Fantasme
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Isabelle, son fils Tom ... et Valérie — Chapitre 6 · Le sms
Auteur
Isabelle, son fils Tom ... et Valérie
Chapitre 6 · Le sms
~
Le reste de la journée s'écoule dans une torpeur cotonneuse, comme si l'air de l'appartement s'épaississait soudain au point de rendre chaque geste, chaque respiration presque irréels.
~
Assis à mon bureau, les yeux fixés sur l'écran de mon ordinateur portable, je fais semblant de compiler mes lignes de code et d'étudier mes diagrammes de forces, mais mes pensées glissent inlassablement vers le rectangle noir posé à côté de mon clavier.
~
À chaque soubresaut lumineux de l'appareil — une simple notification publicitaire ou un e-mail de la fac — mon cœur fait un bond violent dans ma poitrine avant de retomber, lourd de déception, en voyant qu'il ne s'agit jamais d'elle.
~
Valérie ne fait rien. Elle ne vient pas. Elle laisse le temps s'étirer, mesurant l'effet de son silence avec une habileté redoutable.
~
Et plus les heures passent, plus l'attente devient une brûlure sourde. Le numéro qu'elle m'a laissé inscrire sur mon téléphone n'est qu'une promesse virtuelle, un fil suspendu dans le vide que personne ne se décide à tirer. L'idée qu'elle m'ait donné ses chiffres juste par politesse, pour se débarrasser d'un étudiant trop pressé en plein milieu de la rue, commence à tordre mon estomac.
~
Vers la fin de l'après-midi, alors que la lumière du jour commence à décliner en de longues trainées cuivrées sur les toits de Metz, ma mère entre dans ma chambre sans frapper, un plateau à la main.
~
— Tu travailles dur, Tom, murmure-t-elle en déposant une tasse de thé fumante et quelques biscuits sur le coin de la table. Tu devrais faire une pause, tu as l'air ailleurs depuis ce matin. Tu es sûr que tu n'attrapes pas froid ?
~
Je sursaute, refermant précipitamment un onglet de navigation sur mon écran, avant de me tourner vers elle avec un sourire que je sais trop tendu.
~
— Non, non, ça va maman... Juste un peu de fatigue avec le projet de structures. C'est... c'est complexe.
~
— Ne te rends pas malade pour ça, ajoute-t-elle en posant une main bienveillante et tiède sur mon épaule, un geste d'une tendresse infinie qui me transperce immédiatement de remords. Prends le temps de souffler un peu.
~
Lorsqu'elle referme la porte, je pousse un long soupir, les mains tremblantes. La culpabilité me ronge, mais elle se mélange à une frustration plus grande encore.
~
Le soir tombe pour de bon, enveloppant la ville d'un manteau d'ombre et de bruine fine. Nous dînons dans un silence presque religieux, et je regagne ma chambre sous prétexte de finir mes révisions.
~
Il est près de vingt et une heures. Le silence de la maison est total, à peine troublé par le bourdonnement lointain du réfrigérateur.
~
Je n'en peux plus d'attendre qu'elle fasse le premier pas. L'orgueil et la peur se bousculent dans ma tête, mais l'impatience finit par tout balayer. Je saisis mon téléphone, le déverrouille d'un geste brusque, et j'ouvre l'application de messagerie.
~
Je cherche le contact tout juste créé. Je fixe le curseur clignotant pendant de longues minutes, le front perlé de sueur, terrifié à l'idée de faire un faux pas. Qu'est-ce qu'un étudiant de vingt ans, engoncé dans sa timidité, peut bien écrire à une femme sophistiquée sans avoir l'air ridicule ou désespéré ?
~
Absolument rien de pertinent. Alors, dans un élan de panique et de maladresse totale, je tape une phrase absurde, un prétexte grotesque juste pour forcer le destin :
~
« Bonsoir Valérie... C'est Tom. Je voulais juste vérifier si mon numéro s'était bien enregistré dans vos contacts, ou s'il y a eu un bug technique... »
~
Je relis le message dix fois. C'est ridicule. C'est plat, gauche, terriblement juvénile. Une excuse de gamin pour engager la conversation. J'ai failli effacer chaque mot, pris de honte.
~
Mais avant que je ne puisse annuler mon geste, mon pouce tremble... et appuie sur la flèche d'envoi.
~
Le message s'affiche en minuscules bulles sur l'écran. Parti. Irrémédiablement.
~
Je reste figé sur ma chaise, le souffle coupé, les yeux rivés sur le petit indicateur de transmission, attendant de voir ce que cette stupide audace va déclencher.
~
Les secondes s'étirent avec une lenteur atroce. Une minute. Deux minutes. Cinq minutes. Rien. Pas le moindre sursaut de l'appareil, pas le moindre indicateur de frappe. Le silence de la pièce devient assourdissant, amplifié par le bourdonnement de mes propres tempes.
~
Dans ma tête, les scénarios les plus sombres se bousculent. Et si elle a vu le message et se moque de ma naïveté ? Et si elle l'a montré à ma mère en riant ? Ou pire, et si mon message pathétique l'a simplement agacée, confirmant qu'elle a affaire à un gamin immature ?
~
La honte me saisit d'un coup sec. Je repose le téléphone face contre table, me prenant la tête dans les mains, ma respiration saccadée brisant le calme de la pièce. J'ai brisé la glace de la pire des manières, en révélant toute ma vulnérabilité.
~
C'est précisément au moment où je m'apprête à me maudire à haute voix que l'appareil se met à vibrer.
~
Un bourdonnement sec, bref, qui fait tressauter le téléphone sur le bois du bureau.
~
Mon cœur fait une violente embardée contre mes côtes. Je sursaute, manquant de renverser ma tasse de thé, avant de me jeter littéralement sur l'appareil. Mes doigts tremblent tellement que j'ai toutes les peines du monde à faire glisser le verrouillage.
~
L'écran s'illumine, affichant une bulle de texte émanant de son numéro.
~
« Ton message est adorablement maladroit, Tom... Mais chut. Garde ton téléphone près de toi. On ne sait jamais qui pourrait jeter un œil par-dessus ton épaule par ici. »
~
La phrase est courte, enveloppée d'un mystère absolu. Elle ne répond à rien, et en même temps, elle ouvre toutes les portes. Elle sait exactement où je suis, au cœur même du foyer, cernée par les murs de l'appartement de ma mère.
~
Un frisson brûlant dévale le long de ma colonne vertébrale, figeant le sang dans mes veines. Le jeu vient de commencer pour de bon, et il n'y a plus aucun retour en arrière possible.
Le reste de la journée s'écoule dans une torpeur cotonneuse, comme si l'air de l'appartement s'épaississait soudain au point de rendre chaque geste, chaque respiration presque irréels.
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Assis à mon bureau, les yeux fixés sur l'écran de mon ordinateur portable, je fais semblant de compiler mes lignes de code et d'étudier mes diagrammes de forces, mais mes pensées glissent inlassablement vers le rectangle noir posé à côté de mon clavier.
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À chaque soubresaut lumineux de l'appareil — une simple notification publicitaire ou un e-mail de la fac — mon cœur fait un bond violent dans ma poitrine avant de retomber, lourd de déception, en voyant qu'il ne s'agit jamais d'elle.
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Valérie ne fait rien. Elle ne vient pas. Elle laisse le temps s'étirer, mesurant l'effet de son silence avec une habileté redoutable.
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Et plus les heures passent, plus l'attente devient une brûlure sourde. Le numéro qu'elle m'a laissé inscrire sur mon téléphone n'est qu'une promesse virtuelle, un fil suspendu dans le vide que personne ne se décide à tirer. L'idée qu'elle m'ait donné ses chiffres juste par politesse, pour se débarrasser d'un étudiant trop pressé en plein milieu de la rue, commence à tordre mon estomac.
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Vers la fin de l'après-midi, alors que la lumière du jour commence à décliner en de longues trainées cuivrées sur les toits de Metz, ma mère entre dans ma chambre sans frapper, un plateau à la main.
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— Tu travailles dur, Tom, murmure-t-elle en déposant une tasse de thé fumante et quelques biscuits sur le coin de la table. Tu devrais faire une pause, tu as l'air ailleurs depuis ce matin. Tu es sûr que tu n'attrapes pas froid ?
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Je sursaute, refermant précipitamment un onglet de navigation sur mon écran, avant de me tourner vers elle avec un sourire que je sais trop tendu.
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— Non, non, ça va maman... Juste un peu de fatigue avec le projet de structures. C'est... c'est complexe.
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— Ne te rends pas malade pour ça, ajoute-t-elle en posant une main bienveillante et tiède sur mon épaule, un geste d'une tendresse infinie qui me transperce immédiatement de remords. Prends le temps de souffler un peu.
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Lorsqu'elle referme la porte, je pousse un long soupir, les mains tremblantes. La culpabilité me ronge, mais elle se mélange à une frustration plus grande encore.
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Le soir tombe pour de bon, enveloppant la ville d'un manteau d'ombre et de bruine fine. Nous dînons dans un silence presque religieux, et je regagne ma chambre sous prétexte de finir mes révisions.
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Il est près de vingt et une heures. Le silence de la maison est total, à peine troublé par le bourdonnement lointain du réfrigérateur.
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Je n'en peux plus d'attendre qu'elle fasse le premier pas. L'orgueil et la peur se bousculent dans ma tête, mais l'impatience finit par tout balayer. Je saisis mon téléphone, le déverrouille d'un geste brusque, et j'ouvre l'application de messagerie.
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Je cherche le contact tout juste créé. Je fixe le curseur clignotant pendant de longues minutes, le front perlé de sueur, terrifié à l'idée de faire un faux pas. Qu'est-ce qu'un étudiant de vingt ans, engoncé dans sa timidité, peut bien écrire à une femme sophistiquée sans avoir l'air ridicule ou désespéré ?
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Absolument rien de pertinent. Alors, dans un élan de panique et de maladresse totale, je tape une phrase absurde, un prétexte grotesque juste pour forcer le destin :
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« Bonsoir Valérie... C'est Tom. Je voulais juste vérifier si mon numéro s'était bien enregistré dans vos contacts, ou s'il y a eu un bug technique... »
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Je relis le message dix fois. C'est ridicule. C'est plat, gauche, terriblement juvénile. Une excuse de gamin pour engager la conversation. J'ai failli effacer chaque mot, pris de honte.
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Mais avant que je ne puisse annuler mon geste, mon pouce tremble... et appuie sur la flèche d'envoi.
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Le message s'affiche en minuscules bulles sur l'écran. Parti. Irrémédiablement.
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Je reste figé sur ma chaise, le souffle coupé, les yeux rivés sur le petit indicateur de transmission, attendant de voir ce que cette stupide audace va déclencher.
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Les secondes s'étirent avec une lenteur atroce. Une minute. Deux minutes. Cinq minutes. Rien. Pas le moindre sursaut de l'appareil, pas le moindre indicateur de frappe. Le silence de la pièce devient assourdissant, amplifié par le bourdonnement de mes propres tempes.
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Dans ma tête, les scénarios les plus sombres se bousculent. Et si elle a vu le message et se moque de ma naïveté ? Et si elle l'a montré à ma mère en riant ? Ou pire, et si mon message pathétique l'a simplement agacée, confirmant qu'elle a affaire à un gamin immature ?
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La honte me saisit d'un coup sec. Je repose le téléphone face contre table, me prenant la tête dans les mains, ma respiration saccadée brisant le calme de la pièce. J'ai brisé la glace de la pire des manières, en révélant toute ma vulnérabilité.
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C'est précisément au moment où je m'apprête à me maudire à haute voix que l'appareil se met à vibrer.
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Un bourdonnement sec, bref, qui fait tressauter le téléphone sur le bois du bureau.
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Mon cœur fait une violente embardée contre mes côtes. Je sursaute, manquant de renverser ma tasse de thé, avant de me jeter littéralement sur l'appareil. Mes doigts tremblent tellement que j'ai toutes les peines du monde à faire glisser le verrouillage.
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L'écran s'illumine, affichant une bulle de texte émanant de son numéro.
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« Ton message est adorablement maladroit, Tom... Mais chut. Garde ton téléphone près de toi. On ne sait jamais qui pourrait jeter un œil par-dessus ton épaule par ici. »
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La phrase est courte, enveloppée d'un mystère absolu. Elle ne répond à rien, et en même temps, elle ouvre toutes les portes. Elle sait exactement où je suis, au cœur même du foyer, cernée par les murs de l'appartement de ma mère.
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Un frisson brûlant dévale le long de ma colonne vertébrale, figeant le sang dans mes veines. Le jeu vient de commencer pour de bon, et il n'y a plus aucun retour en arrière possible.
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