Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Roule ma poule... — Chapitre 3
Auteur
Roule ma poule...
Chapitre 3
Bisous, baisers, pelles démentielles, je n’ai pas le temps de respirer en passant de l’une à l’autre. Et leurs mains, qui s’affolent sur mon torse, dégringolent sur mon ventre, s’en viennent peloter mon braquemart. De français, mon slip devient tente canadienne en moins de deux et les garces s’emploient allègrement à tester la résistance du mât !
Moi, je suis plutôt empêtré : allongé sur le dos, coincé entre elles, je n’ai plus qu’à me croiser les bras. Ou plutôt à croiser les bras pour que mes mains puissent atteindre les rondeurs laiteuses aux pointes cramoisies. La vache, sacrées paires, fermes et douces, affolantes et parfaites. Un régal pour mes doigts alpinistes.
Si moi j’en ai plein les mains, les gourmandes ne chôment pas non plus : le franco-canadien a bel et bien été troussé et le mât de beaupré est devenu mât de misaine. Je me prends une petite claque sur les fesses, je comprends et me soulève, les duettistes font glisser le tricolore sur mes cuisses, je plie mes jambes et elles me débarrassent du ridicule franchouillard.
Elles se la jouent à quatre mains, coulissent sur l’instrument, furètent dans tous les coins, soupèsent le bag de la cornemuse. Affolant ! La chaleur de leurs paumes, la pression légère de leurs doigts qui se croisent — affolant ! C’est la tempête du siècle, faudrait voir à se calmer les filles, j’ai les haubans qui lâchent, je vais démâter incessamment sous peu ! J’en suis presque à crier grâce quand dans un beau mouvement, style natation synchronisée, mes sirènes exécutent un retournement spectaculaire ! Je n’ai pas tout compris à la manœuvre, mais le fait est que je me retrouve le nez dans leurs shorts.
Elles, evidently, après ce retournement à 180°, sont en position d’attaque :
— C’est vrai qu’il y a de quoi grignoter, déclare Rosa
— Tais-toi et mange, lui intime Camélia.
— Tais-toi et mange, lui intime Camélia.
Écartelé, je subis les assauts des gourmandes. Franchement, une petite langue bien active sur le manche, c’est super délicieux, mais deux ! Je vous es-pli-que pas ! Je passe d’une bouche à l’autre ! Enfin, quand je dis « je »… mon Popol ! Il est la fête, grand nettoyage de printemps, lavage complet et en profondeur, elles l’astiquent le mandrin ! J’ai les glaouis qui se rétractent, dans l’espoir peut-être d’échapper aux voraces. Peine perdue, eux aussi sont explorés, cajolés, délicieusement suçotés.
Par contre, et même si le traitement est fabuleux, moi, je me sens un brin inutile, hors la mise à disposition du manche à palais. Bien sûr, vu la position, j’ai un accès plus aisé désormais à leurs airbags dont je m’occupe avec vaillance. Certes, mais j’ai aussi sous le nez leurs petits shorts en jean et j’aimerais bien découvrir leurs contenus ! Mais streng verboten today, ont-elles dit ! Donc, j’obéis, mais… Warum, sag warum ? C’est que j’aimerais bien moi la franchir la ligne de démarcation !
De toute façon, mes furieuses ne me laissent guère l’occasion de me poser trente-six mille questions. Ces démones sont en train de me catapulter !
— Les filles, … dou… doucement ! … Dou…
Trop tard, il est minuit Docteur Schweitzer, le décompte est achevé, la machine est lancée. Premier jet, dans quelle bouche je ne sais pas, peu importe, la deuxième salve se perd dans l’espace, la troisième trouve visiblement un havre chaud pour la recueillir. Pour la suite, il faudra demander aux manipulatrices, moi, je ne vois plus rien, je ne sens plus rien, enfin, disons que je ne distingue plus grand-chose…
Je n’ai pas le temps de reprendre mes esprits que mes acharnées me refont leur tournicoti-tournicoton synchronisé et viennent me couvrir de bisous et papouilles. Hey, je peux respirer les meufs ?
— Bon, un peu rapide ! On va dire que c’est l’excitation de la première fois, commente Camélia.
— L’effet de surprise étant passé, on espère plus d’endurance la prochainement fois, prévient Rosa.
Je ris, elle a des pendeloques gélifiées dans ses bouclettes rousses !
oooOOOooo
Le lendemain, j'ai tourné en rond. Cogité, retourné le problème dans tous les sens. Est-ce qu'elles me rappelleraient ? Est-ce qu'elles voulaient continuer ou en rester là ? Et moi, au fond, qu'est-ce que je voulais ? Je n'avais pas de réponse claire à cette dernière question, ce qui était déjà une réponse en soi.
Camélia est venue seule ce soir, je l’ai accueillie dans le parking du sol-sol comme la veille. Super la technologie ! Une fois garé, le hayon modifié du Voyager s’ouvre électriquement, vers le bas, pas vers le haut. Une plaque coulisse pour protéger la lunette arrière et offrir une surface plane. La conductrice libère les ancrages de son fauteuil, recule, fait demi-tour et descend la pente, tout ça en vingt-deux secondes trois dixièmes. Puis clic, pour refermer le hayon et le Voyager clignote et bip-bipe.
Dans l’ascenseur vers le cinquième étage, Camélia sourit aux anges. Elle est choupette avec son chemisier échancré et sa jupe plissée. Mais je ne sais pas quoi lui dire, donc, je ferme mon clapet et maintiens le gros sac qu’elle m’a fait prendre dans le hayon.
— C’est vraiment classe chez toi, dit-elle en se baladant dans l’appartement. Moderne, simple, clair et de bon goût, chicos, mais rien de tape-à-l’œil.
Elle fait le tour du propriétaire, s’arrête pour contempler une toile au mur, s’amuse de quelques gadgets, critique ma cuisine.
— Bon, la cuisine, pas très adaptée pour moi, je ne te mitonnerai pas des petits plats. Mais, crois-moi, c’est tant mieux pour toi !
Elle retourne vers l’ascenseur :
— On peut monter à l’étage ? Au salon ? On y sera mieux pour placoter.
Discuter, OK, ça me laisse un répit ! Ce n’est pas de trop, car franchement, je ne sais pas très bien où j’en suis. J’ai passé la journée à cogiter sur la suite des événements et je ne suis pas très rassuré. Et même carrément dubitatif, un poil embarrassé…
— Et le sac ?
— Ta chambre est au second donc il monte !
— Ta chambre est au second donc il monte !
Ascenseur, on débouche dans le grand salon, elle file vers la baie vitrée.
— Laisse le sac ici pour l’instant, c’est pour la salle de bain.
Il fait doux ce soir encore, il est vingt heures, le soleil nous accompagnera bien une demi-heure environ avant de se coucher derrière les collines. Camélia est radieuse, ses cheveux longs volettent un peu sous la brise lorsqu’elle roule d’un coin de la terrasse à l’autre. J’ai du mal à la suivre, avec son fauteuil à roues carénées en V, elle file à toute allure, tourne sans avertir, recule sans prévenir. Elle porte un chemisier pêche, suffisamment diaphane pour que je distingue les rondeurs pâles de ses seins et leurs aréoles rosées. Sa jupe plissée, beige, se soulève un peu dans ses déplacements, découvrant le haut de ses cuisses.
— Je m’installerais bien dans le canapé, tu m’aides ?
— Bien sûr, Mam’zelle !
— Bien sûr, Mam’zelle !
Je la soulève sans problème, elle est plus grande que Rosa, mais pas bien lourde. Elle s’accroche à moi avec son bras droit autour de mon cou, mais attend d’être calée dans le sofa pour me tendre ses lèvres. Nous échangeons un baiser, très doux, très tendre, puis déjà, nos sens en éveil nous conduisent vers des étreintes plus passionnées. Très vite cependant, alors que mes mains déjà s’égarent vers ses seins adorables, elle se reprend :
— Attends, faut qu’on parle, que je t’explique.
Air sérieux, presque grave, regard intimidé, presque implorant.
— On va parler technique, mais d’abord, faut que je te dise, on a beaucoup cogité Rosa et moi depuis hier soir.
Aie ? Ouf ? Que va-t-elle m’annoncer ? Que tout compte fait, elles préfèrent en rester là, que je ne vais pas faire l’affaire ? Qu’elle est venue seule, car elle est plus diplomate que Rosa pour me faire passer la pilule ? Est-ce que je dois en être triste ou me sentir délivré ? Et puis non, si elle m’a fait monter un sac pour la salle de bains, si elle vient de m’embrasser si tendrement, ce n’est pas pour me planter au bord du chemin ! Et merde, qu’est-ce que je dois penser ? Oh, et puis zut, ça ne fait que deux jours que je les connais les sauterelles, mais je suis déjà très attaché à elles. T’es trop con, mec !
Vraiment trop con !
Et puis, m’enfin, sauterelles ! Franchement, tu trouves vraiment que c’est le surnom adapté pour elles ?
C’est fou tout ce à quoi on peut penser en une petite seconde d’incertitude !
— D’abord, on est d’accord toutes les deux, le trio, ça peut être sympa de temps en temps, mais ce n’est pas l’idéal. Ça ne doit pas être une habitude.
— Là-dessus, je suis complètement d’accord ! Et d’ailleurs…
— Tais-toi ! Là, c’est moi qui cause !
— Là-dessus, je suis complètement d’accord ! Et d’ailleurs…
— Tais-toi ! Là, c’est moi qui cause !
Eh bé, pas si timide ou réservée que ça la p’tiote ! Elle sait s’imposer !
— Comme dit, parlons traumatologie deux minutes. Rosa et moi avons à peu près les mêmes soucis, mais pas tout à fait. Nos lésions spinales sont légèrement différentes et induisent des conséquences sensibles. Enfin sensibles, façon de parler. Puisque justement, pas ou peu de sensibilité sous la ceinture. Pour ce qui est de remarcher un jour, tu peux courir si je puis dire. Niet, ou alors, si, mais avec un exosquelette. Des progrès sont faits tous les jours dans ce domaine, il y a des dizaines de programmes en cours à travers le monde. Franchement, il n’est carrément pas impossible que d’ici dès l’année prochaine ou deux ou trois ans maxi, nous puissions Rosa et moi, nous déplacer presque normalement avec des exos relativement discrets. Autonomie sans doute restreinte, mais ce serait déjà un immense progrès. Quoique… à voir. Le vrai souci n’est pas là, car ce ne sont pas nos carrosses qui nous posent le plus de problèmes.
OK, bien reçu. Jusque-là, j’assimile.
— Bref, pour les exosquelettes, tu pourras toujours fouiner sur le net, tu trouveras des précisions. Mais bon, pour en venir au cas de Rosa d’abord, vu le positionnement et la nature de ses lésions, elle s’en sort plutôt bien, car elle conserve une certaine sensibilité clitoridienne ainsi qu’une quasi-maîtrise de ses fonctions naturelles. En bref, elle devrait assez facilement atteindre l’orgasme pour peu qu’elle soit correctement stimulée et surtout, qu’elle arrive à franchir ses appréhensions psychologiques. Et ce n’est pas la moindre des difficultés.
Camélia baisse un peu la tête, se rembrunit, parle un ton en dessous :
— Pour moi, les choses sont plus compliquées. Je vais essayer de ne pas être trop technique pour que tu comprennes. Chez moi, les atteintes sont plus profondes : tout ce qui relève des stimulations réflexogènes, donc liées aux nerfs, est coupé. C’est le cas de le dire puisqu’en fait les nerfs concernés sont soit coupés, soit bloqués mécaniquement, on ne sait pas trop bien en l’occurrence à cette heure. Mais, résultat, pas de sensibilité clitoridienne, pas de gonflements des lèvres, pas de lubrification. Me reste juste, a priori, une certaine sensibilité vaginale ou pour être plus précise, sensibilité de l’utérus, car cette zone-là ne dépend pas des nerfs touchés chez moi. Par contre, et c’est là une bonne nouvelle, la stimulation psychogène, le facteur psychologique donc, peut dans une certaine mesure réactiver les zones que je viens d’énumérer et amener, sinon à l’orgasme, du moins à un para-orgasme.
Camélia s’interrompt un instant, prend une grande respiration :
— Là où les choses se corsent, là où ma situation est réellement compliquée, c’est du fait, excuse-moi d’être directe et franche, c’est du fait que… je n’ai pas de contrôle sur ma vessie et mes sphincters. Donc, tu imagines le tableau ! En gros, si je veux avoir une relation sexuelle, il faut au préalable procéder à des opérations peu ragoûtantes de sondage de vessie et lavement rectal, et ce, dans le quart d’heure qui précède le rapport. Et encore, à condition de n’avoir rien ingéré dans la demi-heure qui précède, sinon, il faut attendre… Tu avoueras que ce n’est pas très glamour ! Et donc, pas question de céder à une pulsion, de s’envoyer en l’air, crac-boum-hue, sur la table de la cuisine quand l’envie vous en prend ! Ou alors, il faut vraiment aimer vivre dangereusement… ou avoir des goûts très particuliers et ce n’est pas mon cas ! Voilà, maintenant, tu comprends pourquoi hier soir, après notre petit dîner, il n’était pas question de franchir le cap ! Franchement, je doute que tu aurais pu trouver nos culottes Confiance très sexy, malgré ce qu’en dit la pub…
J’ai un peu l’impression de m’être pris un seau d’eau glacé dans la tronche. À moins que ce ne soit un 35 tonnes en pleine gueule. Depuis deux jours, je m’interrogeais sur la sensibilité éventuelle de mes partenaires : quel plaisir serait-il possible de leur donner, comment et… le reste. Mais le coup de l’incontinence ne m’avait pas effleuré ! Sondages et lavements, c’est sûr que ça n’est pas très glamour !
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