Roule ma poule...
Chapitre 1
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Couverture de Roule ma poule..., par Azimuteur
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Roule ma poule... — Chapitre 1

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Azimuteur
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Roule ma poule...

Chapitre 1

Attention ! Cette histoire risque de choquer, voire de provoquer un tollé ! Certains vont me massacrer, me vouer aux gémonies. Elle résulte toutefois d’une rencontre il y a bien des années avec une jeune fille, ravissante et solaire mais... spéciale. Une rencontre qui avait immédiatement fait naître des questions nombreuses dans mon esprit. Je me suis documenté sur son cas mais n’ai pas pendant dix ans réussi à écrire ce texte qui me tenait pourtant particulièrement à cœur.

C’est en optant pour un ton libre, caustique, décalé que je suis arrivé à mes fins.

En transposant évidemment son histoire...
oooOOOooo
— Nous voudrions aborder maintenant un autre sujet. Mais on pourrait peut-être continuer cette conversation dans votre chambre ?
Merde ! Non ! Tout s’était si bien passé jusque-là !
Et pourtant, c’était mal embouché à la base... !
oooOOOooo
Quand le téléphone avait sonné dans ma chambre et que je m’étais trouvé en ligne avec Môssieur le Directeur de l’hôtel himself - lui-même en personne, j’avais froncé les sourcils. Le directeur ? Qu’est-ce qu’il me voulait celui-là ? J’avais pourtant expressément demandé qu’on me foute une paix royale ! Impériale même !
Aussi, quand il m’annonce que deux jeunes femmes m’attendent au bar, je n’ai pas pris de gants.
— Il me semble bien avoir prévenu que je n’attendais personne, que je n’accorderai aucune interview et que je ne voulais pas être dérangé ! Le Big boss du palace avait alors sorti les violons, insistant pour que je lui fasse une fleur en acceptant d’accorder quelques instants de mon temps si précieux à ces demoiselles de sa connaissance, qu’il saurait… bla-bla-bla… bla-bla-bla…
Je ne suis pas fondamentalement un mauvais bougre et j’ai fini par céder.
— Elles vous attendent dans notre lounge, au dernier étage.
Lounge ! Ces grands mots, estrangers, pour qualifier un bête bar confortable avec vue panoramique sur la ville, ça me gave ! Rien que pour ça, j’ai failli l’envoyer paître. Mais il avait déjà interrompu la conversation, pour parler correct la France.
En arrivant dans le bar, j’ai immédiatement repéré les deux gazelles, de dos, assises dans des fauteuils club. Je me suis accroché un sourire hypocrite à la face avant de les aborder.
— Ne bougez pas, restez assises, je vous en prie !
Serrage de mains, elles se présentent, Camélia, Rosa. Je garde pour moi aussi sec mes habituelles réflexions sur l’inconscience des parents qui osent affubler leur progéniture de prénoms fleuris et gracieux sans pouvoir savoir si, adolescentes et adultes, elles ne ressembleront pas plutôt à des tubéreuses potagères.
Bon, pour le coup, ils s’en sortent bien les procréateurs : les gamines sont plutôt mignonnes. Et même très-très mignonnettes. Des mignonnettes du genre qu’on décapuchonne allègrement sans s’inquiéter du tarif au litre exorbitant des consos du minibar de sa piaule.
Petites robes printanières, légères et colorées, un brin trop sages et trop longues pour affoler Popol d’entrée de jeu. Non, à vrai dire, elles n’ont pas besoin d’en rajouter, je rectifie mon appréciation première, elles sont très jolies !
Rosa, c’est vraiment « Mignonne, allons voir si la rose... » ! Chevelure auburn frisottée, frimousse craquante, taches de rousseur, yeux verts et regard sage, style sainte-nitouche qu’avec des pincettes, ou plutôt des bonnes louches s’il s’agit d’aborder les rotondités provocantes de son corsage.
Camélia, c’est genre belle dame un peu fiérote, dont on se dit quand même qu’elle pourrait bien, très vite, descendre de son Olympe et tomber, dévote convaincue, à genoux face au Graal. La petite lueur espiègle de son regard bleu vous déshabille en effet en deux temps-trois mouvements. Blond châtain, ses cheveux longs masquent des seins plus modestes que ceux de sa commère, mais assurément aussi fiers que leur propriétaire.
Elles me racontent qu’elles ont assisté à ma conférence dans l’amphi, qu’elles sont étudiantes en psycho donc et qu’elles n’ont pas pu me poser toutes les questions qu’elles souhaitaient. Tu m’étonnes Charles, quand l’affiche est affriolante, ça se bouscule au portillon ! Et il y avait bien quatre cents michetons et miche…thons dans le grand amphi cet après-midi. Cela dit, vu précisément le nombre de thons que j’y ai recensé, je m’étonne de ne pas les avoir repérées ces deux perles ; elles devaient être bien planquées, au fond, pour que mon regard d’aigle (hum !) ne les capte pas.
— Bien, je vous écoute, que voulez savoir ?
Et c’est parti mon kiki ! Pendant une heure, elles mitraillent, interrogent, argumentent mes réponses, discutent, ergotent. Une heure ! J’avais prévu de ne leur accorder que dix minutes treize secondes maxi, le temps de siroter l’américano que le serveur a déjà mis neuf minutes à me servir, mais c’était sans compter sur leur immense soif de savoir. L’une et l’autre respirent la joie de vivre, une grande liberté et la musculature de leurs bras montrent bien leur côté sportif, accrocheur. Elles savent ce qu’elles valent et ce qu’elles veulent. Ce sont des gagnantes, cela se voit à la volonté de leurs propos, leur liberté de ton, leur détermination et leur force de caractère.
Je dois reconnaître que le temps ne m’a pas paru long en leur compagnie. Au contraire. Elles sont futées, enjouées, intelligentes et directes, notre trilogue est un vrai bonheur !
Ajoutez à cela, qu’à aucun moment, ni l’une ni l’autre n’a bougé un cil, pas de croisement-décroisement intempestif des jambes, de remontée indiscrète d’ourlet farceur, pas de provocation plus ou moins explicite. Vous comprendrez donc que je sois un peu scotché par leur demande : continuer cette conversation dans ma chambre ? Rien que ça !
Je sais, vous allez me dire, quand un blaireau de trente-six piges est aussi gentiment entrepris par deux adorables minettes de vingt/vingt-cinq balais, normally, il ne doit pas se poser beaucoup de questions, à part se demander s’il a bien pensé à réapprovisionner son stock de petits manteaux dans la poche secrète de sa valise.
Certes !
Sauf, que si j’ai pris cette chambre, dans un palace, à dix minutes à peine de mon duplex en attique spa-sauna-mini-golf, c’est parce que j’ai besoin d’être tranquille (Oui je, sais un duplex en attique, ça s’appelle un penthouse, mais le terme est un peu pompeux, non ? Or moi, je suis resté très simple !). Bref, si je suis à l’hôtel, c’est pour être peinard. Genre coupé du monde ! No phone, no sex ! No woman no cry !
Procrastinateurs mes frères, vous me comprendrez. Il se trouve que mon éditeur, qui m’a versé il y a quelque temps déjà une confortable avance (d’où le spa-sauna-mini-golf), mon éditeur donc attend avec une certaine « impatience » (quelle salope celle-là, puisse-t-elle lui faire du bien), mon éditeur dis-je, attend mon bouquin pour… hier. Douze chapitres de mon tapuscrit sont bel et bien imprimés sur papier, mais il me reste les deux derniers à pianoter. Bien sûr, ils sont là, dans ma caboche, constitués patiemment au long de mes insomnies, mais vous savez comment ça se passe, quand vous vous mettez au clavier, le beau roman prend parfois des tours et détours inattendus. Faut dire que mes personnages ont souvent des idées sottes et grenues qui bouleversent le cours pourtant hyper balisé de leurs aventures. Il suffit qu’il y en ait un ou une qui se révèle plus jaloux ou jalouse que prévu et la plus millimétrée des partouzes peut partir en jus de quenouilles !
Bref, pas le choix, je dois bosser, le temps n’est pas aux galipettes !
Et puis, franchement, elles sont trop fraîches mes gazelles, trop… pures (c’est encore possible à leur âge ?), trop pures pour qu’un satyre cornu s’en viennent farfouiller dans leurs tendres gazons.
Et puis non ! Non, en fait, la vraie raison, c’est que notre conversation a été si agréable, si franche, si positive que je n’ai vraiment pas envie d’en gâcher le souvenir. Une autre fois peut-être les chéries, me dis-je, un peu déconfit quand même.
Je suis donc déterminé :
— Mesdemoiselles, je vous ai accordé beaucoup plus de temps que je n’avais prévu, j’ai beaucoup de travail qui m’attend, je vous remercie et vous souhaite encore une très bonne journée.
Là-dessus, one, je me lève, two, je m’incline, three, je me dirige vers le bar pour faire noter les consommations sur ma note.
— Monsieur Béreau, juste une chose, me demande Rosa, vous pouvez demander au barman de nous ramener nos carrosses ?
— Vos carrosses ? je demande en fronçant les sourcils.
Mais qu’est-ce qu’elle raconte la Cendrillon ?
— Oui-oui, nos carrosses, lâchent les deux fleurs en opinant résolument (de la tête of course).
Je suis dubitatif dans un premier temps, estomaqué dans un second lorsque je vois le serveur qui a capté la demande attraper un fauteuil roulant et le pousser vers mes invitantes. Effondré ensuite, lorsque j’aperçois un second fauteuil en attente près du bar.
La claque, la baffe, la tourniole, le coup de bambou, de Trafalgar ! Waterloo, morne plaine !
Ah bravo, Monsieur le psychologue, vous avez un jugement infaillible ! Vous disiez quoi ? Joie de vivre, libres, sportives ?
Vous dire que je me sens con à ce moment-là est vraiment un doux euphémisme !
oooOOOooo
Après les avoir quittées, j’ai torché les quatre chapitres restants (oui, deux se sont rajoutés ino-piné-ment). Je n'ai pas dormi une seconde de toute la nuit, de toute la matinée et même au-delà des « Merveilles de la France profonde » du JT de treize heures. Vous dire que j’ai pondu ce jour-là la merveille des merveilles des gorges profondes serait sans doute un tantinet exagéré, mais le plus gros est fait. Il y aura des corrections, des reprises à faire, des rajouts de sauce sperma-tonitruante à incorporer, mais bon, il y a toujours des reprises à faire, toujours des corrections à apporter…
L’accouchement cependant s’est fait aux forceps. L’image des deux mignonnettes à roulettes s’était imprimée dans mon cerveau. Je me posais douze mille questions sur leurs handicaps et mon cerveau tournait plus en mode psycho que pornographe.
Je me suis retrouvé confronté à des cas de misère sexuelle chez quelques patients dans mon passé de thérapeute et ma formation m’avait permis de les soutenir et dans certains cas, de les ramener vers des horizons souriants. Certes ! Mais là, j’avais beau fouiller dans ma mémoire, je n’avais souvenir d’aucun cours dans mon cursus universitaire qui ait abordé tant soit peu leur réalité précise. Et pour ce qu’elles m’en avaient dit, je ne dois pas être le seul ignare en ce domaine. Elles-mêmes n’ont trouvé aucune réponse, aucun accompagnement, ni auprès des médecins à l’hôpital ni auprès des éducateurs au centre de rééducation. Tous se sont retranchés derrière les autres urgences à traiter d’abord, les priorités du moment :
« On en est pas encore là », « On verra ça plus tard » : des « plus tard » prononcés avec une légèreté coupable sous-entendant « jamais » et des « On » signifiant « avec qui vous voudrez, mais pas avec moi ! ».
Ces réflexions étaient revenues régulièrement s’imposer alors que je m’astreignais à détailler des scènes de plus en plus hots jusqu’au feu d’artifesses final. Des interrogations de psychologue consciencieux qui avaient sérieusement compliquée ma tâche de pornographe pisse-copies au kilomètre. D’ailleurs, quand je dis que le psycho avait pris le pas sur le concupiscent pernicieux, je me trompe, je me cache en fait : vu l’émotion qui m’étreignait à chaque fois que me revenait l’image de leurs jambes accessoires, c’est juste le bonhomme, l’homme qui réagissait. L’homme, touché, ému, sensible, pas le thérapeute clinique, et surtout pas le queutard épistolaire. Le bonhomme qui se demandait sincèrement ce que ces deux adorables gisquettes attendaient précisément de lui.
C’est donc avec un soulagement incommensurable que j’étais arrivé au bout (et à bout) de mon pensum alimentaire et que j’avais appuyé sur le bouton « Envoi » de la messagerie avant de glisser le lard dans le torchon.
Rapide calcul, il me restait cinq heures de sommeil réparateur avant de rejoindre mes pénates.
Car c’est chez moi que j’avais donné rendez-vous à Rosa et Camélia.
oooOOOooo
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Marcus, ex-psychologue reconverti en auteur érotique, reçoit chez lui Rosa et Camélia, deux étudiantes en fauteuil roulant aussi déterminées que séduisantes. Autour d'un repas sur sa terrasse, le ton passe vite du complice au frontal. Entre leurs confidences désarmantes et leurs répliques qui fusent, Marcus se retrouve sur un terrain qu'il n'avait pas anticipé. Un dîner comme les autres ? Rien n'est moins sûr.
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