Fiction
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Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mémoires d'une toute petite queue — Chapitre 18
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Mémoires d'une toute petite queue
Chapitre 18
Morgane m'avait fait essayer un petit tablier à dentelles de serveuse.
‒ Non, mais ça te va trop bien, attends !
Elle a d'abord tenu à ce que je le revête pour cuisiner. Et puis, peu à peu, dans la maison, partout et tout le temps.
Elle me regardait vaquer à mes occupations d'un petit air amusé. Et a un jour conclu.
– Finalement, tu serais beaucoup mieux en fille.
Son amie Ismène en était, elle aussi, convaincue.
‒ Ah, ça, là-dessus, il y a pas photo.
‒ Non, mais ça te va trop bien, attends !
Elle a d'abord tenu à ce que je le revête pour cuisiner. Et puis, peu à peu, dans la maison, partout et tout le temps.
Elle me regardait vaquer à mes occupations d'un petit air amusé. Et a un jour conclu.
– Finalement, tu serais beaucoup mieux en fille.
Son amie Ismène en était, elle aussi, convaincue.
‒ Ah, ça, là-dessus, il y a pas photo.
Et on a passé le samedi suivant à faire les magasins tous les trois. J'ai dû essayer des monceaux de robes, de jupes, d'ensembles, de petits hauts. Elles choisissaient. Elles décidaient.
– Laisse-nous faire ! On a l'habitude.
– Laisse-nous faire ! On a l'habitude.
Au retour elles m'ont fait vider mes placards.
– T'as plus besoin de toutes ces frusques maintenant ! Juste un ou deux trucs pour aller au boulot. Et encore ! Bon, mais allez, tu nous paies le resto. On va fêter ça.
Elles ont voulu que je mette la robe verte qu'on venait d'acheter. Elles m'ont coiffé. Maquillé.
– Mais faudra que t'apprennes à le faire tout seul.
– T'as plus besoin de toutes ces frusques maintenant ! Juste un ou deux trucs pour aller au boulot. Et encore ! Bon, mais allez, tu nous paies le resto. On va fêter ça.
Elles ont voulu que je mette la robe verte qu'on venait d'acheter. Elles m'ont coiffé. Maquillé.
– Mais faudra que t'apprennes à le faire tout seul.
À une table, dans le fond, un type me dévorait des yeux.
– Tu lui plais. C'est clair que tu lui plais.
Ça les amusait follement.
– Il te fait carrément du rentre-dedans, oui. Regarde-moi ça ! Non, mais regarde-moi ça ! T'as plus qu'à conclure si tu veux. S'il savait, le mec ! S'il savait…
– Tu lui plais. C'est clair que tu lui plais.
Ça les amusait follement.
– Il te fait carrément du rentre-dedans, oui. Regarde-moi ça ! Non, mais regarde-moi ça ! T'as plus qu'à conclure si tu veux. S'il savait, le mec ! S'il savait…
En sortant du restaurant elles ont voulu aller faire un tour sur les boulevards.
– On va quand même pas s'arrêter en si bon chemin.
Elles les ont descendus, remontés, redescendus à l'affût des regards qui se posaient sur moi avec insistance, qui m'agrippaient, qui me déshabillaient. Elles en riaient tout ce qu'elles savaient.
– T'as un de ces succès ! Il y en a que pour toi. Heureusement qu'on n'est pas jalouses.
– On va quand même pas s'arrêter en si bon chemin.
Elles les ont descendus, remontés, redescendus à l'affût des regards qui se posaient sur moi avec insistance, qui m'agrippaient, qui me déshabillaient. Elles en riaient tout ce qu'elles savaient.
– T'as un de ces succès ! Il y en a que pour toi. Heureusement qu'on n'est pas jalouses.
* * *
Morgane a allumé.
– Tu dormais ? Ben, pas moi. J'y arrive pas. Comment ça m'a excitée tous ces mecs qui te draguent. Tiens, enfile ça !
Une chemise de nuit de satin rose agrémentée de dentelles. Elle m'a bandé les yeux, s'est laissée tomber sur le canapé et m'a attiré la tête entre ses cuisses.
– Tu dormais ? Ben, pas moi. J'y arrive pas. Comment ça m'a excitée tous ces mecs qui te draguent. Tiens, enfile ça !
Une chemise de nuit de satin rose agrémentée de dentelles. Elle m'a bandé les yeux, s'est laissée tomber sur le canapé et m'a attiré la tête entre ses cuisses.
Ismène n'en revenait pas.
– Eh ben dis donc ! Cette comédie, cette nuit ! Je croyais qu'il pouvait pas ?
– Il peut pas, non, c'est clair. Mais il a quand même appris à se servir du reste depuis le temps. Et pas mal du tout.
– Hein ? Mais c'est dégueulasse ! Et moi alors ?! J'y ai pas droit ?
– T'as qu'à demander. T'es assez grande, non, quand même…
– Eh ben dis donc ! Cette comédie, cette nuit ! Je croyais qu'il pouvait pas ?
– Il peut pas, non, c'est clair. Mais il a quand même appris à se servir du reste depuis le temps. Et pas mal du tout.
– Hein ? Mais c'est dégueulasse ! Et moi alors ?! J'y ai pas droit ?
– T'as qu'à demander. T'es assez grande, non, quand même…
Côté sous-vêtements, à leur avis, c'était que c'était pas ça du tout.
– Il te faudrait des trucs plus sexy. On connaît un endroit. C'est une copine à nous qui y travaille en plus.
Une copine qui m'a regardé, en leur compagnie, enfiler petites culottes, strings et bodys. Qui a pris les choses en mains. Qui a ajusté. Qui a conseillé. Qui a fait interminablement durer.
– Tu lui as tapé dans l'œil à Jasmine. Et pas qu'un peu ! Je la connais depuis le temps.
– Il te faudrait des trucs plus sexy. On connaît un endroit. C'est une copine à nous qui y travaille en plus.
Une copine qui m'a regardé, en leur compagnie, enfiler petites culottes, strings et bodys. Qui a pris les choses en mains. Qui a ajusté. Qui a conseillé. Qui a fait interminablement durer.
– Tu lui as tapé dans l'œil à Jasmine. Et pas qu'un peu ! Je la connais depuis le temps.
Elles ont cherché une terrasse de café.
– Pas là, non ! Il en faut une où il y ait plein de monde qui passe.
M'ont fait asseoir, tourné vers la rue.
– Eh ben alors ! Croise les jambes ! Fais quelque chose ! On n'est pas allés t'acheter des sous-vêtements comme ça pour que personne en profite. Mais plus haut ! Plus haut ! Ce que tu peux être godiche quand tu t'y mets. Là ! Ah, tu vois, ça y est, ça mord. T'as vu celui-là comment il a regardé mine de rien ? Il traverse. Il fait demi-tour sur l'autre trottoir. Tu paries qu'il va repasser ? Tiens, qu'est-ce que je disais ! Donne-lui en pour son argent quand même. Il l'a bien mérité.
Il y en a eu d'autres. Beaucoup d'autres. Quand elles se sont enfin décidées à rentrer, il faisait nuit…
– Pas là, non ! Il en faut une où il y ait plein de monde qui passe.
M'ont fait asseoir, tourné vers la rue.
– Eh ben alors ! Croise les jambes ! Fais quelque chose ! On n'est pas allés t'acheter des sous-vêtements comme ça pour que personne en profite. Mais plus haut ! Plus haut ! Ce que tu peux être godiche quand tu t'y mets. Là ! Ah, tu vois, ça y est, ça mord. T'as vu celui-là comment il a regardé mine de rien ? Il traverse. Il fait demi-tour sur l'autre trottoir. Tu paries qu'il va repasser ? Tiens, qu'est-ce que je disais ! Donne-lui en pour son argent quand même. Il l'a bien mérité.
Il y en a eu d'autres. Beaucoup d'autres. Quand elles se sont enfin décidées à rentrer, il faisait nuit…
Dans le métro, un type s'est collé contre mes fesses, s'y est appuyé, y a durci, a fini par y poser la main. Il a malaxé, pétri, respiré fort à mon oreille.
– Et tu l'as même pas giflé. Mais on gifle dans ces cas-là ! À moins que t'aies apprécié. Oui, sûrement que t'as apprécié. Avoue !
Elles, elles avaient apprécié en tout cas. Ça ne faisait pas l'ombre d'un doute.
– Et tu l'as même pas giflé. Mais on gifle dans ces cas-là ! À moins que t'aies apprécié. Oui, sûrement que t'as apprécié. Avoue !
Elles, elles avaient apprécié en tout cas. Ça ne faisait pas l'ombre d'un doute.
Bon, mais puisque je plaisais tant que ça, que tout le monde se retournait sur moi, je savais pas ce qu'on allait faire ? Eh ben j'allais leur en trouver des mecs.
– Des bien canons. Des à se mettre à genoux devant. Des ceux-là qui sont toujours pour les autres.
– On choisira. On te dira. Tu les laisses te brancher. Tu nous présentes. Et tu te débrouilles pour disparaître. Après, nous, on s'occupe du reste.
– Des bien canons. Des à se mettre à genoux devant. Des ceux-là qui sont toujours pour les autres.
– On choisira. On te dira. Tu les laisses te brancher. Tu nous présentes. Et tu te débrouilles pour disparaître. Après, nous, on s'occupe du reste.
– Celui-là ?
Oui, oh bof…
– Celui-là alors ? Il est mignon, non ?
– On doit pouvoir trouver mieux. Beaucoup mieux.
On a longé des dizaines et des dizaines de terrasses de café.
– Lui !
Après des heures et des heures d'errance.
– Oh, oui, lui ! Lui ! Vas-y ! Mais te loupe pas, hein !
Je suis revenu, seul. J'ai occupé la table juste à côté de la sienne. Il m'a jeté un regard indifférent, s'est replongé dans sa lecture. J'ai commandé un thé, laissé tomber ma petite cuillère qu'il s'est baissé pour ramasser.
– Merci.
– Il y a pas de quoi.
Il a fermé son livre, l'a repoussé.
– C'est quand même malheureux d'être obligé de travailler par un temps pareil !
– Vous plaignez pas ! Vous, au moins, vous pouvez le faire dehors.
– Parce que vous travaillez où, vous ? Dans un bureau ?
– Une grande surface. Mais c'est sans intérêt.
– Ah, mais si ! Mais si ! Moi, ça m'intéresse toujours ce que les autres vivent. Ce qu'ils font.
– On dit ça. On dit ça, mais en réalité chacun ne pense jamais qu'à soi.
– En ce qui me concerne je vous assure que non.
– Vous êtes psychologue alors !
– Pas d'insultes, s'il vous plaît, pas d'insultes !
J'ai ri. Lui aussi.
– Vous y croyez pas ?
– Ni à cette religion ni à une autre.
Oui, oh bof…
– Celui-là alors ? Il est mignon, non ?
– On doit pouvoir trouver mieux. Beaucoup mieux.
On a longé des dizaines et des dizaines de terrasses de café.
– Lui !
Après des heures et des heures d'errance.
– Oh, oui, lui ! Lui ! Vas-y ! Mais te loupe pas, hein !
Je suis revenu, seul. J'ai occupé la table juste à côté de la sienne. Il m'a jeté un regard indifférent, s'est replongé dans sa lecture. J'ai commandé un thé, laissé tomber ma petite cuillère qu'il s'est baissé pour ramasser.
– Merci.
– Il y a pas de quoi.
Il a fermé son livre, l'a repoussé.
– C'est quand même malheureux d'être obligé de travailler par un temps pareil !
– Vous plaignez pas ! Vous, au moins, vous pouvez le faire dehors.
– Parce que vous travaillez où, vous ? Dans un bureau ?
– Une grande surface. Mais c'est sans intérêt.
– Ah, mais si ! Mais si ! Moi, ça m'intéresse toujours ce que les autres vivent. Ce qu'ils font.
– On dit ça. On dit ça, mais en réalité chacun ne pense jamais qu'à soi.
– En ce qui me concerne je vous assure que non.
– Vous êtes psychologue alors !
– Pas d'insultes, s'il vous plaît, pas d'insultes !
J'ai ri. Lui aussi.
– Vous y croyez pas ?
– Ni à cette religion ni à une autre.
Morgane et Ismène ont lentement remonté l'avenue. Elles ont feint le plus parfait étonnement.
– Gabrielle, ma chérie, mais qu'est-ce que tu fabriques par ici ? C'est pas ton quartier. Elles m'ont fait la bise, se sont assises.
– Alors, raconte ! Qu'est-ce que tu deviens ? Mais on dérange peut-être ?
– Oh non ! Non. Je parlais psychologie avec ce monsieur.
– Psychologie ! Eh ben, dis donc !
Il a cru bon de préciser
– Oh, mais j'ai aussi d'autres sujets de conversation.
– Ah, bon ! Vous nous avez fait peur. Quoi, par exemple ?
Je me suis levé.
– Bon, moi, je vous laisse. Il faut absolument que j'y aille. Le boulot. Déjà que je suis arrivé en retard hier.
– Gabrielle, ma chérie, mais qu'est-ce que tu fabriques par ici ? C'est pas ton quartier. Elles m'ont fait la bise, se sont assises.
– Alors, raconte ! Qu'est-ce que tu deviens ? Mais on dérange peut-être ?
– Oh non ! Non. Je parlais psychologie avec ce monsieur.
– Psychologie ! Eh ben, dis donc !
Il a cru bon de préciser
– Oh, mais j'ai aussi d'autres sujets de conversation.
– Ah, bon ! Vous nous avez fait peur. Quoi, par exemple ?
Je me suis levé.
– Bon, moi, je vous laisse. Il faut absolument que j'y aille. Le boulot. Déjà que je suis arrivé en retard hier.
J'ai marché au hasard. C'est sans le vouloir vraiment que je suis retourné là-bas. Jasmine était derrière la caisse. Elle m'a souri.
– Vous êtes toute seule aujourd'hui ?
Elle a rougi, s'est aussitôt reprise.
– Je veux dire… Vous êtes tout seul ?
– Ça vous choque ?
– Quoi donc ? Que vous… Oh non, non ! Pas du tout ! Ça vous va très bien. Vous êtes beaucoup plus féminine que bien des femmes que je connais, vous savez ! Vous voulez voir quelque chose ?
– Oui, mais je sais pas vraiment quoi.
– Oh, ça, ça va s'arranger. Laissez-moi faire !
Elle a décroché ici et là.
– Venez avec moi !
Et elle a tiré le rideau de la cabine sur nous.
– Vous êtes toute seule aujourd'hui ?
Elle a rougi, s'est aussitôt reprise.
– Je veux dire… Vous êtes tout seul ?
– Ça vous choque ?
– Quoi donc ? Que vous… Oh non, non ! Pas du tout ! Ça vous va très bien. Vous êtes beaucoup plus féminine que bien des femmes que je connais, vous savez ! Vous voulez voir quelque chose ?
– Oui, mais je sais pas vraiment quoi.
– Oh, ça, ça va s'arranger. Laissez-moi faire !
Elle a décroché ici et là.
– Venez avec moi !
Et elle a tiré le rideau de la cabine sur nous.
– Alors ?
Ismène a haussé furieusement les épaules.
– Alors, ben ils sont à côté, dans la chambre. Et ça donne. Je peux te dire que ça donne. Chaque fois, c'est pareil. Il y en a que pour elle. Elle m'avait promis pourtant… Elle m'avait promis de me le laisser. Mais faut toujours qu'elle s'accapare tout. Tu l'aurais vue ! Ce rentre-dedans qu'elle lui a fait. Une vraie chatte en chaleur. Et, évidemment, l'autre il a donné à fond dans le panneau.
Ismène a haussé furieusement les épaules.
– Alors, ben ils sont à côté, dans la chambre. Et ça donne. Je peux te dire que ça donne. Chaque fois, c'est pareil. Il y en a que pour elle. Elle m'avait promis pourtant… Elle m'avait promis de me le laisser. Mais faut toujours qu'elle s'accapare tout. Tu l'aurais vue ! Ce rentre-dedans qu'elle lui a fait. Une vraie chatte en chaleur. Et, évidemment, l'autre il a donné à fond dans le panneau.
Derrière la cloison Morgane a gémi, hululé, mugi, glapi.
– Et allez ! Ça recommence. Moi aussi je suis capable de meugler comme ça si je veux. Tu te débrouilles pas mal avec ta bouche à ce qu'il paraît ? C'est le moment de le prouver. Viens! Eh ben viens ! On va leur faire concurrence. Ils vont pas être déçus du voyage.
En longs sanglots éperdus. En ruades qui lui ont bruyamment jeté les pieds contre le mur. En trilles longuement suffoquées. Elle a exigé.
– Ta queue ! Mets-moi ta queue ! Je veux ta queue !
Elle a cherché.
– C'est vrai, il en a pas, ce con !
Elle m'a violemment repoussé.
– T'es nul ! T'es vraiment nul.
Elle s'est levée, rajustée et elle est partie en claquant la porte.
– Et allez ! Ça recommence. Moi aussi je suis capable de meugler comme ça si je veux. Tu te débrouilles pas mal avec ta bouche à ce qu'il paraît ? C'est le moment de le prouver. Viens! Eh ben viens ! On va leur faire concurrence. Ils vont pas être déçus du voyage.
En longs sanglots éperdus. En ruades qui lui ont bruyamment jeté les pieds contre le mur. En trilles longuement suffoquées. Elle a exigé.
– Ta queue ! Mets-moi ta queue ! Je veux ta queue !
Elle a cherché.
– C'est vrai, il en a pas, ce con !
Elle m'a violemment repoussé.
– T'es nul ! T'es vraiment nul.
Elle s'est levée, rajustée et elle est partie en claquant la porte.
Ils sont sortis de la chambre.
– Bon, ben je te présente pas Maxime. Vous vous connaissez déjà.
– Bon, ben je te présente pas Maxime. Vous vous connaissez déjà.
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