Le cinquième jour, la pluie n’avait pas cessé. Elle tombait fine, froide, obstinée, transformant les allées en boue noire et collante. L’air sentait la terre mouillée, le bois pourri et quelque chose de plus âcre, comme de la mousse écrasée.
Élise s’habilla lentement. Elle choisit une robe de chambre en soie anthracite, très courte, qui s’arrêtait juste sous les fesses. En dessous, uniquement une culotte de dentelle noire extrêmement échancrée, si fine qu’on voyait nettement la fente de sa vulve et le début de ses lèvres. Pas de soutien-gorge. Ses seins bougeaient librement sous le tissu à chaque pas, lourds, sensibles. Ses cheveux roux retombaient en boucles désordonnées sur ses épaules. Entre ses cuisses, la chaleur de la veille n’avait presque pas baissé. Elle battait sourdement, comme un second pouls.
Elle passa presque toute la journée dans la pièce interdite. Les photographies de la femme rousse l’obsédaient de plus en plus. Plus elle les regardait, plus le malaise grandissait. La nuque. La courbe exacte du bas du dos. La façon dont les hanches s’ouvraient. La ligne de la colonne. Il y avait une ressemblance troublante, presque intolérable… avec elle-même.
Vers seize heures, elle trouva une nouvelle enveloppe, glissée entre deux classeurs. À l’intérieur, un seul tirage plus grand que les autres. La femme rousse était allongée sur le même lit que celui de la chambre d’Élise. Nue. Les cuisses ouvertes. On voyait clairement sa chatte, lisse, rose, offerte. Et dans le coin inférieur droit de l’image, à peine visible, une main d’homme posée sur sa hanche.
Élise resta longtemps penchée au-dessus de la photo, le souffle court. Sa propre culotte était déjà humide.
Un bruit de pas la tira de sa contemplation.
Théo se tenait sur le seuil, une tasse de thé fumant entre les mains. Il n’entra pas tout de suite. Son regard glissa sur la robe de chambre ouverte, sur la ligne de ses cuisses nues, sur la dentelle noire qui ne cachait presque rien, puis remonta lentement jusqu’à son visage.
— Vous devriez manger quelque chose, dit-il d’une voix plus rauque que d’habitude. Vous êtes restée fermée ici toute la journée.
Élise se retourna. Le mouvement fit glisser un pan de la soie. La culotte apparut clairement, ainsi que le haut de sa chatte épilée, déjà un peu luisante.
— Reste, répondit-elle simplement.
Théo s’approcha. Il posa la tasse sur le bord de la table. Cette fois, il ne s’arrêta pas à distance respectable. Il vint se placer juste derrière elle. Élise sentit d’abord la chaleur de son corps, puis l’odeur de sa peau mélangée à celle de la pluie et du bois. Une main se posa sur sa hanche, à travers la soie. Les doigts s’ouvrirent, s’enfoncèrent légèrement dans la chair.
Puis il se colla contre elle.
Élise ferma les yeux. Elle sentit nettement la dureté de son sexe, déjà très tendue, venir s’appuyer lentement contre le creux de ses fesses. Chaude. Lourde. Pulsant légèrement. Elle poussa instinctivement son bassin en arrière, juste assez pour augmenter la pression. Théo inspira brusquement contre sa nuque. Sa main glissa plus bas, attrapa une fesse entière, la pétrit avec une lenteur presque douloureuse.
— Élise… souffla-t-il contre sa peau.
Elle ne répondit pas. Elle resta ainsi, le front légèrement penché, le souffle court, sa chatte trempée contre le tissu fin de la culotte, le sexe de Théo pressé contre elle. Le temps s’étira. On entendait la pluie contre les vitres de la maison, le craquement lointain d’une branche. Sa main sur sa fesse ne bougeait presque plus, mais la pression de son sexe, elle, augmentait.
Puis, comme les fois précédentes, Théo s’écarta brusquement.
— Je ne peux pas, murmura-t-il d’une voix brisée. Pas comme ça. Pas tant que tu ne sais pas vraiment où tu es.
Il sortit de la pièce sans se retourner. Élise resta seule, les jambes un peu tremblantes, la robe de chambre ouverte, la culotte collée à sa peau, le bas-ventre lourd et battant.
Le dîner fut presque muet.
Ils mangeaient en silence dans la cuisine. L’air entre eux était devenu trop dense. Chaque fois que leurs regards se croisaient, quelque chose passait, trop vif, trop chargé. Élise sentait encore la forme exacte de son sexe contre ses fesses. Théo, lui, évitait de trop la regarder, comme s’il avait peur de craquer.
Vers vingt-deux heures et demie, il se leva.
— Bonne nuit, Élise.
Il partit plus vite que les autres soirs. Elle ne le retint pas. Elle savait qu’elle n’aurait pas tenu s’il était resté une minute de plus.
Dans sa chambre, elle n’alluma qu’une seule lampe de chevet.
Elle retira la robe de chambre d’un geste lent et resta en culotte noire devant le grand miroir. Ses seins étaient lourds, les tétons durs, légèrement rosés. Elle se tourna de profil, observa la courbe de ses fesses, puis glissa un doigt entre ses cuisses. La dentelle était déjà trempée, collée à sa peau. Elle gémit bas en se touchant.
Elle s’allongea au centre du lit, tira la culotte sur le côté et s’enfonça deux doigts d’un seul mouvement. Le bruit humide emplit immédiatement la pièce. Elle se pénétra lentement d’abord, en repensant à la pression de son sexe contre elle, à la façon dont sa main avait agrippé sa chair, à sa respiration chaude contre sa nuque. Puis plus fort. Plus profond. Ses hanches se soulevaient du matelas. Ses fesses se contractaient. L’odeur de son sexe montait, chaude, musquée, presque sucrée.
Elle se retourna sur le ventre, le bassin relevé, le visage dans l’oreiller, et continua de se doigter dans cette position, plus brutalement, comme s’il l’avait enfin prise par-derrière. Les gémissements devenaient plus aigus, plus ouverts, étouffés par le tissu. Elle jouit une première fois en criant dans l’oreiller, le corps entier tendu, sa chatte se contractant par vagues autour de ses doigts.
Elle ne s’arrêta pas.
Elle reprit presque immédiatement, plus lentement, plus salement, en écartant encore les cuisses, en s’offrant davantage à sa propre main. Les images se bousculaient : sa queue collée contre elle, sa main sur sa fesse, le regard qu’il lui avait lancé juste avant de partir.
C’est alors qu’elle l’entendit.
Le même craquement. Léger. Précis. Juste derrière la porte.
Cette fois, Élise ne resta pas figée.
Elle se leva, encore nue, la culotte tirée sur le côté, les cuisses brillantes de son propre désir, les seins lourds, les cheveux emmêlés. Elle traversa la chambre sur la pointe des pieds et colla l’oreille contre le bois. On respirait de l’autre côté. Lentement. Quelqu’un était là. Tout près.
Le cœur battant très fort dans sa poitrine et plus bas, elle tourna la clé avec une lenteur extrême, puis ouvrit d’un coup.
Théo se tenait dans le couloir sombre.
Il était torse nu, en pantalon seulement. Ses cheveux étaient un peu en désordre. Ses yeux s’écarquillèrent en la voyant ainsi : entièrement nue, la culotte déplacée, la chatte luisante et ouverte, les seins lourds, le ventre encore agité par le plaisir. L’odeur de son excitation s’échappa de la chambre et le frappa en plein visage, chaude, intime, indéniable.
Ils se regardèrent un long moment en silence. On n’entendait plus que leur respiration et la pluie contre les toits.
— C’était toi, murmura Élise. Depuis le premier soir.
Théo ne nia pas. Sa pomme d’Adam monta et redescendit. Son regard descendit malgré lui le long de son corps, s’attarda longuement entre ses cuisses, sur sa chatte trempée, sur l’humidité qui brillait sur sa peau intérieure, puis remonta lentement jusqu’à ses yeux.
— Au début… je venais juste vérifier que tu dormais, dit-il d’une voix très rauque. La maison est isolée. Je voulais m’assurer que tout allait bien. Puis… je n’arrivais plus à m’en empêcher. J’entendais… des bruits. Et je restais là. Comme un imbécile.
Élise resta immobile sur le seuil, nue, offerte à son regard. La tension entre eux était devenue presque douloureuse. Elle sentait son propre désir continuer de couler légèrement le long de sa cuisse intérieure. Théo respirait trop fort. Elle voyait nettement le renflement dans son pantalon.
— Alors ne t’en empêche plus, souffla-t-elle.
Théo fit un pas en avant. Puis un autre. Il entra dans la chambre. L’odeur de son excitation l’enveloppa complètement, mêlée à celle de sa propre peau. Il ferma la porte derrière lui sans quitter Élise des yeux. Le clic de la serrure résonna dans le silence.
Pour la première fois depuis son arrivée, ils se tinrent face à face sans aucun prétexte, sans aucune distance, sans aucun vêtement pour Élise.
Théo leva une main tremblante et la posa sur sa taille. Ses doigts étaient brûlants. Élise ne bougea pas. Elle le laissa explorer lentement la courbe de sa hanche, puis remonter le long de ses côtes jusqu’à frôler le dessous de son sein.
— Tu es sûre ? murmura-t-il.
Élise répondit en attrapant sa main et en la guidant plus bas, entre ses cuisses, directement sur sa chatte ouverte et trempée.
— Touche, dit-elle simplement.
Ses doigts glissèrent immédiatement entre ses lèvres. Théo gémit bas en sentant à quel point elle était humide. Élise écarta un peu plus les cuisses pour lui laisser un meilleur accès. Il la pénétra de deux doigts avec une lenteur presque révérencieuse, pendant que son pouce trouvait son clitoris.
Le plaisir revint immédiatement, plus fort, plus précis. Élise posa une main sur son épaule pour se tenir et se mit à bouger légèrement sur ses doigts. Leurs fronts se touchèrent. Leurs souffles se mêlaient. L’odeur de son sexe emplissait maintenant tout l’espace entre eux.
Théo l’embrassa enfin.
Ce fut profond, un peu maladroit au début, puis de plus en plus affamé. Sa langue trouva la sienne. Élise gémit dans sa bouche. Ses doigts s’activèrent plus vite entre ses cuisses. Elle sentait la dureté de son sexe presser contre sa hanche à travers le pantalon.
Ils restèrent ainsi un long moment, à s’embrasser et à se toucher, sans aller plus loin, savourant enfin ce qui avait mis cinq jours à exploser.
Dehors, la pluie redoubla.
À l’intérieur, plus rien n’était comme avant.
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