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Couverture de La vie des couples, par ErosSexe
Couverture de La vie des couples, par ErosSexe
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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La vie des couples — Chapitre 10 · Dérapage

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ErosSexe
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La vie des couples

Chapitre 10 · Dérapage

10 - Dérapage
 
 
Résumé des épisodes précédents : Jean-Pierre et Sylvie, couple de quinquagénaires avancés, sont invités à une émission de télévision consacrée à la vie des couples « hors normes », ce qui est leur cas puisque Sylvie a une liaison homosexuelle avec Pauline, une de ses amies de longue date, et que Jean-Pierre, avec l'accord de sa femme qui le néglige sexuellement, entretien lui une liaison avec leur voisine de dessus, Sarah, divorcée vivant seule avec son fils. Pauline lui étant infidèle, Sylvie décide de rompre avec sa maîtresse lesbienne pour se consacrer à son mari. Souhaitant en informer Sarah, elle se rend chez elle mais de manière imprévisible tombe sous son charme, et elles font l'amour…
 
Les sanglots de Sylvie ont duré près d'un quart d'heure, sans qu'aucun de mes mots ne parvienne à tarir ses larmes. Elle bredouillait des choses hachées et incompréhensibles entrecoupées de profondes respirations, toujours agrippée à moi comme une moule à son rocher, ses doigts accrochés à mon pull comme des serres. 
Les spasmes nerveux se sont calmés, sa respiration a repris un rythme normal et son regard a cherché le mien. Ses yeux étaient grands ouverts, magnifiques malgré leur pourtour rougi et les quelques larmes qui s'en échappaient encore. Elle était belle, ma femme, une beauté délicate, un peu secrète, une beauté qu'il faut aller chercher, découvrir, pas une beauté superficielle et "photoshopée" de magazine ou de grand écran, et encore moins issue d'une quelconque intelligence artificielle.
 
-      Tu es magnifique Sylvie, et je comprends que Sarah soit follement amoureuse de toi, tout comme ton mari.
 
Sylvie s'est pelotonnée contre moi, m'entourant de ses bras, sa tête contre ma poitrine. Soudain, elle s'est détachée, m'a saisi par les épaules et s'est mise à crier en me secouant.
 
-      Jean-Pierre, tout ce qui arrive est de ma faute, j'ai tout gâché, j'ai fait connerie sur connerie ! Je n'ai pensé qu'à moi et maintenant j'ai perdu le contrôle de notre vie, je suis incapable de raisonner, je me comporte comme une ado qui vit ses premières amours. Mais toi tu es toujours là, à mes côtés, tout calme, on dirait que tu ne m'en veux pas. Gifle-moi mon chéri, hurle-moi que je ne suis qu'une conne, une écervelée, une pauvre gouine frustrée et que tu vas foutre le camp pour retrouver une vie de couple normale pendant que je me ferai baiser par tous les trous. Crie ! Vire-moi ! 
 
Pour le moins surpris de cette soudaine colère de ma femme, je me suis bien gardé de lui emboîter le pas, persuadé que rien de bon ne pourrait sortir des excès de langage ou de la colère. J'ai attendu qu'elle arrête de me secouer frénétiquement et retrouve soit le calme soit les larmes, j'ai eu les deux.
 
-      Non Sylvie, non, tu n'es pas plus fautive que moi. En plus, toi tu as vécu des années de frustration dans tes amours contrariés, ce doit être terrible, tu as dû passer par des moments épouvantables, et tu as raison : je ne t'en veux pas, je te comprends.
-      Tu es adorable, parce que c'est moi, la lesbienne refoulée, qui en plus de vivre ma frustration te l'ai imposée aussi, indirectement, en te faisant mener une vie sexuelle plutôt terne qui t'a conduit à te consoler entre les cuisses de notre divine Sarah et qui a déclenché cette situation invivable. 
-      Invivable dis-tu ? Disons que l'avenir est en effet incertain, mais comme tu me l'as suggéré je m'efforce de profiter des moments merveilleux du présent, et force est de constater qu'ils sont plutôt intenses ! Tu me fais l'amour comme jamais je n'aurais osé en rêver, tu es enfin épanouie sexuellement grâce à Sarah – et sans doute aussi un peu grâce à Pauline - c'est magnifique même si, tu t'en doutes bien, je suis un peu jaloux de notre petite voisine qui ne voit plus que toi, qui est folle amoureuse de toi, que tu as littéralement ensorcelée.
-      Oh…tu exagères, là !
-      Non, il suffit de la regarder quand elle te dévore des yeux, qu'elle boit tes paroles et qu'elle attend que tu l'embrasses, c'est impressionnant. Tu sais, je pense que pour elle c'est bien plus difficile à vivre que pour nous, parce qu'il y a son fils, et que ta petite fée du désert n'a pas ta liberté, ma chérie.
 
Sylvie s'est remise à pleurer, manifestement son amour pour Sarah la perturbait profondément, me laissant incapable de proposer quoi que ce soit. Je me suis contenté de garder la femme de ma vie serrée contre moi, espérant qu'elle sente aussi tout l'amour que je lui portais malgré ce que nous vivions. Après un bref repas nous sommes allés nous coucher, l'âme et le corps en émoi, ce weekend de folie des sens nous ayant pour le moins transporté vers des sommets de plaisirs indicibles.
 
Le lundi matin Sylvie est partie travailler, élégamment vêtue, son changement de style me ravissait, sa féminité était éclatante. Durant la semaine, Sarah s'est montrée discrète à mon égard, par contre elle écrivait tous les jours à ma femme, lui exprimant son amour et le manque qu'il engendrait. Le weekend est arrivé, annonciateur de frustration pour Sylvie puisque Nicolas, le fils de Sarah, restait chez elle en vertu de la garde alternée. Mesurant combien cela déprimait ma tendre moitié, j'ai écrit à Sarah le vendredi matin, lui proposant d'emmener son fils pour une sortie nature le samedi – il avait un petit côté écolo – suivi d'une soirée astronomie à l'observatoire local, sachant que l'on pourrait y observer l'ISS (International Space Station) ainsi qu'un Starlink (sorte de « train » de satellites développé par SpaceX, la société d'Elon Musk).
 
-      Tu es vraiment un gentleman, Jean-Pierre, les mots me manquent pour dire ce que je ressens. Nicolas se réjouit de t'accompagner, et moi…enfin…je veux dire que…
-      Ne dis rien et profite, ma petite délurée des sables, je crois que Sylvie devrait aussi être d'accord avec ma proposition. 
 
Le vendredi soir, au cours du dîner un peu tristounet dans la cuisine, prenant un air innocent, j'ai informé Sylvie de mon programme du samedi. Ses yeux se sont agrandis de surprise, ses mots se sont emmêlés, elle était comme une enfant à qui l'on annonce la visite du Père Noël.
 
-      Mais…tu…Pourquoi Sarah ne… ? Et toi mon amour, tu…
-       
J'ai pris un air faussement gêné, mais mes yeux brillants de malice ont dû me trahir.
-       Dis-moi seulement si tu es d'accord que je t'abandonne un samedi, te laissant seule avec la voisine. Je sais que ce n'est pas très sympa mais je crois que vous vous entendez bien, non ?
 
Ma femme s'est levée, gracieuse comme jamais, féline, désirable en diable, elle est venue m'embrasser follement, sa langue violant presque ma bouche, ses mains parcourant mon corps.
 
-      Tu es le meilleur mari qui puisse être mon amour, c'est incroyable !
 
Et là, dans la cuisine, Sylvie s'est laissé glisser le long de mon corps, m'a débarrassé de mes vêtements et m'a littéralement fait l'amour avec sa bouche, ses lèvres, sa langue, ses mains et ses doigts, me laissant me répandre au fond de sa gorge alors que cette pratique ne lui est guère agréable. J'ai été traversé d'un formidable orgasme, m'obligeant presque à me retenir à la table. Ma femme s'est redressée, l'œil pétillant de malice, le menton encore orné de ma liqueur séminale, avant de prendre un ton faussement autoritaire :
 
-      Enlève-moi ma culotte et fais-moi jouir comme Sarah, sinon je t'envoie au lavabo !
 
Mon amour a retroussé sa robe et s'est appuyée au bord de la table, me laissant descendre aussi lentement et sensuellement que possible son sous-vêtement, embrassant et léchant au passage les trésors qu'il me dévoilait. Elle a posé un pied sur une chaise pour me faciliter l'accès à sa féminité. Ma langue gourmande s'est insinuée dans toutes les ouvertures qui l'y invitaient, bientôt aidée par des doigts fureteurs en quête d'encouragements.
 
-      Écarte-moi bien…oh…oui, lèche-moi encore là, c'est un délice…tu sens comme je ruisselle ? Tu es le meilleur remède contre la ménopause mon beau mâle…Un peu plus haut….oh oui…j'ai envie de jouir.. ! Attends, allonge-toi par terre… !
 
A peine étendu, Sylvie s'est agenouillée au-dessus de moi, ses genoux encadrant mon visage, ses coudes retenant sa robe relevée aux hanches. Je voyais tout près de ma bouche sa vulve glabre et brillante de son miel, j'étais presque déjà enivré de ses senteurs intimes et voulais m'y abreuver.
 
-      Lèche-moi la chatte ! Regarde, je l'ouvre de mes doigts pour que tu y enfonces ta langue, comme le fait si bien cette petite perverse de Sarah ! Oh oui….tu vas me faire exploser…elle va être jalouse la petite infirmière…Suce, lèche, vas-y mon chéri !
 
Déchaîné par ce désir brutal, j'ai dévoré l'intimité de ma femme, l'ai visitée de mes doigts, et au moment où je l'ai sentie au bord de la jouissance j'ai aspiré sa perle d'amour et l'ai fouettée de ma langue, pendant que mon pouce poisseux des sucs abondants s'est enfoncé entre ses fesses. Les mains de Sylvie ont alors saisi ma tête et l'ont plaquée avec force contre son entrecuisse, un grondement est monté des profondeurs de sa poitrine et ma belle épouse a joui sur ma langue, menaçant de m'étouffer tellement elle me pressait contre sa divine crevasse.
L'orgasme passé, je me suis délecté en nettoyant sensuellement les replis de son sexe repu de plaisir, lui avouant combien j'adorais boire son sirop d'amour redevenu abondant. Sylvie ronronnait de plaisir, me guidant dans mes caresses, complètement libérée de toute pudeur.
 
-      Dis-moi mon bel amant, tu préfères ma petite chatte toute lisse ou la grosse moule poilue de ta petite berbère ? Elle coule plus que moi, c'est normal, moi je suis une femme plus âgée et tu sais bien que…enfin oui, tu sais…mais même si je mouille peu, laquelle de nous deux a le meilleur goût mon chéri ? Il me semble que sa mouille est plus épaisse que la mienne, et qu'elle sent beaucoup plus fort ! Tu es d'accord avec moi ? Et puis je trouve que son petit trou est aussi attirant que son abricot, j'adore lui faire une feuille de rose bien baveuse avant de la faire jouir et je t'assure qu'elle adore ça, cette cachotière, même si elle fait sa délicate quand on lui touche le cul ! Et toi, tu les aimes mes fesses ? Je sais que celles de Sarah sont bien plus excitantes, dodues, mais mon cul te fait encore un petit peu bander mon chéri ? Ailleurs qu'au lavabo ?
-      Mais Sylvie, pourquoi toutes ces questions ? Tu me gênes…Je n'ai pas envie de vous comparer, je vous aime, vous êtes terriblement séduisantes l'une comme l'autre, désirables en tous points et c'est tout ! Je n'ai pas du tout l'intention de faire un tableau comparatif technique, on n'est pas chez le garagiste mon amour, tu comprends ?
-      Oui, bien sûr, oui…mais tu es toujours mon mari et maintenant que je sais mieux te donner du plaisir, je ne voudrais pas que tu la trouves plus excitante que moi, je veux te garder moi, et je veux que tu aies encore envie de me faire jouir. Alors ?
-      Pffff…Quand tu as une idée derrière la tête, toi…Bon alors…alors…eh bien…je préfère ta jolie vulve désormais toute lisse, parce que ma langue y glisse toute seule et que je vois couler ta source du plaisir, ça m'excite de te faire mouiller, grande cochonne que tu es ! Par contre, c'est vrai que Sarah mouille beaucoup plus que toi et que son jus est très…très…musqué, épais, gras, qui libère une senteur forte, presque…comment dire…presque animale, une véritable odeur de femelle en rut qui me fait bander dur, je l'avoue. 
-      Ah, toi aussi ? C'est vrai qu'elle ruisselle presque quand elle est excitée et c'est vrai aussi qu'elle dégage alors un parfum puissant, agressif qui donne envie de la faire jouir, de la baiser ! Mais moi, par contre, je raffole de sa grosse moule aux lèvres épaisses, charnues, qui me remplit la bouche et j'adore lécher ses poils quand ils sont gras de sa mouille, je m'amuse à les tirer avec les dents, à les aspirer, elle hurle de plaisir ta petite beurette quand je lui fais ça !
-      Tu te rends compte de ce que tu me fais dire ? Jamais en un quart de siècle ma  femme ne m'a autant parlé de sexe, c'est le monde à l'envers…Enfin, puisque tu veux tout savoir, c'est de loin ton petit cul serré que je préfère lécher, surtout depuis que Pauline t'a dépucelée par là. C'est magnifique de voir ta petite étoile plissée frémir sous ma langue, s'ouvrir, puis se refuser pour mieux m'accueillir, oh oui Sylvie, j'ai toujours été un adorateur de tes fesses et de leur trésor caché, et je te l'ai maintes fois dit, sans beaucoup de succès jusqu'à récemment. Dommage…Mais te prendre entre les fesses est encore nouveau pour moi, je suis sans doute maladroit, tu as bien vu avec Sarah…
-      Oublie le passé s'il te plaît, je sais que je me suis montrée revêche, coincée du cul, mais tu sais pourquoi maintenant. Je dois être honnête, c'est grâce à Pauline que je me suis épanouie de ce côté-là, et maintenant je deviens folle de désir quand Sarah ou toi me câlinez les fesses, et je craque complètement quand je vois le cul de notre petite voisine, large, cette croupe parfaite, qui ondule sous sa jupe moulante quand elle marche devant moi en se tortillant exprès, me disant l'air ingénu je n'ai pas mis de culotte, c'est mieux avec cette jupe, tu ne trouves pas ? Quel appel au sexe encore lorsque cette petite peste, sous de futiles prétextes, se cambre sous mon nez, creusant son affolante chute de reins pour m'exhiber son fessier auquel elle sait que je ne sais pas résister. Elle me rend folle mon chéri, je l'avoue, j'ai de la peine à ne pas craquer quand elle me provoque, ce qui montre que je suis vraiment bisexuelle et elle aussi, le sexe avec un homme nous apporte autant de plaisir que les rapports avec une femme, c'est difficile à croire et à vivre en société mais c'est notre nature. 
 
Nous avons dormi sagement, vidés sans doute par nos confidences réciproques, et c'est un soleil radieux qui nous a réveillés. En milieu de matinée j'ai souhaité assez pudiquement une bonne journée à Sylvie, qui m'a embrassé avant de me serrer contre elle à m'en briser les côtes. Je suis monté chercher Nicolas, comme convenu, il était prêt, sac au dos, jumelles et pique-nique, manifestement il n'était pas mécontent de quitter un peu l'appartement maternel ! Là encore je me suis contenté d'une chaste bise à Sarah, lui souhaitant une excellente journée et rappelant que je ne raccompagnerai Nicolas que vers minuit puisque les observations astronomiques ne peuvent se faire que par nuit noire - d'ailleurs l'observatoire n'ouvre qu'à 22 h - mais que je lui enverrai un message en partant.
 
Journée magnifique, nous avons pu observer nombre d'oiseaux migrateurs, des chevreuils, deux chamois et même un vautour, lequel semble vouloir s'établir dans nos montagnes. De retour en plaine, j'ai expliqué à Nicolas que nous allions manger une pizza en ville en attendant la nuit et l'ouverture de l'observatoire, géré par des bénévoles donc pas présents en permanence. J'ignorais que la pizzéria allait se transformer en lieu de cauchemar, pour tout le monde.
La pizza engloutie nous avions encore un peu de temps alors j'ai commandé un dessert, sachant que Nicolas, en bon ado, avait toujours faim.
Je buvais mon café lorsqu'un groupe de six hommes est entré, bruyamment, apparemment des supporters de foot au vu de leurs maillots. Je ne leur ai guère prêté attention et ai demandé l'addition, sans remarquer la soudaine pâleur extrême de Nicolas. Trop tard.
Le panzériste urbain (voir épisode N°1) donc l'ex-mari de Sarah, nous a fondu dessus comme un missile, écarlate, les yeux exorbités, hors de lui.
 
-      C'est quoi ce bordel, Nico ? Je te confie à ta mère et tu traînes les bistrots avec ce vieux con ? Qu'est-ce que vous foutez là ? Elle est où, ta mère ?
-      Calme-toi Raphaël (il s'appelait comme ça, ce connard…), tu sais très bien qui je suis. Comme ton ex-femme bosse beaucoup, elle est crevée et a besoin de se reposer alors je lui ai proposé d'emmener Nicolas en montagne et d'aller à l'observatoire où il y a une soirée spéciale ISS-StarLink.
-      Ta gueule ! Je m'en branle de tes salades ! C'est un enlèvement d'enfant, tu devrais avoir honte ! Je vais appeler les flics et elle ne le reverra jamais mon fils, c'est une traînée, une débauchée qui ne pense qu'à se faire baiser !
 
Il hurlait, manifestement très imbibé, Nicolas était submergé par la honte et ne savait plus où se mettre en raison des propos orduriers de son père, ivre et particulièrement agressif.
 
-      Papa, arrête de crier ! Écoute, Jean-Pierre c'est le voisin qui me donne des cours, je t'en ai déjà parlé plusieurs fois et maman aussi, elle était tout à fait d'accord qu'il m'emmène en montagne et à l'observatoire, et moi aussi papa, bien sûr ! 
-      C'est ta mère qui t'a monté la tête pour se débarrasser de toi et aller se faire baiser, attends que j'en parle à mon avocat, tu vas voir, elle va changer de ton la bougnoule !
 
Là, il a eu tort. Carton rouge, pour lui d'abord et pour moi tout de suite après. Hors de moi, je l'ai empoigné et lui ai retourné une mornifle à tuer un bœuf, il a titubé et a juste réussi à se rattraper à une chaise. Je ne lui ai pas laissé le temps de riposter et je l'ai empoigné par le col.
 
-      Écoute-moi bien trou du cul, t'es complètement bourré et tu ne sais plus ce que tu dis, mais je t'interdis de traiter Sarah de « bougnoule » devant Nicolas. C'est elle qui l'élève ce gosse, toute seule, parce que toi tu en as été incapable ! T'est qu'un pauvre con, et elle a bien fait de te quitter. Barre-toi maintenant, va rejoindre tes potes et fous-nous la paix avant que je t'en colle une autre. Dégage !!
 
C'était sans compter avec sa bande de poivrots, qui petit à petit se sont rapprochés de nous, surtout après que j'ai collé une beigne au géniteur de Nicolas. J'en connaissais deux, René et Paolo, c'est René qui a essayé de calmer le débat, auquel le patron du bistrot avait aussi pris part, nous priant fermement d'aller nous expliquer ailleurs sous peine, lui aussi, d'appeler les flics.
 
-      C'est bon Raph, laisse tomber, on le connaît Jean-Pierre et toi aussi, tu sais très bien que ce n'est pas un enlèvement, viens maintenant, t'as un peu trop picolé alors reste avec nous. Excuse-le, Jean-Pierre, il est un peu chaud ces temps. 
 
Les trois autres pieds de vigne je ne les avais jamais vus, mais ce sont eux qui ont foutu la merde.
 
-      Oh là, pas si vite René. On sait que les mecs qui bricolent avec les mômes ils sont toujours de l'entourage, irréprochables, mais quand on lit les journaux on sait bien que…hein…tu m'as compris ?
-      Ouais, il a raison René, imagine si ce mec c'est un pervers et qu'on dit rien, ben on est complices et on va direct au gnouf. Et moi je veux pas me retrouver enchristé à cause de ce tordu.
 
L'estocade a été portée par le dernier larron, un petit nerveux avec une tronche de fouine et des yeux injectés de sang. Léon, il s'appelait. Il ne devait pas carburer au diabolo menthe, celui-là…
 
-      Oh putain mais je le connais ce mec ! Il est passé à la télé dans une émission pour les détraqués de la bite ! Ouais, c'est lui ! Ma femme m'a encore dit : « Regarde Léon, lui c'était le prof de notre fille, et maintenant avec sa femme ils racontent leurs partouzes à la télé ! Quelle honte ! » Fais gaffe Raph, c'est un vicelard, il a la queue à la place du cerveau !
 
Et merde…Il ne manquait plus que ça…Nicolas m'a regardé, interloqué, mais j'ai botté en touche, l'air de traiter cette révélation par le mépris mais le Raphaël, dans ses brumes de vinasse, en a remis une couche.
 
-      Ah ouais ? Bon ben c'est simple, j'appelle les bourres et on va régler ça tout de suite.
 
-      Mais papa, pourquoi tu veux appeler la police ? Si je te dis que maman et moi on est d'accord, et qu'en plus c'est grâce à Jean-Pierre que je n'ai pas répété mon année et que je vais bien mieux à l'école, pourquoi tu t'énerves ? Tu n'as qu'à appeler maman, elle te le dira.
 
Ces arguments ont eu l'air d'infléchir un peu Raphaël, alors il a essayé d'appeler Sarah, qui n'a pas répondu. Je me doutais bien pourquoi…
 
-      Bon…je veux bien te croire Nicolas, mais…mais t'as rien à foutre dans un bistrot à cette heure-ci avec…avec…ce….alors je te raccompagne chez ta mère. Je suis encore ton père Nom de Dieu !
 
Voyant dans quel état il était, j'ai refusé, prenant les autres saoulons à témoin.
 
-      Vous avez vu dans quel état il est ? Je refuse qu'il conduise un véhicule avec son gamin dedans. Moi je les ramène les deux, mais lui il ne touche pas le volant sinon cette fois c'est moi qui appelle les flics. (Les représentants de l'ordre étaient beaucoup mentionnées lors de cette soirée.. !)
 
Les autres ont trouvé que c'était raisonnable et se sont apaisés, nous laissant partir avant de reprendre leur beuverie. Raphaël ne me quittait pas des yeux, sans doute humilié par la mandale qu'il avait ramassée, Nicolas était terrorisé, et moi aussi mais pour d'autres raisons. Il était 21h30, et j'avais promis d'envoyer un message à Sarah pour annoncer notre retour mais avec son connard d'ex-mari qui me collait aux basques, impossible. Je l'ai jouée autoritaire.
 
-      Bon, je ne veux pas perdre mon temps avec toi, Raphaël, alors en arrivant tu demandes à Sarah ce qui était prévu avec Nicolas et dès qu'elle t'a répondu je t'appelle un taxi et tu dégages. Déjà que tu nous as pourri la soirée à Nicolas et à moi, c'est pas la peine de pourrir en plus celle de ton ex-femme qui se crève la peau pour élever votre gosse. Toi, Nicolas, en arrivant tu vas direct dans ta chambre (par chance c'était la première pièce après la porte d'entrée) et tu mets de la musique, je ne veux pas que tu entendes encore les propos grossiers de ton père.
-      Oh oh…Tu me donnes pas d'ordres papy, je sais ce que j'ai à faire, et le gamin c'est le mien alors tu la fermes. Je ferai comme je veux. T'as les clés, Nicolas ? Si ta mère elle dort, tu peux ouvrir ?
-      Oui, papa, mais sois gentil avec elle, je ne veux pas que tu cries.
 
Docile, Nicolas a ouvert la porte de l'appartement et s'est réfugié dans sa chambre. Au bout du corridor la porte donnant sur le salon était fermée, mais on voyait de la lumière au bas. Apparemment mes deux beautés n'avaient rien entendu, je craignais le pire. Raphaël a ouvert la porte à la volée et s'est figé sur place, la parole coupée. Sylvie était agenouillée sur le canapé, en lingerie sexy, les reins cambrés et on voyait la tête et les mains de Sarah s'activer entre ses fesses, entrecoupant ses intimes caresses de ses habituels propos cochons.
 
-      Oh putain…Oh c'est pas vrai…Mais tu recommences ton cinéma de gouine ? Attends, salope, je vais te guérir moi !
 
Si le regard de Sylvie s'est assombri de terreur, Sarah, la surprise passée, s'est montrée impériale, se redressant à demi-nue face à son ex-mari qui a eu l'air impressionné et n'a pas bougé.
 
-      Tiens, voilà Pastaga (j'ai appris que c'était son surnom), c'est toi qui nous le ramènes, Jean-Pierre ? Tu as de bien mauvaises fréquentations, tu me déçois. Et Nicolas, il est où ?
 
C'est Raphaël qui a répondu, je me faisais discret au vu des circonstances.
 
-      Il est dans sa chambre, je l'ai ramené ici parce qu'il traînait les bistrots avec l'autre obsédé sexuel, avec qui il paraît que tu l'as autorisé à passer la journée, je comprends pourquoi, espèce de salope ! Tu crois que je te le confie pour que tu le laisses se balader avec un pervers sexuel qui raconte ses partouzes à la télé pendant que tu te tapes une gouinasse ? Tu es devenue dingue ? Et puis…
 
Sarah s'est collée contre lui, les yeux furibards, et a hurlé à lui en faire péter les tympans.
 
-      Ferme ta gueule Raphaël, t'est complètement bourré et tu débloques, comme d'habitude. La vie privée de Jean-Pierre ne te regarde pas, mais je t'interdis de dire que tu me « confies » Nicolas ! Rappelle-toi de ce qu'a dit le juge, c'est une période d'essai, un sursis et tu dois arrêter de picoler ! Et si tu t'en occupais plus, de notre fils, c'est toi qui devrais l'emmener en montagne ou aller observer les satellites au lieu d'aller te piquer le tube avec ta bande de branleurs. Quant à ma vie sexuelle, elle ne concerne pas, je baise avec qui je veux et quand je veux ! 
 
Sarah, impériale dans ses dessous sexy, fermement décidée à ne pas se laisser emmerder, s'est emparé d'un gros vase et l'a brandi d'un air menaçant, me faisant craindre le pire.
 
-      Maintenant casse-toi sinon je te défonce le crâne ! Allez, dégage connard, va cuver ton formol ailleurs avant que je dérape ! Vite, barre-toi !
 
La tirade n'a pas vraiment plus au pochtron, causant ma perte. Il a levé la main sur Sarah, alors je lui ai tordu le bras assez violemment, son épaule a craqué, le faisant hurler.
 
-      Putain le vioque, tu me touches pas ou je te crève ! T'est qu'un sale pédophile de merde et tu protèges cette gouinasse de mes deux qui veut dévoyer mon fils ! Et la vieille pute, là, qui se fait bouffer le cul, c'est qui cette morue ?
 
Il n'aurait pas dû. Les choses allaient trop loin, même si d'ordinaire je prône plutôt la non-violence et le dialogue, là c'était devenu impossible. Il a obtenu la réponse à sa question sous la forme de mon poing droit qui lui a brutalement explosé le pif, dans un flot de sang. Bourré comme il était, il a perdu l'équilibre et s'est cogné la tête au bord de la table, s'ouvrant le cuir chevelu qui lui aussi s'est mis à pisser le sang. Ses hurlements ont fait sortir Nicolas de sa chambre, il a vu son père en sang couché par terre et appelant au secours, sa mère indifférente à moitié à poil et qui tenait par la main une Sylvie pâle de terreur et tout aussi dévêtue, et moi me frottant la main. Pauvre gosse, il a pété un câble et s'est enfui en courant, se heurtant aux voisins de palier sortis pour voir ce qui causait un tel bordel en pleine nuit. Tout le monde ce soir-là avait parlé d'appeler les cognes, mais eux l'ont vraiment fait. Et ils sont venus.
 
Narrer le reste de la soirée en détails serait aussi inutile que fastidieux et déprimant. Les forces de l'ordre, un homme et une femme, se sont montrées correctes mais fermes, demandant à ces dames de se rhabiller avant toute chose. Je me suis rapidement retrouvé menotté et embarqué. Les emmerdements se sont alors enchaînés : dépôt d'une plainte de Raphaël contre moi pour agression (il avait le nez cassé et la pommette légèrement enfoncée ont dit les toubibs de l'hosto, et une petite luxation de l'épaule) et soupçon de harcèlement sexuel sur mineur, et d'une autre plainte contre son ex-femme pour maltraitance et dépravation sexuelle en présence de mineur. Interrogatoires serrés de tout le monde, il a fallu raconter au juge et aux avocats les détails de notre vie sexuelle, la bisexualité de Sarah et Sylvie, l'émission de télévision à laquelle nous avions participé, fournir une incroyable quantité de documents et de témoignages, bref un long cauchemar de presque huit mois. 
 
A Nicolas aussi, bien sûr, il a fallu expliquer la situation, en usant de toute la décence requise. Il a reconnu que pour sa mère et moi il savait (sans nous dire comment), mais a déclaré au juge : « Vous savez Monsieur, ma maman n'a jamais été aussi gaie et aussi heureuse que depuis qu'elle connaît Jean-Pierre et Sylvie, en plus c'est grâce aux cours d'appui que j'ai évité une répétition et que mes résultats se sont nettement améliorés. Une fois, ma maman m'a même dit qu'il aurait fallu que j'aie un père comme lui. Je l'aime beaucoup Jean-Pierre, il m'apprend plein de trucs et il est bien plus patient que maman ou papa !»
 
Pour ce qui est des amours de Sarah avec Sylvie, que nous ne pouvions pas nier, Nicolas a dit qu'il s'en foutait, qu'il aimait bien ma femme et que si elles s'aimaient ça ne changeait rien pour lui, pour autant que personne ne picole et ne se tape dessus.
Au final, j'ai logiquement été le seul condamné, six mois de prison avec sursis pour violence physique sur personne en incapacité de se défendre, et 10'000 euros d'indemnités pour tort moral à verser au plaignant qui avait un bon avocat. Le jugement m'est resté en travers de la gorge mais je l'avais quand même cherché, alors j'ai accepté sans broncher.
 
Le juge a tenu compte des antécédents déjà lourds de Raphaël (violence conjugale, retraits de permis, escroquerie par métier etc.) et a révoqué son sursis. Il lui a donc retiré la garde alternée de Nicolas le weekend et l'a obligé à suivre une thérapie pour désintoxication, jugeant infondée et irrecevable sa plainte déposée contre Sarah.
Sarah, toujours aussi merveilleuse, m'a dit que j'avais agi de manière parfaite, et qu'il était bien d'avoir remis définitivement l'église au milieu du village. La justice l'a totalement épargnée, là elle a fait son boulot correctement car c'est elle et elle seule qui élève Nicolas, lequel peut désormais vivre à plein temps auprès de sa maman.
 
Cette même justice n'ayant rien à reprocher à Sylvie l'a rapidement laissée en paix, mais elle a beaucoup souffert de la tournure des événements, certaine que tout était de sa faute comme elle me l'avait déjà confié. Elle avait honte face à Sarah, et n'osait plus la regarder en face, pire encore avec Nicolas qu'elle évitait soigneusement. Ces huit mois ont été interminables, ma femme refusait de me toucher, notre sexualité s'est brutalement retrouvée réduite à néant. Par contre, Sylvie ne voyait aucun problème à ce que je continue à voir Sarah et entretienne une relation « amoureuse » avec elle, ce dont j'ai été incapable durant ces huit mois de misère.
Fâchée de tout ce cirque, une fois le verdict tombé et l'affaire considéré comme close, Sarah a débarqué un soir chez nous pour « mettre les choses au point » comme elle l'a dit en préambule.
 
-      Sylvie, je ne te reconnais plus. Tu me salues à peine, tu baisses la tête, tu ne souris plus…Même Nicolas me demande ce que tu as. Pour lui la page est tournée, il est content que je sois heureuse avec vous deux. Dis-moi ma beauté, tu as déjà oublié qu'il n'y a pas si longtemps ton joli minois il était entre mes cuisses ou mes fesses à provoquer des jouissances incroyables ? Tu as honte ? C'est quoi ton problème ? Tu n'assumes plus ta bisexualité ? Je ne te plais plus ?
 
Sylvie est devenue cramoisie, ses mains se tortillaient nerveusement, elle tremblait comme une feuille.
 
-      Sarah, ma…mon…oui j'ai honte, honte que Nicolas et toi aient dû affronter la justice, perdre du temps, honte que Jean-Pierre ait fracassé le visage de Raphaël devant ton fils et toi, tout ça à cause de moi, de…de…mes instincts de lesbienne refoulés. C'est par moi que sont arrivés tous ces emmerdements Sarah, je suis une pauvre conne, et je dois l'assumer, je ne mérite pas tout l'amour que tu m'as donné.
-      Non mais tu entends ça, Jean-Pierre ? Elle débloque complètement ta femme.. ! Tu oublies ma jolie que quand tu m'as raconté ta baise avec Pauline, j'ai mouillé comme une pucelle et que c'est moi qui t'ai roulé un patin à t'en couper le souffle. Et si Jean-Pierre a pété la gueule de ce connard de Raphaël c'est pour éviter qu'il me tabasse, il était bourré et aurait été capable de me violer, j'en suis sûre et le juge l'a bien compris. Tu n'as rien à voir là-dedans ma chérie, la preuve c'est que la justice t'a foutu la paix et ton mari a été condamné pour ce qu'il a fait, point. Moi je pense qu'il aurait dû recevoir une médaille, mais la justice fonctionne autrement, j'en prends acte. Pour toi, on dirait que c'est plus difficile…
 
J'ai été obligé de sourire à cette explication de notre adorable voisine, elle qui semblait avoir vraiment tourné la page et ne voyait pas de raison de ne plus nous voir, se sentant libre de mener sa vie comme elle l'entendait, son fils l'encourageait même à le faire paraît-il, ravi de voir sa mère enfin heureuse et libérée.
 
-      Tu ne dis rien ma chérie ? Tu ne veux plus me voir ? Tu me rejettes ?
-      Sarah, nous venons de vivre huit mois de misère, de mise à nu devant des gens qui nous ont jugés, presque humiliés parfois, qui ont commenté nos vies sentimentale et sexuelle sans aucun état d'âme, j'ai l'impression qu'ils mont disséquée sur une table de laboratoire, livrant mon corps et mon esprit à tout le monde. Je ne sais plus qui je suis Sarah, je n'ai plus de forces pour me battre.
-      Mais contre qui veux-tu te battre ? Est-ce que notre amour est un combat ? Oui, bien sûr, il y a eu ces huit mois d'horreur, mais maintenant qu'ils sont derrière, tu ne veux pas tourner la page et regarder devant toi ?
 
Sylvie n'a pas répondu tout de suite, regardant alternativement Sarah et moi, comme si elle nous découvrait pour la première fois. Incapable de parler, elle s'est mise à pleurer, sans retenue. Lorsque j'ai voulu aller vers elle, Sarah m'a arrêté et c'est elle qui a pris Sylvie dans ses bras.
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aime28
29 septembre 2024 à 09:27
Très jolie suite
Vivement la suite
Soyez respectueux
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