Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une trahison inattendue — Chapitre 2 · Le choc
Auteur
Une trahison inattendue
Chapitre 2 · Le choc
Savério recula d'un pas. Puis d'un autre. Ses chaussures ne produisirent aucun son sur le sol synthétique du couloir — ou peut-être qu'elles en produisirent, mais ses oreilles ne captaient plus rien, bouchées par un bourdonnement sourd et continu, comme un moteur diesel qu'on aurait laissé tourner derrière ses tempes. Il avança jusqu'au bout du couloir, tourna à gauche, descendit l'escalier qu'il avait monté une heure plus tôt, traversa le hall du Palais des Congrès sans voir le gardien de nuit qui leva les yeux de son téléphone, et sortit dans l'air tiède d'Aix-en-Provence.
La nuit était tombée. Il n'avait pas remarqué. Les platanes de l'avenue jetaient des ombres longues sous les lampadaires, et l'odeur de tilleul en fleur lui retourna l'estomac — pas à cause de l'odeur elle-même, mais parce qu'il l'associait à un souvenir précis : le parc Borély, un dimanche de mai, il y a trois ans, Sofia tenant la main de leur fille aînée, riant, ses sandales claquant sur le gravier. Ce même parfum de tilleul. Ce même rire.
Il monta dans la voiture. Ses mains trouvèrent le volant par réflexe. Il ne démarra pas tout de suite. Il resta là, les pouces serrés sur le cuir usé, le front penché en avant jusqu'à toucher le plastique froid du volant. Son souffle faisait de la buée sur la vitre. Il compta ses respirations — sept, huit, neuf — puis perdit le compte quand l'image revint : le bassin de Sofia qui remontait et descendait, le bruit mou de peau contre peau, cette voix — cette voix qui n'était pas la sienne, ou plutôt qui l'était, mais débarrassée de tout ce qu'il croyait connaître d'elle, dépouillée de la tendresse maternelle et de la douceur conjugale, réduite à un instrument guttural, un rauquement de gorge qui sortait de quelque part sous ses côtes.
Il démarra.
Le trajet jusqu'à Aubagne se fit dans le brouillard. Pas le brouillard météo — la route était sèche et l'air clair — mais le brouillard intérieur, épais, cotonneux, qui tamisait chaque perception. Les phares des voitures en face croisaient comme des éclats blancs dans une brume mentale. Les panneaux de signalisation défilaient sans transmettre d'information. Savério roulait à quatre-vingts, puis à soixante, puis à quarante sur la voie de droite, sans s'en rendre compte. Un klaxon le fit sursauter au rond-point de La Penne-sur-Huveaune. Il mit le clignotant gauche au lieu du droit, se reprit, tourna quand même à gauche.
Il se gara devant la maison. Le moteur toussa deux fois avant de s'éteindre. La façade était sombre — les enfants n'étaient pas là, sa mère les avait gardés pour la nuit, c'était l'arrangement prévu pour le week-end de « congrès » de Sofia. La maison avait cette qualité particulière des maisons vides : un silence qui n'était pas paisible mais expectant, comme si les murs attendaient qu'on leur redonne du bruit.
Il entra. L'odeur de tomate et de parmesan imprégnait encore le couloir — les restes de la sauce bolognaise qu'il avait préparée jeudi soir pour les enfants, la marmite toujours dans l'évier, la vaisselle séchant sur l'égouttoir en bois. Un Playmobil gisait sur la première marche de l'escalier. Le dessin d'un soleil vert, scotché sur le frigo, brillait faiblement sous la veilleuse.
Savério ne monta pas. Il s'assit sur la marche basse de l'escalier, coudes sur les genoux, tête dans les mains. La position d'un homme qui prie, sauf qu'il ne priait pas. Il revivait la scène, image par image, comme on rembobine un film en appuyant sur pause à chaque photogramme. Le tailleur de Sofia, ce tailleur gris-anthracite qu'elle avait acheté chez Pronuptia le mois dernier, remonté au-dessus de sa taille. Le string noir — elle ne portait jamais de string noir, jamais en huit ans de mariage, il ne l'avait vue que dans des culottes en coton, simples, pratiques, maternelles. Les fesses musclées qui se contractaient en poussant. Le sperme sur la poitrine de Sofia, blanc, épais, et ce geste — elle qui l'essuyait du dos de la main puis portait les doigts à sa bouche.
Il se leva. Ses jambes le portèrent jusqu'à la cuisine. Il ouvrit le frigo. La lumière froide tomba sur des bouteilles de lait, un pot de Nutella, un Tupperware de ratatouille. Il referma sans rien prendre. Il ouvrit le placard au-dessus de l'évier, sortit la bouteille de Fernet-Branca qu'il gardait pour les digestions difficiles de son beau-père, et but une gorgée directement au goulot. L'amertume médicinale lui serra la gorge et lui fit monter une nausée qui redescendit presque aussi vite.
Il s'assit à la table de cuisine, sur la chaise où il mangeait tous les soirs avec sa famille, et posa ses deux mains à plat sur la formica. Les mains ne tremblaient plus. Elles étaient moites, froides, inertes.
Il resta là.
Le réveil de la cuisson marquait vingt-deux heures passées quand le bruit d'une clé tourna dans la serrure de la porte d'entrée. Savério avait allumé la lumière du couloir et s'était déplacé dans le salon, assis sur le canapé, la télévision allumée sur un match qu'il ne regardait pas. Il entendit Sofia poser son sac à main sur le banc de l'entrée, retirer ses chaussures — le petit claquement sec des talons sur le carrelage —, et sa voix, claire, lumineuse, comme si rien ne s'était passé :
— Chéri, tu es encore debout ?
Elle apparut dans l'encadrement du salon. Tailleur, maquillage refait, cheveux relevés. Elle sentait le shampooing d'hôtel et un parfum de fleur de coton. Aucune trace. Pas de bite sur le cou, pas de sperme sur les seins, pas de rougeur. Une femme fraîche, souriante, qui rentrait d'un week-end professionnel.
Savério se leva. Il ne s'approcha pas pour l'embrasser, mais il ne recula pas non plus. Il se contenta de dire :
— Le congrès s'est bien passé ?
Sofia posa sa veste sur l'accoudoir du canapé et s'assit en soupirant, comme une femme soulagée de rentrer chez elle.
— Oui, épuisant mais super. On a eu des ateliers toute la journée samedi, des présentations de produits nouveaux, le tout-power de la direction générale.
Elle détailla les sessions, cita des noms de collègues, évoqua un cocktail de clôture où on lui avait présenté un directeur régional. Les mots coulaient avec une fluidité mécanique, un récit bien huilé, testé, peut-être même répété. Savério hochait la tête. Il sentait sa propre mâchoire serrée, les muscles des tempes contractés, mais il ne dit rien.
— Et toi, les enfants ? Tout s'est bien passé chez ta mère ?
— Comme d'habitude. Ils ont mangé des pâtes trois fois.
— Comme d'habitude. Ils ont mangé des pâtes trois fois.
Elle rit. Ce rire — le même rire que dans la salle 214, le même mouvement des épaules, le même plissement des yeux — sauf qu'ici, dans la lumière jaune du salon, entourée de jouets et de coussins brodés par sa belle-mère, ce rire avait une texture différente. Une texture domestique. Savério se demanda combien de fois elle avait ri de cette même façon après avoir coulé dans les draps d'un autre homme. Combien de retours comme celui-ci, avec ce même récit lisse, cette même odeur d'hôtel, ce même sourire sans fissure.
Il ne dit rien. Il la regarda raconter, il hocha la tête, il demanda un détail sur le cocktail :
— Il y avait du monde ?
Il posa la question pour la faire parler encore, parce que plus elle parlait, plus il observait, et plus il observait, plus il repérait les coutures : une hésitation de rien du tout quand elle mentionna l'heure à laquelle elle était rentrée dans sa chambre hier soir, un mouvement de main trop rapide quand elle évita de dire qui l'avait raccompagnée, un détail — un seul, minuscule — qui ne collait pas.
Savério ne bougea pas.
— Quoi ?
— Samedi prochain, dit-elle en passant à autre chose, j'ai un truc pour le travail.
— Samedi prochain, dit-elle en passant à autre chose, j'ai un truc pour le travail.
Savério ne bougea pas. Il attendit.
— On signe un contrat avec un nouveau client. Gros dossier. Le boss a réservé une table dans un restaurant-hôtel, le Domaine de la Mirande, à Lambesc. On mange, on signe, et comme ça finit tard, on reste dormir sur place. C'est prévu pour l'équipe commerciale.
Le Domaine de la Mirande. Savério connaissait — un mas restauré en hôtel-restaurant, une bâtisse en pierre, une quinzaine de chambres, un restaurant gastronomique. Pas le genre d'endroit où on emmène des enfants.
— D'accord, dit-il.
Sofia se leva, l'embrassa sur la joue — ses lèvres étaient fraîches, légères, et Savério sentit un frisson de dégoût qui lui remonta le long de la nuque — et monta prendre sa douche. Il entendit l'eau couler, la porte de la salle de bain claquer, le bruit familier de la pomme de douche qu'elle réglait toujours sur le mode « pluie fine ».
Il resta sur le canapé. Le match venait de se terminer. Le présentateur annonçait le score.
La semaine qui suivit fut un tunnel. Savério allait au travail, concevait des ponts et des structures de béton armé sur des écrans, assistait à des réunions où il hochait la tête au bon endroit, rentrait, mangeait avec les enfants, les couchait, lisait une histoire à l'aînée — un livre sur un renard qui perdait sa tanière et cherchait une nouvelle maison — et attendait que Sofia rentre. Elle rentrait à l'heure, chaque soir, comme avant. Comme si rien n'avait changé. Et chaque soir, Savério ne disait rien.
Mercredi, il prit sa pause déjeuner pour appeler le Domaine de la Mirande. Une femme à la voix grave et professionnelle lui confirma qu'il restait des chambres disponibles pour la nuit du samedi. Il réserva sous un faux nom — Marco Ferri, un nom inventé sur l'instant — et paya par carte. Chambre 11, au premier étage, donnant sur le patio intérieur.
Vendredi soir, il dit à Sofia qu'il partait tôt le matin pour un chantier à Arles, une inspection de fondations qui nécessitait d'être sur place à six heures. Elle ne posa pas de questions. Elle déposa un baiser sur son front et dit :
— Sois prudent sur la route.
Samedi. Le ciel était bas, gris, lourd d'une pluie qui ne tombait pas. Savério quitta la maison à seize heures, après avoir déposé les enfants chez sa mère — « une urgence sur un chantier, je ne sais pas à quelle heure je rentre » — et prit la direction de Lambesc. Il arriva au Domaine de la Mirande une heure avant Sofia. Le mas était beau — pierres blondes, glycine grimpante sur la façade sud, terrasse couverte de vignes vierges —, et il se demanda un instant pourquoi il remarquait la beauté du lieu, pourquoi son cerveau enregistrait encore ce genre de détail, comme si l'esthétique comptait encore quelque chose.
Il prit possession de la chambre 11. Deux lits jumeaux, un parquet en chêne, un tapis provençal, une salle de bain carrelée de blanc. Il posa son sac sur un lit, s'assit sur l'autre, et attendit. La fenêtre donnait sur le patio, et depuis le patio, on voyait l'entrée du restaurant. Il resta assis pendant deux heures, les yeux fixés sur la cour gravillonnée, jusqu'à ce qu'une Clio grise se gare devant le porche. Sofia en sortit. Elle portait une robe noire, simple, qui lui arrivait au-dessus du genou, des escarpins noirs, et ses cheveux étaient détachés. Elle n'avait pas mis de manteau, juste un châle fin sur les épaules. Elle entra dans le mas en penchant la tête pour saluer quelqu'un que Savério ne pouvait pas voir depuis son angle.
Il attendit encore. La lumière de la façade s'alluma. Des rires filtrèrent par la fenêtre ouverte du restaurant. Il compta les voix — cinq, six, peut-être sept —, distingua celle de Sofia, claire et modulée, puis une autre voix, plus grave, masculine, qui ponctuait ses phrases d'un rire bref et sec. Il ne pouvait pas voir le visage de l'homme, mais il reconnaissait ce grain dans la voix — ce ton de commande, ce rythme saccadé, cette manière de couper la phrase de la personne en face. L'homme de la salle 214.
La soirée s'étira. Savério resta dans la chambre. Il ne descendit pas. Il ne mangea pas. Il but une bouteille d'eau minérale et fixa le plafond, puis le patio, puis le plafond. À vingt-deux heures passées, le bruit dans le restaurant cessa. Des voix dirent au revoir dans la cour. Des portières claquèrent. Des moteurs démarrèrent. Puis le silence.
Sofia ne sortit pas. Personne ne sortit du mas. Savério se leva et ouvrit la porte de sa chambre, juste un centimètre. Le couloir était étroit, tapissé d'un papier peint à motifs provençaux, bleu et ocre, et éclairé par des appliques murales qui diffusaient une lumière jaune et tiède. Il compta les portes. Sa chambre, la 11. En face, la 12. Plus loin, la 13, la 14. Le couloir faisait un coude à droite. Il savait — il avait vérifié à l'accueil — que la chambre de l'équipe commerciale était la chambre 12, la chambre voisine de la sienne.
Il ferma la porte. Il retourna s'asseoir. Son cœur cognait dans sa poitrine avec la régularité sourde d'un marteau-piqueur.
Vingt-trois heures. Vingt-trois heures quinze. Vingt-trois heures vingt.
Un bruit de pas dans le couloir. Léger, souple, pas pressé. Puis un claquement de porte — pas la sienne, celle d'en face. Un léger craquement de charnière. Puis un silence de quelques secondes. Puis le cliquetis d'un verrou qu'on ne tournait pas — la porte de la chambre 12 n'était pas fermée à clé. Puis un second bruit de pas, plus rapide, plus assuré. Puis la porte de la chambre 12 qui se referma, doucement, sans bruit.
Savério se leva. Ses jambes obéirent avec une docilité qui le surprit. Il ouvrit la porte de sa chambre, sortit dans le couloir, fit les trois pas qui le séparaient de la chambre 12, et s'arrêta. La porte de cette chambre n'était pas complètement fermée — elle avait été poussée mais pas cliquetée, et un liseré de lumière dorée filtrait entre le chambranle et le gond. Il posa son oreille contre le bois.
Rien. Puis un souffle. Le froissement d'un tissu qu'on enlève. Puis la voix de Sofia, basse, presque murmurée :
— Tu m'as manqué toute la semaine.
Et la réponse, celle qu'il connaissait déjà, rauque, traînante :
— Montre-moi combien.
Savério posa son œil contre l'interstice. La chambre 12 était identique à la sienne — même parquet, même tapis, même lit — mais la lumière était différente. Les appliques étaient éteintes, et deux bougies posées sur la commode jetaient une clarté orange et mouvante qui dansait sur les murs et sur la peau de Sofia.
Elle était debout au pied du lit. La robe noire glissait le long de ses hanches, retenue un instant par la courbe de ses fesses, puis tomba à ses pieds. Dessous, elle portait un ensemble noir — pas le string noir de la salle 214, mais un body de dentelle, noir, transparent, qui laissait voir la pointe rosée de ses mamelons et le triangle sombre de son sexe. Des bas noirs, attachés par un porte-jarretelle. Des escarpins toujours aux pieds.
L'homme — debout derrière elle, en chemise blanche déboutonnée, pantalon noir — posa ses deux mains sur les hanches de Sofia et approcha sa bouche de son cou. Savério vit la langue de l'homme sortir, lécher la peau derrière l'oreille de Sofia, puis ses lèvres se refermer sur le muscle du cou, aspirer, tirer. Sofia ferma les yeux et sa tête bascula en arrière, posée sur l'épaule de l'homme, et un son sortit de sa bouche — pas un gémissement, pas un soupir, mais une expiration profonde, gutturale, le son de quelqu'un qui relâche une tension accumulée pendant des jours.
— Déboutonne-moi, murmura-t-elle. Déboutonne-moi la dentelle.
Les doigts de l'homme trouvèrent les agrafes du body, les firent sauter une par une — clic, clic, clic — et le tissu s'ouvrit, révélant les seins lourds, la ligne du sternum, le ventre plat, le monticule du pubis rasé. L'homme fit glisser le body le long des bras de Sofia et le laissa tomber. Il posa ses mains à plat sur son ventre, les fit remonter jusqu'à sa poitrine, et saisit chaque sein dans une main, les pétrissant lentement, poussant la chair vers le haut, faisant saillir les mamelons entre ses doigts.
Sofia gémit. Un vrai gémissement, celui-là — aigu, bref, coupé par une morsure de lèvre. L'homme pinça les mamelons entre le pouce et l'index, tira vers l'avant, et Sofia poussa un cri rauque qui se termina en râle.
— Tu aimes ça, dit l'homme. Tu aimes quand je te maltraites les seins.
— Oui.
— Dis-le.
— J'aime quand tu me maltraites les seins. J'aime quand tu tires dessus.
— Oui.
— Dis-le.
— J'aime quand tu me maltraites les seins. J'aime quand tu tires dessus.
L'homme la fit pivoter et la poussa sur le lit. Sofia tomba sur le dos, les jambes dans le vide, les escarpins touchant encore le sol. L'homme s'agenouilla entre ses cuisses, écarta les genoux de Sofia d'une poussée des siens, et baissa la tête. Savério vit la langue de l'homme — large, rose, humide — s'insinuer entre les grandes lèvres, remonter le long de la fente, atteindre le clitoris. Sofia se cambra, ses doigts s'accrochèrent aux draps, et un cri sortit de sa gorge — un cri ouvert, non modulé, animal.
— Putain, oui — comme ça — bouffe-moi la chatte — bouffe-moi.
L'homme ne répondit pas. Sa bouche travaillait — lèvres, langue, dents —, aspirant les lèvres intérieures, mordillant le capuchon du clitoris, plongeant sa langue dans le conduit vaginal et ressortant pour lécher de bas en haut, avec une régularité de métronome. Les cuisses de Sofia se refermèrent autour de sa tête, puis s'ouvrirent plus largement, puis se refermèrent. Ses hanches bougeaient en cercles, poussant son sexe contre la bouche de l'homme, frottant, mouillant son menton de cyprine.
Savério ne bougeait pas. Son œil était plaqué contre l'interstice, son souffle retenu, sa main droite pressant l'érection qui tendait son pantalon. Il ne se touchait pas — pas encore. Il regardait. Il regardait sa femme se faire dévorer par un inconnu, et chaque mouvement de langue, chaque cri de Sofia, chaque contraction de ses cuisses envoyait une décharge électrique le long de sa colonne vertébrale.
L'homme se redressa. Son visage était luisant, trempé, le menton et les joues miroitant de cyprine. Il ouvrit son pantalon, le fit glisser, et son sexe apparut — dur, épais, circoncis, la veine dorsale gonflée et violacée. Il le prit en main, le posa sur le pubis de Sofia, et frotta le gland le long de la fente, du clitoris à l'entrée du vagin, lentement, en cercles, enduisant le tout de cyprine.
— Mets-le, dit Sofia. Rentre-le. Baise-moi.
L'homme ne bougea pas. Il continuait de frotter.
— Dis-moi ce que tu veux.
— Je veux ta queue. Je veux que tu me défonces la chatte. Je veux que tu me baises comme une chienne.
— Je veux ta queue. Je veux que tu me défonces la chatte. Je veux que tu me baises comme une chienne.
L'homme poussa. Le gland s'engagea dans l'entrée, s'étira, puis le sexe s'enfonça en une seule poussée longue et continue jusqu'à la racine. Sofia émit un son — pas un cri, pas un gémissement, mais un hoquet profond, un son qui semblait sortir de ses poumons par le bas, comme si l'air était chassé de son corps par la pression de la pénétration. Ses yeux s'ouvrirent, grands, fixant le plafond, et sa bouche resta ouverte, les lèvres tremblantes.
L'homme commença à bouger. Lentement d'abord — des va-et-vient longs, complets, sortant presque entièrement puis rentrant jusqu'aux couilles —, puis de plus en plus vite, de plus en plus fort, les hanches claquant contre les cuisses de Sofia avec un bruit de chair humide qui résonnait dans la chambre.
Sofia hurlait. Pas des mots — des sons. Des « ah » rauques, répétés, syncopés, qui montaient en fréquence et en intensité à chaque poussée. Ses ongles s'enfonçaient dans les fesses de l'homme, griffant la peau, laissant des traînées rouges. Ses jambes s'enroulèrent autour de sa taille, tirant, l'attirant plus profondément en elle.
— Plus fort, plus fort, plus fort — défonce-moi — défonce ma chatte — oh putain — oui — oui — OUI
L'homme accéléra encore. Le lit grinçait — un grincement régulier, métallique, qui rythmait les coups de butée comme un métronome de chair. Les seins de Sofia ballottaient à chaque impact, roulant sur ses côtes, les mamelons pointant vers le plafond, tremblants.
L'homme se retira. Sofia émit un son de protestation — un gémissement déçu —, mais l'homme la fit basculer sur le ventre. Il la prit par les hanches, la mit à quatre pattes, et s'agenouilla derrière elle. Il posa le gland contre l'entrée, maintenant béante et ruisselante, et poussa en une seule fois. Sofia cria — un cri bref, aigu, coupé —, puis un gémissement long quand l'homme commença à la baiser avec la même régularité qu'avant, mais plus profondément, les couilles claquant contre le clitoris à chaque poussée.
L'homme leva la main et gifla la fesse droite de Sofia. Le son fut net, sec, et la peau rougit immédiatement, en formant la marque rouge d'une main. Sofia émit un râle — un son que Savério ne lui avait jamais entendu faire, un mélange de douleur et de plaisir, quelque chose de primal qui montait du fond de sa gorge.
— Encore, dit-elle. Gifle-moi encore.
L'homme obéit. Gifle gauche, gifle droite, gifle gauche — trois claques qui firent trembler les fesses de Sofia et la firent gémir entre chaque coup. Puis l'homme saisit ses hanches à deux mains et la tira vers lui en même temps qu'il poussait, enfonçant au maximum, et Sofia hurla — un cri plein, un cri qui emplissait la chambre et filtrait par l'interstice de la porte, un cri qui disait que cet homme était en elle, profondément, entièrement.
Savério regardait. Son souffle était court, saccadé. Sa main était posée sur son pantalon, pressant son érection, mais il ne se touchait pas encore — il ne pouvait pas, pas tant que la scène continuait, pas tant qu'il ne savait pas comment elle finirait.
L'homme se retira.
— Retourne-toi, dit-il. Je veux te regarder.
Sofia se retourna, sur le dos, les jambes écartées, les cuisses tremblantes. L'homme se pencha sur elle, prit ses deux poignets dans une main et les plaqua au-dessus de sa tête. De l'autre main, il guida son sexe vers l'entrée, puis s'enfonça en une seule poussée. Sofia ferma les yeux et sa bouche s'ouvrit, mais aucun son ne sortit — juste un souffle, une expiration longue, comme si tout l'air de ses poumons sortait en une fois.
L'homme la baisa lentement. Des va-et-vient longs, profonds, complets, presque méditatifs. Il se pencha et prit un sein dans sa bouche, aspirant le mamelon, le tirant, le mordillant. Sofia gémit — des petits gémissements aigus, réguliers, qui suivaient le rythme de la pénétration.
L'homme accéléra. Ses hanches devinrent un piston, rapide, mécanique, et les gémissements de Sofia montèrent en fréquence, devenant des cris, puis des hurlements, puis un seul son continu, un long cri qui montait et descendait en même temps que le plaisir montait en elle.
— Je jouis, je jouis, je JOUIS — PUTAIN — OUI — LÀ — RESTE — RESTE — RESTE
Sofia se cambra. Son corps se tendit — chaque muscle, chaque tendon, chaque fibre —, ses doigts se crispèrent dans le vide, ses orteils se recroquevillèrent, et un spasme la secoua de la tête aux pieds, suivi d'un autre, puis d'un autre, des vagues de contraction qui partaient de son sexe et remontaient jusqu'à sa poitrine.
L'homme ne s'arrêta pas. Il continua de la baiser pendant l'orgasme, et les contractions se prolongèrent, mêlées de cris entrecoupés de hoquets. Puis il se retira, monta sur le lit, s'agenouilla au-dessus de la poitrine de Sofia, et se masturba — trois, quatre mouvements de poing, rapides —, puis jouit. Le sperme sortit en jets épais, blancs, qui arrosèrent les seins de Sofia, le haut de son ventre, le creux de sa gorge. Sofia ouvrit la bouche, attrapa le dernier jet sur sa langue, et avala.
L'homme s'effondra à côté d'elle. Les deux corps respiraient fort, côte à côte, trempés de sueur et de fluides. La bougie vacilla. Un silence mou, épais, s'installa dans la chambre, ponctué seulement par les respirations qui ralentissaient.
Savério recula. Son œil quitta l'interstice, son dos quitta le mur. Il fit trois pas en arrière, retourna dans sa chambre, ferma la porte derrière lui sans bruit, et s'assit sur le lit.
Il resta assis dans le noir, les mains sur les genoux, jusqu'à ce que les bougies de la chambre 12 s'éteignent, jusqu'à ce que les rires et les murmures à travers le mur s'éteignent aussi, jusqu'à ce que le silence de l'hôtel soit complet.
Alors seulement, il réalisa qu'il n'avait toujours pas touché son érection. Qu'elle était toujours là, tendue, douloureuse, contre le tissu de son pantalon. Et que la honte et l'excitation étaient toujours là aussi, mêlées, indémêlables, comme les doigts de deux mains entrelacées.
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Commentaires ()
J’ai bien l’impression que cette histoire, encore une fois, finira par un cocu content qui ne veut pas perdre l’amour de sa vie.
Comment va t’il récupérer sa femme
Va t’il être à la hauteur que recherches sa femme au niveau sexe
Elle veut se faire baiser et pas une baise amoureuse
Vivement l’explication qu’il va avoir avec sa femme
Et comment va t’il la reconquérir ou la perdre à toujours
Très bien écrit