Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mémoires d'une toute petite queue — Chapitre 12
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Mémoires d'une toute petite queue
Chapitre 12
‒ Paraît que tu cherches un appart ?
C'était Morgane. Une BTS en alternance du rayon Luminaires. Venue me trouver au milieu des bouquins.
Je cherchais, oui.
– J'en connais un. Juste en face du mien. Sur le même palier. Il est nickel. Et pas cher. Je te fais visiter, si tu veux. C'est moi qu'ai les clés. Ça t'engage à rien n'importe comment.
C'était Morgane. Une BTS en alternance du rayon Luminaires. Venue me trouver au milieu des bouquins.
Je cherchais, oui.
– J'en connais un. Juste en face du mien. Sur le même palier. Il est nickel. Et pas cher. Je te fais visiter, si tu veux. C'est moi qu'ai les clés. Ça t'engage à rien n'importe comment.
Une salle de séjour spacieuse avec une baie vitrée qui donnait sur un parc. Deux grandes chambres claires. Une cuisine fonctionnelle équipée dernier cri.
‒ Et attends ! Attends ! T'as encore rien vu. Qu'est-ce tu dis de ça ?
La salle de bains. Avec une immense baignoire.
– On tient à quatre là-dedans si on veut. Et ça te fait des remous. Ça te masse. Il y a des tas de trucs que tu peux régler. Et regarde pour le dos. C'est prévu. C'est creusé. Tu peux y rester des heures à bouquiner, si ça te chante. Elle me laissait y venir des fois Sarah quand c'était elle qu'habitait là. J'arrivais jamais à en sortir.
– C'est l'ancienne locataire, Sarah ?
– Non. La propriétaire. Elle est rentrée aux États-Unis. En janvier.
– Et elle en demande combien ?
– Sept cent cinquante. C'est donné, avoue !
‒ Et attends ! Attends ! T'as encore rien vu. Qu'est-ce tu dis de ça ?
La salle de bains. Avec une immense baignoire.
– On tient à quatre là-dedans si on veut. Et ça te fait des remous. Ça te masse. Il y a des tas de trucs que tu peux régler. Et regarde pour le dos. C'est prévu. C'est creusé. Tu peux y rester des heures à bouquiner, si ça te chante. Elle me laissait y venir des fois Sarah quand c'était elle qu'habitait là. J'arrivais jamais à en sortir.
– C'est l'ancienne locataire, Sarah ?
– Non. La propriétaire. Elle est rentrée aux États-Unis. En janvier.
– Et elle en demande combien ?
– Sept cent cinquante. C'est donné, avoue !
Je me suis installé le samedi suivant avec l'aide de quelques collègues et celle de Morgane elle-même qui, le soir venu, m'a invité à dîner.
‒ T'as eu le temps de rien préparer. Et puis au milieu des cartons c'est pas trop le top.
On a parlé du boulot.
– Je sais pas toi, mais moi ça va. C'est pas trop chiant de mon côté. De toute façon faut bien bosser. Alors ça ou autre chose.
Des voisins.
– Dans l'ensemble, c'est plutôt calme. Il y a juste le type du sixième qui pique sa crise de temps en temps, tu sais pas pourquoi. Il s'en prend à tout le monde à tour de rôle. Le mieux, c'est de pas s'en occuper. De le laisser gueuler. Quand il en a marre il s'arrête.
‒ T'as eu le temps de rien préparer. Et puis au milieu des cartons c'est pas trop le top.
On a parlé du boulot.
– Je sais pas toi, mais moi ça va. C'est pas trop chiant de mon côté. De toute façon faut bien bosser. Alors ça ou autre chose.
Des voisins.
– Dans l'ensemble, c'est plutôt calme. Il y a juste le type du sixième qui pique sa crise de temps en temps, tu sais pas pourquoi. Il s'en prend à tout le monde à tour de rôle. Le mieux, c'est de pas s'en occuper. De le laisser gueuler. Quand il en a marre il s'arrête.
Elle est repassée le lendemain.
‒ Alors, tu t'en sors ? Non, hein ! C'est encore un sacré bordel. Tu veux un coup de main ?
Elle n'a pas attendu la réponse. Elle a déballé, réparti dans les différentes pièces, rangé.
– Là… C'est pas encore ça, mais on y voit quand même plus clair. Bon, tu viens manger à côté ? Mais rêve pas, hein ! Ça deviendra pas une habitude.
‒ Alors, tu t'en sors ? Non, hein ! C'est encore un sacré bordel. Tu veux un coup de main ?
Elle n'a pas attendu la réponse. Elle a déballé, réparti dans les différentes pièces, rangé.
– Là… C'est pas encore ça, mais on y voit quand même plus clair. Bon, tu viens manger à côté ? Mais rêve pas, hein ! Ça deviendra pas une habitude.
* * *
Véronique était aux anges.
‒ C'est vrai ? Ça y est ?! T'es chez toi ?! Super ! J'arrive. D'ici deux jours, trois au grand maximum, je suis là. Je te dirai exactement quand. Je te préviendrai. »
‒ C'est vrai ? Ça y est ?! T'es chez toi ?! Super ! J'arrive. D'ici deux jours, trois au grand maximum, je suis là. Je te dirai exactement quand. Je te préviendrai. »
Loïc est venu, une fois de plus, aux nouvelles
‒ Elle a voulu voir ton nouvel appart, je parie !
Ben oui ! Oui.
– Elle s'en est pas vantée. Et vous avez étrenné ton lit, j'parie. Non ?
– Non. On a parlé. Elle m'a dit qu'elle regrettait pour l'autre jour. Que c'était une erreur. Qu'on risquait de gâcher nos excellentes relations de travail. Et notre amitié à laquelle elle est très attachée. Elle était désolée, mais elle préférait qu'on s'en tienne là. Qu'on oublie tout. Qu'on fasse comme s'il n'y avait jamais rien eu.
– Hein ? Mais qu'est-ce qui lui prend ? Quand on voit comment elle te porte aux nues… Mais insiste ! Insiste ! Elle a toujours adoré ça, se faire supplier.
‒ Elle a voulu voir ton nouvel appart, je parie !
Ben oui ! Oui.
– Elle s'en est pas vantée. Et vous avez étrenné ton lit, j'parie. Non ?
– Non. On a parlé. Elle m'a dit qu'elle regrettait pour l'autre jour. Que c'était une erreur. Qu'on risquait de gâcher nos excellentes relations de travail. Et notre amitié à laquelle elle est très attachée. Elle était désolée, mais elle préférait qu'on s'en tienne là. Qu'on oublie tout. Qu'on fasse comme s'il n'y avait jamais rien eu.
– Hein ? Mais qu'est-ce qui lui prend ? Quand on voit comment elle te porte aux nues… Mais insiste ! Insiste ! Elle a toujours adoré ça, se faire supplier.
Éva a eu son petit rire sarcastique.
‒ Et à toi qu'est-ce qui te prend ? Ça t'amuse déjà plus ?
– C'est pas ça, non, c'est pas ça. Mais j'ai envie que ça fasse le plus vrai possible. Et si ça se passait vraiment, c'est sûrement comme ça que ça se passerait. Elle hésiterait. Elle aurait tout un tas de réticences.
– Tu parles ! C'est pas elle qui les aurait. C'est toi. C'est toi qui les as. Il y a de bonnes raisons à ça et tu sais très bien lesquelles.
‒ Et à toi qu'est-ce qui te prend ? Ça t'amuse déjà plus ?
– C'est pas ça, non, c'est pas ça. Mais j'ai envie que ça fasse le plus vrai possible. Et si ça se passait vraiment, c'est sûrement comme ça que ça se passerait. Elle hésiterait. Elle aurait tout un tas de réticences.
– Tu parles ! C'est pas elle qui les aurait. C'est toi. C'est toi qui les as. Il y a de bonnes raisons à ça et tu sais très bien lesquelles.
* * *
On a sonné. C'était Morgane.
– Il y avait ça pour toi, au courrier, ce matin. Je te l'ai pris.
Un gros colis qu'elle m'a déposé dans l'entrée.
– Merci.
– Et ça va ? Tu t'y fais à ici ?
– Oh, pour ça oui ! Je n'ai qu'un regret, c'est de pas être venu m'y installer plus tôt.
– Ben moi, pour être tout à fait franche, il y a un truc qui me manque depuis que t'es là.
– Et quoi donc ?
– La salle de bains. Elle est trop top, cette salle de bains. Et j'avais tellement pris l'habitude d'y venir quand c'était Sarah.
– Oh, si c'est que ça ! Ça peut s'arranger.
– Je voudrais pas t'envahir. Ni que t'ailles t'imaginer des trucs. Parce que j'ai un copain. Et c'est sérieux tous les deux.
– Je m'imagine rien du tout. Tu viens quand tu veux. Sans te poser de questions inutiles.
Elle a profité de l'autorisation le soir même.
– C'est que moi ! Te dérange pas.
Elle a verrouillé la porte. Ça a coulé. Clapoté. Le silence. Plus d'une heure durant.
– Il y avait ça pour toi, au courrier, ce matin. Je te l'ai pris.
Un gros colis qu'elle m'a déposé dans l'entrée.
– Merci.
– Et ça va ? Tu t'y fais à ici ?
– Oh, pour ça oui ! Je n'ai qu'un regret, c'est de pas être venu m'y installer plus tôt.
– Ben moi, pour être tout à fait franche, il y a un truc qui me manque depuis que t'es là.
– Et quoi donc ?
– La salle de bains. Elle est trop top, cette salle de bains. Et j'avais tellement pris l'habitude d'y venir quand c'était Sarah.
– Oh, si c'est que ça ! Ça peut s'arranger.
– Je voudrais pas t'envahir. Ni que t'ailles t'imaginer des trucs. Parce que j'ai un copain. Et c'est sérieux tous les deux.
– Je m'imagine rien du tout. Tu viens quand tu veux. Sans te poser de questions inutiles.
Elle a profité de l'autorisation le soir même.
– C'est que moi ! Te dérange pas.
Elle a verrouillé la porte. Ça a coulé. Clapoté. Le silence. Plus d'une heure durant.
* * *
Véronique est arrivée tard dans la soirée, le lendemain, enthousiaste.
‒ Ah, je peux te dire que je vais en profiter. Une semaine ! Une semaine sans eux ! Une semaine sans être obligée de dormir à côté de lui. Une semaine sans l'avoir sur le dos, elle ! Sans me demander à quel moment elle va silencieusement surgir pour s'offrir le plaisir de me prendre en défaut. « Ce n'est pas parce que vous ne travaillez pas, Véronique, que vous devez pour autant vous livrer complaisamment aux délices de l'oisiveté. Venez ! Venez ! Je vais vous trouver une occupation. » Tu sais qu'elle me pourchasse jusque dans ma chambre ? Et qu'elle ne prend seulement pas la peine de frapper ?
– Et tu dis rien ? Tu la laisses faire ?
– Mais bon, allez ! Je suis pas venue ici pour parler d'eux. On les oublie. Tu travailles demain ?
– Ben oui. Oui. J'aurais bien aimé pouvoir prendre des jours, mais…
– Ça fait rien ! J'irai me promener. Faire les magasins. Je rentrerai tôt. Je te mitonnerai un de ces petits plats à ma façon, tu m'en diras des nouvelles.
‒ Ah, je peux te dire que je vais en profiter. Une semaine ! Une semaine sans eux ! Une semaine sans être obligée de dormir à côté de lui. Une semaine sans l'avoir sur le dos, elle ! Sans me demander à quel moment elle va silencieusement surgir pour s'offrir le plaisir de me prendre en défaut. « Ce n'est pas parce que vous ne travaillez pas, Véronique, que vous devez pour autant vous livrer complaisamment aux délices de l'oisiveté. Venez ! Venez ! Je vais vous trouver une occupation. » Tu sais qu'elle me pourchasse jusque dans ma chambre ? Et qu'elle ne prend seulement pas la peine de frapper ?
– Et tu dis rien ? Tu la laisses faire ?
– Mais bon, allez ! Je suis pas venue ici pour parler d'eux. On les oublie. Tu travailles demain ?
– Ben oui. Oui. J'aurais bien aimé pouvoir prendre des jours, mais…
– Ça fait rien ! J'irai me promener. Faire les magasins. Je rentrerai tôt. Je te mitonnerai un de ces petits plats à ma façon, tu m'en diras des nouvelles.
* * *
Irina m'a rejoint en réserve, une pile de retours sur les bras.
‒ Tu sais que Loïc se demande ce qu'il peut bien t'avoir fait ? « On le voit plus. On n'a pas de nouvelles.
– Hein ? Oh, mais rien ! Rien du tout ! Seulement avec le déménagement j'ai plus une seconde à moi. Et ma cousine qui vient de débarquer. En plus !
‒ Tu sais que Loïc se demande ce qu'il peut bien t'avoir fait ? « On le voit plus. On n'a pas de nouvelles.
– Hein ? Oh, mais rien ! Rien du tout ! Seulement avec le déménagement j'ai plus une seconde à moi. Et ma cousine qui vient de débarquer. En plus !
* * *
Elle est rentrée un tout petit peu après moi, ma cousine, encombrée de sacs et de paquets.
‒ Tu sais pas ce qui m'arrive ? Patrice… Tu te rappelles bien Patrice ? Je l'ai appelé à tout hasard. Il a été charmant. Ravi de m'entendre. On a passé une heure au téléphone. Et… il m'invite ce soir au restaurant. Alors ça m'embête de te laisser tomber, mais, d'un autre côté, c'est l'amour de ma vie, Patrice. Je peux pas laisser passer une occasion pareille. T'imagines si ça le fait !
– Vas-y ! Fonce ! Et te tracasse surtout pas pour moi.
– Faut que je me fasse belle ! Que je sorte le grand jeu ! J'ai pas beaucoup de temps en plus ! Tu viens avec moi pendant que je me prépare ? Ça t'ennuie pas ?
Ça m'ennuyait pas, non ! Bien sûr que non !
– Qu'on soit au moins un peu ensemble. Qu'on puisse bavarder. Que tu m'aides à y voir clair. Parce que je joue une sacrée partie, moi, là !
Elle s'est voluptueusement laissée glisser dans la baignoire, a fermé les yeux.
– Ça a pas grand-chose à voir avec la buanderie de chez grand-mère ici, dis donc ! C'est le grand luxe. En attendant, j'ai la trouille ! Non, mais comment j'ai la trouille !
– De quoi ?
– J'ai peur d'être nulle. De pas être à la hauteur. Qu'il ait pas envie de moi. Qu'il se défile quand il me verra. Qu'il me trouve moche maintenant.
– Il est myope ?
Elle s'est redressée. Relevée.
– Non. Pourquoi ?
– Alors c'est impossible qu'il te trouve moche. Personne peut te trouver moche.
– C'est gentil, mais je sais pas. Tu peux me passer mon gel douche là-bas, s'il te plaît ? Merci. Non, et puis pourquoi ce changement d'un seul coup ? Il m'a toujours fuie. Il a toujours repoussé toutes mes avances – et Dieu sait si j'en ai fait, c'en était même indécent quand j'y repense – et là, d'un seul coup, on dirait qu'il ne jure plus que par moi. Tu l'aurais entendu tout à l'heure au téléphone. C'était de la folie.
Elle s'est longuement savonnée. Partout.
– Ce qu'il y a maintenant, c'est que je suis mariée. Elle est là, la différence. Avant, j'étais dangereuse. Un piège. J'étais amoureuse. Je le chantais sur tous les tons. Il avait peur que je le colle. De pas pouvoir se débarrasser. Mais maintenant que je suis casée, il y a plus de risque. Il peut me tirer en toute tranquillité.
– Je vois vraiment pas ce que ça change ! D'être mariée, ça va t'empêcher de t'accrocher ?
– Ben, non !
– Ce qu'il risque, en prime, c'est d'avoir tout un tas de problèmes avec ton mari. Et pourtant ça l'arrête pas.
– Je sais plus quoi penser.
– Eh bien, pense pas ! C'est pas le moment de toute façon. Ça fait des années que t'attends ça, que t'en rêves et juste au moment où ça arrive il faut que tu te gâches tout avec des tas de questions.
Elle est sortie de la baignoire.
– T'as raison. Oui, t'as raison.
– Évidemment que j'ai raison.
‒ Tu sais pas ce qui m'arrive ? Patrice… Tu te rappelles bien Patrice ? Je l'ai appelé à tout hasard. Il a été charmant. Ravi de m'entendre. On a passé une heure au téléphone. Et… il m'invite ce soir au restaurant. Alors ça m'embête de te laisser tomber, mais, d'un autre côté, c'est l'amour de ma vie, Patrice. Je peux pas laisser passer une occasion pareille. T'imagines si ça le fait !
– Vas-y ! Fonce ! Et te tracasse surtout pas pour moi.
– Faut que je me fasse belle ! Que je sorte le grand jeu ! J'ai pas beaucoup de temps en plus ! Tu viens avec moi pendant que je me prépare ? Ça t'ennuie pas ?
Ça m'ennuyait pas, non ! Bien sûr que non !
– Qu'on soit au moins un peu ensemble. Qu'on puisse bavarder. Que tu m'aides à y voir clair. Parce que je joue une sacrée partie, moi, là !
Elle s'est voluptueusement laissée glisser dans la baignoire, a fermé les yeux.
– Ça a pas grand-chose à voir avec la buanderie de chez grand-mère ici, dis donc ! C'est le grand luxe. En attendant, j'ai la trouille ! Non, mais comment j'ai la trouille !
– De quoi ?
– J'ai peur d'être nulle. De pas être à la hauteur. Qu'il ait pas envie de moi. Qu'il se défile quand il me verra. Qu'il me trouve moche maintenant.
– Il est myope ?
Elle s'est redressée. Relevée.
– Non. Pourquoi ?
– Alors c'est impossible qu'il te trouve moche. Personne peut te trouver moche.
– C'est gentil, mais je sais pas. Tu peux me passer mon gel douche là-bas, s'il te plaît ? Merci. Non, et puis pourquoi ce changement d'un seul coup ? Il m'a toujours fuie. Il a toujours repoussé toutes mes avances – et Dieu sait si j'en ai fait, c'en était même indécent quand j'y repense – et là, d'un seul coup, on dirait qu'il ne jure plus que par moi. Tu l'aurais entendu tout à l'heure au téléphone. C'était de la folie.
Elle s'est longuement savonnée. Partout.
– Ce qu'il y a maintenant, c'est que je suis mariée. Elle est là, la différence. Avant, j'étais dangereuse. Un piège. J'étais amoureuse. Je le chantais sur tous les tons. Il avait peur que je le colle. De pas pouvoir se débarrasser. Mais maintenant que je suis casée, il y a plus de risque. Il peut me tirer en toute tranquillité.
– Je vois vraiment pas ce que ça change ! D'être mariée, ça va t'empêcher de t'accrocher ?
– Ben, non !
– Ce qu'il risque, en prime, c'est d'avoir tout un tas de problèmes avec ton mari. Et pourtant ça l'arrête pas.
– Je sais plus quoi penser.
– Eh bien, pense pas ! C'est pas le moment de toute façon. Ça fait des années que t'attends ça, que t'en rêves et juste au moment où ça arrive il faut que tu te gâches tout avec des tas de questions.
Elle est sortie de la baignoire.
– T'as raison. Oui, t'as raison.
– Évidemment que j'ai raison.
* * *
Morgane a passé la tête par l'entrebâillement de la porte.
– Je peux y aller quand même ? Ça craint pas pour ta copine ?
– C'est pas ma copine, c'est ma cousine.
– Ah bon, je croyais, moi ! T'en as pas de copine ? Non, forcément t'en as pas. Quand on voit dans quel état tu laisses ton appartement !
Et elle a filé jusqu'à la salle de bains.
– Je peux y aller quand même ? Ça craint pas pour ta copine ?
– C'est pas ma copine, c'est ma cousine.
– Ah bon, je croyais, moi ! T'en as pas de copine ? Non, forcément t'en as pas. Quand on voit dans quel état tu laisses ton appartement !
Et elle a filé jusqu'à la salle de bains.
Au soir du troisième jour il y avait un message sur mon répondeur. De Véronique.
– Ne t'inquiète pas. Tout va bien. Très bien. Tellement bien. Je suis heureuse, Gabriel. Si heureuse.
– Ne t'inquiète pas. Tout va bien. Très bien. Tellement bien. Je suis heureuse, Gabriel. Si heureuse.
Morgane a jeté un long regard tout autour d'elle.
– Ah, t'as fait du rangement. Franchement, ça s'imposait. Pas seulement pour les gens qui viennent te voir, mais même pour toi. Je me demande comment tu pouvais vivre dans un gourbi pareil.
– Ah, t'as fait du rangement. Franchement, ça s'imposait. Pas seulement pour les gens qui viennent te voir, mais même pour toi. Je me demande comment tu pouvais vivre dans un gourbi pareil.
* * *
J'étais en train de prendre mon bain quand Véronique a surgi en mode ouragan.
– T'es où ?
– Là !
Elle s'est assise sur le rebord de la baignoire.
– J'en peux plus ! Il m'a épuisée. Complètement lessivée. Cinq jours. Cinq jours à ne faire que ça. Baiser. Et… Et tu peux pas savoir ! Jamais je serais allée imaginer. À ce point-là je pensais même pas que ça pouvait exister.
Elle a baillé, s'est longuement étirée.
– Je vais prendre un bain avec toi, tiens ! Ça me fera du bien.
Elle s'est déshabillée, a enjambé, s'est installée en face de moi.
– Quand je pense à toutes ces années qu'on a perdues. Quel gâchis !
– Et maintenant ?
– Quoi « et maintenant » ?
– Qu'est-ce que tu vas faire ?
Elle a haussé les épaules.
– Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Je vais remonter là-haut ; J'ai pas le choix. Pour le moment, je vais remonter là-haut. Et revenir ici le plus souvent possible. T'as pas fini de me voir. Enfin non ! Tu me verras pas beaucoup en vrai.
– T'es où ?
– Là !
Elle s'est assise sur le rebord de la baignoire.
– J'en peux plus ! Il m'a épuisée. Complètement lessivée. Cinq jours. Cinq jours à ne faire que ça. Baiser. Et… Et tu peux pas savoir ! Jamais je serais allée imaginer. À ce point-là je pensais même pas que ça pouvait exister.
Elle a baillé, s'est longuement étirée.
– Je vais prendre un bain avec toi, tiens ! Ça me fera du bien.
Elle s'est déshabillée, a enjambé, s'est installée en face de moi.
– Quand je pense à toutes ces années qu'on a perdues. Quel gâchis !
– Et maintenant ?
– Quoi « et maintenant » ?
– Qu'est-ce que tu vas faire ?
Elle a haussé les épaules.
– Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Je vais remonter là-haut ; J'ai pas le choix. Pour le moment, je vais remonter là-haut. Et revenir ici le plus souvent possible. T'as pas fini de me voir. Enfin non ! Tu me verras pas beaucoup en vrai.
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