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Couverture de Rosie pour la vie, par vberyd
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Rosie pour la vie — Chapitre 23 · Rosie, mon amante

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Rosie pour la vie

Chapitre 23 · Rosie, mon amante

‌
Nous avons retardé notre départ le plus possible, nous rendons la chambre au dernier moment. Un dernier déjeuner ensemble au restaurant et je l'accompagne à la gare Montparnasse d'où part son train. Tous les deux, nous arriverons chez nous en fin d'après-midi. Quand l'heure de son train approche, la séparation est très longue et extrêmement difficile. Nos bagages à nos pieds, on s'embrasse, on se sert dans les bras à en étouffer. Les passants semblent étonnés de voir des quinquagénaires s'embrasser avec autant de passion. On se promet de se revoir très vite, dès le vendredi fin d'après-midi. J'aurais bien pris le train avec elle, mais chacun a son travail qui reprend lundi. Nos yeux sont humides, au bord des larmes. Après tant d'années, nous nous sommes retrouvés par hasard, ou peut-être que le destin a fait en sorte que nos chemins se croisent à nouveau. Il faut attendre vendredi pour se revoir. Six jours et demi, ce n'est pas très long. Même si pour nous, ce sera interminable. Elle me sourit, mais son regard trahit de la mélancolie. A contrecœur, je la regarde monter dans son train, je ne dois pas tarder pour rejoindre la gare de Lyon. A peine suis-je arrivé dans le métro que Roselyne m'appelle :
— Où es-tu ? Pourquoi ne m'appelles-tu pas ?
— Je viens de rentrer dans le métro.
— Je suis seule et triste. Tu m'as abandonnée.
— Non, quand même. On se revoit vendredi.
— Un jour, même une heure, loin de toi, c'est long. C'est un supplice de ne plus pouvoir te serrer dans mes bras.
— Tu me manques déjà. Je vais demander à poser mon vendredi pour te rejoindre plus vite.
— Oui, je vais demander aussi. Ça nous ferait une journée de plus ensemble.
— Je raccroche, je dois courir pour avoir mon train. Je te rappelle quand je suis assis à ma place, mon amour de toujours.
Monté dans mon train, je pose ma valise sur ma place et je vais sur la plateforme pour appeler Roselyne. Je suis sans cesse dérangé par les gens qui montent dans le train avec leurs énormes bagages et qui semblent perdus. Je suis là pour appeler, pas pour dire si c'est bien la voiture sept ici. "Débrouillez-vous, c'est écrit. Vous me dérangez, je suis au téléphone." Mon train quitte la gare, je suis obligé de raccrocher, car ma fille m'appelle. Le temps de m'excuser auprès de Rosie, je décroche :
— A quelle heure seras-tu à la gare mon papou ?
— A seize heures trente.
— Ah seulement, pas plus tôt ? Est-ce que tu as été retenu ?
— Sans importance !
— Tu en as mis du temps à décrocher. Peut-être que je te dérange ? Tu as la voix triste.
— Le temps de sortir mon téléphone de ma poche.
— Mouais, à d'autres ! Je vais venir t'attendre, si ça ne te gêne pas. Est-ce que tu es seul ?
— Ben oui, je rentre seul.
— Oh, tu aurais pu rentrer avec celle que tu as rencontrée. Comment s'appelle-t-elle ? Est-ce que je la connais ?
— Tu es bien curieuse. Et toi, comment va ton amoureux ? Est-ce que tu viens avec lui ? A quand le mariage ?
— Tu es bien pressé. A bientôt ! Je te laisse reprendre ta conversation. Je t'attendrai dans le hall de la gare.
J'y repense, ma fille ne m'a pas appelé de la semaine, ce qui ne lui ressemble pas trop. Et puis, elle a l'air bien sûr d'elle au sujet de ma rencontre. Je m'empresse de rappeler Roselyne. Quelques coupures de communication à cause de la couverture téléphonique ou des tunnels. Je lui dis :
— Vivement jeudi ou vendredi prochain qu'on se retrouve. Où va-t-on se voir ?
— Tu es aussi impatient que moi. Je vais préparer un weekend vers chez Sandrine, elle doit y être pour quelque chose dans notre rencontre.
— Pour tous les deux, ça c'est décidé au dernier moment à cause de collègues indisponibles. Je ne vois pas comment et elle ne savait pas pour moi, ni toi.
— En effet ! C'est bien mystérieux tout ça.
— Tu me manques déjà. C'est dur de repartir sans toi.
— Très dur, ne me fais pas pleurer.
Une conversation qui dure tout le temps de mon trajet. Je suis obligé de raccrocher, mon train arrive. Ma fille m'attend dans le hall. Elle vient vers moi, me fait la bise et remarque ma tête :
— Ouh là là ! La nuit a dû être courte et chaude. Tu fais très fatigué avec le sourire jusqu'aux oreilles.
— Quelle chipie !
— Alors, des choses à raconter à ta fille chérie ?
— Je te trouve bien curieuse et empressée. Y serais-tu pour quelque chose ?
— Moi ? Va savoir !
— Alors, c'est à toi que je dois cette semaine de folie ? Comment est-ce possible ?
— Le jour où tu nous as dit que tu n'étais plus amoureux de ton amie, je ne t'ai pas vraiment cru, ses jumelles non plus.
— Ses jumelles ! Comment sais-tu que j'étais avec Roselyne ?
— Intuition féminine ... Depuis longtemps, nous avions remarqué comment ton visage, ton attitude changeait dès que Damien ou Maman arrivaient quand tu étais avec ton amie.
— Quelle perspicacité. Mais tu tournes autour du pot.
— Et maintenant que tu as divorcé d'avec mamou, je souhaite de tout mon cœur que tu sois heureux avec ton amante. Et ses jumelles aussi.
— C'est mon amie !
— Ton amante, ne dit pas le contraire de ton visage.
— Je n'ai jamais trompé ta mère avant qu'elle ne commence. Et jamais avec Roselyne.
— Il serait temps de la reconquérir, elle n'est plus heureuse avec Damien. Arrêtez de vous cacher et aimez-vous. C'est ce que l'on veut toutes les trois.
— Vous n'êtes pas les seules à le vouloir.
— Ah qui d'autre ?
— Ses trois amies de fac, j'ai cru que c'était à elles que je devais cette semaine.
— Eh bien, aux six en fait. Enfin pour ta semaine à Paris, que moi et ses jumelles, par un grand coup de pouce du sort !
— D'accord, c'est un coup joliment monté.
— Et donc, avec Roselyne, est-ce que vous allez enfin vivre ensemble ?
— Je lui en ai fait la demande. Elle veut que je sois son amant.
— Ah, quelle bonne nouvelle, mon papa chéri ! Je suis heureuse pour vous deux et vous souhaite de vivre enfin votre bonheur.
Puis ma fille part dans une leçon sur l'amour. J'en suis abasourdi.
L'amour et le cœur, riche d'expériences et d'émotions vécues, sait reconnaître la profondeur d'un regard et la sincérité d'un sourire. Trente ans ont passé, mais ton amour pour elle a grandi, mûri et patienté. Les années vous ont changés. A chaque fois que vous vous regardez, il y a cette lumière qui vous a fait vibrer, cette tendresse qui n'a jamais cessé d'exister. La vie vous offre une seconde chance, alors saisissez-la, ne laisse pas Roselyne seule et triste. Elle est précieuse à ton cœur, ne laisse ni le temps ni personne voler votre bonheur.
Elle ne me dira rien de plus aujourd'hui. Mais dans les jours suivants, elle finit par m'avouer comment cela s'est passé. Lorsque je l'ai prévenue de ma formation sur Issy, elle venait de finir sa conversation avec les filles de Roselyne. Elles lui avaient dit que leur mère allait en formation à Issy la semaine prochaine. C'est pour ça qu'elle m'a demandé dans quel hôtel je serai. Ensuite, elle a rappelé les jumelles pour les tenir au courant. L'occasion est trop belle. Nous sommes la même semaine dans la même ville mais pas le même hôtel. Les filles de Roselyne ont récupéré le numéro de réservation et ont vite appelé l'agence avec le portable de leur mère. En se faisant passer pour elle, elles ont demandé à être dans le même hôtel, avec une demande particulière : être au même étage, chambres côte à côte ou face à face que moi. A elles trois, elles connaissaient toutes les informations demandées : numéro de tel, adresse mail du travail, société pour laquelle on travaille, ... Il manquait juste mon numéro de réservation, mais comme c'était une dernière minute, le nom de la centrale de réservation a suffi. Quelques réticences de l'agence, mais elles ont insisté en disant que ce ne serait plus une surprise si elle me prévenait. Et puis, elles demandaient juste à être au même étage et pas trop loin, pas dans la même chambre. En plus, elles ont demandé la liste des restaurants ouverts le soir. Quand j'ai prévenu ma fille que je ne rentrais que le samedi et en plus en fin de journée, elle a compris. Toute la semaine, elle a attendu un appel, un message de ma part lui disant comment se passait ma semaine. Elle ne m'a pas contacté pour ne pas se démasquer, mais cela la démangeait. Les amies de fac de Roselyne sont au courant du doux piège qui nous a réunis, depuis samedi de la semaine dernière.
La semaine passe vite, le weekend arrive, nous sommes invités chez Sandrine. Nous apprenons au dernier moment que nos enfants seront là pour l'apéritif, ainsi que ceux de Sandrine, puis qu'ils sortiront ensemble. Nous sentons le piège. Les enfants de Roselyne sont déjà là et sautent au cou de leur mère :
— Mes bébés chéris, je les adore.
— Ils ont grandi depuis. Ils ont plus de vingt ans, ce ne sont plus des bébés.
Je n'ai pas pu m'empêcher de répondre, c'est plus fort que moi. Sandrine intervient :
— Alors là, Philippe, on ne va pas être d'accord. C'est la psy qui parle.
— Quand même, "mes enfants" d'accord, mais pas "mes bébés". Ils ne mesurent plus cinquante centimètres et ne font plus ouin, ouin.
— Tu ne vas pas refaire le monde. Un père dira toujours à ses enfants "va, part à l'aventure", une mère sera toujours protectrice. Une mère a ressenti son enfant grandir et bouger dans son ventre, l'a nourri. Essaye de comprendre cela.
— Bon d'accord, je dépose les armes ... Mais vraiment ...
— Bien, arrêtez de vous déchirer pour des broutilles. Je vais finir par vous recevoir en consultation de couple. Vous avez une seconde chance, ne la laissez pas passer.
Roselyne reprend :
— Laisse-moi embrasser mes enfants. Alors comment vont-ils ?
— Bien, maman, nous sommes heureuses de te voir souriante et sexy. Tu fais rajeunie. Une semaine sans nouvelles de toi, sans réponse à nos messages, c'est long.
— Si je vous ai répondu.
— Oh, d'habitude tu nous fais des conversations pendant presque une heure, là tu nous réponds juste "Oui, ça va" et puis plus rien.
— C'est-à-dire que ...
— Que tu étais occupée avec Philippe, on l'avait bien compris. C'est grâce à nous deux et sa fille que vous étiez dans le même hôtel.
— Oui, je suis au courant.
— On attendait des nouvelles avec impatience.
— Bande de ...
— Quand tu es rentrée le samedi soir, en voyant ta tête souriante, triste et fatiguée, on a bien compris.
— Et on en a eu la confirmation quand tu t'es endormie peu après être arrivée. Tu as rêvé à voix haute.
— Oui, bon et bien ça suffit ! Stop !
— Oh non, c'était trop touchant : "Non, c'est moi dessus, je ne vais pas me laisser faire" et aussi "Encore mon Philou, attends-moi, oui, c'est bon, encore, je viens, ah, oh".
— Stop les jujus.
— C'est la première fois que tu l'appelles "Mon Philou", enfin avec nous.
Sandrine essaye de les calmer :
— Stop, c'est votre mère.
— Oh, mais attend, on va te montrer sa tête à l'arrivée à la gare. Tiens, regarde.
— Eh bien, quelle tête, presque une zombie.
— Et maintenant, la photo de Philippe prise par sa fille, à la gare aussi.
— Ce n'est pas mieux. Qui d'autre a vu ces photos ?
— Que nous trois, par SMS.
— Roselyne, faire une sieste. Tu devais être claquée.
Heureusement ma fille arrive à ce moment avec son compagnon, main dans la main. Mon fils n'est pas là. Quelques mots dans l'oreille avec les jumelles et finalement, c'est ma fille prend la parole :
— Bon, puisque tout le monde est là, je tiens à clarifier ce qui s'est passé la semaine dernière. Que Roselyne et Philippe soient allés la même semaine à Issy-Les-Moulineaux, nous trois, nous n'y sommes pour rien. Par contre, qu'ils aient séjourné dans le même hôtel, au même étage, c'est nous. Et pour son relooking, c'est une idée de Sandrine.
— Je confirme, j'en ai parlé avec Philippe puis j'ai appelé sa fille pour lui donner des consignes. Il fallait qu'il soit en beauté pour le Nouvel An et après.
— Et nous en avions déjà discuté toutes les trois de pouvoir les rapprocher. Quand ils ont eu leur formation à Paris, c'était l'occasion idéale. Il y a longtemps que nous avons compris qu'ils s'aiment encore.
— Et moi, on ne me demande pas mon avis. Je ne suis pas d'accord. Pourquoi ma mère ne se remet pas avec mon père ?
Sandrine intervient :
— Parce qu'ils ne sont pas venus me voir à temps. Bien sûr, dès que je me suis aperçue que ça n'allait plus, j'ai cherché à les réconcilier. Mais quand l'un des deux ne veut pas faire l'effort de parler, je ne peux pas le forcer. Roselyne, j'avais réussi à la convaincre en insistant beaucoup, mais pas ton père. J'ai même été voir ses amis pour qu'ils interviennent et m'aide à sauver leur couple, mais ton père n'a jamais voulu. Que ce soit avec moi ou un autre psychologue.
— Philippe, il est gentil, mais ce n'est pas mon père.
— Il ne le remplacera jamais, sois-en sûr. Est-ce que le bonheur de ta mère compte pour toi ?
— Oui, évidemment.
— Alors, si elle est heureuse avec son Philou ?
— Presque à chaque fois qu'ils se voyaient, ils finissaient par se disputer. Alors à quoi bon remplacer une engueulade par une autre.
— S'ils ne savent pas s'entendre à leur âge, ils ne resteront pas ensemble, soit en sûr. Mais laisse-les essayer. Ton approbation est importante pour ta mère.
— Mouais, ok pour un essai.
Après ces mises au point, nous trinquons à la santé de tous les amoureux. Roselyne et moi, mais aussi les amours de nos enfants. Les jeunes partent ensemble pour leur soirée. La nôtre se passe sans heurt. Parfois, nous sommes dans les bras l'un de l'autre à nous embrasser comme deux adolescents. Pendant le repas, le mari de Sandrine insiste pour que nous soyons l'un en face de l'autre afin que nous pussions nous regarder. Il se passe autant de choses sur la table que dessous. Ce qui n'échappe pas à Sandrine qui sourit et nous félicite pour notre complicité retrouvée. Au cours du repas, un verre vide tombe, un exemple me vient à l'esprit :
— Tiens, j'y pense. Si je vois une trace sur la table ou le sol, je ne vais pas sauter sur l'éponge. Par contre, si c'est une araignée, là, je réagis sans attendre.
— Tu peux, ne pas attendre dans les deux cas.
— L'araignée risque de se sauver, pas la tache. Et puis une tache, je me demande pourquoi, comment, d'où vient-elle, ...
— Toujours à analyser au lieu d'agir.
Le mari de Sandrine éclate de rire :
— C'est exactement la même chose ici. Mais, ce n'est pas un motif pour vous disputer quand même.
— Eux deux si ! Ce sont comme deux becs de gaz que l'autre cherche à enflammer.
— Ou deux grenades à dégoupiller. Si c'est aussi chaud au lit que dans vos réparties, ça doit donner.
— Elle ne lui a pas donné cinq étoiles pour rien.
— Ah, qu'est-ce que c'est que ces étoiles ? Comme au restaurant ou à l'hôtel ?
— Laisse tomber, un truc entre copines de fac.
— Vous notiez vos mecs, sympa la fac. J'espère avoir une bonne note. Il faudra que tu m'en dises davantage.
— Quand on s'est connu, on avait arrêté notre notation et peu importe le nombre d'étoiles. Nous, on est toujours ensemble avec de beaux enfants et on s'aime toujours, c'est ce qui compte le plus.
Sandrine ajoute :
— Philippe, Roselyne m'a raconté votre rencontre au restaurant. Ne dit jamais à une femme que tu voudrais l'échanger contre une ou deux plus jeune.
— Je ne pensais pas à elle en disant cela.
— Peu importe, jamais. Tu as vu comment elle a réagi.
— Oui, une réaction à laquelle je ne m'attendais pas.
— Vous devez faire des efforts tous les deux, pas que l'un ou l'autre. Si vous avez besoin de parler, je suis là pour vous écouter et pour arbitrer.
— Oui, merci de nous aider.
— Ma chère Roselyne, je t'interdis de chercher des noises à Philippe. S'il vient pleurnicher sur mon épaule, tu vas de prendre une gifle, afin de te remettre en place.
— Ce n'est pas toujours facile.
— Ce sont vos filles qui le souhaitent le plus, alors laisse-toi porter, aimez-vous et pas de prise de bec.
— Promis.
— Philippe, cela vaut aussi pour toi. J'aurais pu te dire la même chose ou presque. Est-ce que c'est bien noté ?
— C'est compris. En cas de besoin, je te contacte.
— Je ne suis pas loin, donc, si jamais, venez me voir sans attendre ou appelez-moi. Ne vous séparez pas cette fois, sinon je vais me fâcher très fort. Et j'irai vous chercher par la peau du cou s'il le faut. C'est à cause de votre histoire que je me suis spécialisée sur les couples. J'ai tellement pleuré quand vous avez décidé de vous séparer.
A la fin du repas, Sandrine nous demande de prendre place dans le coin salon. Je m'assois dans un angle du canapé et Roselyne me rejoint. Elle se colle contre moi, me passe le bras par-dessus son épaule, place ma main sous son sein et pose sa tête contre moi. Je lui dépose un baiser sur le front. Elle redresse un peu la tête pour me dire :
— Plus bas le baiser, s'il te plait.
Je lui dépose un baiser sur le bout du nez. Elle me dit :
— Encore un peu plus bas, quatre centimètres environ.
Je l'embrasse tout en lui caressant le sein. Elle m'attrape la tête pour faire durer ce baiser. Pendant ce temps, Sandrine en profite immortaliser la scène. Quand nous avons fini, elle nous dit :
— J'ai la vidéo, depuis le baiser sur le front jusqu'aux lèvres, bien langoureux ce dernier. J'envoie ça via WhatsApp à vous, à vos filles et à nos deux amies de fac qui n'ont pas pu venir ce soir. Ça va leur faire plaisir. 
Et en effet, les réponses ne tardent pas à venir, tous nos téléphones bipent. "Ah enfin ! Vive les amoureux ! ..."
Après plusieurs mois à se retrouver presque tous les weekends, nous avons convenu d'emménager ensemble dans une nouvelle ville pour une nouvelle vie. Chacun a changé d'agence, nous avons toujours chacun notre même travail avec le même employeur. Tout se passe bien ou presque, car suite à cet emménagement, les disputes ont repris. Parfois, je prends une grande inspiration, pour ne pas m'emporter. Ce n'est pas simple tout le temps, mais on y arrive tous les deux. Surtout avec l'aide de Sandrine qui prend souvent des nouvelles, afin d'être sûre que nous ne soyons pas en train de nous brouiller. Nous la voyons régulièrement, elle nous aide à mettre les choses au point entre nous. Quand cela me concerne, elle appelle parfois ma fille pour avoir un autre avis féminin. Je comprends alors que c'est à moi de faire un effort même si cela me coûte. Quand c'est à Roselyne de céder, Sandrine sait la convaincre. Roselyne fulmine, mais accepte l'opinion ou les conseils de son amie. Même si à ce jour, je suis toujours son amant. Elle n'est plus avec son mari, mais toujours pas de divorce. Je les laisse ses amies s'en occuper comme elles me l'avaient dit.
Pour sceller notre nouvel engagement, j'emmène Roselyne dans une bijouterie afin qu'elle choisisse une bague et discrètement, je demande à faire graver : "Cœur et amour depuis le 12/10/1992". La date de notre rencontre à la bibliothèque de la fac. Le temps de la gravure, je récupère la bague le lendemain et je la lui offre lors d'un dîner au restaurant. Un cadeau qui l'a beaucoup émue, autant que la lettre qui l'accompagne :
"Mon amour d'étudiant, d'aujourd'hui et de demain. Il y a des choix que l'on fait, des chemins que l'on prend en pensant qu'ils sont justes. Pourtant, malgré les années, malgré nos différences, je ne t'ai jamais oubliée. Nous étions jeunes et passionnés, emportés par nos élans et nos contradictions. Toi et moi, c'est un feu ardent, une tornade de désirs, d'amour, de fous rires et de disputes. Nous étions incapables de nous accorder, mais aussi incapables de nous quitter complètement. Aujourd'hui, je me demande si nous avons laissé nos disputes étouffer l'amour plutôt que de lui donner le temps de s'épanouir. Peu importe la réponse, la seule chose qui compte, c'est que tu es toujours dans mon cœur et que tu y as toujours eu ta place. Nous avons décidé de prendre des chemins séparés, mais jamais mon amour pour toi ne s'est éteint. Notre amour, c'est aussi cette complicité, ces silences qui parlent autant que les mots. La vie nous offre encore une chance. Alors, je ne chercherai plus à te changer, ni à lutter contre ce qui fait de toi la femme que j'ai aimée et que j'aime toujours. Je veux simplement t'aimer pour ce que tu es, avec toutes nos nuances, nos différences et nos imperfections. Parce que l'amour véritable ne disparaît jamais. Je t'aime avec la certitude qu'à chaque jour qui passe, mon amour pour toi grandi. Aujourd'hui, sous l'impulsion de nos enfants, nos chemins se croisent à nouveau. Nous sommes destinés à nous retrouver. Je t'aime pour tout ce que tu as été et pour tout ce que tu seras. Chaque moment passé côte à côte est une preuve de notre amour réciproque."

Note de l'auteur

Mise à jour de dernière minute. Roselyne et Damien se sont mis d'accord pour un divorce par consentement mutuel. Les amies de fac de Roselyne s'occuperont de faire l'arbitrage des différents dans la séparation des biens. A la demande expresse de Sandrine, je reste en retrait. Rosie et moi commençons à parler mariage. Nous devons attendre que le divorce soit inscrit à l'État Civil. Nous nous sommes déjà mis d'accord pour un contrat de mariage réduit aux acquêts.
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vberyd
19 août 2025 à 19:26
Oui, c'est bien ça. On voit une autre psy qui nous a fait cette remarque et beaucoup d'autres. Roselyne ne voulait pas confier certaines choses à son amie. On progresse difficilement mais sûrement. On a déjà planifié une semaine coquine au carnaval de Venise pour la saint Valentin. Ça motive pour s'entendre en semaine.
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pctyrka
18 août 2025 à 15:33
Je relisais tes histoires avec Roselyne.
Si je comprends bien, quand vous êtes en vacances ou en weekend, tout se passe bien. Alors que c'est le moment le plus difficile. On est ensemble H24, on ne veut pas forcément faire les mêmes choses. 10% des couples se séparent après les vacances.
Il doit y avoir quelque chose à creuser.
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vberyd
24 juillet 2025 à 17:47
Pas encore gagné ! Le weekend dernier, nous faisions les magasins de vêtements. Roselyne voulait se choisir une tenue d'été. Complètement à nos affaires, nous n'avions pas vu Sandrine dans le rayon d'à côté. A un moment, Roselyne me dit que ses filles viennent le prochain weekend. Ce à quoi je réponds que je voudrais être prioritaire, que l'on passe plus de temps ensemble. Et ça part immédiatement en dispute. Sandrine intervient avant que le ton ne monte trop : "Je vous y prends tous les deux . Ma chérie, si tu as bien écouté ce que Philippe voulait te dire, il veut passer plus de temps avec toi en amoureux. Est-ce que tu sais ce que je donnerai pour que mon mari me demande la même chose ? Si tu veux, on fait un échange. Un prochain soir, venez dîner à la maison, on en parlera tous les quatre".
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pctyrka
20 juillet 2025 à 10:08
Quelle magnifique lettre avec cette bague d'amour. J'en pleure encore tellement c'est touchant.
Beaucoup de choses à dire sur ce dernier chapitre, surtout ne vous disputez pas devant le fils de Roselyne.
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OlivX
11 juillet 2025 à 08:43
Un bel épilogue en Happy End, la vie leur a appris à être moins intransigeant et à faire des compromis, leur amour né sur les bancs de la fac aura survécu aux séparations et affres de la vie.
Soyez respectueux
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