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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Erreur de réservation — Chapitre 4

11 minutes
284
Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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OliH
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Erreur de réservation

Chapitre 4

Le TGV ralentit en gare de Paris-Montparnasse sous une pluie fine et froide d’automne. Les gouttes s’écrasaient contre les vitres sales du wagon avec un bruit sourd et régulier. Catherine resta assise plusieurs secondes après l’arrêt complet, les mains crispées sur la poignée de sa valise cabine, le regard perdu dans le vague. Trois jours. Seulement trois jours s’étaient écoulés depuis qu’elle avait quitté Paris. Et pourtant, elle avait l’impression de revenir d’un autre continent, d’une autre vie, d’un autre corps.
Elle se força enfin à se lever. Ses jambes étaient lourdes. Dans le couloir du train, elle évita son propre reflet dans les portes vitrées. Elle savait ce qu’elle y aurait vu, le même visage aux pommettes hautes, les mêmes yeux bleus, les mêmes cheveux roux. Mais quelque chose derrière le regard avait changé. Quelque chose qu’elle n’arrivait pas encore à nommer.
Sur le quai, Thomas l’attendait. Il portait le manteau gris qu’elle aimait bien, un bouquet de roses blanches serré contre sa poitrine. Dès qu’il l’aperçut, son visage s’illumina d’un soulagement presque enfantin. Il s’avança d’un pas vif et la serra contre lui avant même qu’elle ait pu poser sa valise.
— Enfin… souffla-t-il contre son oreille. J’ai compté les heures. Littéralement.
Il l’embrassa sur la bouche. Ses lèvres étaient tièdes, familières, un peu gercées par le froid. Catherine répondit au baiser par automatisme. Elle ouvrit la bouche, laissa sa langue rencontrer la sienne, posa une main sur son épaule. Mais à l’intérieur, rien ne bougeait. Pas de chaleur dans le bas-ventre, pas de petit frisson le long de la colonne. Juste la sensation précise et clinique d’une bouche contre la sienne.
Dans le taxi, Thomas parla presque sans interruption. Il raconta une réunion qui avait mal tourné, le nouveau stagiaire un peu trop sûr de lui, le fait qu’il avait repassé les draps le matin même et acheté des bougies. Catherine regardait défiler les rues mouillées de Paris par la vitre embuée. Elle hochait la tête de temps en temps. Elle disait « oui », « d’accord », « c’est gentil ». Sa propre voix lui paraissait lointaine, comme si quelqu’un d’autre parlait à sa place.
L’appartement sentait le produit de nettoyage et le parfum boisé de Thomas. Tout était rangé avec un soin presque maniaque. Sur la table de la salle à manger, il avait disposé deux assiettes, des verres à vin, un petit bouquet de fleurs des champs dans un vase, et six bougies déjà allumées. De la musique s’écoulait des enceintes du salon, un jazz doux, des notes de piano et de contrebasse, celui qu’elle disait toujours aimer les soirs où elle voulait se détendre.
— Je me suis dit que tu méritais un vrai retour, expliqua Thomas en lui retirant son manteau. Pas juste un plat cuisiné devant la télé.
Il lui sourit, attendant une réaction. Catherine s’efforça d’en produire une. Elle posa une main sur son bras et murmura :
— C’est très beau. Merci.
Le dîner fut excellent. Saumon mi-cuit, asperges rôties, purée de panais, un Chablis bien frais. Thomas mangeait avec appétit et parlait entre deux bouchées. Il lui demanda des détails sur la mission, sur Monsieur Leclerc, sur l’hôtel. Catherine répondait par phrases courtes. Oui, le client était exigeant. Non, il n’y avait pas eu de gros problèmes techniques. Oui, Sophie et elle avaient bien travaillé ensemble. Chaque fois qu’elle prononçait le prénom de Sophie, elle sentait une petite décharge électrique derrière son sternum, suivie immédiatement d’une vague de panique sourde.
Elle regardait la flamme des bougies danser. Elle regardait la bouche de Thomas bouger. Elle entendait les mots, mais ils n’arrivaient plus à elle correctement. Ils glissaient sur la surface de son esprit sans jamais s’y enfoncer. Au bout d’un moment, Thomas s’arrêta de parler et l’observa en silence.
— Tu es vraiment crevée, hein ?
— Oui. Très.
— On peut aller se coucher tôt si tu veux. Tu m’as manqué. Beaucoup.
Elle le regarda en face pour la première fois depuis son arrivée. Son visage était ouvert, sincère, un peu anxieux. Elle essaya de chercher en elle le sentiment simple et chaleureux qu’elle avait l’habitude de ressentir en le voyant ainsi. Elle ne trouva qu’un grand vide ouaté, et, tout au fond, le souvenir précis de doigts qui s’enfonçaient en elle pendant qu’une langue savante travaillait son clitoris.
Dans la chambre, Thomas fut exactement comme elle l’avait toujours aimé.
Il l’embrassa d’abord longuement, sans se presser, une main dans ses cheveux, l’autre au creux de ses reins. Il lui retira son pull avec précaution, puis son jean, puis son soutien-gorge. Il s’attarda sur ses seins, les embrassa, les suça avec cette douceur un peu maladroite qui l’avait autrefois attendrie. Il descendit le long de son ventre, lui retira sa culotte, écarta ses cuisses et posa sa bouche entre elles.
Catherine ferma les yeux.
Physiquement, c’était agréable. La chaleur de sa langue, la pression régulière, le fait d’être désirée. Son corps réagit un peu, elle s’humidifia, ses hanches bougèrent d’elles-mêmes par moments. Mais chaque sensation appelait immédiatement une comparaison involontaire et brutale. La langue de Thomas était plus large, moins précise. Il ne savait pas rester exactement au bon endroit assez longtemps. Il ne mettait pas ses doigts en même temps de cette façon particulière qui faisait tout exploser. Et surtout, il n’y avait pas cette intensité brûlante, cette façon d’être littéralement dévorée jusqu’à en perdre la respiration et la dignité.
Quand il s’allongea sur elle et entra lentement, Catherine ouvrit les yeux un instant. Elle regarda le plafond de leur chambre, la petite fissure près du luminaire qu’ils n’avaient jamais fait réparer. Elle referma les paupières et se concentra sur les sensations. Il la pénétrait profondément, avec ce rythme régulier qu’elle avait toujours trouvé rassurant. Ça lui faisait du bien, d’une certaine manière. Ça remplissait un vide physique. Mais ce n’était plus suffisant. Ce n’était plus assez.
Elle sentit l’orgasme de Thomas approcher à sa respiration qui se faisait plus courte, à la façon dont ses hanches perdaient un peu de leur contrôle. Pour ne pas le décevoir, pour ne pas ouvrir ce soir-là une discussion qu’elle n’était absolument pas capable d’avoir, Catherine fit ce qu’elle n’avait jamais eu besoin de faire auparavant. Elle simula. Elle contracta volontairement les muscles de son ventre et de son périnée. Elle accentua sa respiration. Elle poussa un cri un peu trop aigu, serra ses bras autour de son dos, griffa légèrement ses omoplates. Thomas jouit en elle avec un long gémissement de soulagement, convaincu, heureux, reconnaissant.
Après, il resta un moment sur elle, le souffle court, puis se retira doucement et l’attira contre sa poitrine.
— Je t’ai vraiment manqué, hein ? murmura-t-il contre ses cheveux.
— Oui, répondit-elle.
Elle resta longtemps éveillée après qu’il se fut endormi, le regard fixé au plafond dans le noir, le sexe encore humide de lui, l’esprit entièrement occupé par le souvenir d’une autre bouche, d’autres doigts, d’un jet chaud et incontrôlable qui avait jailli d’elle comme une vérité qu’elle n’avait plus pu nier.
Les trois jours suivants furent une étrange parenthèse de normalité forcée.
Catherine retourna au bureau. Elle répondit aux mails. Elle assista aux réunions. Elle dîna avec Thomas, regarda des séries avec lui, se laissa embrasser le soir en se couchant. Mais quelque chose s’était rompu, de façon irrémédiable. Elle se sentait comme une actrice qui joue correctement son rôle sans plus croire une seule seconde au texte.
Le troisième soir, ce fut pire.
Ils avaient passé la fin de journée sur le canapé, un film d’action quelconque en fond sonore. Thomas avait commencé à l’embrasser pendant le générique, d’abord tendrement, puis avec plus d’insistance. Sa main avait glissé sous le t-shirt de Catherine, puis dans son jean. Elle s’était laissée faire. Elle n’avait plus ni la force de refuser, ni celle d’expliquer quoi que ce soit.
Dans le lit, elle se déconnecta complètement.
Elle sentait les caresses, les baisers, la langue qui s’aventurait entre ses cuisses, mais c’était comme si tout cela arrivait à une autre femme, dans un autre corps. Son propre corps restait passif, légèrement humide par simple réflexe physiologique, rien de plus. Elle gémissait au bon moment, arquait le dos quand le scénario le demandait, murmurait des encouragements qu’elle n’entendait même pas sortir de sa bouche. C’était une performance. Une performance soignée, convaincante, et totalement creuse.
Thomas, confiant et heureux de la retrouver ainsi « réceptive », prit son temps. Il la retourna sur le ventre, lui releva les hanches, embrassa longuement la ligne de ses omoplates et le creux de ses reins. Sa main glissa entre ses fesses, suivit la fente humide, puis remonta jusqu’à l’anus. Il caressa le petit orifice fermé du bout des doigts, d’abord timidement, puis avec un peu plus d’insistance.
Catherine sentit le contact.
Une partie d’elle se crispa instinctivement. Une autre partie, plus sombre, plus lasse, se dit que c’était peut-être exactement ce qu’il lui fallait ce soir. Une façon de s’excuser d’être aussi absente. Une façon de se punir d’avoir aimé trop fort, trop vite, trop complètement ce qui s’était passé dans cette chambre d’hôtel de Bordeaux. Une façon de redonner quelque chose à Thomas, même si ce quelque chose n’avait plus aucun sens pour elle.
Elle ne bougea pas.
Elle ne dit rien.
Elle écarta même légèrement les cuisses et souleva un peu plus les hanches, un consentement silencieux et définitif.
Thomas comprit immédiatement. Elle l’entendit ouvrir le tiroir de la table de nuit, chercher le tube de lubrifiant qu’ils n’avaient presque jamais utilisé. Le claquement du bouchon lui parut étrangement fort dans le silence de la chambre. Elle sentit le gel froid contre son anus, puis un doigt qui pénétrait lentement, avec précaution. Puis un deuxième. Elle resta parfaitement immobile, le visage enfoui dans l’oreiller, les yeux grands ouverts dans le noir.
Quand il s’aligna derrière elle et commença à pousser pour de bon, elle ferma les yeux plus fort. La douleur fut nette, brûlante, une invasion précise et inévitable. Puis elle s’atténua en une pression sourde et profonde. Il entra entièrement, gémit de plaisir contre son dos, resta immobile quelques secondes pour la laisser s’habituer, puis commença à la sodomiser avec une lenteur attentive, presque respectueuse.
Catherine ne ressentit rien.
Ni plaisir, ni réelle douleur après les premières secondes. Juste la sensation mécanique d’être pleine d’une manière entièrement étrangère. Elle simula encore. Elle poussa de petits cris étouffés dans l’oreiller, serra les draps entre ses doigts, balança légèrement les hanches en rythme. Thomas s’enflamma. Il accéléra, la pénétra plus fort, plus profondément, en la tenant par les hanches. Quand il jouit au fond d’elle, ce fut dans un long gémissement rauque et reconnaissant, le front appuyé entre ses omoplates.
Il se retira avec une grande douceur, l’embrassa longuement dans le dos.
— Je t’aime.
— Moi aussi.
Elle venait de lui mentir pour la première fois. Et encore pire, elle se mentait à elle-même.
Puis il alla se nettoyer dans la salle de bain et revint se coller contre elle, déjà à moitié endormi, un bras lourd passé autour de sa taille.
Catherine resta allongée dans le noir, le cul encore ouvert et humide de lui, le cœur lourd d’une saleté qui n’avait rien de physique. Elle avait l’impression d’avoir fait l’amour avec un inconnu. Ou pire, d’avoir laissé un inconnu la prendre pendant qu’elle était entièrement ailleurs, dans une autre chambre, avec une autre bouche, un autre désir.
Quand la respiration de Thomas devint profonde, régulière, presque ronflante, elle glissa hors du lit sans un bruit. Le carrelage du couloir était froid sous ses pieds nus. Elle traversa le salon dans l’obscurité, prit son téléphone sur la table basse et s’assit par terre, le dos contre le canapé, les genoux remontés contre sa poitrine.
L’écran s’alluma, trop brillant dans le noir. Elle ouvrit la conversation avec Sophie. Le dernier message datait du matin de leur départ de Bordeaux : un simple « Bon voyage, fais attention à toi » auquel Catherine n’avait pas répondu.
Ses doigts restèrent suspendus au-dessus du clavier plusieurs longues secondes. Elle sentait encore la présence de Thomas en elle, l’humidité gênante entre ses fesses, le poids de tout ce qu’elle n’avait pas dit. Puis, d’un seul mouvement, elle écrivit, sans se relire, sans hésiter davantage.
« Il faut que je te parle. »
Elle appuya sur envoyer.
Le message passa immédiatement en « lu ».
Sophie était encore réveillée.
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LecteurNu
31 octobre 2026 à 06:45
Très forte histoire, j'ai hâte de lire la suite
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Kdn74
31 octobre 2026 à 06:40
Très bon texte

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