Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'hôtellerie — Chapitre 4 · Le jeune politicien
Auteur
L'hôtellerie
Chapitre 4 · Le jeune politicien
Marseille, 2016. Quelques semaines avaient passé depuis cette nuit chez lui, dans la cité Bellevue.
Entre nous, les choses avaient changé. Nous nous retrouvions quand nos emplois du temps le permettaient, toujours discrètement. À l'hôtel, il restait mon client habituel. Dans l'intimité, il était devenu celui dont le simple sourire suffisait à me faire oublier mes journées interminables.
Mais le quartier connaissait une période agitée.
L'hôtel avait déjà été réquisitionné plusieurs fois pour les descentes anti-stupéfiants. Avec les élections qui approchaient, les visites officielles se multipliaient, et les descentes de police dans les environs devenaient presque routinières.
J'avais fini par instaurer une sorte de compromis tacite avec les habitants : nous respections leur tranquillité autant que possible, ils respectaient notre travail. Je ne posais pas de questions sur ce qui ne me regardait pas, et je n'avais jamais eu de raison de trahir cette confiance.
La veille d'une nouvelle opération annoncée, j'envoyai donc un message à mon habitué de la 101.
« Fais attention demain vers 6 h, ça risque de bouger dans le quartier. Si tu as quelque chose à te reprocher, je te conseille de rester prudent 😉 »
Il me répondit presque immédiatement :
« Merci monsieur l'adjoint. Je te dois un café. »
Je souris avant de poser mon téléphone.
J'étais loin d'imaginer ce qui allait suivre.
Quatre heures du matin
Mon téléphone sonna en pleine nuit.
Je décrochai péniblement, encore prisonnier du sommeil.
— Monsieur M. ? C'est la réception. Les policiers sont là. Ils demandent à vous parler immédiatement.
Je me redressai dans mon lit.
— Maintenant ?
— Oui, monsieur. Ils insistent.
Vingt minutes plus tard, je traversais Marseille, les yeux encore lourds, à moitié habillé sous ma veste. Je n'avais qu'une idée en tête : comprendre ce qui pouvait bien justifier qu'on me réveille à une heure pareille.
À mon arrivée, deux policiers m'attendaient dans le hall.
— Désolé de vous déranger, monsieur. Nous avons un problème.
Ils m'expliquèrent qu'une personnalité politique dormait dans l'établissement. Un jeune candidat particulièrement médiatisé, dont la présence nécessitait une discrétion absolue.
Puis ils abordèrent le véritable sujet.
Un jeune homme du quartier avait voulu prendre une chambre au milieu de la nuit. Les policiers, convaincus qu'il pouvait avoir été prévenu de l'opération du lendemain, l'avaient interrogé. Il leur avait répondu qu'il me connaissait bien et qu'il était un habitué de l'hôtel.
— Il est dans votre bureau, conclut l'un d'eux.
Je poussai la porte.
Et je sentis mon sang se glacer.
C'était lui.
Assis sur une chaise, le visage tuméfié, la lèvre fendue et le nez en sang, il leva les yeux vers moi. Malgré les marques sur son visage, il tenta un sourire.
— Salut, Pierre.
Je restai immobile une seconde.
Puis la colère prit le dessus.
— Mais vous êtes complètement malades ?!
Je me retournai vers les policiers.
— Vous n'avez pas le droit de traiter les gens comme ça ! Vous vous rendez compte de ce que vous faites ? Nous travaillons ici tous les jours. Mon équipe vit dans ce quartier, mes clients y vivent, et vous venez de mettre en danger des mois de confiance pour une opération dont nous ne sommes même pas responsables !
L'un des policiers essaya de m'interrompre.
— Monsieur, nous avons nos procédures…
— Et moi, j'ai un établissement à faire fonctionner ! Je ne suis pas votre indicateur, je ne suis pas votre auxiliaire, et je ne suis certainement pas là pour faire la police dans le quartier !
Un silence pesant tomba sur la pièce.
C'est alors que quelqu'un frappa à la porte.
Le candidat aux élections entra, impeccablement habillé malgré l'heure, son calme presque insolent contrastant avec la tension ambiante.
— Je vous prie de m'excuser, messieurs, mais j'aimerais parler à monsieur M.
Il jeta un regard au jeune homme blessé, puis aux policiers.
— Et je crois que nous avons tous besoin d'une petite explication.
Il me regarda.
— Vous pourriez venir dans ma chambre ? J'aimerais vous poser quelques questions.
Je désignai le jeune homme assis.
— Oui, mais je l'emmène avec nous. Il faut nettoyer ses blessures.
Le candidat acquiesça sans discuter.
Je pris la trousse de secours de la réception.
Et nous montâmes tous les trois.
Une fois la porte refermée, le candidat retira sa veste et la posa sur un fauteuil.
— Asseyez-vous, je vous en prie.
Mon habitué s'installa au bord du lit. Je m'agenouillai devant lui avec une compresse et du désinfectant.
— Ça va faire mal, prévins-je.
— J'ai connu pire, répondit-il avec un sourire.
Je lui lançai un regard sévère.
— Ce n'est pas une raison pour sourire.
— Je souris parce que t'es venu.
Cette petite phrase me désarma davantage que je ne voulais l'admettre.
Pendant que je nettoyais délicatement sa lèvre, le candidat nous observait.
— J'aimerais comprendre quelque chose, dit-il finalement. Est-ce que le quartier est au courant de notre opération de demain ?
Je relevai la tête.
— Les policiers ne sont pas particulièrement discrets. Il est probable que les habitants aient déjà compris qu'il se préparait quelque chose.
Le candidat hocha la tête.
— Bien sûr. Nous savons que certaines informations circulent. Il y a même des gens qui nous renseignent directement depuis des endroits où l'on ne s'attendrait pas à les trouver.
Il marqua une pause.
— Mais, pour être honnête, cette opération est aussi une affaire de communication.
Je fronçai les sourcils.
— Vous voulez dire que tout ça est organisé pour les caméras ?
— Je veux dire que la politique est parfois un théâtre. Et que certains aiment beaucoup se donner en spectacle.
Il regarda le jeune homme.
— En revanche, je tiens à vous présenter mes excuses si des violences ont été commises sans justification.
Mon habitué eut un petit rire amer.
— Je ne suis pas tombé dans les escaliers, monsieur.
Je baissai les yeux pour dissimuler mon sourire. Le candidat le remarqua.
Puis il me regarda avec une curiosité nouvelle.
— Vous le connaissez bien, visiblement.
— C'est un client fidèle.
— Un client fidèle, répéta-t-il.
Il laissa passer quelques secondes.
— Vous avez tout de même réveillé la moitié de l'hôtel, pris la défense de ce jeune homme face à deux policiers et risqué de compromettre votre relation avec les autorités pour un simple client ?
Je ne répondis pas.
Le candidat sourit.
— Je comprends.
Il se leva, fit quelques pas dans la chambre et s'arrêta devant la fenêtre.
— Vous savez, monsieur M, je rencontre beaucoup de gens dans mon métier. Des hommes qui jouent un rôle, des hommes qui mentent, des hommes qui prétendent ne rien ressentir.
Il se retourna vers moi.
— Mais vous, vous avez l'air de tenir vraiment à lui.
Je sentis mes joues chauffer.
Mon habitué, lui, semblait s'amuser de la situation.
Je terminai le pansement, rangeai les compresses et me relevai.
— Voilà. Il faudrait faire examiner votre nez si la douleur persiste ou si vous avez du mal à respirer.
— Oui, chef.
Il me lança un regard tendre.
Le candidat nous observait toujours. Il semblait avoir compris beaucoup plus de choses que nous n'en avions dites.
— Puisque nous sommes entre adultes, reprit-il, je vais vous poser une question un peu personnelle.
Je me raidis.
— Vous êtes ensemble ?
Un silence.
Mon habitué tourna la tête vers moi.
Pour une fois, il ne plaisantait plus.
Je pris une inspiration.
— Nous nous fréquentons.
Le candidat sourit.
— Voilà qui est plus clair.
Il s'approcha de nous.
Baissa le pantalon de mon habité et commence carrément à faire des va-et-vient avec sa bouche.
— Quelle largeur !!!! s'exclama-t-il.
Ils échangent leur place ; le jeune politicien lui met une capote. Mon client lui présente son gland à l’entrée de son cul.
— Hummmmm… il rentre un peu plus difficilement que prévu, c’est sûr, mais sans lui faire mal, et doucement afin qu'il s’habitue un peu. Il est au top mon baiseur !!!
Les places changent, mon client s’active grave à me baiser !!! Son manche coulisse en moi sur toute sa longueur. Il le ressort de temps en temps pour cracher sur ma rondelle, puis m’encule de nouveau. Sans m’en rendre compte, je fais moi-même des va-et-vient avec mon cul ; je m’étonne encore moi-même ! Je suis en mode « lope », et j’adore l’être !
Il me retourne à nouveau sur le dos, le cul et les jambes en l’air, et me baise encore et encore !!! Le politicien pose ses couilles sur mes yeux ; je tâte son gland de la langue. Il se relève un peu, me la met en bouche, mais la position est difficile à tenir ; alors il se retourne, s’assied sur moi et me rentre sa bite dans la bouche ouverte en grande impatience. Ils me liment comme ça durant de bonnes minutes. Mon habitué me reprend le cul, et ils échangent de position pas mal de fois ; ils me donnent du plaisir pendant deux superbes heures, je pense, et c’est génial.
Mon habitué est en train de me prendre, et quand le politicien sent le jus venir, il jute sur mon torse. Quant à mon jeune de quartier, il décule moins d’une minute après pour lâcher sa purée lui aussi sur mon torse.
Je lance au jeune politicien.
— Et je suppose que vous préféreriez que cette "conversation" reste strictement privée ?
— Absolument, répondit-il.
Il tendit la main au jeune de quartier.
— Et pour ce qui s'est passé cette nuit, je vous promets que je demanderai des explications.
Mon habitué serra sa main.
— Merci.
Puis le candidat ajouta, avec un sourire plus léger :
— Maintenant, puisque nous avons tous sacrifié notre nuit de sommeil, je propose que nous arrêtions de parler politique.
Nous parlâmes d'abord de Marseille, de l'hôtel, des élections et de la façon dont chacun percevait le quartier. Le candidat se révéla beaucoup moins distant que son image publique ne le laissait penser.
Mon habitué, installé contre les oreillers, retrouvait progressivement son humour.
— Alors, monsieur le candidat, vous êtes toujours aussi curieux de la vie privée des gens ?
— Seulement lorsqu'ils me donnent de bonnes raisons de l'être.
Il me lança un regard amusé.
— Et votre directeur adjoint est particulièrement intéressant.
Je levai les yeux au ciel.
— Je regrette déjà d'être monté dans cette chambre.
Les deux hommes éclatèrent de rire.
Nous restâmes ainsi quelques instants, assis tous les trois, à parler de nos vies et de ce que nous attendions réellement des autres. La curiosité du candidat se transforma en une conversation étonnamment intime. Les regards se croisaient, les sourires s'attardaient, et une tension douce s'installait, sans que personne cherche à forcer les choses.
Lorsque le jour commença à filtrer derrière les rideaux, le candidat se leva.
— Je crois que cette nuit m'aura appris quelque chose.
— Quoi donc ? demandai-je.
— Qu'on peut passer une vie à observer les autres sans vraiment les voir.
Il prit sa veste.
— Et que les personnes les plus intéressantes sont parfois celles qui ne cherchent absolument pas à attirer l'attention.
Il nous salua avec une poignée de main, puis nous laissa seuls.
Je me tournai vers mon habitué.
— Tu m'as fait une peur bleue, cette nuit.
Son sourire disparut.
— Je sais. Je suis désolé.
Je m'assis à côté de lui.
Il prit ma main et la porta doucement à ses lèvres.
— C'est pour ça que je tiens à toi, Pierre. Tu ne m'as jamais regardé comme les autres.
Je passai un bras autour de ses épaules, en faisant attention à ses blessures.
Nous restâmes silencieux un moment.
Puis il murmura :
— Tu crois qu'il nous reverra ?
— Le candidat ?
— Oui.
Je souris.
— Avec la politique, je ne serais pas surpris.
Il éclata de rire, avant de grimacer à cause de sa lèvre.
— Aïe ! Fais-moi rire moins fort, alors.
Je l'embrassai doucement sur le front.
Quelques minutes plus tard, je dus retourner à la réception. L'hôtel se réveillait, les premiers clients descendaient prendre leur petit-déjeuner et mon équipe avait besoin de moi.
En passant devant mon bureau, je repensai à cette nuit improbable : les policiers, les cris, les blessures, puis cette rencontre inattendue dans la chambre.
Je compris que notre histoire venait de franchir un cap.
Ce n'était plus seulement une aventure secrète entre un directeur adjoint et un habitué de l'hôtel. C'était une relation qui nous obligeait à faire des choix, à nous faire confiance et à assumer ce que nous ressentions.
Et, quelque part dans Marseille, un jeune candidat aux élections venait peut-être de découvrir que les histoires les plus passionnantes ne se déroulent pas toujours devant les caméras.
Parfois, elles commencent à 4 heures du matin, dans un hôtel près du métro National.
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