00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ Evan Whale Boss XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Boss — Chapitre 9

25 minutes
3.6k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de Evan Whale
Evan Whale
Histoires publiées
63
Abonnés
183
J'aime cumulés
6.3k

Boss

Chapitre 9

Ses yeux son tout blancs. Papillonants. Il bave. Une mousse de salive qui coule de la commissure de ses lèvres et tâche la moquette d'écume pâle. Son corps tremble violemment, comme électrifié par une ligne à haute tension. On dirait un poisson affolé qui frétille silencieusement hors de l'eau.
Je reste tétanisé. Sidéré. Mon patron convulse sur le par-terre d'une chambre d'hôtel, en calbute.
Je suis censé faire quoi, moi ?!
Je souffle un coup pour me calmer et m'avance prudemment. Je m'agenouille à côté de lui.
— Axel, je l'appelle doucement.
Son corps se contracte puis se relâche brusquement, faisant apparaître les faisceaux de ses muscles à la lueur de la télé. 
La télé. Il s'est effondré juste après avoir regardé une publicité trop violente...
J'attrape la télécommande et l'éteinds. J'essaie de lui tenir les bras, pour ne pas qu'il se cogne aux pieds en métal du lit, mais il a trop de force et j'ai peur de lui faire mal.
Tout ça dure d'interminables secondes.
D'interminables secondes de solitude...
Enfin, les convulsions s'espacent et les tremblements s'arrêtent progressivement. 
— Axel.
Il ne répond pas. Il est inconscient.
— Putain..., je marmonne. Tu vas vraiment m'obliger à me souvenir des cours de secourisme...?!
Je râle, mais je n'en mène pas large. Je tente de me remémorer les formations SST, mais c'est incroyable comme tout devient flou dans les moments où on en a le plus besoin. 
Bon... Que faire quand une personne est inconsciente ?
"Essayer de la réveiller."
— AXEL ! TU M'ENTENDS ?!
Je me secoue un peu. Mais rien. 
Bon... Ensuite ?
"Vérifier qu'elle respire bien".
Son ventre se soulève. J'entends son souffle. Il est continu. Je regarde dans sa bouche s'il n'y a pas de corps étranger. Il a du sang sur la langue, mais rien d'autre. Je suppose qu'il s'est mordu pendant les convulsions.
Et après ?
"Mettre la personne en position latérale de sécurité et appeler les secours".
Alors...
Là ça se corse. C'est un peu technique. Je lui attrape le bras, choppe une jambe et le bascule sur le côt...
— Mmm...
Il ouvre les yeux. Un peu. 
— Axel ?
— Lisa...
Sa femme ? Pourquoi il appelle sa femme...?
— Ah non, désolé, je ris, déstabilisé. Ou alors avec de la barbe et une gueule de portugais.
Il cligne des yeux et ne répond rien. Il a l'air complètement à l'ouest.
— Axel, tu te rappelles où on est ?
— Chez moi, murmure-t-il.
— À l'hôtel. On passe la nuit ici. Et moi ? Tu sais qui je suis ?
Silence.
— "Jonas Pereira". "Jonas", je lui rétorque. Ton employé. Je suis comptable. Tu es directeur. On bosse dans une start-up en centre ville. Tu te rappelles ? Tu viens d'y être embauché. Il y a quoi... Deux semaines ?
Il continue de me regarder comme si je parlais chinois.
— Tu comprends ce que je dis...? je le questionne en tâchant de garder mon calme. 
— Oui...
C'est déjà ça...
— Tu viens de convulser, je lui annonce. C'est normal ?
— Oui..., acquiesce-t-il. Je suis épileptique...
Ah ben voilà. J'ai ma réponse. Axel est "juste" malade...
— D'accord. Ça a un rapport avec la télé ? Ou des flashs de lumière ?
— Oui. Les lumières stroboscopiques, précise-t-il en fermant les yeux comme pour se rendormir. Quand ça s'allume et s'éteint très vite... Je suis fatigué...
— Tu vas te reposer, je lui assure. Mais dis-moi juste ce que je dois faire, Axel. Appeler un médecin ? Te donner un médicament...?
— Pas de médecin, refuse-t-il. J'ai un traitement à prendre le soir... Je l'ai oublié...
— Je dois te le donner ?
— Dans mon sac, m'indique-t-il.
Il me file le nom du médicament. Je récupère une boîte dans ses affaires, presse la plaquette en allu pour faire sortir un cachet blanc et le lui tends avec une petite bouteille d'eau. Je l'aide à se redresser, mais il a tout juste la force pour la prise, et pour se rallonger par terre. 
— Non, viens dans le lit, je lui dis en lui secouant un peu l'épaule avant qu'il ne se rendorme. Tu seras mieux. 
Pas de réponse. Il ronfle déjà. 
Dans un soupir ennuyé, je récupère nos oreillers, lui en cale un sous la tête, me couche à côté de lui et nous recouvre avec la couette. 
— T'as de la chance que la moquette soit confortable, je bougonne.
— Elle est super confortable, confirme-t-il.
Enfoiré... T'as la force pour me taquiner mais pas pour aller dans un vrai lit...?
Je souris, me blottis contre lui, et m'endors comme ça. Sur le sol de cette chambre d'hôtel. 
...
Tac tac tac tac...
J'ouvre les yeux. J'ai mal au dos. 
Où je suis, déjà...?
L'hôtel. Par terre.
La crise convulsive de Vaure.
Mais "Vaure" n'est pas là. Personne, à côté de moi.
Tac tac tac tac...
Une lumière bleutée éclaire un coin de la piaule, au niveau du petit bureau en bois près de la fenêtre. 
Elle m'aveugle un peu, mais progressivement, je discerne la silhouette imposante de mon boss, assis devant elle sur une chaise.
— Axel...?
Tac tac tac tac...
Lunettes sur le nez, il tape à l'ordi. Je me redresse, un peu maladroitement, et le rejoins. Mes pieds s'enfoncent dans la moquette.
— Qu'est-ce que...
Mes yeux accrochent son écran, là où des fichiers texte en pagaille sont ouverts. 
Vaure tourne la tête sur moi, et sursaute légèrement.
— Oh, pardon, Jonas..., balbutie-t-il. Excusez-moi. Je ne vous avez pas entendu. 
— Je vois ça, je réponds avec inquiétude en lisant l'heure sur l'horloge de son menu d'accueil. Qu'est-ce que tu fabriques, à quatre heures du matin ?
Il soupire. Frotte son visage fatigué avec ses mains, ce qui fait remonter ses lunettes sur son front.
— J'ai deux dossiers à revoir pour demain, début d'après-midi. Si je ne travaille pas maintenant, je ne serais jamais prêt pour la réunion avec les clients et on risque de perdre de gros contrats, Jonas.
— Mais...
J'expire avec agacement, les doigts sur les paupières comme pour recentrer mes idées. 
— D'accord, je réponds calmement. Je comprends. Sauf que tu ne peux pas passer la nuit à travailler. Surtout pour des dossiers dont tu n'es pas responsable à la base. Ce sont à tes employés de régler ça. 
— Je suis responsable de la boîte. Je suis responsable de tous les dossiers, même indirectement, Jonas. Je n'ai pas envie que l'entreprise continue de perdre de l'argent à cause d'un travail mal fait, mais pourtant récupérable. Quant aux employés... C'est à cause du manque de rigueur de certains qu'on en est là.
— Axel.
Mon ton est plus sec que je ne l'aurais voulu, mais là, ça me gonfle royal.
— Moi, je lui rétorque droit dans les lunettes. Je n'ai pas "envie" de te voir retomber par terre, tremblant et bavant. Tu comprends ce que je te dis, là...?
— J'ai...
Silence. 
— J'ai eu une crise devant vous, Jonas ? s'étonne-t-il avec ahurissement.
— Oui. Tu ne te rappelles pas...?
Il hoche la tête. "Non".
— Je ne me rappelle jamais de rien, avoue-t-il. Je... "me rends compte" quand je me réveille par terre au milieu d'une pièce, mais... Je n'en garde aucun souvenir. 
— Et tu t'es dit qu'on dormait sur la moquette, là, pour le kiff...?
— Non, s'indigne-t-il. Je me doutais, mais...
Il soupire. Frotte encore son visage. Fait encore remonter ses lunettes. Il se tait.
— La fatigue, ça augmente le risque de crise...? je l'interroge. 
— Considérablement, admet-il embêté. Mais j'en ai rarement. Je suis suivi. J'ai un traitement. Je n'en n'avais pas fait depuis deux ans. 
— Mais tu en as fait une ce soir, Axel. Et au lieu de te reposer, tu continues d'en demander plus à ton corps. Est-ce que c'est raisonnable...?
— Non, murmure-t-il. Mais... Ces dossiers...
— Ils doivent impérativement être prêts pour demain...?
Il acquiesce. 
— Que faut-il revoir, dessus ? je lui demande. 
— Tout. Devis fournisseurs. Factures réelles. Comptes annuels. Recettes, pertes...
— De la compta pure et dure ? je souris. C'est plus dans mes cordes que les tiennes, ça, non ?
— Plus dans vos cordes qu'avec un DEC...? se défend-il.
Wah, merde. Le "DEC", c'est le Diplôme d'Expert Comptable. Le mec a quand même Bac+8. Je rivalise pas du tout avec mon BTS, là...
— Oui, oui, j'élude en levant les yeux au plafond. Arrête de te la péter et retourne au lit, tu veux bien ?
Je lui pousse l'épaule pour l'inviter à dégager de la chaise, mais il ne bouge pas. 
— Il faut que tu te reposes, Axel, je lui dis plus sérieusement. Tu en as plus besoin que moi. Alors vas dormir. Je m'occupe des dossiers. 
— Jonas...
— Pepep, je le coupe en levant la main. Tu me remercieras plus tard avec une bonne pipe, ok ? Au lit, maintenant. Et tu auras tout le loisir de revérifier mon travail à ton réveil.
Il sourit, et se lève docilement pour me céder sa place.
— Pas besoin de vérifier, murmure-t-il. Je vous fait entièrement confiance. 
En passant, et super naturellement, il m'embrasse sur les lèvres. Comme un couple de ce qu'il y a de plus normal. 
De quoi me donner l'énergie pour bosser toute la nuit. 
...
Quand le réveil sonne, j'ai juste envie de me flinguer. 
Il est 7h, j'ai dormi 2 heures, et j'ai encore les yeux sur l'écran d'ordinateur quand le moment de se lever de fait entendre. 
Mais Vaure est encore plus à la ramasse que moi. Il pionce. Bouge un peu pour essayer d'éteindre sa sonnerie "zen et bambou" agaçante de son téléphone, mais n'a pas la force suffisante pour l'attraper... C'est moi qui m'en charge. 
Il ouvre à moitié des beaux yeux bleus tandis que je m'assieds à son chevet pour lui caresser les cheveux. 
— Eeeh..., Jonas, sourit-il. Comment allez-vous...?
— C'est à vous qu'il faut demander, je rétorque. Tu as pu te reposer...?
Je ne sais pas pourquoi je le vouvoie. Je suis tellement éreinté que je le laisse m'influencer, sans-doute.
Le silence qui suit m'indique à croire que "non". Il ne s'est pas vraiment reposé.
— Je vais aller à la boîte, j'enchaîne. Restez dormir encore un peu et vous me rejoindrez vers midi. Ça colle avec le check out de l'hôtel, en plus. 
— Vous laissez aller au travail alors que vous avez une nuit blanche à votre actif, et rester ici à ne rien faire ? Ce ne serait pas correct de ma part.
— Si ça vous évite une autre crise d'épilepsie, c'est carrément correct, j'insiste.
Il soupire. Les yeux fermés.
— Restez ici avec moi, plutôt, propose-t-il. On bosse ensemble et on va à l'agence ensemble. 
— Pour que tout le monde remarque notre absence et notre arrivée simultanée ? Autant y aller en se tenant la main, Axel. Ce n'est vraiment pas discret. 
— C'est vrai, concède-t-il.
— Voilà. Vous dodo, moi boulot, je récapitule.
— Bon, bon...
Il se redresse sur un coude, ses cheveux en bataille tombant sur son front. L'odeur de son corps chaud, mêlée à celle des draps propres, m'enveloppe. C'est un parfum qui me rend fou.
Ses yeux bleus, encore vagues de sommeil, se posent sur moi. La crise de la veille l'a vidé. Pourtant, il me tend la main et me ramène doucement vers lui. Ses lèvres trouvent la mienne dans un baiser appuyé qui enflamme immédiatement mes nerfs. Il ne me lâche pas, me tirant plus fort jusqu'à ce que je perde l'équilibre et bascule sur le dos au milieu du lit. Il se penche au-dessus de moi, son corps torse nu, juste vêtu de son boxer, me recouvrant presque entièrement.
Là, il me lâche dans un murmure :
— J'ai très envie de vous faire l'amour, Jonas.
Aïe aïe aïe...
— On ne m'a jamais dit ça en me vouvoyant, je ricane. 
— Hum, sourit-il.
Je tremble, incapable de retenir le frisson de désir qui parcourt mon échine. Je bande instantanément, une réaction pure, incontrôlable à sa proximité, à sa carrure qui m'écrase doucement, à la sensation du début de sa barbe de matin contre ma joue lorsque ses lèvres se posent sur mon cou. J'adore ça. Lui, toujours si impeccable, avec cette petite rugosité qui le rend si réel, si accessible.
Il embrasse ma gorge, lentement, tandis que ses mains expertes glissent le long de mon flanc et attrapent l'élastique de mon boxer. Je lève les hanches pour l'aider, et il me le retire en un seul geste fluide. Je suis maintenant allongé sur le dos, en t-shirt et cul-nu, complètement à sa merci. Il se redresse un instant, baisse à peine son boxer sur ses fesses, assez pour sortir sa grosse queue déjà dure.
Irréel de me dire que c'est cette bite qui va me prendre dans quelques secondes...
Il se positionne entre mes jambes écartées, et sans un mot, il pénètre très tendrement mes fesses.
Tout se fait en silence. Il n'y a pas de précipitation, pas la frénésie de d'habitude. Chaque poussée est profonde, mesurée, comme s'il cherchait à me remplir de douceur
Il multiplie les baisers sur mon visage, mon cou, mes épaules. Ses mains caressent mes cheveux, mon dos, me berçant sans relâche. L'une de ses mains descend entre nos corps et se referme sur ma queue, la masturbant lascivement, au même rythme que ses coups de hanches. La sensation est exquise, une montée douce et progressive du plaisir.
Et je me tends, inévitablement, dans un gémissement, happé par un plaisir monstrueux.
J'éjacule en silence, mon sperme chaud sur son ventre et mon t-shirt.
Il continue ses mouvements quelques minutes, son front contre le mien, nos respirations emballées. Puis il s'enfonce une dernière fois, très loin, et je le sens jouir en moi. Une chaleur qui me submerge.
Il reste immobile un long moment, son poids sur moi, avant de s'affaisser sur le côté, en m'emportant avec lui pour rester lié à mon corps. Nous restons ainsi, enlacés, soudés par la sueur et l'intimité.
À ce moment, je prends conscience que d'autres choses se jouent dans notre relation, des choses qui dépassent le cadre du bureau et du simple désir de cul. Et je comprends, avec une certitude qui me glace le sang et me réchauffe le cœur, qu'il s'en rend compte aussi.
Les baisers continuent de pleuvoir sur ma peau perlée de frisson. Même après l'orgasme, Vaure me recouvre d'une tendresse intarissable.
— Je vais me préparer, je lui annonce en l'embrassant une, deux, trois ou quatre fois sur les lèvres. Je reviens vous dire au-revoir et on se retrouvera au bureau. 
Je me lève et me dirige vers la salle de bain. Sous l'eau chaude de la douche, je lave mon corps, mais je ne peux pas laver cette nouvelle sensation.
Un truc à la con qui ressemblerait à un putain de coup de foudre.
...
J'ai les yeux qui brûlent.
Un mal de crâne terrible.
Et j'ai envie de m'endormir devant mon écran. Je pourrais me coller une intraveineuse de café, mais... Non. Pas le temps de décorer mon cul de ce bureau. 
Je fixe mon ordinateur depuis trop longtemps. Le curseur clignote. Insolent.
Respire. T'as géré pire que ça.
La nuit dernière s'accroche encore à moi. L'hôtel, la lumière trop vive qui a déclenché la crise d'Axel, son corps soudain raide, ce moment de panique glacée dans ma poitrine avant que tout ne se calme. L'épilepsie. Le mot que je connaissais, mais pas comme ça. Pas vécu.
Et le lendemain matin... Ce matin.La lenteur. La douceur. Cette façon qu'il a eue de me prendre. De me "faire l'amour"...
Piou...
Je travaille sur le premier dossier client. Celui qu'on doit absolument sauver. Les chiffres sont un carnage. Une erreur entraîne une autre, et encore une autre. Je corrige, je recalcule, je reprends depuis le début.
— Tu sais ce que mon chat a fait cette nuit ?
La voix d'Assia me percute comme une gifle molle.
Je cligne des yeux. Elle est là. Debout.
— Il a vomi partout. Mais genre PARTOUT.
Je m'en fous.
Je ne dis rien. Je hoche vaguement la tête. Je tape.
— Et mon fils, Eden… Il a marché dedans avec son pyjama Avengers... Je te dis pas la crise pour le lui enlever... Il est fan des super-héros, alors t'imagine... C'était comme lui arracher le cœur...
— Assia… je murmure sans la regarder.
Je fais une faute de frappe. Puis une autre. Je serre la mâchoire.
— Oh ! Je t'ai pas dit ? J'ai acheté un sac sur Vinted, tu vois, un truc trop beau. Je vais te montrer... Mon chat a failli ville dessus, aussi, mais il l'a échappé belle...
— Assia, j'essaie de me concentrer.
C'est la première sommation. Gentille.
Elle rigole.
— Wouah, t'es tendu aujourd'hui, fait-elle en me reluquant de haut en bas.
Si tu savais.
Je reprends le calcul. Je me trompe. Je recommence. Le tableau Excel devient un champ de mines.
— Non mais sérieusement, t'as pas dormi ou quoi ?
Je relève enfin la tête.
— J'ai beaucoup de boulot.
— Toi, l'employer modèle...? se moque-t-elle.
Je souffle. Lentement.
— Assia. S'il te plaît. Pas maintenant.
Deuxième sommation. Moins douce.
Elle lève les yeux au ciel.
— Ok, ok… T'es chiant, aujourd'hui.
Elle s'éloigne en râlant. Pause café. Tant mieux. Laisser-moi bosser.
Je termine le dossier. Une heure plus tard. Une faute dans le titre. Je grogne, je réimprime, je classe.
Le suivant m'attend.
Une tasse de café apparaît à côté de mon clavier.
— Tiens.
Assia est revenue. Plus calme.
— Merci, je dis, sincère.
Je bois une gorgée.
— Désolé pour tout à l'heure. Je suis à cran. J'ai pas mal de travail, là...
Elle hausse les épaules.
— Ça arrive.
Je la regarde. J'hésite. Je pense à Axel. À ce qu'il m'a dit. À cette phrase : "des têtes vont tomber".
— Assia... Fais juste… Attention, je dis doucement pour la mettre en garde.
— Attention à quoi ?
— À ton taff. C'est pas… c'est pas une période facile, pour la boîte. J'ai peur que tu t'attires des ennuis. 
Elle rit.
— Oh, arrête. Je suis là depuis des années. On va pas me virer.
Si tu savais.
Je replonge dans le second dossier.
Et là, je comprends.
— Putain..., je marmonne.
C'est bâclé.
Calculs faux. Mise en page bancale. Une honte.
Je remonte. Je lis le nom du responsable.
Assia.
Un poids tombe dans mon ventre.
Elle parle encore. Je n'écoute plus.
— Assia.
— Oui ?
— Tais-toi.
Le silence claque.
— Pardon ?
— J'essaie de me concentrer. Tais-toi.
Elle recule, blessée.
— Toi, t'es pas mon Jonas. Mon Jonas ne m'aurait jamais parlé comme ça. 
Elle plisse les yeux.
— Tu t'es fait endoctriner par le nouveau boss ou quoi ? T'as le même air coincé que lui maintenant.
Je pense à Axel. À son regard quand il doute. À ses mains quand il tremble. À sa façon d'aimer en silence.
Être un amant n'a rien à voir avec être un boss. Et Vaure n'a rien de "coincé". C'est juste un mec carré. C'est tout. 
Un mec carré, beau, gentil, touchant, et effroyablement bon au lit...
— Il ne va pas plus t'aimer si tu lui fais de la lèche, ajoute-t-elle. Tu crois que tu vas t'attirer ses faveurs comme ça ? Ce gars n'aime personne. 
Je n'ai même pas le temps de répondre.
Il est midi.
Axel apparaît dans l'open space.
Droit. Calme. Tiré à quatre épingles.
Mais je vois tout de suite qu'il va mieux.
Nos regards se croisent.
Rien.
Et pourtant... Absolument tout.
...
Le début d'après-midi est passé sans que je m'en rende compte.
Je traverse l'Open space avec la pile de dossiers serrée contre moi. Ils sont lourds, mais pas autant que ce que j'ai sur le cœur.
Chaque pas me rapproche de son bureau, et j'ai cette sensation étrange d'entrer à la fois dans un espace professionnel… Et dans quelque chose de beaucoup plus intime.
La porte est entrouverte.
Je frappe quand même, par principe.
— Oui, Jonas, me largue froidement Vaure assis à son bureau. Entrez.
J'avance dans la pièce. Les stores sont fermés. Tous. Ceux qui donnent sur l'extérieur, ceux qui donnent sur l'open space. Le bureau est plongé dans une pénombre douce, presque irréelle, comme si le reste de la boîte n'existait plus. Seuls la lampe de bureau et l'écran de son ordinateur sont allumés, dessinant des ombres nettes sur son visage rasé de près. Il est assis, légèrement penché en arrière, une main contre sa tempe.
— Ça... Va...? je l'interroge un peu inquiet.
— Migraine, dit-il simplement. Ce n'est rien. Ne vous inquiétez pas.
Je hoche la tête.
— J'ai refait les deux dossiers.
Je pose la pile sur son bureau, avec un geste presque cérémonieux.
— J'ai repris ligne par ligne. Corrigé les erreurs de calcul, la mise en page, les incohérences comptables. J'ai aussi anticipé les questions que les clients risquent de poser en réunion.
Je parle vite. Super vite. Comme si je voulais tout dire dans les moindres détails, même l'inutile.
Il se redresse légèrement et attrape le premier dossier. Il feuillette. Le bruit du papier est assourdissant dans le silence.
Je le regarde. Je connais déjà cette expression. Les sourcils légèrement froncés. Le regard concentré, mais brillant.
— Jonas…
Il relève ses yeux bleus sur moi.
— C'est un travail impressionnant.
Ma poitrine se serre.
— Vraiment.
Il referme le dossier.
— Vous m'avez probablement sauvé cette réunion. Et ces clients. Merci infiniment.
Je souris, flatté, mais soulagé d'en avoir fini avec cette paperasse. 
— Et..., poursuit-il à voix basse dans un petit sourire presqu'intimidé. Ça vaut effectivement bien une pipe en remerciement. 
Ses mots ont l'effet d'un courant électrique dans mon corps. Subite. Violent. Catalysant. Je mate Vaure la bouche ouverte, délicieusement surpris par son audace à reprendre mes propres mots de l'hôtel. 
J'acquiesce. Sans un mot. Et naturellement, nos corps se rapprochent.
Pas après pas, la distance entre nous se réduit dangereusement. Je sais que la porte est entrouverte. Je sais que quelqu'un pourrait passer. Mais les stores fermés donnent l'impression que le monde s'est arrêté à la frontière de cette pièce.
Nous sommes proches, si proches que je peux sentir la chaleur de son corps à travers ma chemise, si proches que je peux distinguer les éclats d'azur dans ses yeux bleus fixés sur moi.
Un regard. C'est tout ce qu'il faut. Un accord silencieux. Il se penche vers moi, et nos lèvres se heurtent dans un baiser furtif, rapide, volé. Un baiser de nécessité. 
Nos mains descendent presque en même temps. Le clic métallique des boucles de ceinture qui se délient toutes seules trouble le silence pesant. Je glisse ma main dans son pantalon, mes doigts effleurant le coton de son boxer déjà tendu. Il fait de même, et nos sexes nus se rencontrent dans la pénombre relative créée par nos corps.
Je le prends en main. Il est chaud, lourd, déjà dur comme le marbre. Je sens les veines qui pulsent sous ma paume, une cartographie du désir. Son gland est gonflé, d'une couleur violacée et sombre, gorgé de sang. Sa petite fente humide au sommet, c'est une promesse de ce qui va venir. De mon côté, sa main m'enserre fermement. Son pouce frotte mon prépuce, le faisant glisser en arrière pour découvrir un gland tout aussi sensible, tout aussi avide de friction.
Nos doigts s'activent. C'est un ballet silencieux et terriblement excitant. Je joue avec sa queue, la découvrant doucement, la serrant à la base avant de remonter lentement, savourant chaque millimètre de sa chair. Sa propre main s'agite sur moi, reproduisant mes gestes, nous offrant un plaisir en miroir.
Mais... Le bruit est notre ennemi. Nous devons faire attention. Le son de nos peaux mouillées qui glissent dans nos paumes est un risque que nous ne pouvons pas prendre. Nos respirations sont contenues, retenues dans nos poitrines. Pas de gémissement. Pas un seul soupir. Seul le silence et le rythme de nos mains qui s'affairent.
Le plaisir monte, une marée silencieuse qui m'envahit. Chaque coup de pouce sur mon gland est une étincelle. Chaque pression de sa main sur ma verge est une vague qui me submerge. Je le regarde, son visage est tendu par l'effort de se taire, ses mâchoires serrées, ses yeux entrouverts. Il est magnifique.
Le danger, le risque, la proximité du bureau, tout ça est électrisant.
Son corps se fige. Crépite. Sa main sur moi devient plus saccadée, moins contrôlée. Je sais qu'il est proche.
Je l'imite, accélérant mon propre rythme, le frottant avec une frénésie contenue. Il ouvre la bouche dans un soupir muet, et la chaleur de son sperme inonde mes doigts.
C'est délicieux, cette sensation de lui faire du bien, de le faire atteindre de septième ciel ici, dans son bureau.
Ce spectacle osé, coquin, complice, c'en est trop pour moi. Mon propre orgasme me frappe, une secousse puissante qui part de mes reins et me paralyse. Je jouis en silence dans sa main, un long jet blanc qui prouve l'intensité de mon plaisir.
Nous restons immobiles une seconde, nos mains encore collées l'une à l'autre, nos sexes battant au rythme de nos cœurs. Puis, avec une précaution infinie, nous nous écartons. Il sort une boîtes de mouchoirs en papier de son tiroir et nous nous nettoyons, faisant attention à ne pas faire une seule tache sur nos vêtements impeccables. C'est chiant. Ça colle au gland.
Nous remontons nos fermetures, bouclons nos ceintures. En quelques secondes, nous redevenons le directeur et son employé.
Il me lance un regard, un petit sourire en coin. Je lui renvoie. Le secret est intact. Le silence est retombé. Mais sur mes doigts, je sens encore son odeur. 
— Vous devriez rentrer vous reposer, dit-il.
— Moi ?
— Vous êtes épuisé. Vous avez travaillé toute la nuit. Partez, Jonas. Je vous donne votre après-midi.
Il a raison. Je sens mes épaules lourdes, mes paupières brûlantes. Je suis explosé.
— La réunion commence dans vingt minutes, j'annonce en regardant l'heure sur mon téléphone. Ça va aller, pour vous ?
— Oui, Jonas, m'assure-t-il. Merci. Je n'ai plus besoin de vous retenir ici.
Je hoche la tête. 
— Vous m'envoyez un message ? je lui demande en attrapant un post-it pour y griffonner mon numéro. Ou vous m'appelez ? Pour me dire comment ça s'est passé.
Il me regarde longuement. 
Il ne prend pas le post-it de suite. Il reste silencieux. Pensif. Son regard passe du papier coloré à moi.
Puis il dit :
— Vois êtes libre, week-end ?
Mon cœur rate un battement.
— Oui, je réponds sans hésiter. Pour vous voir ? Toujours libre. 
Et je souris. Un vrai sourire. Large. Spontané. Un sourire qui provoque le sien. Un rictus à tomber dont je suis le seul destinataire.
— Vous voulez qu'on se voie ?
Il inspire profondément, comme s'il venait de prendre une décision.
— Oui. Je pourrais passer vous chercher, ce soir...
Il me fixe.
— Et vous pourriez venir passer les deux jours chez moi.
Un frisson me parcourt.
— D'accord, je lâche dans un petit rire d'excitation. Ça me ferait vraiment plaisir.
Long silence. À se dévisager. Un rictus de teubé sur la tronche. 
— Bon allez, je vous laisse vous concentrer, je me reprends en rompant le contact visuel. À ce soir, Axel.
Il sourit en me zieutant partir, et me fixe quand je porte mes doigts à ma bouche pour lécher, avec provocation, les restes de son sperme sur ma main.
En le regardant droit dans les yeux.
Ses yeux bleus.
Intenses.
Troublés.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 10
31 minutes
3.5k
44
4
Chapitre suivant

Commentaires ()

Passer les 2 commentaires
Photo de profil de OlivX
OlivX
26 décembre 2025 à 15:59
Leur relation vient de prendre une nouvelle dimension, l'attirance physique du départ s'est transformé en sentiments amoureux réciproques !
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de tounet777
tounet777
21 décembre 2025 à 21:45
alors comment te dire. ton chapitre est juste incroyable. j'ai encore une fois hâte de lire la suite avec grande impatience. tu envoie du rêve. Merci
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ Romo36 Mon patron - Mon fantasme XSTORY
Mon patron - Mon fantasme
Chapitre 6
Par Romo36
22
2
2.2k
Gays
✦ tounet777 Le collègue que tout le monde déteste XSTORY
Le collègue que tout le monde déteste
Chapitre 9
Par tounet777
38
4
3.6k
Gays
✦ tounet777 Le collègue que tout le monde déteste XSTORY
Le collègue que tout le monde déteste
Chapitre 4
Par tounet777
59
2
7.6k
Gays
✦ Anthynéa La salope XSTORY
La salope
Chapitre 2
Par Anthynéa
79
2
7.4k
Hétéro
✦ Clara_et_ses_livres D'une jeune fille à une jeune femme XSTORY
D'une jeune fille à une jeune femme
Chapitre 3
Par Clara_et_ses_livres
54
4
6.3k
Hétéro
✦ Infinity_rose Rêve d'une soirée XSTORY
Rêve d'une soirée
Chapitre unique
Par Infinity_rose
127
0
6.5k
Hétéro
✦ Mshexp J'ai trouvé. C'est lui XSTORY
J'ai trouvé. C'est lui
Chapitre 3
Par Mshexp
85
2
4.4k
Hétéro
✦ pot7redu2pot Un stage un peu spécial... XSTORY
Un stage un peu spécial...
Chapitre 2
Par pot7redu2pot
95
0
5.9k
Hétéro
✦ tounet777 La dernière notification XSTORY
La dernière notification
Chapitre 8
Par tounet777
0
0
6
Gays

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio