Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Ce que Marianne s’autorise — Chapitre 7 · Les derniers soins
Auteur
Ce que Marianne s’autorise
Chapitre 7 · Les derniers soins
Chapitre VII — Les derniers soins
Il ne restait plus que trois visites chez Monsieur Delorme lorsque je compris que nos rencontres allaient bientôt prendre fin. Sa plaie avait suffisamment bien cicatrisé pour que le pansement ne nécessite plus que quelques précautions élémentaires, et je savais déjà que le médecin autoriserait probablement l’arrêt des soins dans les jours suivants. Son nom figurait encore sur mon planning du lundi, suivi de deux dernières interventions. Je passai à la ligne suivante avec un léger regret, avant de reprendre la liste de mes autres patients.
À force de venir chez lui le matin, je m’étais habituée à cette attention discrète qui accompagnait désormais mon arrivée. Il n’était pourtant ni particulièrement beau ni particulièrement intéressant à mes yeux, avec son visage assez large, ses cheveux grisonnants, ses épaules solides et cette silhouette d’homme d’une cinquantaine d’années qui avait commencé à s’épaissir sans devenir véritablement disgracieuse. Je n’avais jamais éprouvé pour lui cette attirance immédiate qui pouvait me faire remarquer un inconnu dans la rue, mais la retenue de ses regards, son embarras lorsqu’il me trouvait jolie et cette manière de perdre momentanément le fil de ses paroles en ma présence avaient fini par constituer un plaisir auquel je m’étais attachée davantage que je ne l’aurais cru.
Ce lundi, je n’avais rien changé à ma tenue en arrivant devant sa maison. Je portais un pantalon clair et un chemisier assez simple, mes cheveux étaient attachés et je n’avais consacré à mon apparence que les quelques minutes habituelles avant de quitter la maison. Je n’éprouvais plus le besoin de modifier mes vêtements avant de sonner chez lui, car je savais désormais qu’il me regardait avec cette même attention quelle que soit ma tenue, et cette certitude me procurait une satisfaction plus discrète que les petites provocations auxquelles je m’étais livrée au début de nos visites.
Il m’ouvrit avec son sourire habituel, puis me conduisit directement dans la pièce où j’effectuais les soins. Tout était déjà préparé : une chaise dégagée, une petite table pour mon matériel et les documents médicaux posés près de la fenêtre. J’appréciais depuis le début cette attention qu’il portait à mon travail, cette manière de me faciliter les choses sans multiplier les questions inutiles ni chercher à prolonger artificiellement les gestes professionnels.
Je retirai l’ancien pansement et examinai la cicatrice, dont les bords étaient désormais parfaitement refermés. Il ne restait qu’une légère rougeur à surveiller, et je lui expliquai que nous pourrions probablement arrêter les soins mercredi si l’évolution demeurait aussi favorable. Delorme baissa les yeux vers la plaie, puis les releva vers moi avec une expression qui me fit comprendre qu’il avait entendu bien autre chose que la bonne nouvelle que je venais de lui annoncer.
— Déjà mercredi ?
Je souris devant cette réaction presque enfantine, puis lui confirmai que nous avions même prolongé les soins un peu plus que nécessaire par prudence. Il acquiesça sans discuter, mais il resta un instant près de la table, les yeux baissés vers le pansement.
Nous parlâmes ensuite de son retour prochain au travail. Il avait repris quelques activités à domicile, commençait à trouver les journées longues et souhaitait retrouver une vie normale, mais ses réponses étaient moins développées qu’à l’ordinaire et il jetait parfois vers moi un regard dont je comprenais désormais le sens sans avoir besoin d’en chercher la confirmation.
Lorsque je terminai de ranger mon matériel, il resta assis quelques instants avant de se lever pour m’accompagner jusqu’à l’entrée. Je sentis qu’il aurait aimé me retenir, peut-être me demander si je pourrais revenir prendre un café ou si nos échanges pourraient se poursuivre après l’arrêt des soins, mais il ne formula aucune invitation. Il se contenta de me remercier pour ma patience et ma gentillesse, puis ajouta que mes visites avaient rendu sa convalescence beaucoup moins pénible qu’il ne l’aurait imaginé.
Je le remerciai avec un sourire, touchée davantage que je ne l’aurais voulu par cette reconnaissance exprimée sans plaisanterie ni sous-entendu. Sur le seuil, je lui souhaitai une bonne journée et retrouvai dans ses yeux cette attention qui m’avait troublée dès nos premières rencontres, mais je ne cherchai pas à prolonger notre échange.
Le lendemain, je pensai à Delorme avant même de consulter mon planning. Je connaissais désormais suffisamment ses réactions pour ne plus avoir besoin de chercher la confirmation de son désir, mais la perspective de ne bientôt plus le revoir donnait à cette avant-dernière matinée une importance inhabituelle. Je choisissais cependant mes vêtements sans chercher à provoquer une réaction particulière et me demandais seulement s’il me proposerait encore un café une fois son pansement retiré.
Je me présentai chez lui avec une jupe sombre et un chemisier ordinaire, sans avoir particulièrement cherché à attirer son attention, puis commençai le soin. Il m’accueillit avec un sourire plus discret que les jours précédents, puis s’installa pendant que je préparais le matériel, manifestement soucieux de ne pas transformer chacune de nos dernières minutes en une nouvelle tentative de rapprochement. Cette retenue, qui m’avait d’abord amusée, me parut ce matin-là presque touchante.
La plaie était presque entièrement refermée. Je nettoyai les derniers contours, appliquai un pansement léger et pris le temps de lui expliquer les précautions qu’il devrait encore observer pendant quelques jours, puis rangeai soigneusement mon matériel dans la mallette. Delorme m’écoutait avec attention, mais je sentais à ses silences qu’il aurait voulu me poser d’autres questions que celles qui concernaient sa cicatrice.
Le mercredi matin, j’arrivai chez Delorme à l’heure habituelle. Il m’attendait devant la maison, occupé à déplacer quelques pots de fleurs sur les marches du perron, et je fus surprise de le découvrir dans cette activité parfaitement ordinaire après l’avoir vu pendant plusieurs semaines principalement assis dans sa cuisine ou dans la pièce où je réalisais les soins. Il portait un pantalon de toile et un polo clair, semblait de bonne humeur et m’accueillit avec une simplicité qui dissipa immédiatement l’appréhension que j’avais éprouvée en arrivant.
Nous parlâmes quelques minutes de son jardin avant de rentrer, puis je procédai à un dernier examen de la cicatrice. La plaie était parfaitement refermée, sans rougeur inquiétante ni signe de complication, et je pus lui confirmer que les soins étaient terminés. Je lui rappelai les précautions à observer pendant les jours suivants, les signes qui nécessiteraient un nouvel avis médical et la possibilité de reprendre progressivement ses activités habituelles.
Delorme écouta attentivement, posa deux questions auxquelles je répondis avec précision, puis reconnut qu’il était heureux de ne plus avoir besoin d’un pansement quotidien. Je souris devant cette remarque et commençai à ranger définitivement le matériel, tandis qu’il repliait les documents médicaux pour les déposer dans un tiroir.
Lorsque je refermai ma mallette, il s’approcha pour me remercier une dernière fois. Il semblait plus à l’aise que la veille et ne chercha pas à prolonger nos échanges au-delà de quelques mots simples, ce que j’appréciai d’autant plus que la fin des soins nous obligeait à quitter ces habitudes installées au fil des semaines.
Il me proposa de rester quelques minutes, mais je lui expliquai que ma tournée était chargée et que je devais encore passer chez plusieurs patients avant midi. Il acquiesça aussitôt, puis m’accompagna jusqu’à l’entrée en parlant de son retour au travail prévu pour la semaine suivante.
Sur le seuil, nous nous arrêtâmes face à face. Je retrouvai ses épaules larges, ses cheveux mêlés de gris et cette expression attentive que j’avais fini par connaître presque aussi bien que celle de certains de mes proches, puis lui tendis spontanément la main pour lui souhaiter une bonne continuation.
Il la prit entre les siennes, sans chercher à prolonger le contact, puis m’adressa un sourire discret.
— Prenez soin de vous, Monsieur Delorme.
Il me répondit qu’il essaierait, puis resta près de la porte tandis que je descendais les marches pour rejoindre ma voiture.
Lorsque je pris place derrière le volant, je le vis encore devant sa maison, une main posée sur l’encadrement de la porte. Il leva légèrement la main pour me saluer et je lui répondis d’un geste avant de démarrer.
Quelques rues plus loin, je m’arrêtai à un feu rouge et consultai rapidement mon planning sur le téléphone fixé au tableau de bord. Le nom de Monsieur Delorme figurait encore parmi les visites de la matinée, accompagné de la mention indiquant l’arrêt des soins. Je validai la fin de sa prise en charge, vérifiai l’adresse suivante et repris ma route lorsque le feu passa au vert.
Deux jours plus tard, après l’avoir croisé par hasard près de la pharmacie du bourg, je passai chez Delorme pour prendre le café qu’il m’avait proposé. Il n’était plus mon patient et je n’avais emporté ni mallette ni documents médicaux ; il m’accueillit dans la cuisine, sortit deux tasses et se mit à chercher du café tandis que je me lavais machinalement les mains à l’évier.
Je refermai le robinet, m’essuyai les mains et revins vers lui sans chercher tout de suite une place où m’asseoir. Delorme se tenait près de la table, une main posée sur le dossier de sa chaise, avec cette attitude hésitante qu’il adoptait lorsqu’il ne savait plus très bien quelle place prendre en ma présence. Je le regardai plus longuement que d’habitude, retrouvant dans son embarras l’attention discrète qui avait accompagné ses dernières visites.
— Vous allez me manquer, Marianne, dit-il finalement.
Il avait parlé sans emphase, presque avec gêne, et cette simplicité me surprit davantage qu’une déclaration plus appuyée. Je lui répondis que j’avais également apprécié nos conversations, puis restai devant lui sans chercher immédiatement à reprendre mon sac, tandis qu’il baissait légèrement les yeux avec un sourire embarrassé.
Je m’approchai alors et posai doucement une main sur son bras, suffisamment pour lui faire relever la tête et découvrir que je ne cherchais pas encore à partir. Il me regarda avec une surprise visible, puis laissa son bras immobile sous mes doigts, sans tenter de m’attirer à lui.
Je lui proposai de se rasseoir.
Delorme hésita un instant, puis reprit place sur la chaise qu’il venait de quitter. Je restai debout devant lui, consciente de cette position inhabituelle pour deux personnes qui, quelques jours plus tôt encore, ne s’étaient rencontrées qu’à l’occasion des soins, tandis qu’il levait vers moi un visage où la curiosité le disputait à l’embarras.
Je n’avais aucune envie de l’embrasser ni de me serrer contre lui ; je retrouvais surtout cette attention presque exclusive qu’il m’accordait depuis nos premières rencontres.
Je posai une main sur son épaule, puis descendis lentement le long de son bras jusqu’à retrouver ses doigts, qu’il gardait posés sur sa cuisse. Delorme suivait mes gestes sans parler et je remarquai que sa respiration avait changé, moins par impatience que par l’incertitude de ne pas savoir exactement ce que j’allais faire.
Je m’arrêtai un instant pour lui laisser la possibilité de se dégager, puis lui demandai doucement s’il souhaitait que je continue. Il acquiesça, avec une gravité presque comique chez cet homme qui avait si souvent détourné les yeux pour ne pas laisser paraître son désir.
Je m’agenouillai alors entre ses jambes, légèrement de biais, tandis que le tissu de ma jupe retombait en plis autour de mes cuisses. Je déboutonnai son pantalon, baissai légèrement la fermeture et glissai la main à l’intérieur. Il était déjà dur. Je sortis son sexe, le pris dans ma paume et commençai à le caresser lentement, d’abord du pouce sur le gland, puis en refermant les doigts autour de la hampe. Delorme laissa échapper un souffle plus long, mais ne bougea pas les mains. Il me laissait faire.
Je gardai les yeux sur son visage. Sa retenue se défaisait progressivement : les paupières qui se fermaient, la bouche qui s’entrouvrait, les joues qui rougissaient davantage. Je continuai le mouvement, régulier, sans accélérer. À un moment, profitant de l’angle de nos corps qui dissimulait mon geste, je fis glisser mon autre main sous ma propre jupe, entre mes cuisses, et constatai que j’étais déjà mouillée. Le contact de mes doigts contre mon clitoris fut presque immédiat, discret. Je pris soin de ne rien laisser paraître, gardant une respiration calme et un visage impassible. Je caressai Delorme de la main droite tandis que, de la gauche, je me touchais lentement sous le tissu, en cercles légers, sans jamais laisser paraître le plaisir qui montait.
Il avait rouvert les yeux et me regardait. Je soutins son regard, presque froide en apparence, alors que mes doigts pressaient un peu plus fort entre mes jambes. Le contraste entre ce que je lui faisais et ce que je m’accordais en silence me procura une satisfaction étrange. Lorsque je sentis qu’il approchait, je resserrai légèrement la pression et accélérai à peine. Il jouit dans ma main, le souffle court, les épaules tendues, les yeux toujours fixés sur moi. Je continuai quelques secondes, puis m’arrêtai. Entre mes propres cuisses, le plaisir était là, diffus, mais je ne le laissai pas aller jusqu’au bout. Je retirai ma main de sous ma jupe sans qu’il ait rien vu, essuyai discrètement mes doigts sur un mouchoir que j’avais dans la poche de ma veste, et lui tendis de quoi se nettoyer.
Lorsqu’il retrouva son calme, je m’écartai doucement et lui laissai quelques minutes pour se rajuster. Il demeura silencieux, les joues un peu rouges, puis me remercia avec une maladresse qui me fit sourire. Je retournai me laver les mains à l’évier ; lorsqu’il revint près de la table, les joues encore rouges, il resta debout sans trouver immédiatement quoi dire.
Il finit par me demander si nous nous reverrions.
Je ramassai mon sac avant de lui répondre que je préférais en rester là. Je n’avais pas de regret à lui exprimer ni de déclaration à faire, mais je ne souhaitais pas davantage lui laisser espérer une liaison que je n’avais jamais envisagée.
Il baissa légèrement la tête, accepta ma réponse sans chercher à discuter, puis se leva pour m’accompagner jusqu’à l’entrée. Nous échangeâmes encore quelques mots sur son retour au travail et sur les activités qu’il avait enfin pu reprendre, et je retrouvai progressivement chez lui cette politesse familière qui avait rendu nos conversations agréables dès les premiers jours.
Sur le seuil, je lui souris, lui souhaitai une bonne journée et descendis les marches sans prolonger notre séparation.
Dans la voiture, je posai mon sac sur le siège passager et restai quelques instants immobile avant de démarrer. J’apercevais encore sa maison dans le rétroviseur, avec les rideaux clairs de la cuisine où je l’avais rejoint chaque matin, mais je ne cherchai pas à voir s’il se tenait derrière la fenêtre. Entre mes cuisses, l’humidité persistait.
Ma tournée reprit rapidement son cours habituel. Une patiente avait oublié son ordonnance, un autre s’inquiétait d’une douleur qui ne semblait pourtant pas présenter de caractère alarmant, et je passai une partie de la matinée à organiser les rendez-vous nécessaires pour la semaine suivante.
À midi, Antoine m’avait envoyé un message pour savoir si je pourrais acheter du pain en rentrant, puis un autre pour m’annoncer qu’il terminerait probablement un peu plus tard que prévu. Je lui répondis immédiatement et repris ma tournée.
Il ne restait plus que trois visites chez Monsieur Delorme lorsque je compris que nos rencontres allaient bientôt prendre fin. Sa plaie avait suffisamment bien cicatrisé pour que le pansement ne nécessite plus que quelques précautions élémentaires, et je savais déjà que le médecin autoriserait probablement l’arrêt des soins dans les jours suivants. Son nom figurait encore sur mon planning du lundi, suivi de deux dernières interventions. Je passai à la ligne suivante avec un léger regret, avant de reprendre la liste de mes autres patients.
À force de venir chez lui le matin, je m’étais habituée à cette attention discrète qui accompagnait désormais mon arrivée. Il n’était pourtant ni particulièrement beau ni particulièrement intéressant à mes yeux, avec son visage assez large, ses cheveux grisonnants, ses épaules solides et cette silhouette d’homme d’une cinquantaine d’années qui avait commencé à s’épaissir sans devenir véritablement disgracieuse. Je n’avais jamais éprouvé pour lui cette attirance immédiate qui pouvait me faire remarquer un inconnu dans la rue, mais la retenue de ses regards, son embarras lorsqu’il me trouvait jolie et cette manière de perdre momentanément le fil de ses paroles en ma présence avaient fini par constituer un plaisir auquel je m’étais attachée davantage que je ne l’aurais cru.
Ce lundi, je n’avais rien changé à ma tenue en arrivant devant sa maison. Je portais un pantalon clair et un chemisier assez simple, mes cheveux étaient attachés et je n’avais consacré à mon apparence que les quelques minutes habituelles avant de quitter la maison. Je n’éprouvais plus le besoin de modifier mes vêtements avant de sonner chez lui, car je savais désormais qu’il me regardait avec cette même attention quelle que soit ma tenue, et cette certitude me procurait une satisfaction plus discrète que les petites provocations auxquelles je m’étais livrée au début de nos visites.
Il m’ouvrit avec son sourire habituel, puis me conduisit directement dans la pièce où j’effectuais les soins. Tout était déjà préparé : une chaise dégagée, une petite table pour mon matériel et les documents médicaux posés près de la fenêtre. J’appréciais depuis le début cette attention qu’il portait à mon travail, cette manière de me faciliter les choses sans multiplier les questions inutiles ni chercher à prolonger artificiellement les gestes professionnels.
Je retirai l’ancien pansement et examinai la cicatrice, dont les bords étaient désormais parfaitement refermés. Il ne restait qu’une légère rougeur à surveiller, et je lui expliquai que nous pourrions probablement arrêter les soins mercredi si l’évolution demeurait aussi favorable. Delorme baissa les yeux vers la plaie, puis les releva vers moi avec une expression qui me fit comprendre qu’il avait entendu bien autre chose que la bonne nouvelle que je venais de lui annoncer.
— Déjà mercredi ?
Je souris devant cette réaction presque enfantine, puis lui confirmai que nous avions même prolongé les soins un peu plus que nécessaire par prudence. Il acquiesça sans discuter, mais il resta un instant près de la table, les yeux baissés vers le pansement.
Nous parlâmes ensuite de son retour prochain au travail. Il avait repris quelques activités à domicile, commençait à trouver les journées longues et souhaitait retrouver une vie normale, mais ses réponses étaient moins développées qu’à l’ordinaire et il jetait parfois vers moi un regard dont je comprenais désormais le sens sans avoir besoin d’en chercher la confirmation.
Lorsque je terminai de ranger mon matériel, il resta assis quelques instants avant de se lever pour m’accompagner jusqu’à l’entrée. Je sentis qu’il aurait aimé me retenir, peut-être me demander si je pourrais revenir prendre un café ou si nos échanges pourraient se poursuivre après l’arrêt des soins, mais il ne formula aucune invitation. Il se contenta de me remercier pour ma patience et ma gentillesse, puis ajouta que mes visites avaient rendu sa convalescence beaucoup moins pénible qu’il ne l’aurait imaginé.
Je le remerciai avec un sourire, touchée davantage que je ne l’aurais voulu par cette reconnaissance exprimée sans plaisanterie ni sous-entendu. Sur le seuil, je lui souhaitai une bonne journée et retrouvai dans ses yeux cette attention qui m’avait troublée dès nos premières rencontres, mais je ne cherchai pas à prolonger notre échange.
Le lendemain, je pensai à Delorme avant même de consulter mon planning. Je connaissais désormais suffisamment ses réactions pour ne plus avoir besoin de chercher la confirmation de son désir, mais la perspective de ne bientôt plus le revoir donnait à cette avant-dernière matinée une importance inhabituelle. Je choisissais cependant mes vêtements sans chercher à provoquer une réaction particulière et me demandais seulement s’il me proposerait encore un café une fois son pansement retiré.
Je me présentai chez lui avec une jupe sombre et un chemisier ordinaire, sans avoir particulièrement cherché à attirer son attention, puis commençai le soin. Il m’accueillit avec un sourire plus discret que les jours précédents, puis s’installa pendant que je préparais le matériel, manifestement soucieux de ne pas transformer chacune de nos dernières minutes en une nouvelle tentative de rapprochement. Cette retenue, qui m’avait d’abord amusée, me parut ce matin-là presque touchante.
La plaie était presque entièrement refermée. Je nettoyai les derniers contours, appliquai un pansement léger et pris le temps de lui expliquer les précautions qu’il devrait encore observer pendant quelques jours, puis rangeai soigneusement mon matériel dans la mallette. Delorme m’écoutait avec attention, mais je sentais à ses silences qu’il aurait voulu me poser d’autres questions que celles qui concernaient sa cicatrice.
Le mercredi matin, j’arrivai chez Delorme à l’heure habituelle. Il m’attendait devant la maison, occupé à déplacer quelques pots de fleurs sur les marches du perron, et je fus surprise de le découvrir dans cette activité parfaitement ordinaire après l’avoir vu pendant plusieurs semaines principalement assis dans sa cuisine ou dans la pièce où je réalisais les soins. Il portait un pantalon de toile et un polo clair, semblait de bonne humeur et m’accueillit avec une simplicité qui dissipa immédiatement l’appréhension que j’avais éprouvée en arrivant.
Nous parlâmes quelques minutes de son jardin avant de rentrer, puis je procédai à un dernier examen de la cicatrice. La plaie était parfaitement refermée, sans rougeur inquiétante ni signe de complication, et je pus lui confirmer que les soins étaient terminés. Je lui rappelai les précautions à observer pendant les jours suivants, les signes qui nécessiteraient un nouvel avis médical et la possibilité de reprendre progressivement ses activités habituelles.
Delorme écouta attentivement, posa deux questions auxquelles je répondis avec précision, puis reconnut qu’il était heureux de ne plus avoir besoin d’un pansement quotidien. Je souris devant cette remarque et commençai à ranger définitivement le matériel, tandis qu’il repliait les documents médicaux pour les déposer dans un tiroir.
Lorsque je refermai ma mallette, il s’approcha pour me remercier une dernière fois. Il semblait plus à l’aise que la veille et ne chercha pas à prolonger nos échanges au-delà de quelques mots simples, ce que j’appréciai d’autant plus que la fin des soins nous obligeait à quitter ces habitudes installées au fil des semaines.
Il me proposa de rester quelques minutes, mais je lui expliquai que ma tournée était chargée et que je devais encore passer chez plusieurs patients avant midi. Il acquiesça aussitôt, puis m’accompagna jusqu’à l’entrée en parlant de son retour au travail prévu pour la semaine suivante.
Sur le seuil, nous nous arrêtâmes face à face. Je retrouvai ses épaules larges, ses cheveux mêlés de gris et cette expression attentive que j’avais fini par connaître presque aussi bien que celle de certains de mes proches, puis lui tendis spontanément la main pour lui souhaiter une bonne continuation.
Il la prit entre les siennes, sans chercher à prolonger le contact, puis m’adressa un sourire discret.
— Prenez soin de vous, Monsieur Delorme.
Il me répondit qu’il essaierait, puis resta près de la porte tandis que je descendais les marches pour rejoindre ma voiture.
Lorsque je pris place derrière le volant, je le vis encore devant sa maison, une main posée sur l’encadrement de la porte. Il leva légèrement la main pour me saluer et je lui répondis d’un geste avant de démarrer.
Quelques rues plus loin, je m’arrêtai à un feu rouge et consultai rapidement mon planning sur le téléphone fixé au tableau de bord. Le nom de Monsieur Delorme figurait encore parmi les visites de la matinée, accompagné de la mention indiquant l’arrêt des soins. Je validai la fin de sa prise en charge, vérifiai l’adresse suivante et repris ma route lorsque le feu passa au vert.
Deux jours plus tard, après l’avoir croisé par hasard près de la pharmacie du bourg, je passai chez Delorme pour prendre le café qu’il m’avait proposé. Il n’était plus mon patient et je n’avais emporté ni mallette ni documents médicaux ; il m’accueillit dans la cuisine, sortit deux tasses et se mit à chercher du café tandis que je me lavais machinalement les mains à l’évier.
Je refermai le robinet, m’essuyai les mains et revins vers lui sans chercher tout de suite une place où m’asseoir. Delorme se tenait près de la table, une main posée sur le dossier de sa chaise, avec cette attitude hésitante qu’il adoptait lorsqu’il ne savait plus très bien quelle place prendre en ma présence. Je le regardai plus longuement que d’habitude, retrouvant dans son embarras l’attention discrète qui avait accompagné ses dernières visites.
— Vous allez me manquer, Marianne, dit-il finalement.
Il avait parlé sans emphase, presque avec gêne, et cette simplicité me surprit davantage qu’une déclaration plus appuyée. Je lui répondis que j’avais également apprécié nos conversations, puis restai devant lui sans chercher immédiatement à reprendre mon sac, tandis qu’il baissait légèrement les yeux avec un sourire embarrassé.
Je m’approchai alors et posai doucement une main sur son bras, suffisamment pour lui faire relever la tête et découvrir que je ne cherchais pas encore à partir. Il me regarda avec une surprise visible, puis laissa son bras immobile sous mes doigts, sans tenter de m’attirer à lui.
Je lui proposai de se rasseoir.
Delorme hésita un instant, puis reprit place sur la chaise qu’il venait de quitter. Je restai debout devant lui, consciente de cette position inhabituelle pour deux personnes qui, quelques jours plus tôt encore, ne s’étaient rencontrées qu’à l’occasion des soins, tandis qu’il levait vers moi un visage où la curiosité le disputait à l’embarras.
Je n’avais aucune envie de l’embrasser ni de me serrer contre lui ; je retrouvais surtout cette attention presque exclusive qu’il m’accordait depuis nos premières rencontres.
Je posai une main sur son épaule, puis descendis lentement le long de son bras jusqu’à retrouver ses doigts, qu’il gardait posés sur sa cuisse. Delorme suivait mes gestes sans parler et je remarquai que sa respiration avait changé, moins par impatience que par l’incertitude de ne pas savoir exactement ce que j’allais faire.
Je m’arrêtai un instant pour lui laisser la possibilité de se dégager, puis lui demandai doucement s’il souhaitait que je continue. Il acquiesça, avec une gravité presque comique chez cet homme qui avait si souvent détourné les yeux pour ne pas laisser paraître son désir.
Je m’agenouillai alors entre ses jambes, légèrement de biais, tandis que le tissu de ma jupe retombait en plis autour de mes cuisses. Je déboutonnai son pantalon, baissai légèrement la fermeture et glissai la main à l’intérieur. Il était déjà dur. Je sortis son sexe, le pris dans ma paume et commençai à le caresser lentement, d’abord du pouce sur le gland, puis en refermant les doigts autour de la hampe. Delorme laissa échapper un souffle plus long, mais ne bougea pas les mains. Il me laissait faire.
Je gardai les yeux sur son visage. Sa retenue se défaisait progressivement : les paupières qui se fermaient, la bouche qui s’entrouvrait, les joues qui rougissaient davantage. Je continuai le mouvement, régulier, sans accélérer. À un moment, profitant de l’angle de nos corps qui dissimulait mon geste, je fis glisser mon autre main sous ma propre jupe, entre mes cuisses, et constatai que j’étais déjà mouillée. Le contact de mes doigts contre mon clitoris fut presque immédiat, discret. Je pris soin de ne rien laisser paraître, gardant une respiration calme et un visage impassible. Je caressai Delorme de la main droite tandis que, de la gauche, je me touchais lentement sous le tissu, en cercles légers, sans jamais laisser paraître le plaisir qui montait.
Il avait rouvert les yeux et me regardait. Je soutins son regard, presque froide en apparence, alors que mes doigts pressaient un peu plus fort entre mes jambes. Le contraste entre ce que je lui faisais et ce que je m’accordais en silence me procura une satisfaction étrange. Lorsque je sentis qu’il approchait, je resserrai légèrement la pression et accélérai à peine. Il jouit dans ma main, le souffle court, les épaules tendues, les yeux toujours fixés sur moi. Je continuai quelques secondes, puis m’arrêtai. Entre mes propres cuisses, le plaisir était là, diffus, mais je ne le laissai pas aller jusqu’au bout. Je retirai ma main de sous ma jupe sans qu’il ait rien vu, essuyai discrètement mes doigts sur un mouchoir que j’avais dans la poche de ma veste, et lui tendis de quoi se nettoyer.
Lorsqu’il retrouva son calme, je m’écartai doucement et lui laissai quelques minutes pour se rajuster. Il demeura silencieux, les joues un peu rouges, puis me remercia avec une maladresse qui me fit sourire. Je retournai me laver les mains à l’évier ; lorsqu’il revint près de la table, les joues encore rouges, il resta debout sans trouver immédiatement quoi dire.
Il finit par me demander si nous nous reverrions.
Je ramassai mon sac avant de lui répondre que je préférais en rester là. Je n’avais pas de regret à lui exprimer ni de déclaration à faire, mais je ne souhaitais pas davantage lui laisser espérer une liaison que je n’avais jamais envisagée.
Il baissa légèrement la tête, accepta ma réponse sans chercher à discuter, puis se leva pour m’accompagner jusqu’à l’entrée. Nous échangeâmes encore quelques mots sur son retour au travail et sur les activités qu’il avait enfin pu reprendre, et je retrouvai progressivement chez lui cette politesse familière qui avait rendu nos conversations agréables dès les premiers jours.
Sur le seuil, je lui souris, lui souhaitai une bonne journée et descendis les marches sans prolonger notre séparation.
Dans la voiture, je posai mon sac sur le siège passager et restai quelques instants immobile avant de démarrer. J’apercevais encore sa maison dans le rétroviseur, avec les rideaux clairs de la cuisine où je l’avais rejoint chaque matin, mais je ne cherchai pas à voir s’il se tenait derrière la fenêtre. Entre mes cuisses, l’humidité persistait.
Ma tournée reprit rapidement son cours habituel. Une patiente avait oublié son ordonnance, un autre s’inquiétait d’une douleur qui ne semblait pourtant pas présenter de caractère alarmant, et je passai une partie de la matinée à organiser les rendez-vous nécessaires pour la semaine suivante.
À midi, Antoine m’avait envoyé un message pour savoir si je pourrais acheter du pain en rentrant, puis un autre pour m’annoncer qu’il terminerait probablement un peu plus tard que prévu. Je lui répondis immédiatement et repris ma tournée.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()