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Couverture de Une faim inextinguible, par MiBuDArK
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Une faim inextinguible — Chapitre 3 · L'eau à la bouche

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Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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MiBuDArK
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Une faim inextinguible

Chapitre 3 · L'eau à la bouche

Je sens son regard. Pas sur mes mains, pas sur mon t-shirt, pas sur le café tiède qui traîne dans la tasse. Sur mon visage. Sur ma bouche. Le serveur se trouve à trois mètres, un plateau contre la hanche, et il me regarde comme on lit une phrase qu'on n'a pas finie. Ses yeux descendent de mes yeux à mes lèvres, y restent, remontent. Ses doigts crispés sur l'aluminium du plateau font blanchir ses articulations. Je connais ce regard. Pas celui du garçon de café qui poliment attend qu'on libère la table. Celui qui mesure, qui pèse, qui se demande.
Qu'est-ce qu'il pense ? Qu'il me trouve jolie ? Qu'il voudrait me voir ailleurs qu'ici, dans un autre cadre, dans une autre lumière ? Ou est-ce que son regard va plus loin, là où je voudrais qu'il aille, là où je n'ose pas encore le suivre ? Est-ce qu'il imagine mes lèvres autrement qu'autour d'un café noir ? Est-ce qu'il devine, à la façon dont ma langue vient humidifier mon arc de Cupidon, à la façon dont je déglutis plus souvent que nécessaire, que ma bouche réclame autre chose que la conversation ? Je vois ses narines frémir, presque imperceptiblement, comme s'il cherchait à capter une odeur que je ne dégage pas encore. Ses pupilles sont dilatées, noires au centre, et le brun irien qui les entoure a rétréci à un anneau minuscule. Il est excité. Ou curieux. Ou les deux. Et moi, je suis assise là, les cuisses pressées l'une contre l'autre sous la table, à sentir mon sang battre dans mes lèvres intimes, à me demander si de l'extérieur on voit que mes mamelons ont durci sous le coton de mon t-shirt.
Il ajuste les plateaux d'un geste nerveux, et je vois les veines de ses avant-bras gonfler sous la peau bronzée. Des mains fines, des doigts longs. Des mains qui pourraient tenir ma tête pendant que je — non. Pas encore. Je reviens à lui, à son visage, à la moue quasi imperceptible de ses lèvres quand il m'attrape en train de le détailler à mon tour. Il ne détourne pas les yeux. Il soutient mon regard, une seconde de trop, puis se retourne vers le comptoir. Mais pas avant que j'aie vu sa langue passer sur sa lèvre inférieure, rapide, un geste qu'il croit sans doute maîtriser mais qui me traverse comme un courant électrique. Mes grandes lèvres se gonflent sous mon jean, je sens le tissu s'y enfoncer, et la chaleur qui irradie de mon entrejambe est presque douloureuse.
Mon cœur cogne dans mes tempes. Je porte la tasse à mes lèvres, le café est tiède et amer, et pendant que le liquide traverse mon palais je me demande : accepterait-il ? Accepterait-il ma sexualité particulière, celle que j'ai cachée pendant des années derrière des sourires de fille normale, derrière des relations normales, derrière des simulacres ? Si je lui disais demain, un jour, que ce que je veux, ce n'est pas qu'il me prenne dans ses bras et me fasse l'amour tendrement, que ce n'est pas sa bite dans mon sexe, que ce n'est pas la pénétration, que ce n'est pas le missionnaire un samedi soir — si je lui disais que je veux m'agenouiller devant lui, que je veux prendre sa queue dans ma bouche et y rester, que je veux lécher son gland jusqu'à ce qu'il ne puisse plus se retenir, que je veux boire sa jouissance comme on boit l'eau après le désert — est-ce qu'il fuirait ? Est-ce qu'il rirait ? Est-ce qu'il me prendrait pour une folle, une perversée, une obsédée ? Ou est-ce qu'il ouvrirait sa braguette sans rien dire ? Je repense à Thomas, qui aimait bien que je le suce en préliminaire mais qui finissait toujours par m'arrêter, par me retourner, par s'installer entre mes cuisses avec cette impatience polie qui voulait dire : c'est assez maintenant, passons aux choses sérieuses. Les choses sérieuses. Comme si ma bouche sur sa bite n'était qu'une étape, un apéritif, et que le plat principal était forcément sa queue dans mon sexe. Comme si ce que je voulais — ce dont j'ai faim, ce qui me fait mouiller — n'était qu'un préambule. Et moi, à chaque fois, je m'allonge, j'écarte les jambes, je simule. Toujours. Et le sperme que je récolte à la fin, quand il daigne jouir sur mes seins ou dans ma bouche si j'ai été assez vite pour l'attraper, c'est des miettes. Des restes. Pas le repas que je réclame.
La question me brûle la gorge. Je pose la tasse, elle cogne contre la soucoupe. Une goutte de café noir gicle sur le ticket de caisse posé à côté. Je la regarde s'étaler sur le papier blanc, une auréole brune qui mange les chiffres imprimés. Mes doigts tremblent. Pas de froid, pas de caféine. De frustration. De six mois d'abstinence, de six mois à me dire que ça passerait, que cette faim bizarre se calmerait, qu'il suffisait d'attendre que le désir de fellation s'éteigne de lui-même. Il ne s'éteint pas. Il grandit. Il me ronge. Chaque nuit je m'endors en imaginant un gland contre mes lèvres, la peau lisse et chaude qui glisse sur ma langue, et je me réveille avec la bouche pleine de salive et les dents serrées sur un vide qui me fait mal. Six mois à me toucher entre les cuisses en pensant à des bites, à fermer les yeux et à reconstruire de mémoire le goût salé et légèrement alcalin du sperme, la texture visqueuse qui glisse dans la gorge, la chaleur qui irradie du fond de la bouche jusqu'au fond du ventre. Six mois à jouir contre mes doigts en imaginant que c'est une queue qui me remplit la bouche, pas mes propres phalanges, et à me sentir vide après, toujours vide, parce que mes doigts ne sont pas une bite et que ma cyprine n'est pas du sperme.
Non. Je ne veux plus faire semblant. Pas avec lui, pas avec un autre, pas avec personne. Trop d'années à simuler des orgasmes pendant que Maxime, pendant qu'Antoine me pénètre et que je sens le vide s'agrandir, le vide qui n'a rien à voir avec eux, qui est en moi, qui est ma nature. Trop d'années à gémir pour les rassurer, pour leur faire croire qu'ils me donnaient du plaisir, alors que le seul plaisir que je connaissais, le seul qui faisait trembler mes cuisses et rouler mes yeux, c'était quand ils venaient dans ma bouche, quand le sperme chaud touchait ma langue et glissait dans ma gorge, et que je savais que c'est moi qui ai fait ça, moi qui les ai amenés là, moi qui possède leur jouissance. Maxime, surtout. Maxime qui vient vite, en jets saccadés, qui tremble comme une feuille en me tenant la tête, et dont le sperme a un goût de fer et de sel que je goûte encore parfois, en pleine nuit, quand le souvenir remonte. Maxime qui dit tu es incroyable et qui ne comprend pas pourquoi je souris, pourquoi je léche mes lèvres après, pourquoi je garde un moment sa queue dans ma bouche, fléchie mais encore lourde, comme si je n'arrivais pas à me détacher, comme si lâcher c'est mourir un peu. Il ne comprend pas. Aucun d'entre eux n'a jamais compris.
Je veux vivre ma sexualité pleinement. Je veux sucer des bites. Je veux lécher des glands, en faire le tour avec ma langue, sentir la texture sous le frein, la peau fine et humide qui glisse sous mes lèvres. Je veux repaître mes lèvres de litres de sperme, je veux avaler jusqu'à la dernière goutte, je veux sentir le jet chaud pulsation après pulsation contre mon palais. Je veux posséder des queues avec ma bouche, les tenir entre mes lèvres, les enfermer dans la chaleur humide de ma gorge, les contrôler. Je veux posséder la jouissance des hommes que je suce — pas la subir, pas la partager, la posséder. Quand un homme vient dans ma bouche, quand son corps se tend et que ses mains agrippent mes cheveux et qu'il gémit mon nom, c'est moi qui ai le pouvoir. C'est moi qui décide quand, comment, avec quelle intensité. Et le sperme, ce sperme qui jaillit et que j'avale, c'est la preuve. C'est la récompense ultime. Le fruit de mon savoir-faire, de ma patience, de ma technique. C'est ma cyprine à moi — la seule humidité qui compte, la seule qui me fait jouir. Pas celle qui coule entre mes cuisses pendant la pénétration, celle-là est tiède, mécanique, obligatoire. Non. Ma jouissance à moi, c'est le sperme. Le goût, la texture, la chaleur, le volume. Tout. Le goût d'abord, qui varie d'un homme à l'autre, d'un jour à l'autre, parfois doux et laiteux, parfois salé et âcre, parfois presque sucré, toujours reconnaissable, toujours celui de la jouissance masculine qui m'appartient. La texture, visqueuse et épaisse, qui ne se mélange pas à la salive tout de suite, qui reste en grappes sur la langue, qu'on peut faire rouler dans la bouche avant d'avaler. La chaleur, qui frappe le palais comme une gifle liquide, qui descend dans la gorge comme une traînée de feu. Le volume, qui remplit la bouche plus ou moins selon l'homme, selon l'abstinence, selon mon savoir-faire, et qui me donne cette ivresse, cette sensation de plénitude que rien d'autre n'égale.
Le serveur revient vers la terrasse, un plateau dans une main, un chiffon dans l'autre. Il essuie une table à deux mètres de moi. Je le regarde faire. Ses mouvements sont précis, un peu raides. Le tissu frotte la formica, il plie le chiffon, le repose. Ses avant-bras jouent sous la peau, les tendons qui se tendent et se relâchent. Il se penche pour ramasser une miette et je vois le haut de son boxer dépasser de son jean noir, une bande de tissu blanc, et au-dessus, la peau nue de son bas-ventre, et quelques poils noirs qui descendent sous l'élastique. Mon ventre se contracte. Mes lèvres se pressent l'une contre l'autre, involontairement. Ma langue vient lécher ma lèvre inférieure, un geste si rapide que je ne le contrôle pas. Je fantasme. Mon regard s'accroche à cette bande de peau, à ces poils noirs, et mon imagination fait le reste.
Sa bite. Je la vois, ou plutôt je la construis dans ma tête, pièce par pièce. Le fourreau de peau qui l'enveloppe au repos, les veines qui gonflent quand elle durcit, le gland qui se dégage du prépuce, rose, luisant, sensible. Je la sens dans ma bouche, contre ma langue, le poids de la chair turgescente qui remplit l'espace, qui pousse contre mes joues, qui touche le fond de ma gorge. Je sens les poils pubiens contre mon visage, le contact rêche et doux à la fois, mon nez qui s'enfonce dans son bas-ventre, qui taquine la racine de sa queue, qui respire son odeur — musc, sueur, peau chaude. L'odeur d'un homme, pas de parfum, pas de gel douche, l'odeur de la peau qui a transpiré sous un jean toute la matinée, l'odeur du cuir chevelu sous les poils, l'odeur qui me fait tourner la tête et qui me fait saliver comme un chien de Pavlov. Mes lèvres contre la base de sa bite, étirées autour du diamètre, mes joues creusées par la succion. Ses bourses, pleines et lourdes, que je prends dans ma main, que je masse, que je lécherai l'une après l'autre, les prenant dans ma bouche, les roulant sur ma langue, les rendant mouillées de ma salive. Le méat, cette fente étroite au sommet du gland, qui perle de pré-semence quand l'excitation monte, ce liquide transparent et légèrement salé que je récolte avec le bout de ma langue, que je goûte, qui m'annonce que la suite arrive. Ma langue qui parcourt sa bite turgescente de la base au sommet, qui suit les veines saillantes, qui tourne autour du gland, qui titille le frein, cette zone sensible où la peau se replie, et qui fait trembler ses cuisses. Je l'imprime dans ma mémoire, chaque détail, chaque sensation, comme une partition que je vais jouer. Ma bouche est déjà prête, déjà pleine de salive, déjà ouverte.
Ma salive s'accumule dans ma bouche. Je déglutis. Le son est audible, et je vois le serveur relever la tête, interrompu dans son essuyage de table. Il me regarde. Encore. Et cette fois, je ne baisse pas les yeux. Je le fixe, mes yeux bleus dans les siens, et je laisse mes lèvres s'entrouvrir, juste assez pour qu'il voie le bout de ma langue, rose et humide, se poser sur ma lèvre inférieure. Son thorax se soulève, une inspiration plus profonde que les autres. Il a vu. Il a compris, ou du moins il a senti que ce geste n'était pas innocent, que ma langue sur ma lèvre n'était pas une manie nerveuse mais un signal, une invitation, une promesse. Ses doigts se crispent sur le chiffon. Je vois la mâchoire qui se serre, le muscle qui joue sous l'oreille. Il veut quelque chose. Il ne sait pas quoi, pas exactement, mais il veut. Et moi, je veux qu'il veuille ce que je veux.
Il faut que ça cesse. Cette attente, ce fantasme qui me ronge, cette faim qui me noue le ventre. Six mois. Six mois sans goût de sperme, sans sensation de puissance, sans jouissance. Il me faut une bite, et vite. Pas dans deux semaines, pas après trois rendez-vous timides et des conversations sur nos hobbies et nos films préférés. Vite. Maintenant. Ce soir, demain, peu importe, mais vite. Mon corps ne tient plus, ma bouche ne tient plus, chaque heure qui passe sans goût de sperme est une heure de trop. Je sens le vide dans ma gorge, un vide qui n'est pas métaphorique, un vide physique, un trou qui réclame d'être rempli. Mes lèvres tremblent quand je pense à une bite qui s'y pose, qui s'y enfonce, qui les étire. Mon sexe coule, littéralement, la cyprine tapisse mes grandes lèvres et mouille le coton de mon slip, et je sais que ce n'est pas la pénétration qui me fera jouir, pas maintenant, pas avec lui, c'est sa bite dans ma bouche, c'est sa jouissance sur ma langue, c'est le sperme qui coule dans ma gorge.
Je regarde le ticket de caisse posé sur la table. La goutte de café a séché, laissant une tache brune sur le papier. Des chiffres sont imprimés en bas : total, TVA, mode de paiement. Et un espace blanc, en bas, là où certains clients écrivent un pourboire ou un mot. Je fouille mon sac. Mon carnet, un stylo bille bleu. J'arrache une page, je plie, je défais. Mes doigts tremblent un peu. J'écris mon numéro de téléphone. Dix chiffres. Mon écriture est petite, serrée, les chiffres un peu inclinés. Je pose le papier plié sur le ticket, je le maintiens avec la tasse vide. Puis je me reprends. Non. Pas sous la tasse. Il pourrait ne pas le voir, jeter le tout dans la poubelle sans regarder. Je déplace le papier, je le pose à côté du ticket, bien visible, bien ouvert. Les chiffres bleus sur le papier blanc, à côté de l'auréole de café. Ça a l'air de rien. Ça a l'air d'un numéro de téléphone laissé sur un ticket de caisse. Ça a l'air de ce que c'est.
Je me lève. La chaise grince contre le sol. Mes jambes sont un peu raides, j'ai été assise trop longtemps. J'ajuste mon jean sur mes hanches, je passe la main sur mon t-shirt pour le lisser. Le tissu blanc épouse mes seins, et je sais que mes mamelons sont visibles, durcis sous le coton, mais je ne croise pas les bras pour me cacher. Plus jamais pour me cacher. Mes cheveux dorés tombent sur mes épaules, raides et brillants, et je les repousse d'un geste sec. Mes yeux bleus, transparents et liquides, des yeux de chat, sont un peu vitreux, je le sais, l'envie les rend vitreux. Mes lèvres pleines, rosées et naturellement ourlées, sont gonflées par le sang, par le désir, et je sens qu'elles sont plus charnues que d'ordinaire, plus apparentes, plus invitantes.
Le serveur est à la caisse maintenant, de l'autre côté de la terrasse. Il range des tasses sur une étagère. Je marche vers la sortie, vers le passage qui mène à la rue. Mon trajet me fait passer devant la caisse. Devant lui. Je ralentis. Mes Converse écrasent le sol carrelé. Je m'arrête à un mètre de lui. Il lève la tête. Je plante mon regard dans le sien. Mes yeux bleus, mes yeux de chat, dans les siens, bruns et nerveux. Je ne souris pas. Je ne dis rien. Je tiens son regard comme on tient une corde, et je le serre. Mes lèvres sont entrouvertes, ma respiration un peu courte. Je vois une ride se creuser entre ses sourcils, l'incompréhension, la curiosité, le début de quelque chose. Son parfum m'arrive, pas le café, pas la vaisselle, lui, sa peau, sa transpiration, et mes narines frémissent.
Puis je me retourne. Mes cheveux balayent mes épaules, les mèches dorées fouettent l'air. Je marche vers la sortie, vers la porte vitrée, vers le trottoir de Paris. Mes pas sont réguliers, mes épaules droites. Je ne me retourne pas. Je ne regarde pas par-dessus mon épaule. Je ne regarde pas s'il me suit des yeux. Mais je sens son regard sur ma nuque, sur mon dos, sur mes fesses, comme une pression chaude entre les omoplates. Il regarde. Il regarde mes fesses fermes et charnues dans mon jean, il regarde ma démarche, il regarde la fille qui vient de le regarder les yeux dans les yeux et qui s'en va sans un mot. Et je sais, je sais sans me retourner, qu'il a compris.
Mes joues brûlent. La chaleur irradie de mon visage à mes oreilles, à mon cou, descend dans ma poitrine. Mon cœur bat dans mes tempes, dans ma gorge, entre mes cuisses. La porte vitrée s'ouvre, l'air de juin me frappe le visage, tiède et chargé de tilleul. Je sors sur le trottoir. Et la salive. La salive qui s'accumule dans ma bouche, qui emplit le creux sous ma langue, qui déborde presque. Je déglutis en marchant, une fois, deux fois, trois fois. Ma bouche est pleine, pleine de rien, pleine de désir. Le goût du café noir a disparu, remplacé par le goût métallique de l'envie. Je salive comme une folle, les lèvres pressées, la langue collée au palais, et chaque déglutition me rappelle le mouvement que je veux faire, le va-et-vient que je veux accomplir, la succion que je veux exercer. Mon sexe moite. La chaleur entre mes cuisses, l'humidité qui s'accumule dans mon slip, qui tapisse mes grandes lèvres, qui rend le tissu collant et humide. Mes pas sur le trottoir accentuent la friction, le jean serré qui presse mon sexe contre le tissu, et chaque foulée est une petite vague de chaleur qui remonte de mon entrejambe à mon ventre. Je ne porte pas de regard vers mes mains, qui tremblent un peu dans mes poches. Je marche, droite, le regard devant, les joues en feu, la bouche pleine de salive, le sexe trempé.
Je ne sais pas s'il m'écrira, s'il me téléphonera. Je ne sais pas s'il comprendra le geste, s'il verra les chiffres sur le papier. Je ne sais pas s'il acceptera ce que je suis, ce que je veux, ce que ma bouche réclame. Je ne sais pas si je devrai encore faire semblant, encore simuler, encore mentir. Mais je sais que je ne veux plus. Que le masque est tombé, que la fille normale n'existe plus, que la faim est là, visible, inscrite dans mes joues rouges et ma salive et mes yeux de chat qui n'ont pas cligné. Que la prochaine fois qu'une bite se présentera à mes lèvres, ce ne sera pas un accident, un compromis, une faveur accordée à un partenaire. Ce sera ce que je suis. Ce sera ma jouissance. Ce sera moi.
Les pétales de tilleul collent à mes Converse. Le soleil de juin tape sur le trottoir. Je marche sans destination, le ventre noué, la bouche vide, et j'attends. Mon téléphone vibre dans ma poche. Je ne le sors pas. Pas encore. Je laisse la vibration pulser contre ma cuisse, un battement électronique qui résonne avec celui qui me noue le ventre, et je continue de marcher, les lèvres entrouvertes, la salive coulant, les joues en feu, le sexe trempé, vivante, enfin vivante, faim et désir et envie et tout, tout ce que j'ai refoulé pendant des années qui remonte à la surface comme une marée qui ne redescendra plus.
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Chapitre 4 · Les lèvres humides
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Commentaires ()

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Nuaj
22 octobre 2026 à 18:24
Quelle belle écriture ! L'attente est insoutenable.
Je ne comprends pas qu'il y ait si peu de likes...
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Swan75
22 octobre 2026 à 17:20
J'aime beaucoup cette histoire. Très originale, des détails précis, les sensations très bien exposées. Elle est très excitante. Merci.

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