Inspiré du réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'hôtellerie — Chapitre 7 · Team building
Auteur
L'hôtellerie
Chapitre 7 · Team building
Je suis encore étendu contre lui, la tête au creux de son épaule, quand la question me revient.
— Dis-moi... comment tu as fait pour avoir un double de ma clé ? Et le numéro de ma chambre ?
Il sourit sans ouvrir les yeux, avec cette assurance tranquille que je lui connais depuis la 101.
— J'ai mes contacts.
— Tes contacts.
— Dans un hôtel, il y a toujours quelqu'un qui connaît quelqu'un, murmure-t-il en haussant une épaule.
— Tes contacts.
— Dans un hôtel, il y a toujours quelqu'un qui connaît quelqu'un, murmure-t-il en haussant une épaule.
Je ris et lui pince le flanc. Il se tortille, attrape mon poignet, et ramène ma main sur sa poitrine, là où son cœur bat, calme et lent.
— Je suis désolé, soufflé-je contre sa peau. Ce soir, c'est la fête du personnel. Je ne pourrai pas profiter de tes bras.
Il tourne la tête et m'embrasse le front, puis la tempe, puis le coin des lèvres, longuement, comme pour me laisser un souvenir à emporter.
— C'est pas grave. Vas-y. Je t'attendrai.
Je me lève à regret. Sous la douche, je sens encore la trace de ses doigts sur mes hanches. Quand je ressors, il n'a pas bougé. Il me regarde nouer ma cravate dans la pénombre, les yeux mi-clos, un sourire paresseux aux lèvres.
— Ne rentre pas trop tard.
— Je ne promets rien.
— Moi non plus, répond-il.
— Je ne promets rien.
— Moi non plus, répond-il.
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La soirée a lieu dans une salle privatisée au sous-sol d'un restaurant. Les lumières sont basses, la sono crache des tubes qu'on connaît tous par cœur, et le karaoké a déjà fait ses premières victimes. Les verres se remplissent plus vite qu'ils ne se vident. Je ris, je chante faux avec la réception, je me laisse porter par cette chaleur qui ne ressemble en rien à celle du travail.
Et je me retrouve, sans trop savoir comment, collé contre Alexandre C., notre DOP.
Hors du bureau, il n'a plus rien du directeur d'exploitation impassible. La cravate dénouée, le col ouvert, les manches retroussées sur des avant-bras que je n'avais jamais remarqués. Il danse bien, trop bien. Sa main trouve ma hanche et s'y installe comme si elle en avait toujours eu le droit. Mon épaule contre son torse, son souffle dans mon cou, le parfum boisé de sa peau qui se mêle à l'odeur des fins tonics. La piste est brûlante, et l'alcool brouille les contours de ce qui se dit et de ce qui se tait.
Quelqu'un lance un slow par dérision. Personne ne se sépare. Ses doigts glissent dans le bas de mon dos, juste au-dessus de la ceinture, et je ne bouge pas. Je sens son cœur, sa respiration, la façon dont son menton effleure mes cheveux.
À un moment, la pièce tangue franchement. Il se penche à mon oreille, et sa voix est basse, rauque.
— Je te ramène. Avant que ça dégénère.
Je proteste pour la forme.
— Ce n'est pas une proposition, c'est un ordre, murmure-t-il.
Il passe mon bras autour de ses épaules et m'entraîne vers la sortie.
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Le trajet est flou. La fraîcheur de la nuit sur mon visage, l'ascenseur et ses miroirs où nos deux silhouettes se frôlent, le couloir qui s'étire, la carte que je cherche dans mes poches et qu'il prend doucement dans ma main. Le bip. La porte qui s'ouvre sur la pénombre de la chambre.
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Le trajet est flou. La fraîcheur de la nuit sur mon visage, l'ascenseur et ses miroirs où nos deux silhouettes se frôlent, le couloir qui s'étire, la carte que je cherche dans mes poches et qu'il prend doucement dans ma main. Le bip. La porte qui s'ouvre sur la pénombre de la chambre.
Et assis dans le lit, le drap sur les hanches, les yeux grands ouverts.
Alexandre se fige. Ses sourcils montent, il me regarde, regarde l'homme dans mon lit, ce torse nu et mat dans la lumière dorée, puis moi de nouveau. Je m'attends à une phrase, à un sermon, au rappel à l'ordre.
Il ne dit rien.
Il referme simplement la porte derrière nous, et c'est lui qui rompt le silence, avec ce calme qui ne le quitte jamais.
— Il ne tient plus debout, hein ?
— Pas vraiment, répond Alexandre, et je l'entends sourire.
— Pas vraiment, répond Alexandre, et je l'entends sourire.
Ils échangent encore quelques mots que je ne comprends qu'à moitié. Une voix grave qui dit « je m'en occupe », une autre qui répond « on s'en occupe ». Je flotte. Des mains me prennent sous les bras, d'autres défont mes boutons un à un, ma ceinture, mes chaussures. Je sens qu'on me débarrasse de ma veste, de ma chemise, que les doigts s'attardent à peine plus que nécessaire sur ma peau. Je les entends rire doucement au-dessus de moi, complices, comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Deux paires de mains, deux voix, et moi au milieu, qui me laisse faire.
Je suis soulevé, presque porté, jusqu'à la salle de bains. Le carrelage est froid sous mes pieds nus, puis la chaleur de l'eau me submerge, enveloppante, et la vapeur efface la pièce. Une main savonne mes épaules, mon dos, la nuque, avec une lenteur infinie. Une autre suit, plus attentive, descend le long de mes bras, de mes flancs, de mes reins. La mousse glisse sur moi, tiède et parfumée. Je ferme les yeux, la tête appuyée contre une poitrine solide, et je sens à travers le tissu mouillé d'une chemise que quelqu'un retient son souffle.
C'est un moment d'une intimité étrange, sensuel et tendre à la fois. On prend soin de moi sans rien exiger. Une serviette immense m'enveloppe, frotte doucement mes cheveux, sèche mes épaules. Un baiser se pose sur ma tempe, je ne saurais dire de qui.
Puis les draps frais, l'oreiller. Je distingue vaguement la silhouette d'Alexandre qui s'attarde près du lit, un murmure échangé, une main qui serre une épaule, la porte qui se referme. Et un corps tiède qui se glisse contre le mien, un bras autour de ma taille, un souffle dans mon cou.
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Le réveil est compliqué.
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Le réveil est compliqué.
La tête lourde, la bouche pâteuse, la lumière du jour qui perce les rideaux comme une lame. Je gémis. Derrière moi, il rit tout bas, sa poitrine vibrant contre mon dos, sa main déjà posée sur mon ventre.
On frappe à la porte.
— Service d'étage... enfin, direction, lance une voix que je reconnais trop bien.
Je me redresse d'un coup et tire le drap sur moi. Mon mec ne bouge pas d'un millimètre. Il se lève, noue un drap à sa taille et va ouvrir avec un naturel désarmant, pieds nus sur la moquette, les épaules encore marquées par l'oreiller.
Alexandre entre avec un plateau. Deux cafés fumants, du jus d'orange, des croissants, du pain, de la confiture, deux petits déjeuners complets.
— Je me suis dit que tu n'étais pas en état de descendre, dit-il en me regardant. Et que tu n'avais sûrement pas réservé pour ton ami.
Je me confonds en excuses, rouge jusqu'aux oreilles, et je le remercie d'avoir pensé à tout. Il pose le plateau sur la table, s'appuie contre le meuble, les bras croisés.
— Ne me remercie pas. C'est lui qui a prévu de me remercier.
Je cligne des yeux. Je regarde l'un, puis l'autre. Mon mec soutient mon regard, un coin de bouche relevé. Alexandre n'est pas gêné non plus. Et je comprends tout de suite.
— Vous avez comploté hier soir.
— On a discuté, corrige mon mec en venant s'asseoir au bord du lit. Pendant que tu dormais comme un bienheureux.
— Et tu es d'accord, toi ? je demande à Alexandre.
— On a discuté, corrige mon mec en venant s'asseoir au bord du lit. Pendant que tu dormais comme un bienheureux.
— Et tu es d'accord, toi ? je demande à Alexandre.
Il décroise les bras et s'approche, lentement.
— Seulement si toi aussi.
Il y a dans sa voix un respect qui me désarme. Je les regarde tous les deux, l'un si familier, l'autre que je croyais connaître. Mon cœur s'emballe, mais ce n'est plus l'alcool.
— Oui, je souffle. Oui.
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Le premier baiser vient de mon mec, lent, sûr de lui, avec le goût du café. Sa main se pose sur ma nuque, son pouce dessine un arc sur ma mâchoire. Puis il me fait pivoter doucement, et c'est la bouche d'Alexandre que je trouve, plus hésitante au début, presque timide, puis plus avide, quand je lui réponds. Il a le goût de la menthe et d'une retenue qui cède enfin.
Je ne sais plus à qui appartiennent les mains qui écartent le drap, qui parcourent mon torse, mes cuisses, l'intérieur de mes genoux. L'air de la chambre est tiède, la lumière de la matinée dore les murs, et chaque effleurement me paraît ralenti, étiré, comme si le temps avait consenti à nous attendre.
Alexandre se déshabille sans me quitter des yeux. La chemise glisse de ses épaules, puis la ceinture, le reste. Sous les costumes du lundi matin, il cachait un corps ferme, hâlé, dessiné, la peau tendue sur des muscles discrets. Mon mec le détaille avec un petit sifflement approbateur qui le fait rire, et ce rire détend tout.
Ils m'allongent entre eux. Une bouche dans mon cou, une autre sur mon ventre. Des lèvres qui descendent le long de mes côtes, des doigts qui s'enlacent aux miens. Je me cambre, je gémis, je perds le compte des caresses. Ils prennent leur temps, comme s'ils avaient tout ce temps, comme si la réunion de dix heures n'avait jamais existé. L'un me mord doucement l'épaule pendant que l'autre souffle sur ma peau humide, et je frissonne de la tête aux pieds.
Quand je prends Alexandre en bouche, je l'entends inspirer brusquement, sa main se perdre dans mes cheveux, hésiter, puis se faire plus ferme, plus tendre. Dans mon dos, mon mec se colle contre moi. Ses lèvres sur mon épaule, sa peau chaude contre la mienne, sa queue dure qui glisse entre mes fesses, qui insiste, qui me fait trembler.
— Dis-moi si c'est trop, murmure-t-il à mon oreille.
— Continue.
— Continue.
Il me prend lentement, avec cette maîtrise qui m'a toujours fait perdre la tête. Chaque poussée est mesurée, profonde, patiente. Je me laisse remplir, je soupire contre la peau d'Alexandre, dont les doigts dans mes cheveux me guident avec une douceur que je n'aurais jamais soupçonnée. Les deux rythmes se répondent, se croisent, s'accordent. Je n'ai plus de pensées, juste des sensations, des souffles, des prénoms lâchés au hasard.
Nous changeons de place, riant parfois, nous trompant de geste, nous rattrapant d'un baiser. Les draps se froissent, le plateau tremble sur la table, un oreiller tombe au sol. Mon mec s'allonge sur le dos et m'attire sur lui. Nos bouches se cherchent, nos souffles se mêlent, ses mains larges sur mes hanches me guident comme au premier jour.
C'est Alexandre qui vient ensuite derrière moi, plus doucement, les yeux dans les miens par-dessus mon épaule. Il prend le temps, murmure mon prénom, demande, attend, avance à peine, recule, recommence. Je ferme les yeux. Je le sens qui m'ouvre, qui me comble, tandis que mon mec m'embrasse, caresse mon visage, referme sa main sur moi et suit le mouvement. Je suis entouré, enveloppé, tenu de toutes parts.
La lumière du matin a fait de la chambre un lieu d'or et de draps froissés, et nous y brûlons sans retenue, sans parler, sans rien vouloir d'autre que cet instant. Le plaisir monte par vagues, de plus en plus serrées, de plus en plus longues. Je jouis le premier, longuement, la tête renversée contre l'épaule de mon mec, un cri étouffé dans sa gorge. Alexandre me suit avec un grondement contre ma nuque, les doigts crispés sur mes hanches. Mon mec nous rejoint dans un dernier souffle brisé, mon prénom sur ses lèvres, et nous nous effondrons tous les trois dans un enchevêtrement de bras et de jambes, essoufflés, moites, hilares.
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Un long silence, bercé par nos respirations qui s'apaisent. Une main caresse mon dos, une autre dessine des cercles paresseux sur mon ventre. Quelqu'un a tiré le drap sur nous. Dehors, la ville a commencé sa journée, mais ici le monde est tout petit et très doux.
Puis la voix d'Alexandre, encore rauque :
— Pour ce qui est de la réunion de dix heures...
Je gémis en enfouissant mon visage dans l'oreiller.
— ...je crois que je vais la décaler.
Mon mec éclate de rire, m'attire contre lui et attrape un croissant sur le plateau. Il le casse en deux, m'en tend une moitié, en offre une à Alexandre qui l'accepte avec un sourire que je ne lui connaissais pas.
— Alors, cette soirée ? demande-t-il.
Je regarde le plafond, un sourire idiot aux lèvres, un homme de chaque côté.
— Pleine de surprises.
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