descendit et avala son sexe. Elle ne put le prendre entièrement et eut un petit hoquet quand il atteignit le fond de sa gorge. Elle commença alors à aller et venir, s'attardant parfois sur le gland, le libérant pour le sucer du bout de la langue. Thomas, qui avait posé ses mains sur sa tête, l'arrêta soudain. Il la releva, lui ôta son collant et sa culotte et s'allongea sur le canapé, la guidant en position pour un soixante-neuf.
En position, Gabrielle reprit sa fellation qu'elle arrêta pour gémir de plaisir lorsque Thomas avala son sexe. Ils se sucèrent mutuellement tandis que la pièce était emplie de bruits de succions, de râles de plaisir et de respirations fortes. Thomas libéra soudain le sexe de Gabrielle, le caressa du bout de la langue sur toute sa longueur, titilla les bourses et poursuivit entre les fesses. Gabrielle interrompit ses mouvements sous cette caresse nouvelle et poussa un « Ho !!! » de plaisir lorsqu'il atteignit son anus.
Sans réfléchir, elle se redressa pour lui donner plus d'accès à son intimité et ne put retenir ses gémissements lorsqu'il la titillait. Lorsqu'elle sentit un doigt venir aider la langue, elle ne put retenir un mouvement de bassin. Elle sentit bientôt les caresses du doigt plus appuyées et, tout à coup, la pénétrer. Son bas-ventre s'alluma et elle fut excitée comme jamais par cette caresse.
Thomas quitta sa position et l'installa assise, les fesses au bord du canapé, tandis qu'il lui demandait de relever les jambes. Gabrielle, un peu gênée par la position, obtempéra et bientôt il reprit ses caresses buccales. Sa langue jouait avec son anus, le pénétrait parfois, son doigt prenait le relais, bientôt rejoint par un second. Gabrielle avait le bas-ventre en feu et ne pouvait pas empêcher son bassin de trembler de plaisir.
Thomas interrompit ses caresses et demanda :
— Tu veux que je te fasse l'amour ?
— Ho, oui ! Mais c'est ma première fois.
— Ne t'inquiète pas. Ce ne sera que du bonheur.
Alors sa langue reprit son office tandis que ses doigts la pénétraient à nouveau. Elle était un peu anxieuse mais elle était en confiance et se laissait porter. Bientôt, il se redressa et positionna son sexe à l'entrée du sien. Il poussa doucement en la regardant avec un beau sourire. Oui, elle avait envie de lui.
Il fit de petits mouvements, son sexe forçant un peu plus à chaque fois, jusqu'à ce que Gabrielle ressente une forte douleur, l'impression que l'on venait de lui enfoncer un tisonnier chauffé à blanc entre les fesses. Thomas se pencha alors vers elle et l'embrassa doucement en la rassurant : « Ça va passer. Je suis en toi. Détends-toi. »
Son doux baiser atténua la douleur et bientôt elle sentit plus que son sexe en elle, comme une gêne. Tout en l'embrassant, il commença à bouger doucement, chaque mouvement l'enfonçant un peu plus en elle. Gabrielle ne ressentit plus de douleur mais la gêne perdura. Elle n'osa pas le lui dire de peur de gâcher l'instant. Il quitta sa bouche et se redressa. Il plaça les jambes de Gabrielle sur ses épaules, lui agrippa les hanches et commença de lents va-et-vient profonds. La gêne se transforma en une autre sensation qui électrisait et chauffait le bas-ventre de Gabrielle. Le plaisir montait à chaque mouvement de ce sexe qui la transperçait.
Quand il s'enfonçait au plus profond, ses cuisses venant claquer contre les fesses de Gabrielle, elle ne put retenir un grognement de plaisir. Thomas commença alors à augmenter la cadence de ses mouvements, allumant un feu continu dans le ventre de Gabrielle qui commença à onduler des hanches pour accompagner ses mouvements. Les râles de Gabrielle et de Thomas se confondirent tandis que la jouissance était proche.
Thomas quitta l'étroit fourreau de Gabrielle qui se sentit vide et frustrée. Mais très rapidement, il la fit mettre à genoux sur le canapé, se plaça derrière elle et l'empala d'un coup sec, jusqu'à la garde, faisant claquer son bas-ventre contre ses fesses. La pénétration fut forte et puissante. Gabrielle en eut le souffle coupé tandis qu'une onde de choc électrique irradiait son corps depuis ses fesses. Thomas agrippa les hanches de Gabrielle et commença d'amples et rapides mouvements. Aux râles de plaisir des deux amants s'ajoutait maintenant le bruit sec des coups de boutoir quand Thomas claquait contre les fesses de Gabrielle. Celle-ci n'en pouvait plus et son bassin bougeait en rythme. Gabrielle, assaillie par des sensations et des plaisirs nouveaux, ne tarda pas à être saisie d'un violent orgasme et jouit abondamment tandis qu'elle sentait Thomas s'enfoncer au plus profond d'elle et trembler tandis qu'il jouissait en elle.
Ils s'effondrèrent sur le canapé, leurs sens repus, tandis qu'ils reprenaient leurs esprits.
Dans la cuisine, Thomas remplissait deux verres d'eau. Gabrielle, enveloppée dans sa veste, observait les lumières de Lyon derrière la fenêtre.
— Tu regrettes ? demanda-t-il.
Elle chercha sa réponse. Ce n'était pas ce qui venait de se passer qui l'effrayait, mais tout ce que cela rendait désormais réel.
— Non. Mais tu ne sais presque rien de moi.
Thomas posa doucement le verre devant elle.
— Alors raconte-moi seulement ce que tu peux.
Gabrielle baissa les yeux. Son prénom d'emprunt, Ambre, l'enquête et la vengeance se pressaient derrière ses lèvres. Pourtant, aucun mot ne sortit.
Thomas respecta son silence. Cette patience aurait dû la rassurer. Au lieu de cela, elle éveilla une inquiétude nouvelle : plus elle s'attachait à lui, plus la vérité risquait de les détruire.
Et Thomas, derrière son calme, semblait lui aussi dissimuler quelque chose.
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Chapitre 2 · Chapitres 6 à 78
Gabriel mène une enquête de vengeance sous les traits de Gabrielle, une identité soigneusement construite pour infiltrer le monde de ceux qu'il tient responsables d'un drame passé. Lorsqu'il accepte un second rendez-vous avec Thomas — un homme sincère et désarmant —, les deux existences se retrouvent face à face : celle qu'il s'est choisie et celle qu'il a décidé d'effacer. Entre la promenade au bord du Rhône et la douceur inattendue de leurs retrouvailles, une question s'impose, sans réponse évidente : jusqu'où peut-on devenir quelqu'un d'autre avant de se perdre soi-même ?
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