Fantasme
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Isabelle, son fils Tom ... et Valérie — Chapitre 5 · Le sms
Auteur
Isabelle, son fils Tom ... et Valérie
Chapitre 5 · Le sms
Le reste de la journée s'est écoulé dans une torpeur cotonneuse, comme si l'air de l'appartement s'était soudain épaissi au point de rendre chaque geste, chaque respiration presque irréels.
~
Assis à mon bureau, les yeux fixés sur l'écran de mon ordinateur portable, je faisais semblant de compiler mes lignes de code et d'étudier mes diagrammes de forces, mais mes pensées glissaient inlassablement vers le rectangle noir posé à côté de mon clavier.
~
À chaque soubresaut lumineux de l'appareil — une simple notification publicitaire ou un e-mail de la fac — mon cœur faisait un bond violent dans ma poitrine avant de retomber, lourd de déception, en voyant qu'il ne s'agissait jamais d'elle.
~
Valérie ne faisait rien. Elle ne venait pas. Elle laissait le temps s'étirer, mesurant l'effet de son silence avec une habileté redoutable.
~
Et plus les heures passaient, plus l'attente devenait une brûlure sourde. Le numéro qu'elle m'avait laissé inscrire sur son téléphone n'était qu'une promesse virtuelle, un fil suspendu dans le vide que personne ne se décidait à tirer. L'idée qu'elle m'ait donné ses chiffres juste par politesse, pour se débarrasser d'un étudiant trop pressé en plein milieu de la rue, a commencé à tordre mon estomac.
~
Vers la fin de l'après-midi, alors que la lumière du jour commençait à décliner en de longues trainées cuivrées sur les toits de Metz, ma mère est entrée dans ma chambre sans frapper, un plateau à la main.
~
— Tu travailles dur, Tom, a-t-elle murmuré en déposant une tasse de thé fumante et quelques biscuits sur le coin de la table. Tu devrais faire une pause, tu as l'air ailleurs depuis ce matin. Tu es sûr que tu n'attrapes pas froid ?
~
J'ai sursauté, refermant précipitamment un onglet de navigation sur mon écran, avant de me tourner vers elle avec un sourire que je savais trop tendu.
~
— Non, non, ça va maman... Juste un peu de fatigue avec le projet de structures. C'est... c'est complexe.
~
— Ne te rends pas malade pour ça, a-t-elle ajouté en posant une main bienveillante et tiède sur mon épaule, un geste d'une tendresse infinie qui m'a immédiatement transpercé de remords. Prends le temps de souffler un peu.
~
Lorsqu'elle a refermé la porte, j'ai poussé un long soupir, les mains tremblantes. La culpabilité me rongeait, mais elle se mélangeait à une frustration plus grande encore.
~
Le soir est tombé pour de bon, enveloppant la ville d'un manteau d'ombre et de bruine fine. Nous avions dîné dans un silence presque religieux, et j'avais regagné ma chambre sous prétexte de finir mes révisions.
~
Il était près de vingt et une heures. Le silence de la maison était total, à peine troublé par le bourdonnement lointain du réfrigérateur.
~
Je n'en pouvais plus d'attendre qu'elle fasse le premier pas. L'orgueil et la peur se bousculaient dans ma tête, mais l'impatience a fini par tout balayer. J'ai saisi mon téléphone, l'ai déverrouillé d'un geste brusque, et j'ai ouvert l'application de messagerie.
~
J'ai cherché le contact tout juste créé. J'ai fixé le curseur clignotant pendant de longues minutes, le front perlé de sueur, terrifié à l'idée de faire un faux pas. Qu'est-ce qu'un étudiant de vingt ans, engoncé dans sa timidité, pouvait bien écrire à une femme sophistiquée sans avoir l'air ridicule ou désespéré ?
~
Absolument rien de pertinent. Alors, dans un élan de panique et de maladresse totale, j'ai tapé une phrase absurde, un prétexte grotesque juste pour forcer le destin :
~
« Bonsoir Valérie... C'est Tom. Je voulais juste vérifier si mon numéro s'était bien enregistré dans vos contacts, ou s'il y a eu un bug technique... »
~
J'ai relu le message dix fois. C'était ridicule. C'était plat, gauche, terriblement juvénile. Une excuse de gamin pour engager la conversation. J'ai failli effacer chaque mot, pris de honte.
~
Mais avant que je ne puisse annuler mon geste, mon pouce a tremblé... et a appuyé sur la flèche d'envoi.
~
Le message s'est affiché en minuscules bulles sur l'écran. Parti. Irrémédiablement.
~
Je suis resté figé sur ma chaise, le souffle coupé, les yeux rivés sur le petit indicateur de transmission, attendant de voir ce que cette stupide audace allait déclencher.
~
Les secondes se sont étirées avec une lenteur atroce. Une minute. Deux minutes. Cinq minutes. Rien. Pas le moindre sursaut de l'appareil, pas le moindre indicateur de frappe. Le silence de la pièce est devenu assourdissant, amplifié par le bourdonnement de mes propres tempes.
~
Dans ma tête, les scénarios les plus sombres se bousculaient. Et si elle avait vu le message et s'était moquée de ma naïveté ? Et si elle l'avait montré à ma mère en riant ? Ou pire, et si mon message pathétique l'avait simplement agacée, confirmant qu'elle avait affaire à un gamin immature ?
~
La honte m'a saisi d'un coup sec. J'ai reposé le téléphone face contre table, me prenant la tête dans les mains, ma respiration saccadée brisant le calme de la pièce. J'avais brisé la glace de la pire des manières, en révélant toute ma vulnérabilité.
~
C'est précisément au moment où j'allais me maudire à haute voix que l'appareil s'est mis à vibrer.
~
Un bourdonnement sec, bref, qui a fait tressauter le téléphone sur le bois du bureau.
~
Mon cœur a fait une violente embardée contre mes côtes. J'ai sursauté, manquant de renverser ma tasse de thé, avant de me jeter littéralement sur l'appareil. Mes doigts tremblaient tellement que j'ai eu toutes les peines du monde à faire glisser le verrouillage.
~
L'écran s'est illuminé, affichant une bulle de texte émanant de son numéro.
~
« Ton message est adorablement maladroit, Tom... Mais chut. Garde ton téléphone près de toi. On ne sait jamais qui pourrait jeter un œil par-dessus ton épaule par ici. »
~
La phrase était courte, enveloppée d'un mystère absolu. Elle ne répondait à rien, et en même temps, elle ouvrait toutes les portes. Elle savait exactement où j'étais, au cœur même du foyer, cernée par les murs de l'appartement de ma mère.
~
Un frisson brûlant a dévalé le long de ma colonne vertébrale, figeant le sang dans mes veines. Le jeu venait de commencer pour de bon, et il n'y avait plus aucun retour en arrière possible.
~
Assis à mon bureau, les yeux fixés sur l'écran de mon ordinateur portable, je faisais semblant de compiler mes lignes de code et d'étudier mes diagrammes de forces, mais mes pensées glissaient inlassablement vers le rectangle noir posé à côté de mon clavier.
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À chaque soubresaut lumineux de l'appareil — une simple notification publicitaire ou un e-mail de la fac — mon cœur faisait un bond violent dans ma poitrine avant de retomber, lourd de déception, en voyant qu'il ne s'agissait jamais d'elle.
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Valérie ne faisait rien. Elle ne venait pas. Elle laissait le temps s'étirer, mesurant l'effet de son silence avec une habileté redoutable.
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Et plus les heures passaient, plus l'attente devenait une brûlure sourde. Le numéro qu'elle m'avait laissé inscrire sur son téléphone n'était qu'une promesse virtuelle, un fil suspendu dans le vide que personne ne se décidait à tirer. L'idée qu'elle m'ait donné ses chiffres juste par politesse, pour se débarrasser d'un étudiant trop pressé en plein milieu de la rue, a commencé à tordre mon estomac.
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Vers la fin de l'après-midi, alors que la lumière du jour commençait à décliner en de longues trainées cuivrées sur les toits de Metz, ma mère est entrée dans ma chambre sans frapper, un plateau à la main.
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— Tu travailles dur, Tom, a-t-elle murmuré en déposant une tasse de thé fumante et quelques biscuits sur le coin de la table. Tu devrais faire une pause, tu as l'air ailleurs depuis ce matin. Tu es sûr que tu n'attrapes pas froid ?
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J'ai sursauté, refermant précipitamment un onglet de navigation sur mon écran, avant de me tourner vers elle avec un sourire que je savais trop tendu.
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— Non, non, ça va maman... Juste un peu de fatigue avec le projet de structures. C'est... c'est complexe.
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— Ne te rends pas malade pour ça, a-t-elle ajouté en posant une main bienveillante et tiède sur mon épaule, un geste d'une tendresse infinie qui m'a immédiatement transpercé de remords. Prends le temps de souffler un peu.
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Lorsqu'elle a refermé la porte, j'ai poussé un long soupir, les mains tremblantes. La culpabilité me rongeait, mais elle se mélangeait à une frustration plus grande encore.
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Le soir est tombé pour de bon, enveloppant la ville d'un manteau d'ombre et de bruine fine. Nous avions dîné dans un silence presque religieux, et j'avais regagné ma chambre sous prétexte de finir mes révisions.
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Il était près de vingt et une heures. Le silence de la maison était total, à peine troublé par le bourdonnement lointain du réfrigérateur.
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Je n'en pouvais plus d'attendre qu'elle fasse le premier pas. L'orgueil et la peur se bousculaient dans ma tête, mais l'impatience a fini par tout balayer. J'ai saisi mon téléphone, l'ai déverrouillé d'un geste brusque, et j'ai ouvert l'application de messagerie.
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J'ai cherché le contact tout juste créé. J'ai fixé le curseur clignotant pendant de longues minutes, le front perlé de sueur, terrifié à l'idée de faire un faux pas. Qu'est-ce qu'un étudiant de vingt ans, engoncé dans sa timidité, pouvait bien écrire à une femme sophistiquée sans avoir l'air ridicule ou désespéré ?
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Absolument rien de pertinent. Alors, dans un élan de panique et de maladresse totale, j'ai tapé une phrase absurde, un prétexte grotesque juste pour forcer le destin :
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« Bonsoir Valérie... C'est Tom. Je voulais juste vérifier si mon numéro s'était bien enregistré dans vos contacts, ou s'il y a eu un bug technique... »
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J'ai relu le message dix fois. C'était ridicule. C'était plat, gauche, terriblement juvénile. Une excuse de gamin pour engager la conversation. J'ai failli effacer chaque mot, pris de honte.
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Mais avant que je ne puisse annuler mon geste, mon pouce a tremblé... et a appuyé sur la flèche d'envoi.
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Le message s'est affiché en minuscules bulles sur l'écran. Parti. Irrémédiablement.
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Je suis resté figé sur ma chaise, le souffle coupé, les yeux rivés sur le petit indicateur de transmission, attendant de voir ce que cette stupide audace allait déclencher.
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Les secondes se sont étirées avec une lenteur atroce. Une minute. Deux minutes. Cinq minutes. Rien. Pas le moindre sursaut de l'appareil, pas le moindre indicateur de frappe. Le silence de la pièce est devenu assourdissant, amplifié par le bourdonnement de mes propres tempes.
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Dans ma tête, les scénarios les plus sombres se bousculaient. Et si elle avait vu le message et s'était moquée de ma naïveté ? Et si elle l'avait montré à ma mère en riant ? Ou pire, et si mon message pathétique l'avait simplement agacée, confirmant qu'elle avait affaire à un gamin immature ?
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La honte m'a saisi d'un coup sec. J'ai reposé le téléphone face contre table, me prenant la tête dans les mains, ma respiration saccadée brisant le calme de la pièce. J'avais brisé la glace de la pire des manières, en révélant toute ma vulnérabilité.
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C'est précisément au moment où j'allais me maudire à haute voix que l'appareil s'est mis à vibrer.
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Un bourdonnement sec, bref, qui a fait tressauter le téléphone sur le bois du bureau.
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Mon cœur a fait une violente embardée contre mes côtes. J'ai sursauté, manquant de renverser ma tasse de thé, avant de me jeter littéralement sur l'appareil. Mes doigts tremblaient tellement que j'ai eu toutes les peines du monde à faire glisser le verrouillage.
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L'écran s'est illuminé, affichant une bulle de texte émanant de son numéro.
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« Ton message est adorablement maladroit, Tom... Mais chut. Garde ton téléphone près de toi. On ne sait jamais qui pourrait jeter un œil par-dessus ton épaule par ici. »
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La phrase était courte, enveloppée d'un mystère absolu. Elle ne répondait à rien, et en même temps, elle ouvrait toutes les portes. Elle savait exactement où j'étais, au cœur même du foyer, cernée par les murs de l'appartement de ma mère.
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Un frisson brûlant a dévalé le long de ma colonne vertébrale, figeant le sang dans mes veines. Le jeu venait de commencer pour de bon, et il n'y avait plus aucun retour en arrière possible.
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