Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Roule ma poule... — Chapitre 5
Auteur
Roule ma poule...
Chapitre 5
Près de six mois se sont écoulés depuis ce jour-là. L’été a succédé au printemps, mais n’est déjà plus qu’un souvenir. Sur la terrasse, j’ai emballé table, chaises et autres canapés sous leurs housses d’hivernage, vidangé le spa. Peut-être, s’il neige vers Noël, le remettrai-je en eau, le temps d’un bain revigorant. Original. On verra…
Camélia habite chez moi ! Avec moi !
Je suis heureux. Elle est heureuse. Nous sommes heureux !
C’est con, je sais ! Mais c’est bon !
Oh, le miracle n’a pas eu lieu, pas d’orgasme vaginal, jamais. Jusqu’à aujourd’hui du moins, mais on garde espoir ! Indécrottables ! Ce qui ne nous empêche pas de nous envoyer en l’air assez régulièrement. Assez souvent. Enfin, à son rythme, à sa demande en fait. Je ne suis jamais demandeur. Pas que je n’ai pas envie d’elle, bien au contraire ! Si ça ne tenait qu’à moi... Mais, je préfère suivre son rythme, ses envies, son désir. Et ma foi, je ne peux pas me plaindre, elle est quand même assez gourmande.
Dans son grand sac, outre la trousse et sa bombe miracle, lors de sa première venue, il y avait des petites affaires de rechange, linge et stock de Confiance-barrières antifuites taille Ado. Il y avait aussi un siège pliant, en aluminium, pour mettre dans la douche. Indispensable accessoire de son autonomie. Après notre première séance, elle était repartie avec ce tabouret, Rosa le rapportant à son tour. Rapidement, j’ai acheté tous les éléments indispensables au confort et à l’autonomie de mes charmantes. Et petit à petit, nous avons récupéré toutes les affaires de Camélia chez Rosa. Elle habite chez moi. Je l’aime ! Elle m'aime !
Rosa ? Elle va bien ! Très bien même. En définitive, les séances de thérapie appliquées n’ont pas duré longtemps. Comme me l’avait expliqué Camélia, Rosa ne souffrait pas vraiment de blocages et contraintes physiques ou physiologiques. Grosso modo, la boutique était relativement en état de marche, sensible et réactive, et il aura suffi d’un coup de… pouce et quelques autres péripéties pour décalaminer la culasse et régler l’auto-allumage. C’est plutôt côté centrale électronique qu’il a fallu bidouiller. Il y avait quelques bugs, des courts-circuits à circonscrire, des blocages à circonvenir ! Bizarrement, dès le départ, Rosa avait demandé que nos séances se déroulent en présence de Camélia. En témoin passif. Pour qu’elle soit témoin de nos ébats physiques, gaillards et enjoués, mais dénués de sentimentalité. Petites baises entre amis, entre copains.
Rosa avait compris bien avant nous ce qui était en train de se tisser entre Camélia et moi !
Et cela s’est sans doute révélé déterminant pour elle : qu’un marchant puisse tomber raide dingue amoureux d’une roulante, pourtant plus difficile encore à aborder, à gérer qu’elle-même, ça l’avait désinhibée, rassurée. Elle s’était laissé aller avec plus de facilité, de confiance. Elle avait accepté les caresses, s’y était abandonnée, s’était autorisée à réagir aux papouilles. Son premier orgasme avait été déclenché par des caresses légères dans sa fente inondée, son fouillis de petites lèvres sensibles et surtout par l’activation de son clitoris. Désinhibé, le cabochon lui avait offert une première envolée. Libératrice !
Dans la séance suivante, après un cunnilingus d’anthologie, j’étais venu présenter mon membre à l’entrée de son labyrinthe. Contrairement aux fois précédentes où elle était toujours restée attentiste, faisant une analyse clinique et détachée de la pénétration, cette fois-là, Rosa m’avait supplié de la pénétrer. Elle avait aimé ressentir pleinement l’entrée progressive de la colonne chaude dans son intimité, son torse s’était empourpré, son corps avait frémi, ses doigts s’étaient accrochés dans le drap. La progression de la gaule l’avait transportée et pour la première fois, elle avait osé oraliser son désir.
— Viens Marc, baise-moi fort ! Profond ! Démonte-moi !
Chacun des va-et-vient lui avait alors fait gravir le sentier illuminé. Apeurée, Rosa avait craint une seconde caler au dernier moment mais le saccage précipité de sa galerie de sape ne lui avait laissé aucune chance de résister. Pleurant, criant, se mordant le poing, Rosa s’était catapultée dans les sommets irradiés du plaisir.
Rosa avait donc crevé son plafond de verre avec une certaine facilité en définitive. Sans compter que son petit tempérament exhibitionniste s’était trouvé satisfait par la présence encourageante et attentive de son amie. Les deux jeunes femmes se connaissaient sur le bout des ongles et s’étaient certes consolées à maintes reprises, s’explorant, s’expérimentant l’une l’autre et Rosa avait reconnu que la présence de Camélia l’excitait. Même si cette présence la gênait en même temps, car elle craignait que son propre plaisir ne peine sa douce amie. Pas simple tout ça !
Sa volonté d’être femme à part entière, une femme aussi libre et sexy que n’importe quelle autre, avait suscité une demande inattendue de sa part. Rosa avait souhaité s’exposer, poser nue, se faire photographier dans des poses suggestives, érotiques, lascives, comme les filles des magazines, comme les amatrices qui s’exposent sur internet. Comme beaucoup d'autres femmes, libres et épanouies.
Mauvais photographe, j’avais fait appel à un ami, celui-là même qui réalise toutes les couvertures de mes bouquins. Ensemble, nous avions convenu d’un rendez-vous à son studio, estimant que ce cadre placerait Rosa dans un contexte de parfaite normalité. Comme n’importe quel autre modèle.
La séance s’était merveilleusement déroulée, les photos, très chaudes, étaient d’une qualité époustouflante, grâce au photographe bien sûr, mais surtout grâce à son étonnant modèle. Sans pratiquement rien dévoiler des détails de son corps, Rosa, dans des positions variées qui n’étaient pas toujours agréables ni faciles pour elle, Rosa, par son regard, son sex-appeal naturel avait transmis un souffle puissamment érotique aux prises de vue. Une grande et belle réussite.
Réussite couronnée quelques semaines plus tard par un autre shooting, en sous-vêtements fins cette fois. Via une agence de pub, Rosa avait posé pour un groupe régional de boutiques de lingeries. Ni l’agence ni le client final, qui l’avaient présélectionnée sur photos, n’avaient eu connaissance de son handicap. Jusqu’à la livraison du shooting et leur choix définitif. Ce n’est qu’une fois les épreuves validées que la vérité leur avait été dévoilée.
Assez brutalement d’ailleurs : Bastien, sans rien leur dire, avait conduit les publicitaires, la PDG et son staff dans une pièce voisine. En découvrant la sublime rousse dans son fauteuil, la PDG avait été profondément émue ! Et spontanément, avait déclaré ne rien vouloir révéler au public et à la presse. Pas dans un premier temps en tous cas, pour ne pas risquer voir la marque paraître opportuniste ou malsaine. Rosa était devenue l’égérie du réseau pour trois campagnes d’affichage et presse écrite.
Ce n’est qu’au lancement de la troisième campagne, à l’automne, que le handicap de Rosa avait été révélé, le groupe annonçant dans le même temps son engagement pérenne dans plusieurs associations et auprès de centres de rééducation-réadaptation fonctionnelle. Un mécénat aussi conséquent et généreux que risqué pour la marque, mais qui avait généré un buzz retentissant et largement positif aussi bien du côté des médias que de la clientèle. Bien au-delà des frontières régionales ! Rosa, star des magazines ! La madone à roulettes !
Rosa vient nous voir régulièrement. Un peu moins, ces derniers temps. Moins depuis qu’elle fricote avec Bastien. Il est chouette Bastien ! Presque deux fois la taille de la minette (oui, bon, j’exagère un peu, mais à peine !). Un bon nounours, encombré par son grand corps, pataud et incroyablement maladroit dans la vie, mais d’une infinie délicatesse lorsqu’il s’agit de manipuler sa petite Rosa ! Un orfèvre ! Et pour ce que nous en savons, il la manipule plutôt très bien sa petite fleur rouquine !
Il a parfaitement compris les soins particuliers que j’ai pu apporter à Rosa pendant un temps, et m’en a d’ailleurs remercié en parfait gentleman qu’il est. Pour autant, chacun chez soi, et les moutonnes seront bien gardées ! Non, pas de parties carrées, de soirées bonga-bonga même si certains de nos dîners n’ont pas été exempts d’un parfum d’érotisme de bon aloi et si quelques séances photo privées de nos deux muses ont été plutôt épicées.
Mais toi garçon, t’en es où exactement avec ta princesse Pipicaca ? (c’est elle qui se surnomme comme ça parce que… enfin vous voyez…)
Moi ? Ça roule, Raoul !
On se fait à tout, on s’accommode de tout en fait ! C’est incroyable, c’est surprenant ! Réconfortant aussi. Bien sûr, n’étant ni coprophile ni versé dans l’ondinisme, je ne vais pas dire que je suis tout à fait ravi des précautions d’usages induits par les in...con… vénients de ma partenaire.
Oui certes, pas de petit coup vite fait su’ le gaz à l’improviste; avant de passer par la case Grand Soir, il faut en passer par la case SdB avec sondages express. OK ! Et encore, parfois, il faut faire preuve de patience, obligation de passer par le Parking Gratuit pour patienter : « Chérie, je te rappelle que tu as bu un grand de thé il y a dix minutes. Donc, wait and…pisse ! »
À chacun ses préliminaires ! Les nôtres ne sont pas affriolants certes mais nous les assumons pleinement. D’autant que, la donzelle étant parfaitement autonome pour ces opérations, elle est parfaitement capable aussi de se préparer herself-toute seule, en lousdé, et arrive donc à me surprendre parfois.
Évidemment, le point noir, reste l’absence d’orgasme. Pas d’orgasme vaginal et encore moins clitoridien. Mais des orgasmes, oui, quand même, comme n’importe qu’elle autre femme, orgasmes d’origine torso-mammaires par vibrations - plume d’oie - glaçons. Mais c’est vraiment de loin en loin, car la libido s’habitue vite à ce genre de traitements, ou alors il faut se renouveler sérieux dans le scénario et les moyens, pour arriver à surprendre. Mais même rares, (en fait, ce n’est arrivé que quatre fois), ces orgasmes-là sont d’autant plus dévastateurs ! Mon dos s’en est souvenu un bon moment quand des ongles ravageurs l’ont lacéré.
Pour la sphère inférieure, pas de miracle malheureusement. Camélia me dit ressentir mes assauts contre son utérus, qui couplés aux caresses et autres agaceries à l’étage supérieur, l’amènent de temps à autre, à des para-orgasmes, sensations puissantes, chaleur intense, transes délicieuses. Agréables, apaisantes, dé-contrastantes. Mais pas le grand saut !
C’est frustrant ! Pour elle bien sûr ! Et pour moi tout autant…
Le deuxième de ses vrais orgasmes, ça a été après la visite de mon éditeur. Il était passé me voir, avec son… « impatience » (plutôt canon d’ailleurs la grande blonde !). Au moment des salutations, j’avais présenté Camélia comme étant l’amour de ma vie! Ça l’avait touchée la petiote !
Faut dire qu’elle ne m’a jamais dit « Je t’aime ».
« Je t’adore »,
« tu es mon chéri d’amour », tout plein de petits mots gentils, oui ! Mais jamais « Je t’aime ». Et moi, quand je le lui dis, elle me bâillonne, elle me gronde, lève les yeux au ciel, me chatouille pour détourner la conversation. Peut-être que ces deux syllabes l'effrayent. Peut-être se sent-elle trop « incomplète » pour me satisfaire, sans doute refuse-t-elle de m'enchaîner à son handicap. Je ne sais pas. Je n'insiste pas. Je l'aime, c'est suffisant.
« tu es mon chéri d’amour », tout plein de petits mots gentils, oui ! Mais jamais « Je t’aime ». Et moi, quand je le lui dis, elle me bâillonne, elle me gronde, lève les yeux au ciel, me chatouille pour détourner la conversation. Peut-être que ces deux syllabes l'effrayent. Peut-être se sent-elle trop « incomplète » pour me satisfaire, sans doute refuse-t-elle de m'enchaîner à son handicap. Je ne sais pas. Je n'insiste pas. Je l'aime, c'est suffisant.
Mais c’est frustrant, ça aussi !
N’empêche qu’elle a dû être touchée par ma déclaration officielle devant témoins, puisqu’un peu plus tard, elle s’était révélée hypersensible et réceptive. Et c’est là donc qu’elle avait connu son deuxième para-orgasme !
Du coup, je me demande : qu’est-ce que ça va être quand je vais très officiellement lui demander de m’épouser ?
Touchée-coulée ?
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